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Investir sur le long terme : 5 ans et plus

Avril 2002
Le Particulier n° 953, article complet.

Vous pouvez vous permettre de placer votre capital à long terme ? Vous avez l'embarras du choix : immobilier, Bourse, assurance vie... Voici comment bien choisir...

Le niveau de risque que vous êtes prêt à accepter va déterminer en grande partie le choix de votre placement. Car plus le risque de voir votre capital varier est grand, plus la rémunération a des chances d'être attractive, mais plus aléatoire aussi.

L'assurance vie en euros pour la sécurité.

Avec un contrat d'assurance vie en euros (anciennement en francs), votre capital progressera d'année en année quelle que soit la conjoncture des marchés boursiers et financiers, bien que les rendements de ce placement baissent régulièrement depuis plusieurs années. En effet, leur gestion est essentiellement adossée à des obligations, dont les taux d'intérêt sont eux aussi en baisse. Les bons contrats (voir le n° 952 du Particulier) ont néanmoins rapporté en 2001 environ 5,50 %, parfois 6 %, soit nettement plus que l'inflation. L'assurance vie bénéficie, en outre, d'une fiscalité intéressante. Bien sûr, vous n'échapperez pas aux prélèvements sociaux (10 %). Mais si vous souscrivez un contrat aujourd'hui, dans 8 ans vos gains seront totalement ou en large partie exonérés d'impôt. En effet, lorsque vous récupérez votre épargne au-delà de cette échéance, ses produits sont soumis, à votre choix, soit à l'impôt sur le revenu, soit à un prélèvement forfaitaire de 7,5 %, mais seulement pour la part excédant 4 600 € dans les retraits effectués une année donnée (9 200 € pour un couple marié). Et, dans la mesure où chaque retrait se compose d'une partie du capital initialement versé, et d'une partie des intérêts produits, vous pourrez retirer des sommes beaucoup plus importantes (capital inclus) chaque année, sans que les intérêts soient taxés. Ainsi, en versant 15 000 € aujourd'hui sur une assurance vie avec des frais de versement de 3 % et en tablant sur un rendement annuel moyen net de 5 %, un couple récupérerait dans 8 ans son capital plus 6 497 € d'intérêts, sans aucun prélèvement sur ceux-ci puisqu'ils restent inférieurs à 9 200 €. Un célibataire qui aurait fait le même placement subirait un prélèvement de 142 € sur la partie des intérêts taxable, mais il lui suffirait d'étaler ses retraits sur 2 ans pour échapper à toute taxation, car la part des intérêts dans chaque retrait serait alors inférieure à l'abattement de 4 600 €.

Vous pouvez aussi récupérer tout ou partie de votre épargne avant 8 ans, mais les intérêts seront plus lourdement taxés. Enfin, vous profitez, de surcroît, des avantages de l'assurance vie en matière de transmission de patrimoine (voir encadré p. 40).

Les contraintes du plan d'épargne populaire (PEP).

La fiscalité du PEP est aussi attrayante : 8 ans après l'ouverture d'un plan, vos gains sont totalement exonérés d'impôt et soumis aux seuls prélèvements sociaux (10 %). Cependant, vous ne pouvez pas faire de retraits partiels avant 10 ans : pour récupérer votre mise avant, vous devrez fermer le PEP ; au-delà, vous pourrez faire des retraits partiels, mais vous perdrez alors la possibilité de faire de nouveaux versements. Et vous ne pouvez détenir qu'un seul plan (deux pour un couple marié), avec des versements plafonnés à 92 000 € par plan. Dans ce cadre fiscal, il existe plusieurs sortes de PEP. Avec le PEP bancaire, l'argent bloqué sur le plan est rémunéré à un taux d'intérêt fixé par la banque, garanti pour quelques années ou jusqu'au 8e ou 10e anniversaire de votre PEP. Ce taux étant aujourd'hui inférieur en général à 5 %, ce type de PEP n'a guère d'intérêt, puisque d'autres placements offrent un rendement équivalent avec moins de contraintes. De nombreux établissements mettent donc plutôt en avant le PEP assurance vie, l'assurance vie étant logée dans l'enveloppe fiscale du PEP. Vous y gagnerez sur le plan fiscal, car les gains accumulés sur le contrat seront totalement exonérés du prélèvement de 7,5 %, mais vous y perdrez en souplesse (versements plafonnés, pas de retraits possibles avant 10 ans, et plus de versements possibles après un premier retrait). En fait, les PEP les plus intéressants actuellement sont les PEP multisupports (voir ci-après), qui permettent d'investir en Bourse.

