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Assurance vie et PEP : choisir le bon profil

Assurance vie et PEP : choisir le bon profil
Décembre 2001
Le Particulier n° 949, article complet.
Auteur : LEROUX (Eric)

Permettant de choisir un niveau de risque pour ses placements, les fonds profilés se sont imposés dans l'assurance vie. Mais, avec la crise, le moment est venu de redistribuer les cartes entre profils prudents, dynamiques ou équilibrés.

Offrir à tous les épargnants, y compris aux plus modestes, des outils de gestion autrefois réservés aux grosses fortunes : c'est ce que permettent les fonds à gestion profilée qui se sont généralisés comme supports d'investissements dans les assurances vie multisupports, détenues en direct ou dans le cadre d'un Plan d'épargne populaire (PEP). Avec ces fonds, le choix de l'épargnant se résume à celui d'un niveau de risque, en répartissant ses versements entre trois ou quatre profils, baptisés prudence, sérénité ou tranquillité pour les moins risqués ; dynamisme ou audace pour les plus exposés aux actions, et équilibre pour les fonds correspondant à une stratégie intermédiaire.

En fonction de l'objectif ainsi assigné au fonds, son gestionnaire va déterminer, à tout moment, la répartition optimale d'actions, d'obligations et de placements monétaires dans le fonds. Pour sa part, l'épargnant n'a plus qu'à faire des arbitrages entre les différents profils proposés, seulement s'il souhaite modifier le niveau de risque de son placement. Cette simplicité est à l'origine du succès de la gestion profilée, dans le cadre de l'assurance vie, mais aussi du PEP ou encore de l'épargne salariale ou du PEA (Plan d'épargne en actions), voire simplement de votre compte-titres habituel. Dans un fonds équilibré, par exemple, l'orientation de gestion prévue statutairement fixe souvent une part de 50 % d'actions (ou de fonds actions), mais en laissant la liberté au responsable de la gestion de descendre jusqu'à 40 % ou de monter jusqu'à 60 %.

D'un profil à l'autre, le poids des actions varie.

Un fonds profilé est une Sicav ou un FCP (fonds commun de placement) détenant des actions et obligations, ou des parts d'autres fonds (on parle alors de "fonds de fonds"). Lorsque les marchés boursiers sont en berne, le gestionnaire peut augmenter la part des obligations afin de limiter les conséquences de la crise (dans le jargon professionnel, il "sous-pondère" les actions). À l'inverse, quand les marchés repartent, il peut augmenter la part des actions (elles sont alors "surpondérées") jusqu'à son maximum afin de profiter du rebond. Dans les fonds prudents, la part des actions peut ainsi osciller entre 0 % et 25 ou 30 % ; dans les fonds dynamiques, elle varie au contraire généralement de 60 % à 100 %. Le gérant d'un tel fonds peut diminuer la part des actions, mais il ne les vendra jamais en totalité, même lorsque les marchés sont en chute libre, notamment en ce qui concerne les fonds éligibles au PEA (qui, pour cela, doivent comporter au moins 60 % d'actions françaises ou européennes). Au-delà de la répartition actions/obligations/placements de trésorerie, le gérant du fonds dispose de marges de manœuvre supplémentaires, notamment pour ses investissements en actions, en privilégiant certaines zones géographiques ou secteurs d'activité plutôt que d'autres. Les épargnants sont ainsi assurés d'une large diversification de leurs avoirs, et d'un accès, s'agissant des "fonds de fonds", à des fonds gérés par d'autres établissements et reconnus pour leurs bonnes performances.

La dénomination des fonds profilés est parfois un peu trompeuse.

Malheureusement, ces fonds profilés, quel que soit leur nom, ne sont pas dénués de risque. Avec la crise boursière récente, ils ont été mis à rude épreuve et leurs résultats sont peu encourageants, voire largement dans le rouge. Ils ne devraient donc être souscrits que par des épargnants bien informés, qui jouent la carte de la durée. Cela d'autant plus que les appellations de ces profils sont totalement incontrôlées. Aucun organisme officiel ne vérifie la concordance entre leurs dénominations et la réalité. Résultat : d'un établissement à l'autre, des profils portant la même dénomination ont bien peu de ressemblance. Le fonds dynamique de l'assureur Axa par exemple, a comme objectif de comporter 49 % d'actions, alors que le même profil proposé par son concurrent Generali y est exposé à 100 % (voir ci-dessous, p. 28 et p. 30 la composition et les performances des fonds profilés des principaux assureurs et banques). Ce qui se traduit par des comportements très contrastés : sur 5 ans, le fonds dynamique le plus performant de notre échantillon a progressé de 56 %, alors que le moins bon a vu sa valeur diminuer de 12 %. Bref, pour choisir un fonds profilé, il ne faut pas s'arrêter à sa dénomination, mais vérifier comment ses investissements sont répartis, et comment il se comporte selon les phases de marché. Un bon indicateur, outre les performances du fonds, comparées à celles de fonds de même catégorie, est sa volatilité, qui exprime la propension d'une valeur à fluctuer en baisse comme en hausse, et donc, son niveau de risque. En général, on considère que, pour pouvoir se dire prudent, un fonds doit avoir une volatilité inférieure à 6 %. Un fonds équilibré, lui, devrait avoir une volatilité comprise entre 6 % et 11 %. Dans les faits, ces ratios ne sont pas toujours respectés. Autre faiblesse des fonds profilés : ils sont souvent gourmands en frais, ce qui pèse sur leurs performances. Car aux frais de gestion du contrat d'assurance vie (1 % par an en moyenne), il faut ajouter ceux du profil (1 % à 1,5 %) et, assez souvent, ceux des Sicav qui sont acquises par le fonds profilé (1 % à 2 % par an). Chaque année, 3 % à 5 % de frais de gestion peuvent ainsi être ponctionnés. Autant dire que le gérant doit être très fort pour les compenser. Enfin, ces fonds profilés manquent trop souvent de transparence, surtout les "fonds de fonds", dont il est pratiquement impossible de connaître le détail des investissements, donc de savoir comment leur gérant s'adapte aux évolutions des marchés. Un défaut de jeunesse qui mérite d'être corrigé au plus vite...

