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Des plans pour entrer en Bourse par étapes

Des plans pour entrer en Bourse par étapes
Janvier 2002
Le Particulier n° 950, article complet.
Auteur : CLEMENT (Catherine)

L'épargne programmée en Bourse consiste à investir chaque mois une somme donnée, en parts de Sicav ou de FCP. C'est le moyen de se constituer un portefeuille sans capital de départ et à moindres risques.

Un investissement régulier amortit les aléas de la Bourse

Sur le long terme, la Bourse constitue un placement parmi les plus profitables, que ce soit en détenant des valeurs, actions notamment, en direct, ou au travers de fonds communs de placements (FCP) ou de Sicav. Mais comment faire pour investir en Bourse lorsqu'on ne dispose d'aucun capital initial à placer, des capacités d'épargne limitée, et pas ou peu de connaissances en la matière ? La plupart des banques ont mis en place pour leurs clients qui se posent ces questions des produits qui, quelle que soit leur appellation – plan d'épargne boursière, abonnement d'épargne, investissement progressif... – reposent sur le même principe très simple : vous déterminez le montant que vous souhaitez placer chaque mois, même modeste (dans la plupart des banques, la mise minimale exigée est de 45 ou 50 €, 295 F à 328 F). Vous choisissez ensuite le fonds qui vous intéresse parmi ceux proposés par votre banque pour un tel plan. Dès lors, l'établissement prélèvera chaque mois cette somme sur votre compte courant pour financer l'acquisition de parts de ce fonds. Le premier avantage de ces plans est leur automaticité, appréciable si vous avez peu de temps à consacrer à vos finances personnelles : vous investissez sans avoir à y penser. Vous pouvez cependant, à tout moment et sans frais, suspendre temporairement ou définitivement vos versements, ou modifier leur montant. Pas de souci de gestion non plus, le gérant de la Sicav ou du FCP s'en charge. Souple, cette formule a le mérite de vous aider à constituer progressivement un portefeuille boursier.

Vous ne risquez plus d'investir à contre-temps.

Les plans d'épargne boursière permettent surtout d'éviter l'erreur de beaucoup d'épargnants peu habitués aux marchés financiers. Ils s'intéressent à la Bourse seulement lorsqu'elle bat des records. Alléchés par de spectaculaires performances passées, ils investissent en pleine "bulle spéculative", au plus haut, et subissent ensuite la chute des marchés. D'autres épargnants, plus avertis, redoutent ce scénario, remettent toujours leur investissement... et finissent par rater la hausse. Un krach boursier pourrait certes leur donner l'occasion de se décider. Mais en pratique, ils ont rarement le courage de placer leur capital en Bourse quand celle-ci est en chute libre. Un plan d'épargne boursière évite de vous demander constamment s'il n'est pas trop tôt ou trop tard pour acheter, puisque vous le faites en permanence.

Hausses et baisses de la Bourse ont moins d'impact sur votre plan d'épargne.

Avec une telle stratégie, la performance de votre investissement ne dépend plus du prix auquel vous achetez vos parts de FCP ou de Sicav à un moment donné, mais de la moyenne des prix d'achat chaque mois. Vous atténuez ainsi les effets des hausses ou des baisses successives des marchés d'actions, parfois brutales comme les événements de septembre dernier l'ont encore montré. Par exemple, en investissant 60 € par mois sur un fonds, vous pouvez en acheter 3 parts si elles valent 20 €. Si leur valeur descend à 15 € le mois suivant, vous en achèterez 4. Vous aurez donc investi 120 €, et le prix d'achat moyen de vos 7 parts sera de 17,14 €. A contrario, si la part monte à 30 €, vous ne pourrez plus en acheter que 2, et le prix de revient moyen de vos 5 parts sera de 24 €. Si vous conservez votre plan suffisamment longtemps, la Bourse montera et plongera tour à tour, la cote de votre fonds aussi. Lorsqu'elle chutera, la valeur de votre investissement diminuera, mais en continuant à acheter de nouvelles parts tous les mois à un prix plus bas, vous réduirez le prix de revient global de votre portefeuille (vous ferez ce que les boursiers appellent une "moyenne à la baisse"). Mieux encore, puisque le montant de votre investissement mensuel reste constant, vous achetez davantage de parts lorsqu'elles sont moins chères, ce qui est prometteur pour vos plus-values futures. Inversement, si la valeur du fonds progresse, le nombre de parts que vous pourrez acheter se réduira, mais, au moins, vous vous souviendrez que vous avez acquis vos premières parts à un prix plus attractif, et vous vous réjouirez des plus-values déjà réalisées grâce à elles. L'investissement programmé en Bourse n'est donc pas une martingale toujours gagnante. En période de hausse régulière, il se révèle même en fait moins rentable que de placer un capital important dès le départ (voir p. 37), à supposer bien sûr qu'on dispose de ce capital. Mais en période de baisse, l'investissement programmé limite les pertes.

