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Faites des économies, passez-vous de voiture !

Faites des économies, passez-vous de voiture !
Juin 2009
Le Particulier n° 1038, article complet.
Auteur : DESHAYES (Sylvain)

Une voiture coûte cher, mais passe pour être indispensable. Nous avons simulé la situation de familles vivant à Paris, en grande banlieue, ou en province, avec ou sans enfants, et évalué l’impact financier de la suppression de leur voiture. Dans la plupart des cas, ils y gagnent !

Une voiture, pour quoi faire ? Entre les frais d’essence et d’assurance, les réparations, et la difficulté de trouver une place de stationnement, nous avions trop de dépenses et de soucis. Aujourd’hui, nous avons appris à nous en passer et nous économisons environ 2 000 € par an, sans restreindre nos déplacements », témoignent Nathalie et Daniel. Moyennant une meilleure organisation de l’ensemble de ses déplacements, cette famille, pourtant composée de 4 personnes, dont 2 jeunes enfants, a ainsi réussi à économiser une belle somme d’argent sur son budget transports. Tout le monde ne peut, bien sûr, en faire autant. Si vous habitez dans une ville petite ou moyenne, à la campagne ou encore à la grande périphérie d’une grosse agglomération, vous n’avez, en fait, guère le choix. Il en va de même si vous avez impérativement besoin d’une voiture pour vous rendre à votre travail. Enfin, les parents ou grands-parents qui jouent les « taxis » pour emmener leurs enfants ou petits-enfants entre leurs différents lieux d’activités (établissement scolaire, cours de musique, etc.) n’ont pas non plus d’alternative à la voiture. Dans tous les autres cas, si vous résidez dans une grande agglomération bien desservie par les transports en commun, vous pouvez vous interroger sur la nécessité de posséder votre propre véhicule.

Acheter une voiture : une très mauvaise affaire

Au moment où vous signez votre chèque à un concessionnaire automobile, votre nouvelle voiture se transforme en gouffre financier. En roulant 15 000 km par an, une voiture de moyenne gamme, achetée neuve et revendue au bout de 5 ans, coûte, en effet, 0,46 € par kilomètre parcouru. Ce qui correspond à un budget annuel de 6 900 € (par exemple, pour une Renault Mégane 1.5 dCi 85ch Authentique). Ces données sont tirées du PRK 2009, le prix de revient au kilomètre, que publie, tous les ans, notre confrère l’Auto Journal. La dépréciation d’une voiture est le poste qui pèse le plus lourd dans le budget auto. Une Renault Mégane Diesel neuve, par exemple, se déprécie de 63 % environ en 5 ans : de 19 600 € à l’achat, sa cote passe 5 ans plus tard à 7 252 €. Sans même rouler ni être assurée ou entretenue, cette voiture coûte donc 12 350 € sur 5 ans, soit 2 470 € par an. Et encore, il s’agit de l’un des modèles qui perd le moins de valeur au fil des ans ! La plupart des modèles se déprécient, en effet, de 70 %, voire de 75 % en 5 ans. À ce poste s’ajoutent les frais de carburant, d’assurance, le coût éventuel du crédit, l’entretien et les réparations, la carte grise, les péages, le stationnement… et les amendes, plus fréquentes depuis la multiplication des radars automatiques. Une fois toutes ces dépenses prises en compte, le PRK d’une voiture oscille entre 0,30 et 1,50 € selon les modèles, sur la base de 15 000 km par an. Ainsi, avec une Dacia Logan Diesel, le PRK est de 0,341 € sur la base de 15 000 km/an, soit un coût annuel de 5 115 €, alors qu’avec une BMW 318d, le PRK passe à 0,687 €, soit un peu plus de 10 305 €/an !

Acheter d’occasion, une solution pour alléger son budget ?