Investir en Bourse.

Dans les mémoires, 2001 restera une année noire pour la Bourse. Celle de Paris a, par exemple, perdu plus de 20 % l'an dernier. Le ralentissement économique aux États-Unis, son impact de plus en plus négatif sur l'économie européenne, et les révisions à la chaîne et en baisse des prévisions de bénéfices des entreprises ont fait plonger les marchés actions pendant toute la première partie de l'année. Les attentats du 11 septembre ont entraîné de nouvelles turbulences. Heureusement, le terrain perdu à l'automne a été rattrapé grâce à un net rebond dans les dernières semaines de 2001. Depuis, pourtant, la plupart des économistes ne prévoient une reprise économique qu'au second semestre. Les investisseurs avaient espéré mieux, et restent donc attentistes. Néanmoins, sur le long terme, les actions se révèlent l'un des meilleurs placements. Dans ce contexte, un épargnant qui aurait investi 15 000 € il y a 10 ans dans une Sicav indexée sur l'indice CAC 40 disposerait aujourd'hui de 33 500 € environ (soit une performance annuelle moyenne de 8,4 %), ou de 24 614 € (performance 10,5 %) s'il avait fait cet investissement il y a 5 ans. En revanche, vu l'instabilité actuelle des marchés, vous avez intérêt, si vous voulez investir une somme de cette importance, à le faire en plusieurs fois espacées de quelques semaines ou mois, pour atténuer les effets des fluctuations quotidiennes.

Le plan d'épargne en actions (PEA).

Avec un plan d'épargne en actions (PEA), vos gains seront exonérés d'impôt dans 5 ans seulement (hors prélèvements sociaux). Après 8 ans, vous pourrez faire des retraits partiels sur le plan sans être contraint de le fermer. Depuis cette année, vous pouvez verser jusqu'à 120 000 € sur un PEA (pour un couple marié, chaque conjoint peut en détenir un), et pouvez acquérir dans ce cadre toutes les actions cotées sur l'une des bourses européennes, ou des parts de Sicav ou FCP, à condition qu'ils détiennent une large majorité d'actions françaises. L'an prochain, les OPCVM investis à 75 % au moins en actions européennes seront à leur tour éligibles.

Autre stratégie, l'assurance vie multisupport.

L'assurance vie multisupport permet d'investir sur des Sicav ou FCP plus ou moins exposés aux actions (voir le n° 949 du Particulier). Il peut s'agir de fonds profilés. Si votre horizon de placement est supérieur à 5 ans, les profils dynamiques (60 % à 80 % d'actions, voire plus) ou équilibrés (entre 40 % et 60 % d'actions) sont les plus indiqués. Évitez les fonds prudents, plutôt décevants ; pour jouer la sécurité, préférez une assurance vie en euros, ou le fonds en euros d'un contrat multisupport. Certains de ces contrats donnent par ailleurs accès à une palette très large d'OPCVM, permettant des stratégies d'investissement variées, depuis les grandes valeurs françaises jusqu'aux petites valeurs américaines par exemple.

Entre PEA et assurance vie, comment choisir ?

Les frais sont souvent globalement un peu moins élevés sur le premier. De plus, l'exonération d'impôt sur les gains réalisés est acquise après 5 ans seulement, contre 8 ans en assurance vie. Enfin, seul le PEA vous permet d'acheter et de vendre des actions "en direct". En revanche, si vous songez à la transmission de votre patrimoine, l'assurance vie est préférable ; autre avantage, avec un contrat multisupport, plus vous approcherez du moment où vous pensez récupérer votre épargne, plus vous pourrez réduire la part réservée aux actions – et le risque qu'elles impliquent – en transférant votre épargne vers le fonds en euros de votre contrat, totalement sûr.

Assurance vie multisupport et PEP.