Investir dans le cadre d'un plan ne coûte généralement rien.

La plupart des établissements ne facturent rien pour le plan d'épargne lui-même, avec quelques exceptions (voir tableau ci-contre). Le CCF demande par exemple 15 € par an. Oddo Pinatton prévoit des frais de dossier d'environ 76 €. Partout, vous devez en revanche acquitter les frais de gestion ponctionnés directement sur la valeur du portefeuille de la Sicav ou du FCP (la performance affichée est donc nette de ces frais) et des droits d'entrée facturés lors de chaque achat de parts. Ces frais et droits varient d'un établissement à l'autre, et, au sein d'un même établissement d'un fonds à l'autre. Très souvent, les fonds investis totalement ou principalement en actions supportent des frais supérieurs à ceux des fonds monétaires ou obligataires. Quelques établissements appliquent des frais plus faibles lorsque vous achetez des parts de leurs Sicav ou FCP dans le cadre d'un plan d'investissement programmé. Les droits d'entrée passent par exemple de 1,50 % à 1 % sur Écureuil Équilibre, de 2 % à 1 % sur Écureuil Vitalité, Écureuil Énergie ou Écureuil Dynamique, fonds proposés par les Caisses d'épargne. Plus radicale, la CaixaBank ne prélève pas de droits d'entrée sur les parts de fonds et Sicav acquises dans un tel cadre.

La souplesse d'un plan est un critère de qualité.

Les banques imposant un montant minimal de versements sur le plan, parfois différent pour le premier et pour les suivants, il importe que ces seuils soient adaptés à vos possibilités d'épargne, le cas contraire enlevant beaucoup de son intérêt à la formule. Le système est également plus efficace lorsque l'établissement a "décimalisé" les parts de ses fonds, c'est-à-dire s'il est possible d'en acheter non seulement à l'unité, mais aussi par millièmes : si, par exemple, vous versez chaque mois 60 € (393,57 F), et que la part vaut 22 € (144,31 F), vous pourrez acheter 2,727 parts si elles sont décimalisées, et 2 seulement si elles ne le sont pas. Dans ce cas, 16 € (60 € – 44 €) n'auront pas été investis et ne seront placés que le mois suivant. Toutefois, plus les valeurs de parts sont faibles, moins la décimalisation a d'intérêt. Le Crédit du Nord est une des rares banques a ne pas pratiquer la décimalisation. Par ailleurs, certains établissements (Caisses d'épargne, Crédit mutuel Nord, etc.), vous laissent totalement libre de fixer la date de vos versements, d'autres ne donnent le choix qu'entre quelques possibilités, comme c'est le cas chez BNP Paribas qui propose le premier, deuxième, troisième ou quatrième vendredi du mois. Enfin, les versements peuvent parfois ne pas être mensuels, mais trimestriels ou semestriels, ou au contraire hebdomadaires (comme à la CaixaBank, par exemple).

Les banques proposent généralement de choisir des fonds profilés.

Selon les établissements, vous pouvez disposer d'un éventail plus ou moins large de FCP et de Sicav. Certains n'en proposent que trois, d'autres près de quarante, mais toujours limités à des produits "maison" : aucun plan ne donne accès à des fonds ou Sicav commercialisés par des concurrents. Dans certains cas, comme à la Société générale, il s'agit de fonds réservés au plan d'épargne boursière et qu'il n'est pas possible de souscrire autrement. Mais, plus souvent, les banques sélectionnent dans leur gamme une partie de leurs fonds qu'elles rendent accessibles aux versements réguliers. Parmi eux figurent fréquemment des fonds profilés (voir le n° 949 du Particulier), pratiques pour démarrer en Bourse car avec eux, vous choisissez le degré de risque que vous êtes prêt à accepter. Un fonds "prudent" compte rarement plus de 20 % d'actions et n'est donc pas le plus pertinent dans le cadre d'un plan d'investissement boursier. En revanche, un fonds "équilibré", qui détient souvent autour de 50 % d'actions – le reste de son portefeuille étant investi en obligations et en placements de trésorerie –, vous séduira si vous redoutez les aléas de la Bourse, la partie obligataire du fonds amortissant les chocs. Mais n'oubliez pas que, par nature, un plan d'investissement boursier a déjà vocation d'amortir les chocs. Il justifie donc davantage le choix d'un profil dynamique ou offensif, pour l'essentiel investi en actions, si vous souhaitez miser franchement sur la Bourse, et si votre horizon de placement est de 5 à 8 ans ou plus.