Certes, une voiture achetée d’occasion coûte moins cher en dépréciation. Ainsi, une voiture de 3 ans acquise d’occasion 10 000 € se revendra, 5 années plus tard, environ 3 000 €, soit 30 % de sa valeur initiale : la perte à la revente sera donc de « seulement » 7 000 €. Alors qu’une voiture achetée neuve 20 000 € ne vaudra plus que 30 % de cette somme, soit 6 000 € au bout de 5 ans. La dépréciation subie s’élèvera donc à 14 000 €, le double de celle supportée par la voiture d’occasion ! En revanche, le coût d’entretien de cette dernière sera beaucoup plus élevé. Il faudra, par exemple, changer la courroie de distribution, les disques de frein, la ligne d’échappement, les pneumatiques, ou encore le bloc d’ABS… En définitive, en achetant une voiture d’occasion, vous dépenserez en surcoût d’entretien ce que vous économiserez du fait de sa moindre dépréciation. Ainsi, une Alfa Romeo 147 1.6 105ch neuve a un PRK de 0,801 € si vous la gardez 5 ans en roulant 15 000 km/an. Et son PRK est de 0,782 €, soit un montant quasi identique, si vous l’achetez alors qu’elle a 3 ans et que vous la revendez, là aussi, 5 années plus tard. Pour faire vraiment des économies sur son budget automobile, il faut donc recourir à d’autres solutions.

Partager une voiture coûte moins cher que de l’acheter

Jean-Baptiste et sa famille habitent le centre de Paris. Il a trouvé la solution adaptée à ses besoins : « J’utilise le service Okigo, qui me permet de louer une voiture à côté de chez moi pour de courtes durées : 1 heure ou quelques heures, selon mes besoins ». Il accède à cette prestation moyennant un abonnement de 9,90 €/mois et, lorsqu’il prend une voiture, une facturation de 4 € de l’heure plus 0,35 € par kilomètre, carburant inclus (renseignements sur www.okigo.com). Il lui suffit de réserver quelques heures à l’avance pour retirer, chaque fois, une voiture avec le plein d’essence, puis de la redéposer, sans avoir à faire le plein, dans l’un des 21 parkings de Paris où ce service est proposé. Comme il utilise Okigo plusieurs fois par semaine, il y consacre un budget, relativement important, de 3 600 € par an. Il réalise néanmoins une économie très appréciable car la petite voiture qu’il possédait pour ses déplacements en ville (pour ses vacances, il utilisait déjà le train) lui coûtait 5 000 € par an ! Baptisé « auto-partage », ce système se développe aussi dans plusieurs grandes villes de province, telles Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nîmes, Poitiers, Rennes, Strasbourg et Toulouse (www.franceautopartage.com). À Rennes par exemple, les tarifs sont très attractifs : 1,50 €/heure et 0,35 € par kilomètre (service City Roul’, tél. : 02 23 210 747). Trois heures de promenade en famille avec 50 kilomètres parcourus reviennent ainsi à 22 € tout compris (notamment carburant et assurance).

Louer un véhicule régulièrement

Pour s’échapper le temps d’un week-end ou d’un mois, la location de voiture traditionnelle représente une alternative intéressante à la possession d’une automobile. C’est le choix d’Aurélien et d’Orlane, qui utilisent les services d’Autoescape, un courtier en location de voitures qui négocie les prix auprès des grands réseaux de loueurs. Tout comme Holyday Autos, Autoeurope, ou le site locationdevoiture.fr, Autoescape permet d’obtenir des tarifs souvent très compétitifs. Toutefois, avant de réserver, il est toujours judicieux de comparer les tarifs offerts par les courtiers avec ceux proposés directement par les grands réseaux de loueurs, notamment dans le cadre de promotions ou grâce à leurs cartes de fidélité. Que vous vous adressiez à un courtier ou directement à un loueur comme Hertz, Europcar ou ADA, comptez entre 80 € et 120 € pour une petite voiture louée un week-end, et de 220 € à 400 € pour une semaine, hors carburant. Deux principes doivent être retenus pour payer le moins cher possible : louer sur internet, car les tarifs y sont systématiquement moins élevés, et réserver longtemps à l’avance, car la majorité des sociétés de location augmentent leurs prix au fur et à mesure que leur stock de voitures à louer diminue. Vous avez d’ailleurs toujours intérêt à anticiper vos déplacements, non seulement pour vos locations de voiture, mais aussi pour le train.