La période actuelle est propice aux arbitrages.

Néanmoins, si vous n'avez pas encore eu recours à la gestion profilée, le moment est certainement bien choisi pour y entrer. Après la forte baisse des marchés – dont rien ne dit qu'elle est terminée – les cours sont redevenus plus attrayants et le potentiel de rebond est intéressant. Si, au contraire, vous êtes déjà à la tête d'un tel placement, l'occasion est bonne pour faire le point et, éventuellement, réorienter vos investissements, notamment selon la durée prévue pour ceux-ci. Au plus bas niveau sur l'échelle des risques, les fonds sérénité, prudence ou défensifs, sont investis de 75 % à 90 % dans des produits financiers liés aux taux d'intérêt, comme les obligations ou les instruments monétaires. Le solde, soit de 10 à 25 %, prend la direction des actions. Ces fonds sont donc assez peu sensibles aux évolutions boursières, mais néanmoins pas totalement vaccinés contre les baisses, comme le prouvent les performances sur un an dans nos tableaux : la plupart d'entre eux affichent une perte comprise entre 1 % et 7 %, contrairement à ce que leur appellation pourrait donner à penser.

Les fonds prudents sont peu sécurisants...

Sur 3 ans, les progressions cumulées vont de 4,08 % chez Cardif à 20,61 % au Crédit mutuel (voir tableau p. 26). Sur 5 ans – sachant que peu de fonds profilés ont une telle ancienneté – les performances s'échelonnent entre 15,25 % et 40,48 %. En comparaison, les bons contrats d'assurance vie en francs ou les fonds en francs des contrats multisupports ont gagné 20 % sur 3 ans, 37 % sur 5 ans, et progressent en moyenne de 6 % par an (voir le n° 941 du Particulier), soit mieux que la grande majorité des fonds prudents, qui a peu progressé quand la Bourse atteignait des sommets en 1999 et 2000, sans pour autant être à l'abri du krach qui s'est produit ultérieurement.

Les supports en francs sont les seuls vraiment sûrs.

Ce bilan peu convaincant conduit donc à déconseiller les fonds prudents. Si vous recherchez la vraie sécurité sur une période de 5 à 10 ans, mieux vaut vous tourner vers le support en francs (ou en euros, c'est la même chose) de votre contrat multisupport. Si vous êtes sur le point de souscrire un tel contrat, vérifiez la présence d'un tel support. À la différence des autres supports (dont les fonds profilés), il comporte obligatoirement un engagement de progression du capital : les fruits de votre épargne, pour une année donnée, sont définitivement acquis pour l'avenir, et la valeur de votre épargne ne peut jamais baisser. C'est ce qu'on appelle l'effet ou la garantie "cliquet". En contrepartie de cette régularité, vous profiterez peu ou pas du tout des futures envolées de la Bourse. Attention : des assureurs comme Axa ou la BNP (BNP Garantie Star 8, par exemple) proposent aussi, dans leurs contrats multisupports, des fonds garantis qu'il ne faut pas confondre avec un fonds en francs. Ils comportent, certes, une protection contre les baisses, mais pas aussi absolue que celle d'un fonds en francs, puisqu'elle ne repose pas sur une obligation légale, mais seulement sur des techniques d'investissement et de gestion (voir le n° 943 du Particulier). Ces fonds ne doivent donc pas être retenus si vous refusez toute prise de risque.

Les fonds équilibrés concilient le risque des actions et la stabilité des obligations.

