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Décryptage : les promesses des fonds à formule

Décryptage : les promesses des fonds à formule
Juin 2003
Le Particulier n° 966, article complet.
Auteur : DELAIN (Laurence)

Les fonds communs de placement (FCP) "à formule", aussi appelés fonds garantis, prétendent offrir les performances d'un placement en actions, mais sans les risques. Ils conjuguent pour cela investissement sur des marchés dérivés d'actions (options, warrants, voir le n° 963b du Particulier) et achats de valeurs monétaires ou obligataires classiques. Mais, plus les marchés d'actions sont incertains et plus les taux d'intérêt sont faibles, comme actuellement, plus leurs promesses de performances deviennent alambiquées et aléatoires. Aussi, consultez toujours la notice du fonds, agréée par la Commission des opérations de Bourse (COB), que l'établissement émetteur doit tenir à votre disposition. Elle est obligatoirement assortie de simulations qui indiquent vos gains potentiels sur la base de différents scénarios boursiers.

"Retrouvez 100 % de votre capital majoré de 60 % de la progression du CAC 40"

Le principe est simple : au terme de votre placement, vous récupérez votre capital majoré d'une partie de la progression d'un grand indice boursier (le CAC 40 ou l'Eurostoxx 50 le plus souvent). Si l'indice a au contraire baissé, vous récupérez le capital investi, sans perte. Attention, cependant, aux frais de souscription, généralement entre 2 % et 4 % : s'ils sont, par exemple, de 3 % et si vous versez 1 000 €, le capital investi – et garanti – ne sera que de 970 €. La façon la plus simple de mesurer l'évolution de l'indice de référence est dite "de borne à borne" : on compare sa valeur au moment de la clôture de la souscription du fonds et sa valeur à l'échéance du fonds. Mais dans d'autres fonds, on relève la valeur de l'indice à intervalles réguliers (annuels, trimestriels, mensuels, parfois quotidiens) et, au terme, on fait la moyenne de toutes les progressions (ou baisses) mesurées sur chaque intervalle. Ce qui amortit les effets des éventuelles fortes baisses passagères de l'indice, mais à l'inverse, étouffe une partie des hausses.

Exemples récents : CM Potentiel 2008 (Crédit mutuel), CIC Optimum juillet 2008 (CIC), Drakkar Avril 2007 (Crédit lyonnais).

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Vous pouvez investir sur un tel fonds si vous pariez sur une reprise de la Bourse, de préférence sur un fonds où l'indice est retenu de borne à borne. Vous pouvez aussi acheter directement des parts d'une Sicav ou d'un FCP indiciel (géré pour évoluer comme l'indice de référence). Vous profiterez alors de la totalité de la progression de l'indice, mais votre capital ne sera pas garanti.

 

"Sortez avant terme sans pénalités et sans perte de votre garantie"

Du fait de leurs techniques de gestion, la garantie de capital et/ou de performances, qui caractérise ces fonds, n'est souvent accordée que si vous souscrivez des parts pendant une période limitée à quelques semaines, et si vous récupérez votre épargne à un terme fixé d'avance (de 2 à 8 ans selon les fonds). Néanmoins, quelques fonds à échéance de 7 à 8 ans permettent de récupérer votre mise 1 ou 2 ans avant terme, sans frais dissuasifs de sortie anticipée, et avec une performance garantie, plus faible néanmoins que si vous conservez votre placement jusqu'au bout.

Exemples récents : Fructi Garanti 2002 PEA (Banque Populaire) ; Inédit Mai 2003 (La Poste).

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Une telle sortie anticipée reste pénalisante en termes de performances. Mieux vaut d'emblée souscrire à un fonds à plus court terme, ou opter pour un fonds ouvert, tel le Clic Actions du CCF (on peut entrer et sortir régulièrement), qui offre l'avantage de jouer sur le double tableau de la souplesse et de la protection du capital.

 

"Récupérez votre capital initial, majoré du rendement d'un panier d'actions, dont les meilleures performances sont systématiquement captées"

Le rendement promis correspond à une partie de la progression d'un "panier" d'actions ou d'indices. Le plus souvent, elle est mesurée à partir des performances annuelles ou trimestrielles moyennes de chaque action ou indice (et non celles "de borne à borne", voir p. 38). Pour déterminer ensuite la performance du panier, des correctifs sont appliqués, variables d'un fonds à l'autre. Souvent, les baisses de cours ne sont pas retenues (on considère que la valeur a eu une progression nulle). Ou bien, à chaque relevé, la (ou les) valeur(s) ayant enregistré le meilleur résultat sur la période (ou, par exemple, celle (s) dont le cours a doublé ou triplé depuis l'origine) est sortie du panier, et on retient cette performance une fois pour toutes.

Exemples récents : Sogetop (Société générale) ; Cordillère et Boule de Neige (Caisses d'épargne...).

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L'avantage de cette formule est de neutraliser les baisses de certaines valeurs, mais interdit de profiter des performances de celles qui progressent le plus fortement. À éviter donc dans une perspective de hausse continue de la Bourse, puisqu'un tel fonds risque d'être moins performant qu'un fonds directement investi en actions.