Réserver longtemps à l’avance pour payer moins cher

À la SNCF, les billets Prem’s et les places les moins chères sur iD-TGV, par exemple, sont vendus de 3 à 6 mois avant les départs. Un aller simple Paris-Cannes en seconde classe peut vous revenir à 19 € le trajet (iD-TGV) en le réservant à l’avance, ou à près de 160 € si vous l’achetez quelques jours avant le départ. Il en va de même si vous êtes détenteur d’une carte commerciale du type Enfant+, qui bénéficie à toute la famille, ou encore d’une carte Senior pour les plus de 60 ans. Toutes deux vous donnent accès à des réductions de 25 % ou de 50 %, avec plus de chances de bénéficier de la réduction de 50 % en réservant longtemps à l’avance. En effet, ces réductions avantageuses ne concernent qu’un contingent de places dans chaque train – dont la SNCF refuse de communiquer le nombre exact aux voyageurs.

Des économies avec les transports en commun des grandes villes

Pour les citadins, c’est l’usage des transports en commun en substitution de la voiture qui représente la principale source d’économies. Et ce, même s’ils doivent y consacrer un budget non négligeable : environ 1 000 €/an dans les grandes villes de province (par exemple à Grenoble, voir p. 78) pour un couple avec 2 enfants, et jusqu’à 1 500 €/an à Paris et en proche banlieue, les transports en commun coûtant sensiblement plus cher. Car malgré la prise en compte du coût des locations de voiture et de déplacements en train pour les vacances et les week-ends, le budget transports d’une famille parisienne de 4 personnes ne dépasse guère 5 000 € à 6 000 € par an (voir p. 83), soit 1 500 € de moins que si elle disposait d’une voiture. Pour inciter encore davantage leurs habitants à se passer de voiture, deux villes, Lyon avec Vélo’v et Paris avec Velib’, ont mis en place un système de location de vélos en libre-service très bon marché. À Lyon, l’abonnement annuel à Vélo’v (couplé avec la carte des transports en commun) est de 10 €/an, avec une utilisation du vélo gratuite pendant la première heure et facturée 0,50 € la deuxième. À Paris, l’abonnement annuel est de 29 €, les 30 premières minutes d’utilisation sont gratuites, puis les demi-heures supplémentaires sont facturées à partir de 1 €.

En grande banlieue, conserver un seul véhicule

Pour les particuliers résidant en grande banlieue des villes, il est, en revanche, quasi impossible de se passer de voiture. La solution pour faire des économies consiste alors à se séparer de l’un des deux véhicules du foyer, et à emprunter le RER ou une ligne SNCF pour aller travailler. Par exemple, si vous habitez à Foix (09) et que vous travaillez à 85 km, à Toulouse, la solution de l’abonnement SNCF peut être très avantageuse. Comptez 390 €/mois sur 12 mois durant la première année (le tarif est dégressif les deux années suivantes : 340 € puis 308 € par mois), pour un trajet équivalent en temps à celui effectué par la route en période de pointe. Une petite voiture utilisée pour aller travailler tous les jours vous coûtera environ 5 000 € par an, contre 4 680 € avec le train. De surcroît, les salariés se voient rembourser la moitié de cette somme, ce qui ramène le poste transports à 2 340 €/an la première année.

Sylvain Deshayes


Mots-clés :

AUTOMOBILE , LOCATION , SNCF , TAXI , TRANSPORT EN COMMUN , TRANSPORT FERROVIAIRE , VEHICULE D'OCCASION




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