La grande majorité des souscripteurs se tourne vers les fonds équilibrés (voir tableau p. 28) qui promettent de participer aux hausses de la Bourse, tout en offrant un amortisseur en cas de baisse. En moyenne, ils sont investis à hauteur de 50 % en actions et 50 % en obligations. Cependant, avec la crise des marchés boursiers, la plupart des gérants ont réduit momentanément la part des actions – environ 40 %, mais jusqu'à 26 % chez Groupama début octobre. Malgré cela, sur un an, la chute est sévère et l'amortisseur n'a que partiellement joué son rôle : tous les fonds de notre analyse sont en perte, avec des baisses jusqu'à 20 %. Sur 3 ans, les chiffres sont un peu meilleurs, mais la plupart n'ont pas fait mieux qu'un livret bancaire ou un Plan épargne logement, et ils sont, eux aussi, devancés par les actifs en francs. Sur 5 ans, les performances des fonds qui peuvent se prévaloir de cette antériorité redeviennent toutefois honorables, avec des progressions de 16 % à 42 % (soit des performances annuelles de 3,01 % à 7,26 %) en plein cœur de la crise. Ces profils restent donc, malgré leur chute récente, un bon compromis, à condition d'y investir dans une optique à moyen ou long terme, au moins 5 ans. Ils ont en effet moins baissé que les fonds plus dynamiques et devraient mieux profiter que les fonds prudents de la reprise boursière lorsqu'elle se produira.

Si vous n'avez pas encore investi dans les fonds équilibrés, c'est donc le moment de vous y intéresser. En revanche, si vous avez souscrit de tels fonds et qu'ils vous ont déçu, tournez-vous vers les supports en francs, qui offrent à l'heure actuelle le meilleur rapport performance/sécurité. Si votre épargne peut rester investie plus longtemps, nous vous déconseillons de sortir de ces fonds actuellement, car vous réaliseriez des pertes et vous vous priveriez de la possibilité de profiter d'une éventuelle reprise des marchés boursiers. L'alternative consiste à opter pour une Sicav diversifiée traditionnelle, qui offre à peu de choses près la même gestion qu'un fonds équilibré (une partie en actions, une autre en obligations), cependant moins axée sur l'international. La difficulté sera toutefois de trouver la Sicav qui correspond à vos besoins, car tous les contrats multisupports n'en proposent pas, ou au contraire, en proposent plusieurs entre lesquelles il vous faudra choisir. Une tâche délicate si vous n'êtes pas un spécialiste...

Il est conseillé de ne pas vendre maintenant les fonds dynamiques.

Investis très majoritairement en actions françaises et internationales, les profils dynamiques (voir tableau p. 30) ont le plus souffert de la récente chute des marchés boursiers. Sur un an, ils accusent une perte de 17 % à 40 %. Après une année maussade en 2000 (3 % à 12 % de perte en général), les fabuleux gains de l'année 1999 (25 % à 60 % de progression en 12 mois) ne sont qu'un lointain souvenir. Sur 3 ans, le bilan est donc quasiment nul et les souscripteurs ont gagné moins qu'avec des produits sans risques. Sur 5 ans en revanche, avec plusieurs fonds qui ont engrangé des gains supérieurs à 40 %, cette catégorie apparaît, malgré tout, comme la plus performante.

À condition d'avoir misé sur le bon fonds car les écarts sont très vastes : les clients du Crédit agricole qui ont choisi Optalis Expansion ont ainsi perdu 12 % de leur capital en 5 ans, alors que les détenteurs de parts du fonds Generali Audace Europe ont gagné 56,17 % sur la même durée... Très sensibles au risque, ces profils seront, en revanche, les premiers à repartir quand les marchés d'actions redécolleront. Néanmoins, en raison de leur volatilité extrême, il est prudent de n'y consacrer qu'une part minoritaire de son épargne, à moins de disposer de sommes dont on est certain de ne pas avoir besoin avant longtemps. Les professionnels recommandent de souscrire ces fonds pour des périodes de 8 à 10 ans au moins. La plupart d'entre eux conseillent également de ne pas investir d'un seul coup des sommes importantes dans ces profils, mais de recourir à des versements réguliers. Cela, pour atténuer les conséquences de la volatilité marquée de ces fonds, qui fait courir le risque, si vous investissez beaucoup en une seule fois, de le faire au mauvais moment.

Quant aux épargnants qui ont misé dans le passé sur ces fonds et constatent amèrement leur baisse de valeur, ils n'ont évidemment pas intérêt à en sortir aujourd'hui, car ils perdraient ainsi toute possibilité de profiter d'un rebond ultérieur. Néanmoins, si le fonds dynamique de votre contrat multisupport ne s'est pas montré à la hauteur, vous pouvez opter pour des Sicav en actions européennes ou internationales qui vous apporteront le même type de gestion, mais avec une diversification moindre, si le contrat en propose. Ces Sicav d'actions "généralistes" ne jouent pas, par exemple, les marchés émergents ou des secteurs d'activité spécifiques, alors que le gérant d'un fonds profilé dynamique ne s'en prive pas. Pour le meilleur et pour le pire... Éric Leroux

Mots-clés :

ASSURANCE VIE , PEP , PLAN D'EPARGNE POPULAIRE




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