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Comment réduire l'utilisation des pesticides en France

Comment réduire l'utilisation des pesticides en France
Octobre 2006
Le Particulier pratique n° 317, article complet.
Auteur : ROUSSILLE (Katia)

Les pesticides font peser une menace sur la santé des agriculteurs et des consommateurs.  Un plan de réduction des risques vient d'être adopté. Un premier pas...

Nos aliments regorgent de pesticides : on en trouve des résidus dans les fruits, les ­légumes, les céréales (voir encadré p. 18), et aussi... dans le corps humain.

Les résultats des études épidémiologiques effectuées dans le monde sont alarmants. “Depuis 1980, plus de 150 études réalisées dans 61 pays et régions du monde ont trouvé des Pop (polluants organiques persistants) dans les tissus adipeux, le cerveau, le sang, le lait maternel, le foie, le placenta, le sperme, et le sang du cordon ombilical des ­êtres humains”, résume François Veillerette dans son ouvrage Pesticides, le piège se referme, aux éditions Terre vivante.

Les intoxications aiguës, qui ont lieu quelques heures après une exposition importante, sont bien connues des médecins. Mais l'exposition aux pesticides a aussi des incidences sur l'apparition de diverses maladies : affections respiratoires, cancers du lympho­me non hodgkinien, du cerveau et de la vessie. Ils sont également des perturbateurs endocriniens de la fertilité masculine et du développement du fœtus. On constate que les agriculteurs ont de deux à cinq fois plus de risques d'avoir la mala­die d'Alzheimer ou de Parkinson, et s'ils présentent moins de cancers que d'autres catégories de la population, ils sont davantage exposés à des cancers spécifiques.

Face au grave danger que représentent les pesticides pour la santé et l'en­vi­ronnement, les consommateurs réagissent. Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) liste, sur son site, les traitements qu'ont subis des légumes et des fruits, et les maladies qui peuvent en découler. Les mouvements écologiques condamnent les pesticides, arguant de la présence de leurs résidus dans l'eau et dans l'air. Un tiers seulement des cours d'eau et la moitié des eaux souterraines répondent aux objectifs fixés par la directive cadre sur l'eau pour 2015, qui impose son bon état écologique et chimique. Une situation que rattrapent les opérateurs par des traitements puisque, au final, 99 % des eaux distribuées sont bonnes. Il n'en reste pas moins que 7 % de la population française a été alimentée, en 2004, en eau du robinet dont la qualité a été, une fois au moins, non conforme à la norme en matière de pesticides. Par ailleurs, il ressort d'une étude de l'Institut de veille sanitaire (InVS), qui recommande la création d'indicateurs de surveil­lance, que la population vivant à proximité des régions viticoles, arboricoles ou de grandes cultures peut être contaminée par voie aérienne.

Après d'autres pays européens, la France a pris des mesures par le biais du Plan interministériel de réduction des risques liés aux pesticides 2006-2009, paru au début de l'été. C'est un compromis entre les impératifs de la production agricole et ceux du res­pect de l'environnement. Ces mesures sont moins drastiques que celles imposées par le Danemark, la Suède ou la Norvège, qui ont permis des réductions de plus de 40 % des quantités employées. En visant un taux de 30 % des exploitations en agriculture raisonnée d'ici à 2008, grâce à une aide allouée de 1 000 €, le gouvernement français fait un pas timide. Ce type d'agri­culture prône, en effet, une utilisation plus “raisonnée” des pesticides (voir LPP n° 291). Une autre mesure consiste à dynamiser ­l'agri­cul­ture bio en offrant un crédit d'impôt de 40 % aux exploi­tants dont plus de 40 % des recettes en sont issues.

Dans le domaine de la prévention des risques, plusieurs ­me­sures existent. Tout d'abord, com­me le prévoyait la Communauté européenne, la réduction de 50 % de la vente des substances actives les plus dangereuses d'ici à 2009 et leur sup­­­pression au fur et à mesure de la révision de leur agrément. C'est l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) qui est chargée de l'évaluation des bénéfices et des risques des produits phytosanitaires à la place de la Commission d'étude de la toxicité et du Comité d'homologation. Quant aux produits utilisés par les jardiniers amateurs, ils devront porter la mention : “Emploi autorisé dans les jardins”.

Pour protéger les ressources en eau, une bande de 5 m non traitée devra être respectée en bordure des points d'eau. Il est aussi prévu de contrôler périodiquement la qualité des matériels d'épan­dage pour éviter des pulvérisations aux débits trop forts. Une formation des agriculteurs aux dangers des pesticides est envisagée, ainsi qu'une formation destinée aux médecins exerçant en milieu rural. Pour améliorer les connaissances sur les niveaux d'exposition aux pesticides de la population, l'Agence française de sécurité sanitaire environnementale (Afsse) est chargée de mettre en place un observatoire des résidus de pesticides sur le site www.observatoire-pesticides.fr. Enfin, le nouveau Plan interministériel compte développer les études épidémiologiques, avec un récapitulatif publié cette année par l'InVS.

La France est le 1er consommateur européen de pesticides : 75 100 tonnes de substances actives y sont vendues chaque année. Katia Roussille


Mots-clés :

MALADIE , POLLUTION




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