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Placements, quel temps fera-t-il en 2006 ?

Placements, quel temps fera-t-il en 2006 ?
Janvier 2006
Le Particulier n° 996, article complet.
Auteur : CLEMENT (Catherine)

Comment évolueront les taux d'intérêt, la Bourse ou l'immobilier ? La réforme fiscale changera-t-elle la hiérarchie des placements ? Voici tout ce qu'il faut savoir en ce début d'année pour décider de vos investissements.

Anticiper le climat financier pour mieux gérer son épargne Les épargnants ont été nombreux à parier sur la Bourse en 1999-2000, quand elle était proche de son sommet et, bien entendu, à subir de plein fouet le krach qui a suivi. Beaucoup d'entre eux ont aussi acheté un logement à la fin des années 80 à des prix records, qui se sont ensuite effondrés. A contrario, peu ont eu le courage de miser sur les actions lorsqu'elles étaient bradées, début 2003. Pourtant, depuis, l'indice vedette de la Bourse de Paris, le CAC 40, a remonté d'environ 80 %. Certes, sur le moment, il est difficile d'y voir clair dans les fluctuations des marchés immobiliers ou boursiers pour prendre la bonne décision. Les "bulles" spéculatives ne sont reconnues comme telles qu'après avoir éclaté

Mais, il faut aussi reconnaître que les spécialistes, en période d'euphorie comme dans les moments de pessimisme, ne sont que rarement écoutés. En 1999-2000, les stratèges financiers se rendaient bien compte que les actions étaient trop chères, en particulier dans le secteur des nouvelles technologies. Mais il était tentant d'en profiter. Fin 2002, les experts avaient beau répéter que la Bourse était très bon marché, personne ne voulait y aller !

Aujourd'hui, qu'en est-il ? L'immobilier semble hors de prix pour beaucoup de ménages qui doivent se loger. Mais la demande reste néanmoins très forte par rapport à l'offre. La Bourse, elle, fête sa 3e année de hausse consécutive. N'est-ce pas déjà trop ? Dans ce nouveau paysage, les taux d'intérêt viennent jouer les trouble-fête. Depuis plus d'une décennie, ils n'ont cessé de baisser, rendant le crédit bon marché et soutenant l'économie. Depuis quelques années déjà, les stratèges annoncent leur remontée. En vain, mais 2006 verra peut-être leur prédiction se réaliser. Enfin, une grande réforme fiscale sur les revenus et l'épargne se met en place pour 2006 et 2007. Risque-t-elle de doper certains placements et d'en pénaliser d'autres ? Autant d'éléments à prendre en compte pour éviter d'entrer sur un marché trop tôt ou trop tard.

Immobilier

Les prix de l'immobilier ont doublé depuis 1998. Certes, ils partaient d'un niveau faible, car ils avaient été laminés par la crise du début des années 90. Mais leur croissance est très forte, environ quatre fois plus rapide que celle de notre produit intérieur brut (PIB). Une situation qui rappelle la précédente flambée : de 1984 à 1990, les prix des logements avaient progressé de près de 200 % alors que le PIB n'avait augmenté que de 60 %.

Premiers signes de ralentissement.

Si l'envolée de l'immobilier se poursuit, le rythme est moins soutenu. Fin octobre 2005, selon la Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM), la hausse s'établissait à "seulement" 11,4 % sur les 12 derniers mois pour les logements anciens, contre 15,4 % en 2004, 14,3 % en 2003 et 11,9 % en 2002. Et, s'il a augmenté de 3,4 % au 3e trimestre, le prix des appartements a chuté de 2,6 % en octobre, quand celui des maisons est resté stable.

Les professionnels espèrent que ce ralentissement annonce une stabilisation progressive du marché sans redouter pour autant un krach comme celui des années 90. Pour deux raisons. D'abord, parce qu'à l'époque, "la hausse des prix était alimentée par les professionnels qui, avec l'aide des banques, achetaient et revendaient aussitôt pour empocher la plus-value. Aujourd'hui, elle s'explique essentiellement par le nombre important de ménages qui cherchent un logement", rappelle René Pallincourt, président de la FNAIM. Effectivement, dans l'ancien, plus de 88 % des transactions concernent aujourd'hui l'achat d'une résidence principale. Ensuite, parce qu'en 1990, la hausse avait surtout concerné la région parisienne. Or, cette fois, elle touche la province comme la capitale, en particulier les régions dont le dynamisme économique et démographique est le plus fort. Ce qui semble plus sain.

Ni pertes ni plus-values.

Si le marché immobilier se stabilise comme annoncé dans les prochaines années, investir aujourd'hui dans la pierre ne permet donc pas d'espérer d'énormes plus-values à court terme. Pour autant, les épargnants ne devraient pas craindre les pertes en capital. De plus, malgré la hausse des prix d'acquisition, la rentabilité locative devrait se maintenir à un niveau satisfaisant. "La rentabilité locative dans l'immobilier ancien de qualité se situe actellement, avant impôt, entre 2 % et 7 %. Ce qui se compare tout à fait aux rendements d'autres placements, qui ont baissé eux aussi", ajoute René Pallincourt. D'autant que la grande réforme fiscale engagée par le gouvernement est globalement neutre pour les revenus locatifs (voir le n° 994 du Particulier, p. 12). Toutefois, l'investissement immobilier pourrait perdre une grande partie de ses attraits.

C'est peut-être le moment de vendre.

