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Le thermalisme qui marche

Le thermalisme qui marche
Mars 2009
Le Particulier pratique n° 344, article complet.
Auteur : BARRON (Edwige)

Vichy, Bagnoles-de-l'Orne, La Roche-Posay et Brides-les-Bains, on s'en réjouit : contre toute attente, la clientèle de ces stations thermales augmente, alors que depuis 15 ans elle s'effritait. Des preuves objectives du “service médical rendu”, une meilleure adaptation des cures au mode de vie actuel et de nouvelles indications (cancer, obésité létale...) expliquent cette évolution.

Pourtant, en octobre dernier, un député réclamait le déremboursement massif des cures (passage de 65 à 35 %)... Mais le bilan bénéfices/coût du thermalisme réalisé par les économistes a plaidé pour le maintien des aides. Ce que l'état verse en remboursement Sécurité sociale est largement amorti par les rentrées fiscales et économiques dégagées par le curiste (lequel finance 3 semaines d'hébergement). En effet, le patient est remboursé 600 € en moyenne, pendant que son accueil procure 800 € de recettes fiscales ou en termes d'activité économique locale (2 000 € de dépense moyenne). Toutefois, le retour des clients dans certaines stations pionnières n'est pas lié à ces savants calculs...

Des eaux parfois plus efficaces que les médicaments

On en sait aujourd'hui un peu plus sur les bienfaits du thermalisme, et cela motive médecins prescripteurs et patients. Depuis 2004, les stations ont créé une structure de recherche scientifique, l'Association française pour la recherche thermale (Afreth), pour faire évaluer l'efficacité de leur prise en charge par des équipes indépendantes. Tout d'abord, une analyse de toutes les études disponibles sur le thermalisme a pointé le manque de qualité méthodologique et statistique des données actuelles, et la nécessité d'y remédier. D'autre part, les résultats de deux études, validés par leur publication dans des revues scientifiques, viennent de nous parvenir. La première, réalisée, notamment, à Saujon, montre que la prise en charge thermale s'avère plus probante dans le traitement de l'anxiété que la molécule la plus couramment prescrite, le Deroxat. La seconde (Thermarthrose) atteste qu'elle est plus efficace que les substances médicamenteuses dans le traitement de l'arthrose. à l'automne, on connaîtra les conclusions de l'enquête sur le surpoids menée dans 5 stations (notamment Brides-les-Bains et Vichy). On passe des hypothèses aux preuves scientifiques fournies par des études comparatives.

La prévention et le suivi à l'étude

Les stations testent sur des groupes pilotes de nouvelles prises en charge : sevrage tabagique, rééducation posturale de type “école du dos”, apprentissage d'une hygiène de vie pour freiner le vieillissement, meilleure gestion du poids. Plus innovant encore, plusieurs stations d'Auvergne (Vichy, Châtelguyon, Le Mont-Dore) mettent en place une étude pilote sur l'effet positif de soins de suites durant 2 semaines après une radiothérapie ou une intervention chirurgicale lors d'un cancer du sein avec rémission complète. L'étape préliminaire montrait déjà une baisse de l'anxiété, une meilleure reprise de l'activité physique et un poids stable, de bons pronostics.

D'autres stations projettent de lancer cette année des études similaires sur la rééducation cardiaque, post-traumatique pour les grands brûlés ou l'accompagnement des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et de leurs familles. C'est donc toute une politique préventive ou de suites qui va être validée ou testée durant les 2 ans à venir.

Maigrir à Vichy, se ressourcer à Bagnoles-de-l'Orne

Les patients n'apprécient pas toujours de se voir piégés 3 semaines en cure. Dax, première ville thermale de France, se cantonne toujours aux 21 jours “Sécurité sociale”. Son indication pour l'arthrose lui permettra peut-être de maintenir ce cap, mais elle continue, avec ce système, de perdre des patients (– 2 % l'an dernier). Elle va essayer de faire reconnaître une prise en charge de la fibromyalgie pour enrayer cette chute.

D'autres stations tentent, à l'inverse, de lancer des séjours courts, mais non remboursés. Vichy, par exemple, ne reçoit plus que 6 000 patients en cure de 21 jours (10 000 il y a 8 ans), contre 22 000 en soins préventifs non remboursés. Centre de nutrition avec ateliers, cours de cuisine, marché accompagné par les chefs ; suivi sur Internet durant 6 mois (avec réponse personnalisée sur abonnement), le stage “Maigrir à Vichy” fait le plein. Celui organisé sur le thème de l'esthétique, autour de la ligne de produits de beauté, avec un spa tout neuf très haut de gamme (le plus grand d'Europe), remporte également un franc succès.

Même démarche à Bagnoles-de-l'Orne. La station, spécialisée dans la phlébologie et la gynécologie, a créé un séjour plus attrayant, “Se ressourcer entre copines”, déclinable entre mère et fille... Une façon astucieuse d'empiéter sur le terrain de la thalassothérapie, mais avec l'arme de la légitimité thermale.

Cette orientation vers l'esthétique peut être plus médicalisée, comme celle proposée à La Roche-Posay, premier centre européen de dermatologie thermale, qui vient d'ouvrir une unité “antiâge” où des interventions esthétiques plus ou moins lourdes sont pratiquées en toute sécurité. La station dispose, en effet, depuis longtemps d'une équipe de dermatologues traitant les grands brûlés, les personnes souffrant de psoriasis, d'acné ou autres dermatoses handicapantes. Logique du qui peut le plus, peut le moins

Un toilettage de l'offre hôtelière

Le retour de la clientèle est aussi lié à l'amélioration du parc hôtelier, souvent constitué de petites pensions très modestes. à Bagnoles-de-l'Orne, par exemple, les curistes n'avaient, jusque-là, le choix qu'entre le Manoir du lys, établissement haut de gamme doté d'une table étoilée, et des adresses sans charme. Depuis l'an dernier, O Gayot, supervisé par Franck Quinton, met à la portée du plus grand nombre un deux-étoiles, d'un excellent rapport qualité/prix : des suites à 80 €/nuit, une cuisine tonique et une épicerie branchée.

A Vichy, on a procédé autrement. Trois hôtels, trois styles de séjour. Un Ibis (HH) rattaché aux thermes Callou, un Novotel (HHH) intégré dans les somptueux thermes néomauresques des Dômes et un Sofitel (HHHH) relié au spa Les Célestins. Les deux premiers établissements assurent une prise en charge “Sécurité sociale”. Le dernier est délibérément hors remboursement ; doté d'un jacuzzi géant, il offre une restauration diététique pour gourmets et un coaching individualisé pour suivre l'amaigrissement. Les soins de base restent les mêmes, mais les cabines sont plus spacieuses, et l'on y gagne en confort. Quant aux bains, ils passent de 20 min dans le protocole de la Sécurité sociale à 30 min dans le cursus sans remboursement.

Trois semaines de cure, même en hébergement modeste, reviennent à 2 000 € pour le patient. C'est le prix d'une cure de 10 jours non remboursée dans un établissement confortable. Le choix est tentant pour bien des curistes, d'autant que la note reste inférieure (de 20 % environ) à celle d'un séjour en thalassothérapie.


Mots-clés :

THERMALISME




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