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Aides auditives, trouver la bonne écoute

Aides auditives, trouver la bonne écoute
Octobre 2006
Le Particulier pratique n° 317, article complet.
Auteur : SARGIS (Marise)

Les audioprothésistes sont tout ouïe pour répondre à l'arrivée d'une génération de consommateurs qui devrait faire bouger le secteur. Les nouvelles boutiques accessoirisent l'appareillage.

Depuis un an, deux nouvelles enseignes vendent l'audioprothèse comme un accessoire de mode. Chez Ecoute ! rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris, les modèles sont présentés aux côtés d'autres matériels high-tech : téléphones portables, casques hi-fi, protections auditives pour plongée sous-marine... Chez GrandAudition, dans la capitale aussi, les intra-auriculaires trônent en vitrine comme des pierres précieuses, non loin de petites tables où l'on vous apporte un café sur fond de musique classique. Ces deux magasins, avec la flamme des pionniers, se mettent en phase avec une clientèle attendue de baby-boomers supposés d'esprit jeune.

Il s'agit, en effet, d'une révolution dans un secteur représenté massivement par des audioprothésistes indépendants ­ (70 %). Parmi les enseignes, la plus connue demeure Audika, qui récolte les fruits de ses cam­pagnes régulières de communication où Robert Hossein continue de séduire ses admiratrices. Audio 2000, très présente dans l'ouest de la France, bénéficie de la ­notoriété de son groupe d'appartenance, Optic 2000. Amplifon et Entendre font moins parler d'elles.

Quand l'ambiance médicale reste dominante dans le métier, avec une prise de rendez-vous, du temps passé en salle d'atten­te, puis un face-à-face dans un bureau avec un professionnel, chez Ecoute

Ecou­te ! et GrandAudition, tout a été pensé pour alléger la gravité du moment. Le client se voit choyé lors de cette visite, interprétée généralement comme une ­entrée vers le grand âge. “Je suis fier d'avoir pu imposer une séance d'une heure au ­minimum lors du premier rendez-vous, alors qu'il y a une quinzaine d'années elle s'expédiait en un quart d'heure, confie Jac­ques Benzaquen, directeur technique chez Audika. La majeure partie du temps que l'on y consacre consiste, en fait, à accompagner ce premier pas, vécu souvent comme un deuil.”

Aujourd'hui encore, il reste beaucoup à faire pour vaincre le tabou de la déficience auditive, solidement ancré en France si l'on en juge par le refus de s'appareiller de notre président de la République. Contrairement à Bill Clinton, qui ne cache pas son appareillage. Les chiffres reflètent les réticences de la population. La France compte cinq millions de malentendants. La perte d'audition due au vieillissement représente 90 % des consultations. En effet, chacun perd ­inéluctablement son précieux stock de cellules ciliées (elles ne se renouvellent pas) à partir de 30 ans. ­L'avion, le bricolage, la chasse, la fréquentation des salles de concerts, ­l'écoute d'un baladeur... peuvent précipiter le cours des choses. “Plus une vie est riche, plus le risque de devenir malentendant est grand”, résume un spécialiste.

Pour faire évoluer les mentalités : communication et dépistage

La presbyacousie concerne deux personnes sur trois après 65 ans, mais seuls 4 % des seniors sont appareillés. “Les gens ne s'équipent pas en fonction de leur gêne auditive mais de leur gêne sociale”, nuance Jean-Paul Fournier, audioprothésiste cofondateur de Ecoute

Ecoute ! Dans les faits, c'est souvent sous la pression des petits-enfants que les grands-parents se décident.

“Pour faire mûrir le marché aujourd'hui, il faut changer les mentalités”, affirme ­Jonathan Abittan, directeur général de GrandAudition, dont le père a fondé Grand­­Optical et Photo Service. La profession commence à comprendre l'importance de la communication. Depuis l'année dernière, un bus itinérant de dépistage sillonne l'Hexagone (il sera à Grenoble le 3 octobre, à Clermont-Ferrand le 5, à ­Valence le 17 et à Aubagne le 18). L'opération, lancée par l'association France Presbyacousie, regroupe presque tout le secteur, fabricants et distributeurs réunis autour de la même cause. Une Journée nationale de l'audition, en mars, relayée par les médias, visera aussi à sensibiliser le grand public. Enfin, chaque enseigne déploie ses arguments, lors de conférences (GrandAudition), d'événements (le Mois de l'audition chez Audio 2000)... Le leitmotiv, bien sûr, est axé sur le dépistage et les avantages de l'appareillage précoce – notamment celui d'éviter de faire prendre de mauvaises habitudes au cerveau, ce qui rend ensuite difficile l'adaptation.

