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Faire transporter un objet : quand Internet vole au secours du colis

Mai 2009
Le Particulier pratique n° 346, article complet.
Auteur : SARGIS (Maryse)

Le particulier accède avec Internet à une véritable logistique du transport. Les conditions d’expédition des colis se comparent sur écran, avec tout un paysage de nouveaux acteurs.

Le transport routier traverse une crise. Le 1er mai 2009, le cabotage s’ouvre aux 10 derniers pays entrés dans l’Union européenne. L’opération consiste, pour les transporteurs routiers, à livrer dans un autre pays que le leur et à y assurer des trajets intérieurs. Or, les Français ne sont pas soumis aux mêmes conditions dans l’exercice de leur profession (taxes, charges) que leurs homologues européens. “L’écart de Tipp [taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers] entre la France et la Belgique est de 20 %, et avec l’Espagne de 30 %, par exemple”, déplore Alain Boutet, de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR). Par ailleurs, tous les transporteurs sous-traitants de l’industrie automobile ont vu plonger leur chiffre d’affaires ces derniers mois. Nombre d’entreprises du secteur cherchent à amortir leurs infrastructures, quitte à rogner sur leurs marges, et acceptent de s’occuper d’une clientèle de particuliers, pourtant plus contraignante. Avec l’essor des sites de vente d’objets d’occasion, la demande de livraison de colis s’accroît. L’e-commerce propose, en général, un bouquet d’opérateurs pour ces prestations.
Dans cette conjoncture, des services de groupage et de mise en relation, très pertinents pour les particuliers et les très petites entreprises, apparaissent. Les transporteurs voient dans cette clientèle une diversification opportune. Pour le consommateur, le paysage a bigrement changé : il lui faut revoir tous ses repères pour choisir son convoyeur, et le meilleur prestataire ne sera pas le même
suivant le poids, les dimensions et la nature de l’objet, la nécessité de le faire enlever, le délai demandé, la distance à parcourir…

Jusqu’à 30 kg, l’apanage de La Poste et de Chronopost

Le paquet emballé ne doit pas dépasser 30 kg et 150 cm (longueur inférieure à 100 cm + largeur + hauteur). Il sera envoyé soit par Colissimo (délai annoncé de 48 h), soit par Chronopost (livraison sous 24 h, pénalités en cas de retard), le colis ordinaire n’existant plus dans ces deux entreprises. Si pour les tarifs et les délais, ces deux opérateurs restent les rois du marché des particuliers (voir ci-contre notre comparatif), d’autres acteurs interviennent, plus chers mais plus rapides et proposant le retrait à domicile.
Dans le jargon du transport, les intégrateurs (UPS et DHL) maîtrisent toute la chaîne, de l’enlèvement à la livraison. Les expressistes (DHL, UPS, Fedex) livrent à J + 1 un Paris-New York, à J + 2 un Paris-Beijing et disposent d’un réseau mondial (flotte d’avions, bateaux…). UPS convoie tous ses colis express par avion, même en national. Fedex se consacre, pour les particuliers, à l’international.

Au-delà de 30 kg, DHL et UPS prennent le relais

Ces deux grandes entreprises se concurrencent sur le plan national (hors Corse), chacune ayant ses modalités. UPS accepte les colis jusqu’à 70 kg, mais limite les dimensions (330 cm de circonférence ou un cube de 65 cm de côté) et vend des emballages (uniquement en express, apportés sur demande par le chauffeur). DHL, qui compte une centaine d’agences (dont 70 par route et 30 par air), se cantonne à 50 kg et à 1,50 m3. D’où l’intérêt d’examiner leurs tarifs et leurs conditions sur des comparateurs comme tarif-colis.com ou envoimoinscher.com.
Aujourd’hui spécialisée dans la messagerie lourde, la Sernam s’adresse surtout aux professionnels. Mais c’est à cette société que l’on pense toujours lorsqu’on projette d’expédier un vélo en France (voir ­encadré p. 48). Elle accepte, d’ailleurs, les envois des consommateurs, à l’exclusion du mobilier et de l’électroménager. Un partenariat avec envoimoinscher.com est programmé pour juin, ce qui facilitera l’accès des particuliers à cette entreprise.

Des comparateurs en ligne

Créé en 2006, le site tarif-colis.com comptabilise 90 000 simulations par mois. Il se contente d’aligner les tarifs des six enseignes nationales, notamment La Poste et Chronopost, qui sont partenaires. Leur catalogue ­complet y est diffusé, et l’affranchissement en ligne possible (impression d’un bordereau à coller). Les quatre autres (UPS, DHL, Fedex et TNT) n’étant pas partenaires, on doit quitter le site pour traiter avec elles. Le seul impératif pour lancer le simulateur est d’indiquer un poids ; la distance et les dimensions du paquet sont sans importance, comme souvent chez les transporteurs nationaux.

