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Jusqu'où aller pour protéger sa maison ?

Juin 2009
Le Particulier pratique n° 347, article complet.
Auteur : COUNE (Isabelle)

Du simple kit d’alarme à poser soi-même à la télésurveillance, de multiples dispositifs permettent de sécuriser son logement. Voici ce qu’il faut savoir avant de s’équiper.

S’il reste 37 % de fatalistes à ne prendre aucune mesure après un cambriolage, la majorité des personnes ayant subi un tel traumatisme se rue sur les dispositifs de protection. Il existe un vrai marché de la sécurité en France, à tel point que de nombreuses marques d’électroménager s’y sont essayées. Devant la complexité de la tâche, toutes y ont renoncé, abandonnant ce secteur à deux types de spécialistes. Les uns proposent des kits à poser soi-même, disponibles en magasin de bricolage : une installation minimale dans un studio ou un deux-pièces (Protexiom 200 de Somfy, DASA01F de Diagral) coûte environ 529 € ; un équipement complet pour quatre ou cinq pièces revient à plus de 1 600 €. Les seconds vendent des alarmes à faire poser par des professionnels (Daitem). La facture est alors plus salée, car le matériel est plus sophistiqué. Comptez 2 000 €, sans la pose, pour une centrale transmetteuse, trois détecteurs et deux organes de commande.
L’intérêt de la première solution est qu’aucune tierce personne ne se trouve impliquée dans la mise en sécurité de la maison, ce qui évite les indiscrétions. Aujourd’hui, plus besoin d’être un bricoleur confirmé pour installer une alarme sans fil : une perceuse et un tournevis suffisent. Un manuel d’installation montre, pas à pas, la ­programmation des différents éléments. Et pour guider l’utilisateur dans le choix des ­produits, Diagral propose une étude personnalisée gratuite : le client remplit un questionnaire sur les spécificités de l’habitation à protéger et joint un plan détaillé des lieux.

Deux détections valent mieux qu’une

Un système d’alarme ­comprend, au minimum, une sirène, une centrale (le cerveau, qui reçoit les informations des détecteurs, les analyse et met en œuvre les moyens pertinents en déclenchant soit la sirène, soit le transmetteur téléphonique), les organes de commande et deux types de détecteurs : un détecteur d’ouverture de porte (périmétrique) ou un détecteur de présence pour l’intérieur (volumétrique). Tous les systèmes sont évolutifs et peuvent être complétés. En système radio, un code confidentiel de programmation des appareils est alloué à chaque utilisateur ; il n’y a plus, ensuite, qu’à le reproduire sur les éléments complémentaires. Il est vivement recommandé d’associer les deux types de détection. “Certains cambrioleurs arrivent à neutraliser le premier niveau de détection, il faut un deuxième réseau. Ceux-ci ont progressé dans leurs méthodes. Laisser une fenêtre ouverte quelques minutes suffit. Des enfants se faufilent par des passages très étroits, comme des soupiraux, et une fois à l’intérieur de la maison, ouvrent les portes”, explique Roland Chatard, commissaire divisionnaire à la retraite et auteur d’un guide pratique sur la sécurité (voir p. 37).

L’emplacement, un point stratégique

Outre le choix d’un matériel de qualité, certifié NF et A2P, il faut que les détecteurs soient bien placés pour être efficaces. “Jouer la double sécurité, avec au moins un détecteur dans le séjour et dans un passage obligé comme le couloir, préconiser une protection volumétrique si un tiers sait que la porte est protégée”, conseille Yann Roustit, directeur de Diagral. Par ailleurs, certaines erreurs sont à éviter, comme installer le détecteur de présence infrarouge à des endroits où la ­chaleur peut varier brutalement, face à une baie vitrée ou à une cheminée par exemple. L’emplacement de la sirène est également capital : à l’intérieur ou à l’extérieur, avec ou sans flash. Les sirènes avec flash représentent le plus gros volume des ventes. La nuit, elles permettent aux voisins de localiser la maison d’où vient l’alarme. à l’intérieur, la sirène est souvent intégrée dans la centrale, élément auquel les cambrioleurs s’attaquent en premier pour essayer de la neutraliser ; c’est pourquoi il vaut mieux opter pour du matériel blindé. Certains préfèrent la dissimuler, au détriment de l’efficacité sonore ; d’autres l’installer dans un endroit offrant une bonne résonance, la cage d’escalier notamment.