Si vous optez pour une assurance vie multisupport, vous pouvez la souscrire dans le cadre d'un PEP. L'avantage est que l'établissement financier est obligé de vous restituer, après 8 ans, une somme au moins équivalente à vos versements, moins les frais. Cette garantie en capital rend donc séduisant l'investissement en actions dans un PEP, le risque de moins-value étant couvert. Mais en pratique, les établissements financiers ne veulent pas assumer trop de risques à la place de leurs clients. Aussi, dans la plupart des PEP multisupports, la majeure partie de vos versements est automatiquement affectée au fonds en euros. Ce qui est dommage car il n'est pas toujours aussi bien rémunéré (entre 4 % et 5,50 % l'an dernier) qu'un PEP ou une assurance vie monosupport en euros. Les PEP multisupports sont donc intéressants si vous êtes prêt à parier sur une remontée de la Bourse dans les prochaines années, ce qui dopera leurs performances. Si votre pari échoue, le rendement de votre placement sera plus décevant, mais au moins serez-vous certain de ne pas subir de perte en capital.

Miser sur l'immobilier.

La brillante remontée des prix des logements, ces dernières années, a redonné des couleurs à l'immobilier. Mais le ralentissement de la croissance économique pourrait freiner cet essor. Ainsi, au 3e trimestre 2001, les ventes ont baissé de 6 % à Paris et de 2,1 % dans la région parisienne, selon la chambre des notaires. Les prix continuent à augmenter, mais plus lentement (+ 2,4 % au 3e trimestre). Ils risquent désormais de marquer le pas.

Mais, en parallèle, le marché locatif reste tendu pour les logements bien situés, avec en particulier une réelle pénurie de biens à louer dans la capitale et dans beaucoup de grandes agglomérations. Ce qui augure d'une poursuite de la hausse des loyers. Elle pourrait limiter le recul de la rentabilité, conséquence logique de la remontée des prix d'achat. Cette rentabilité brute reste toutefois inégale selon le type d'investissement envisagé (de 3 % à 7 %, voire davantage selon la qualité des produits). La rentabilité nette, une fois déduits frais de gérance, travaux et autres impôts, est encore plus difficile à prévoir, selon que votre investissement locatif est destiné à vous procurer des revenus complémentaires sous forme de loyers, ou à payer moins d'impôts. La rentabilité du capital investi au départ dépend aussi de votre niveau d'imposition, des conditions d'emprunt et du prix final de revente du logement. Quels que soient vos objectifs, sachez que l'investissement locatif en direct n'est pas de tout repos : gestion fastidieuse, impayés de loyers, etc. De plus, il monopolise d'importants capitaux et réduit donc la part du patrimoine disponible pour d'autres placements.

La pierre-papier à la rescousse.

Une autre façon d'investir dans l'immobilier consiste à acheter des parts de SCPI (sociétés civiles de placement immobilier). Ces sociétés gèrent un patrimoine immobilier pour le compte de leurs souscripteurs, auxquels elles reversent presque toujours une quote-part des loyers (voir le n° 944 du Particulier). Les plus intéressantes sont les SCPI investies en bureaux et en murs de magasins. Leur rentabilité oscille aujourd'hui entre 6 % et 7 % en général, net de frais de gestion, mais avant fiscalité (celle des revenus fonciers). Avantages : la diminution des risques locatifs (vos revenus dépendent des dizaines ou centaines de locataires de la SCPI et non d'un seul) et une gestion clés en main. De plus, cet investissement est accessible même pour une mise modeste. Avec 15 000 €, vous pouvez ainsi acheter des parts de différentes SCPI, de façon à diversifier votre portefeuille. Les SCPI tirent, en outre, parti de l'embellie du marché de l'immobilier d'entreprise. Les loyers de bureaux sont remontés en flèche ces dernières années. Certes, aujourd'hui, ils marquent le pas, et les professionnels s'attendent à les voir souffrir un peu du ralentissement économique. Mais les SCPI ne devraient pas être pénalisées outre mesure. En effet, les loyers qu'elles exigent d'une grande partie de leurs locataires ont été négociés pendant la crise et sont encore nettement inférieurs aux loyers du marché. Elles n'ont pas encore pu tous les relever, car il faut, pour les majorer, attendre 9 ans après la signature du bail initial. Les revalorisations sont donc progressives. De nombreux gérants estiment ainsi que les revenus distribués par les SCPI continueront à progresser dans les prochaines années. Le prix des parts se redressera-t-il lui aussi encore ? Tout dépendra du nombre d'acquéreurs tentés par le placement, et du prix qu'ils seront prêts à payer. Mais ce placement doit être envisagé seulement à long terme, et il est sage de n'y consacrer qu'une petite part de votre patrimoine.


Mots-clés :

ASSURANCE VIE , PEP , PLACEMENT BOURSIER , PLAN D'EPARGNE POPULAIRE




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