Une agence d’e-commerce, comme aux états-Unis et au Royaume-Uni

Plus qu’un comparateur, envoimoinscher.com, fondé en 2008, est une agence d’e-shipping, ou e-commerce. Les 20 transporteurs professionnels présents sur le réseau sont tous partenaires, ce qui permet de passer directement par eux en ligne, avec des prix communiqués en instantané. On y compte des enseignes nationales et des sociétés régionales (l’itinéraire à parcourir reprend alors toute son importance). Les prix affichés sont globaux, incluant une commission de 15 % versée au site, et négociés, ce qui devrait garantir au client qui contracte par ce biais de bénéficier d’un bon tarif, même grevé de la commission. Nous ne l’avons pas constaté en effectuant notre ­comparatif. En appelant l’entreprise elle-même et en lui demandant un service identique, nous avons obtenu un prix un peu plus avantageux : 7 % moins cher. Une anomalie, d’après le site, qui défend la transparence.
Les informations à entrer dans le simulateur sont plus complètes que sur tarif-colis.com : poids, catégorie, dimensions, date de l’enlèvement, villes de départ et d’arrivée… “Nous avons beaucoup de demandes de transporteurs. Nous allons travailler prochainement avec la Sernam et une entreprise de transport maritime qui coûte dix fois moins cher… et arrive dix fois moins vite que l’aérien”, précise Jean-Baptiste Renié, créateur d’envoimoinscher.com, pour qui il est évident que le colis en ligne va s’imposer comme le modèle de demain.

Dans la lignée d’eBay

Dans le secteur du transport, la facilité de mise en relation que permet Internet amène de nouveaux usages, qu’illustre l’apparition de sites spécifiques. La version bêta de fretbay.com a ainsi été créée en 2008 par une ebayeuse qui s’était confrontée à la difficulté d’expédier ou de se faire livrer des objets de plus de 30 kg. Généralement, la location d’une camionnette reste la seule solution, mais le prix et le temps passé peuvent être dissuasifs. Fretbay.com a remporté un franc succès, et depuis octobre “participe au développement des outils annexes d’eBay”, un statut censé générer du trafic.
Le site ne rassemble que des professionnels, des transporteurs et des déménageurs, et compte 400 inscrits ; pas de grandes enseignes, plutôt des petits artisans équipés d’un fourgon et d’une camionnette, que cela arrange de ne pas rentrer à vide d’une destination ou de faire du groupage. Il fonctionne par enchères inversées, c’est-à-dire que le consommateur passe une annonce, pour laquelle les sociétés intéressées proposent un prix, qui peut être cassé par des concurrents jusqu’à l’expiration du délai de l’enchère. C’est le transporteur qui paie une commission fixe de 12,90 % à fretbay.com, et non le particulier. Ce dernier appelle l’entreprise la moins-disante qu’il a sélectionnée sur le site, après avoir vérifié sa bonne notation. Une forte demande existe pour les deux-roues.
Dans le sillage du covoiturage. Le coût du transport s’avère parfois excessif comparé à la valeur de l’objet. Que faire alors si l’on doit impérativement l’expédier ? C’est ainsi que colis-voiturage.fr est né, en juin 2008, de l’impossibilité pour son créateur de trouver un professionnel proposant un tarif raisonnable pour convoyer un évier ancien, lourd et encombrant à 700 km. Dès qu’un internaute entre son annonce sur le site, les trajets enregistrés – souvent réguliers – s’affichent. Les intervenants prennent contact, s’arrangent entre eux, et fixent une participation aux frais de transport. Le site sert uniquement d’interface. Seul le messager, c’est-à-dire celui qui se charge de livrer le paquet, y paie un abonnement de 5 €/an.

Un bon plan, peu onéreux et respectueux de l’environnement

Le logiciel règle, dans un rayon de 30 km, les points d’arrivée des messagers afin de ne pas générer de trafic supplémentaire pour la livraison. Même si l’esprit de partage peut être une motivation, la démarche intéresse au premier chef les personnes accomplissant des parcours réguliers, car elle leur permet de diminuer leurs frais. C’est pourquoi, dès le lancement du site, la FNTR a réclamé sa fermeture. “Transporteur est un métier qui obéit à des règles, il faut une capacité financière, réussir un examen, contracter des assurances. Nous avons voulu attirer l’attention des particuliers sur le risque qu’ils prenaient en passant par de parfaits inconnus”, souligne Nicolas Paulissen, directeur commercial de la FNTR. à quoi Jean-François Rey, de colis-voiturage.fr, répond : “Notre but n’est pas de créer une plate-forme de professionnels, mais de rendre service et d’amortir un trajet à vide, qui aurait été accompli de toute façon.”
Avec 10 000 membres actifs, après 6 mois de fonctionnement, le site connaît un vrai succès, mais doit encore gagner des abonnés pour devenir rentable. Une version anglaise doit être mise en ligne en mai (colis-voiturage.eu), et l’ouverture à l’Europe se prépare.

Des consignes à La Poste

En première place sur les comparateurs de prix pour les petits envois, à cause de ses tarifs, La Poste commence à s’adapter aux besoins des internautes : depuis mars 2009, les ebayeurs peuvent affranchir et payer en ligne, puis déposer le colis dans un bureau de poste, en bénéficiant d’une remise de 5 %.
En ville, des espaces de retrait permettent aux citadins de venir chercher leur colis. Ouverts 24 h/24 et 7 j/7, ces Cityssimo automatisés comptent 52 000 abonnés. Il en existe déjà une vingtaine en île-de-France – que viendront bientôt compléter une dizaine d’autres –, un à Lille, à Nantes et à Lyon. Le client qui a repéré sur cityssimo.fr un de ces espaces dans son périmètre s’inscrit sur le site, reçoit un pass et un identifiant, qu’il peut utiliser pour récupérer ses futurs colis. à chaque arrivage, il recevra le code-barres par e-mail ou texto pour aller retirer son paquet… Et La Poste s’affranchit du même coup du facteur !
Marise Sargis


Mots-clés :

LIVRAISON , POSTE




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