Prendre en compte l’environnement

En logement collectif, par exemple, avoir une porte blindée n’empêche pas d’être cambriolé si tous les voisins n’ont pas le même niveau de sécurité. Les cambrioleurs pénètrent alors par les balcons attenants. L’analyse des risques est, précisément, la première étape à laquelle procèdent les installateurs professionnels. En effet, un appartement situé au rez-de-chaussée ne nécessite pas la même installation qu’un logement au dernier étage. “Il faut inventorier les différents accès de la maison, les issues, les ouvrants ; voir quels sont les secteurs sensibles, le niveau de résistance des parois, où se situent les valeurs. Il faut également procéder à une analyse des scénarios, voir quels sont les phénomènes physiques susceptibles d’altérer le fonctionnement des matériels. Tout est ensuite consigné dans une fiche d’analyse de risques, document signé par le client, puis un devis est proposé”, explique Jacques Colongo, responsable technique de la Cogem, société lyonnaise consultante pour les bureaux d’études et qui installe des alarmes chez les particuliers depuis 30 ans en certification NF Service et Apsad.
Le matériel se choisit à la lumière de tous ces éléments. Les équipements filaires sont, en général, posés par des professionnels. Il existe également des solutions mixtes. La centrale est plus chère, car elle est plus évoluée, mais elle permet de cumuler les avantages des systèmes filaires et radio (voir encadré p. 44) et s’adapte à toutes les configurations de locaux. L’offre Logisty Serenity est déclinée dans les trois technologies. En version mixte, elle permet de réaliser huit boucles en partie filaire (huit circuits pouvant accueillir chacun plusieurs détecteurs filaires) et d’ajouter jusqu’à 70 périphériques radio.

Des technologies associées à la domotique

Quel que soit le système d’alarme choisi, les modes d’utilisation sont nombreux. Les centrales peuvent servir à piloter d’autres appareils électriques (volets, lampes…) pour simuler une présence. Il est aussi possible de remettre un badge pour déverrouiller l’alarme aux différentes personnes ayant accès à la maison, ce qui évite de commu­niquer le code secret. Les alarmes autorisent deux sortes de programmation : en déclenchement immédiat ou atténué – un message vocal, un flash lumineux (à l’extérieur) et un bip (à l’intérieur) avertissent lorsque quelqu’un approche, sans réveiller tout le quartier. Les systèmes permettent également un zonage des lieux (par exemple, le rez-de-chaussée, l’étage et le garage), alternatif ou simultané. La vidéosurveillance est encore très rare chez les particuliers, mais certaines sociétés de télésurveillance, comme Securitas Direct, proposent des détecteurs d’images capables de prendre des photos. Daitem vient de lancer un transmetteur vidéo qui fonctionne sous ADSL et qui est adapté aux box.

Une véritable force de dissuasion

Les sirènes émettent un son de 100 dB et peuvent également délivrer des messages oraux tels que : “Attention, vous êtes repéré, la police va intervenir dans les minutes qui suivent.” En plus des sirènes, il existe des générateurs de fumée (Siliprotect), qui libèrent un gaz inoffensif, identique à celui utilisé dans les boîtes de nuit, et font perdre à l’intrus tous ses repères. Pour être efficace, le générateur doit avoir suffisamment de ­pression pour que le cambrioleur ne voie plus ses mains à 20 cm de son visage en moins de 20 secondes. De plus, le système doit pouvoir se déclencher plusieurs fois de suite sans avoir besoin d’être réarmé. Compte tenu de son coût, cette installation n’est intéressante qu’à condition d’avoir des biens de grande valeur à protéger. Comptez de 2 000 à 2 500 € pour un volume de 375 m3, et jusqu’à 15 000 € pour 9 000 m3. Ce matériel peut compléter une alarme existante (il est compatible dans 90 % des cas). Il doit être couplé à un détecteur de mouvement, et nécessite l’ajout d’une carte de contrôle dans la centrale s’il s’agit d’un système radio. Des buses directionnelles, à placer sur le générateur, permettent d’orienter la fumée vers le point d’entrée.
Autre possibilité, vous équiper d’un transmetteur téléphonique. En cas d’alerte, celui-ci compose, à tour de rôle, les numéros de téléphone (généralement ceux des voisins) qui ont été programmés, jusqu’à ce qu’un correspondant valide le message en appuyant sur la touche dièse. Si personne n’exécute cette procédure d’acquittement, le transmetteur continue de composer les différents numéros de téléphone. Il est, en effet, interdit de se raccorder à la police ou aux pompiers. Une tierce personne doit se déplacer et, après une “levée de doute” (un constat visuel), prévenir les services de police.
Lorsque les voisins rechignent à se déplacer ou que la maison est isolée, la solution consiste à souscrire un abonnement à un service de télésurveillance. Les appels téléphoniques arrivent alors à un centre joignable 24 h/24 et 7 j/7.