Les professionnels s'emploient à bien distinguer la presbyacousie, que l'on peut corriger par des aides auditives, du handicap de la surdité profonde. “Le malentendant n'est pas sourd

” insistent les enseignes. Et toutes rêvent de vendre des appareils aussi facilement que les lunettes, devenues, en une vingtaine d'années, un véritable accessoire de mode. “Nous appliquons la même démarche avec GrandAudition que précédemment avec GrandOptical et Photo Service. L'idée est d'intégrer la fabrication au point de vente. Moyennant quoi, nous pouvons proposer des appareils en une heure avec une plus grande précision puisque nous en avons la pleine maîtrise”, explique Jonathan Abittan.

Définir le profil auditif est une étape clé

Mis à part les questions de marketing, quelle que soit l'enseigne, l'itinéraire du client demeure à peu près le même. Une fois la prescription d'aides auditives et l'audiogramme réalisés par un médecin ORL (qui restent toujours la condition sine qua non), le profil auditif doit être ­défini par l'audioprothésiste. Pour cela, le candidat doit répondre à un questionnaire détaillé. C'est l'étape la plus longue, qui va déterminer aussi la famille d'appareils. Les nouvelles enseignes ont créé, chacune à leur manière, un espace acoustique pour permettre à la personne à appareiller de tester son audition dans différents milieux sonores : au restaurant, près de quelqu'un qui fait la vaisselle...

Quant à l'appareillage, là aussi de grands progrès apparaissent. Jusqu'ici il fallait choisir entre deux types de matériels : les intra-auriculaires et les contours d'oreille. Les premiers, les plus discrets, nécessitent de bons réglages de la part du professionnel. Le nombre de séances d'adaptation peut alors être important. Ce qui leur ­a valu d'être moins prescrits que les contours. Ceux-ci restent visibles, même placés derrière le pavillon, mais leur puissance supérieure à celle des intra-auriculaires les rend plus efficaces que ces derniers quand la perte auditive s'accroît.

Une nouvelle génération d'appareils, plus confortables

Depuis deux ans, une troisième catégorie d'appareils est venue s'intercaler entre l'intra et le contour. Les professionnels les appellent les Open Fit. Ils présentent l'avantage d'une grande ­discrétion, avec la miniaturisation du ­contour, un fil transparent et une canule ouverte à glisser dans l'oreille qui amène le son. Contrairement à un intra, ici l'oreille ne se retrouve pas bouchée. Il n'y a pas d'autophonation : la personne continue de percevoir les sons extérieurs et, quand elle parle, l'effet de réverbération disparaît L'écoute est donc plus confortable.

Début 2006, une société danoise a encore amélioré ce type de produits en déplaçant l'écouteur, jusque-là localisé dans le contour, cette fois dans le creux de l'oreille. La taille du contour a également rétréci avec ce dispositif dit “à écouteur déporté”. Ce modèle Delta, en deux versions, fabriqué par Oticon, est en passe de conquérir le marché avec une palette de 17 coloris et une forme triangulaire design. Cet hybri­de entre l'intra et le contour représentait déjà, à la fin juin, 40 % des ventes chez Audio 2000 ainsi que chez GrandAudition. Audika en fait l'un de ses axes forts de développement, l'accompagnant, à l'occasion de son lancement, d'une garantie gratuite de quatre ans et d'un service après-vente par échange. Le Delta ouvre une nouvelle ère pour les jeunes presbyacousiques, qui apprécient sa discrétion et son confort. Et le mouvement ne fait que s'amorcer si l'on en croit l'annonce du lancement dans les cinq ans à venir de matériels utilisant la technologie Bluetooth, comme sur les téléphones portables. Ces oreillettes Bluetooth adaptées aux aides auditives donneront cette fois l'allure d'un cadre branché aux malentendants...

Le prix élevé de l'équipement est un frein à l'appareillage

Et là, autant dire que, excepté chez Ecoute

Ecoute ! qui enfourche le cheval de bataille du discount, les enseignes n'insistent guère sur cette question assez opaque. Le coût des équipements auditifs, tous passés au numérique, varie de 700 à 2 200 € selon la gamme pour une seule oreille, comme nous l'avons constaté en juillet dernier. Et il faut encore ajouter un budget annuel pour les piles, même si la Sécurité sociale en rembourse une partie.

Le tarif est global. C'est-à-dire que la douzaine de visites nécessaires pendant les cinq ans de durée de vie de l'appareil (réglage, entretien) est incluse dans ce prix. Le taux de remboursement par la Sécurité sociale est de 65 %, mais sur un tarif de prise en charge très bas, 199,71 € par oreille. En clair, elle offre une participation de 130 € par unité. Rares sont les mutuelles qui complètent intégralement la différence. Mais si la clientèle rajeunit, les vo­lumes des séries augmenteront, les coûts de fabrication des composants baisseront, et les tarifs suivront...

Marise Sargis


Mots-clés :

PROTHESE AUDITIVE , SURDITE




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