Certains établissements, comme BNP Paribas, ne proposent même que des fonds profilés dans leurs plans d'investissements programmés.

Vous pouvez opter pour des fonds plus spécifiques.

Le plus souvent, vous avez aussi le choix entre plusieurs fonds plus caractéristiques, investis seulement en actions. Certains sont dédiés aux grandes valeurs françaises ou européennes, moins risquées que les petites valeurs. Ils sont donc souvent conseillés pour démarrer en Bourse. Autre choix possible, un fonds diversifié, c'est-à-dire investi en actions internationales, au moins européennes. Votre placement sera ainsi moins risqué dans la mesure où sa performance dépend de l'évolution de plusieurs places boursières et non de la seule Bourse de Paris. Toutefois, beaucoup d'épargnants souhaitent investir dans un PEA (plan d'épargne en actions) dont la fiscalité est avantageuse. Mais seules des Sicav et des FCP, qui détiennent respectivement au moins 60 % et 75 % d'actions françaises, peuvent être proposés dans ce cadre. Beaucoup de fonds proposés dans les plans d'épargne boursière sont donc seulement diversifiés sur le monde ou l'Europe à hauteur de 40 % ou 25 %, même si certains fonds recourent à des techniques de gestion permettant d'assouplir ces contraintes. Mais l'ouverture du PEA aux actions européennes, d'ici à 2003 pour les FCP et Sicav, élargira les possibilités d'investissement. Enfin, certains plans donnent aussi accès à des fonds plus spécialisés, dédiés aux actions de petites et moyennes entreprises, ou encore aux valeurs technologiques, par exemple. Ils intéressent surtout les épargnants qui ont déjà acquis des fonds plus généralistes et souhaitent diversifier leurs investissements.

Quel que soit votre choix initial, vous pouvez changer de Sicav ou de FCP en cours de plan, sans frais en général. De même, la plupart des établissements vous autorisent à répartir vos versements sur deux ou trois fonds différents, mais parfois seulement à condition de respecter pour chacun d'eux le montant minimum de versement exigé pour le plan (45 €, par exemple ).

Le choix du cadre fiscal.

Ces formules d'investissements réguliers sont en général accessibles aussi bien sur un compte-titres ordinaire que sur un PEA, voire sur un contrat d'assurance vie. Un compte-titres ordinaire offre la plus grande liberté de choix de supports d'investissement, mais vos plus-values seront imposées à 26 % (prélèvements sociaux inclus) si vous revendez en 2002 plus de 7 650 € de valeurs mobilières. En revanche, sur un PEA, tous vos gains sont exonérés 5 ans après l'ouverture du plan. Seuls restent à payer les prélèvements sociaux (10 %). Mais seuls certains fonds et Sicav y sont éligibles. C'est pourquoi la liste de Sicav et de FCP accessibles sur un plan ouvert dans ce cadre fiscal est plus limitée que celle proposée si vous investissez sur un compte-titres ordinaire. En particulier, vous n'y trouverez pas de fonds profilé "prudent", et rarement de fonds "équilibré". La plupart des établissements proposent aussi des plans d'épargne programmée sur un contrat d'assurance vie multisupport, placé ou non dans le cadre d'un PEP (plan d'épargne populaire). Là aussi, l'intérêt est d'ordre fiscal, puisque les produits de votre épargne sont en tout ou partie exonérés au bout de 8 ans, mais aussi successoral puisque le capital d'une assurance vie échappe, dans certaines limites, aux droits de succession. Cependant, les fonds accessibles dans le cadre de ces plans peuvent être différents de ceux proposés pour un plan ordinaire ou PEA. De même, le versement initial et les versements périodiques peuvent être plus élevés, en particulier pour des multisupports "haut de gamme" offrant en revanche un large choix de supports. Enfin, la structure des frais d'entrée et de gestion n'est pas semblable, car l'assurance vie a sa propre structure de tarification.

Catherine Clément


Mots-clés :

BOURSE , INVESTISSEMENT




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