La télésurveillance, avec ou sans option d’intervention

Si votre abonnement inclut cette option, un agent de sécurité d’une société privée se déplace sur les lieux. Il est rare que celui-ci prenne le voleur la main dans le sac, car la plupart du temps les délais d’intervention sont supérieurs à la durée du cambriolage (10 à 15 min en moyenne). Toutefois, cette option permet de mettre en place des mesures de sécurité et d’éviter le surcambriolage. En revanche, si l’alerte n’est pas justifiée, le déplacement est facturé en plus de l’abonnement.
Si vous n’avez pas retenu l’option déplacement, sachez que le téléassisteur dispose de moyens d’écoute des bruits ambiants, car le système d’alarme est doté d’un micro et d’un haut-parleur. L’opérateur indique que le site est protégé, demande à la personne de s’identifier et de donner le code confidentiel. “Nous avons déjà vu des cas où les opérateurs ont réussi à mettre en fuite des malfaiteurs uniquement en parlant. En écoutant les bruits ambiants, l’opérateur peut prendre conscience qu’un événement grave est en train de se produire. Son intime conviction, à travers les moyens d’écoute, lui permet d’appeler les forces de l’ordre, sinon il y a non-assistance à personne en danger”, explique Pierre Véjux, directeur d’Atral Services, qui gère les services de télésurveillance des marques Daitem, Diagral et Logisty.
La télésurveillance apporte donc un réel service, à condition qu’elle soit confiée à des sociétés sérieuses. L’adhésion permet généralement de bénéficier d’une réduction sur votre assurance et/ou de la suppression de la franchise en cas de vol. Les conditions sont à voir avec votre assureur. Les assurances et les banques ont, d’ailleurs, investi le créneau en proposant des abonnements allant de 25 à 40 € par mois en fonction de la taille du logement, plus un forfait pour l’installation (entre 80 et 100 €). Elles ne gèrent pas directement ces services ; elles ont conclu un partenariat avec des sociétés spécialisées, qui restent propriétaires du matériel, un kit standard. Ainsi, la Maif, la Macif et la Maaf délèguent ces prestations à Inter Mutuelle Téléassistance (IMT), les AGF et LCL à la Société européenne de protection et de services d’assistance au domicile (Sepsad)… Si vous ne souhaitez pas passer par votre assurance ou votre banque, quelle entreprise choisir pour avoir la garantie d’une intervention rapide en cas d’alerte ?

Privilégiez la proximité

“La meilleure société de télésurveillance est celle qui est de l’autre côté de la rue”, souligne Patrick Bonnerot, spécialiste en conseil et accompagnement en démarche qualité, sécurité et environnement. Les problèmes de circulation en ville et les situations d’arbitrage si plusieurs alertes se déclenchent simultanément représentent, en effet, le principal obstacle à la diligence des entreprises de sécurité. “Les interventions à domicile sont externalisées : des sociétés tierces interviennent dans un secteur qu’elles connaissent bien. Nous ne nous engageons jamais sur les délais, car cela serait impossible à garantir et obligerait l’entreprise à prendre des risques considérables sur la route. Si le client est intéressé, nous lui soumettons une estimation du temps d’intervention et lui faisons une proposition, qu’il accepte ou non. Un délai d’une heure peut satisfaire le client qui a une résidence en montagne. En cas de situation d’arbitrage, nous envoyons un autre partenaire. Ponctuellement, nous déclenchons de fausses alarmes et nous rendons sur place pour constater le temps que met le prestataire pour arriver sur les lieux”, poursuit Pierre Véjux.
Pour s’assurer de la fiabilité de la société de télésurveillance, “vous pouvez vous adresser au commissariat ou à la gendarmerie, qui donneront des informations techniques à titre amical”, conseille Roland Chatard. Sachez également qu’il existe une certification Apsad pour ce service.


Isabelle Coune


Mots-clés :

ALARME ANTI VOL , CAMBRIOLAGE , COPROPRIETE , DETECTEUR DE FUMEE , LOGEMENT , MAISON INDIVIDUELLE , SECURITE




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