 

"Profitez de 100 % de la progression d'un panier d'actions diversifiées sous réserve qu'aucune d'elles ne perde plus de 30 %"

Ce type de fonds, parfois dits "à tiroirs", promet de profiter de la hausse éventuelle de la totalité d'un panier d'actions (ou parfois de Sicav), mais à condition qu'aucune des valeurs du panier ne baisse au-dessous d'un certain seuil (– 15 %, – 20 %, – 25 %...) par rapport au cours d'origine. Selon les établissements, et la conjoncture boursière, cette condition doit être vérifiée, soit tout au long du placement, soit à intervalles réguliers (mensuels par exemple), soit au terme du fonds. Si cette condition n'est pas remplie, vous récupérez seulement votre capital moins les frais d'entrée.

Exemples récents : Doubl'ô Monde (Caisses d'épargne), Fructi Plus PEA (Banque populaire), Elypse et Ozalys (Cortal).

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Une formule à éviter dans la période actuelle de fortes turbulences boursières. Les mauvais parcours de nombre de grandes valeurs ces derniers mois ont déjà réduit à néant les espoirs de gains annoncés par beaucoup de ces fonds.

 

"Conjuguez la sécurité et un potentiel accéléré de gains "

En cas de performance d'un panier d'actions comprise entre 0 et 100 %, le souscripteur touche cette performance, calculée sur la base d'une moyenne trimestrielle établie sur les trois dernières années de vie du fonds. En cas de performance négative, il récupère son capital. Si la progression s'établit entre 100 % et 200 %, le souscripteur empochera cette performance multipliée par elle-même. Par exemple, si le fonds fait 150 %, la performance finale sera de 225 % (150 % x 150 %). Au-delà de 200 %, la performance est multipliée par 2 (soit, par exemple, 500 % si la progression est de 250 %).

Exemples récents : Booster et Speeder (BNP Paribas).

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Cette formule offre un bon compromis entre sécurité et performance. En effet, la performance est plafonnée, mais à un niveau assez élevé.

 

"Récupérez à terme votre capital initial majoré au minimum de 3 % par an"

Ces fonds de court terme (2 ans maximum) promettent une performance minimale garantie de 3 % ou 4 % brut (rémunération calquée sur celle des livrets bancaires) et un maximum de 20 %, voire plus. La partie aléatoire de la performance dépend, en général, d'un panier d'actions (ou d'indices), à condition qu'aucune d'elles ne baisse au-dessous d'un certain seuil. Dans

certains fonds à plus long terme (8 ans), la performance minimale garantie au

terme du fonds est égale à la hausse des prix sur la même période.

Exemples récents : K2 et Z2 (BNP Paribas) ; Talisman (Crédit lyonnais) ; Vivango (La Poste, performance minimale égale à l'inflation).

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La double garantie qu'offrent ces fonds (en capital et en performance) se paie d'une promesse de performance maximale assez improbable. Il est donc réaliste de tabler sur la performance minimale et, dans ce cas, un livret d'épargne fera aussi bien, avec, en plus, une disponibilité totale de vos fonds.

 

"Profitez de la sécurité d'un fonds garanti dans le cadre fiscal privilégié de l'assurance vie ou du PEA"

Nombre de fonds à formule sont accessibles aux titulaires de contrats d'assurance vie multisupports, ou d'un plan d'épargne en actions (PEA), qui veulent ainsi profiter de l'imposition nulle ou faible des produits de ces placements, tout en sécurisant leur épargne. En dehors de ces enveloppes fiscales, les gains enregistrés sur un fonds à formule restent, en effet, soumis au régime des plus-values mobilières (taxation à 26 % au-delà de 15 000 € de cession de valeurs mobilières dans l'année).

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Dans le cadre de l'assurance vie, il est encore plus sûr d'investir sur le fonds en euros de votre contrat, qui progresse d'environ 4 % à 4,5 % net par an. Dans le cadre d'un PEA, en revanche, un fonds garanti peut être le moyen de jouer la sécurité. Mais il peut être plus judicieux, surtout si vous avez des liquidités disponibles sur votre PEA, d'attendre de les réinvestir quand la Bourse reprendra des couleurs, pour profiter alors à plein de la hausse.

 

"Doublez votre capital sous réserve que l'indice de référence d'un portefeuille ne perde pas plus de 30 %"

Le rendement promis est accordé dans trois cas : les valeurs ou indices du panier de référence progressent, restent stables ou baissent modérément. Si, au contraire, la valeur du panier tombe en dessous d'un certain seuil, non seulement vous n'enregistrez pas de gains, mais vous pouvez subir une perte en capital. Avec le fonds Malicio de La Poste, par exemple, lancé en septembre 2000, le capital n'était garanti que si l'indice Eurostoxx n'avait pas baissé de plus de 14 % au terme du fonds en septembre 2002. Au-delà, la baisse était répercutée, diminuée de 14 % : l'indice ayant en fait perdu 25 % sur cette période, les souscripteurs ont enregistré une perte de 11 % (25 % – 14 %), ne récupérant donc que 81 % de leur investissement, moins les frais d'entrée.

Exemples récents : Benefic, Boni ou Malicio (La Poste), Dynatop (Crédit agricole).

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Ces formules sans garantie du capital, fort rares aujourd'hui, pourraient connaître un retour en force en cas de reprise de la Bourse, comme le montre le lancement récent de CM Double Action du Crédit mutuel (capital garanti sous réserve que l'Eurostoxx ne perde pas plus de 50 % à l'échéance).


Mots-clés :

FCP , FONDS GARANTI , PRODUIT FINANCIER




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