D'autres experts sont, en effet, plus pessimistes. "Les prix de l'immobilier vont inévitablement redescendre", prédit Marc Touati, directeur des études économiques de Natexis Banques Populaires. Ils pourront peut-être encore résister dans les mois à venir, mais ils devraient à terme être pénalisés par l'explosion de l'endettement des ménages. Car de nombreuses familles empruntent désormais au maximum de leurs capacités, sur 25 ou 30 ans. Aussi la faiblesse de l'emploi et la progression limitée du pouvoir d'achat risquent de rendre leur situation difficile dans les prochaines années et de les contraindre à revendre leur logement, ce qui augmentera l'offre de biens. Celle-ci pourrait aussi croître grâce aux efforts de l'État pour encourager la construction. En 2003, les avantages fiscaux consentis à l'investissement locatif dans le neuf ont été améliorés lorsque le dispositif Robien a remplacé l'amortissement Besson, entraînant une augmentation des chantiers d'immeubles neufs, qui sortent aujourd'hui de terre. Les projets récents du gouvernement ("Borloo populaire") pourraient continuer à alimenter l'offre. Enfin, la demande elle-même pourrait fléchir. Jusqu'à présent, la baisse des taux du crédit a permis aux ménages de continuer à acheter, malgré la flambée des prix. Les taux d'intérêt à long terme, qui servent de référence aux crédits immobiliers à taux fixes, ont même diminué encore l'été dernier. Conjuguée à l'élargissement aux logements anciens du prêt à taux zéro en février dernier, cette baisse a permis de redresser la solvabilité des ménages, qui s'était dégradée l'année précédente, et donc de soutenir la demande. Mais, fin 2005, les taux semblent vouloir reprendre un peu d'altitude. Si cela devait entraîner un retournement du marché immobilier, les propriétaires auraient alors tout intérêt à vendre immédiatement (en profitant de prix au plus haut) et les investisseurs locatifs à différer un peu leur achat pour obtenir un meilleur prix.

Placements liquides

Les taux d'intérêt qui rémunèrent les placements de trésorerie dépendent étroitement du taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE).

Les taux des placements liquides pourraient remonter.

Fixé à 2 % depuis juillet 2003, le taux de la BCE vient de passer à 2,25 % le 1er décembre dernier pour contrôler l'inflation, qui repart avec la hausse des prix du pétrole, et limiter l'essor des crédits, qui alimentent la flambée de l'immobilier. Cette remontée pourrait donc entraîner une légère progression des rendements des livrets d'épargne, et notamment du Livret A (2 % nets d'impôt et de prélèvements sociaux aujourd'hui) dont les taux sont revus chaque année au 1er février et au 1er août. Elle devrait également améliorer d'environ 0,25 % la performance des Sicav monétaires qui, depuis des années, était inférieure à 2 % avant impôt, compte tenu de leurs frais de gestion.

Sicav et fonds obligataires

Les taux d'intérêt à plus long terme (10 ans, par exemple) ne dépendent pas de la BCE mais sont fixés librement par les marchés financiers, en fonction de l'offre et de la demande pour les obligations (emprunts d'État ou d'entreprises).

Les performances des Sicav et des fonds obligataires seront moins brillantes.

Depuis de nombreux mois, ces taux sont inférieurs à 4 %. Au printemps 2005, le taux pour un emprunt d'État à 10 ans en France a réussi à se hisser brièvement au-dessus de 3,70 %, mais est retombé dès l'été juste au-dessus de 3 %. Soit seulement 1 point de plus que le taux d'intérêt consenti pour un placement à 3 mois. Un niveau que les économistes jugent anormalement bas. L'explication de ce phénomène est simple : les fonds de pension et les assureurs du monde entier sont désormais contraints d'investir massivement en obligations pour garantir des pensions minimales aux futurs retraités des sociétés occidentales vieillissantes. En conséquence, les émetteurs d'obligations n'ont pas besoin de servir des taux très élevés pour trouver preneurs. À cette tendance de fond, s'est ajouté cet été un facteur plus conjoncturel : la flambée des cours du pétrole. Or, comme toujours, lorsque les investisseurs s'inquiètent, ils se réfugient sur les obligations. Certes, depuis l'automne, la tendance s'est inversée. Les fonds de pension ont différé leurs achats, les prix du pétrole se sont assagis et les taux à court terme sont remontés. Résultat, les taux longs ont atteint environ 3,50 % à la mi-novembre. Pour 2006, certains experts estiment qu'ils vont se stabiliser entre 3,50 % et 3,70 %, si les fonds de pension continuent à investir. D'autres pensent qu'ils progresseront pour atteindre un niveau plus normal, autour de 4 %, à la fin de 2006, en raison de la croissance économique et du retour des craintes inflationnistes. Mais, quoi qu'il en soit, les performances des Sicav et des fonds obligataires devraient rester médiocres.

Les obligations d'entreprises : plus risquées.

Ces dernières années, ces placements ont profité de la baisse des taux d'intérêt. Rappelons en effet que, lorsque les taux diminuent, le cours des obligations déjà émises augmente de manière à assurer à leurs acheteurs la même rentabilité que celles qui sont lancées. Mais si, l'an prochain, les taux d'intérêt remontent, ce phénomène jouera en sens inverse : les Sicav et les Fonds communs de placement (FCP) obligataires verront la valeur de leurs parts baisser. Il faudra attendre quelques mois pour que les intérêts servis par les titres viennent compenser cette chute et redresser la valeur des parts. Et si les taux d'intérêt se stabilisent autour de leur niveau actuel, les Sicav et FCP obligataires détenant en majorité des emprunts d'État se contenteront d'afficher une performance tournant autour de 3 % après déduction des frais de gestion. Leurs performances pourraient être un peu supérieures s'ils diversifient leurs portefeuilles avec des obligations émises par les entreprises pouvant rapporter jusqu'à 6 % ou 7 %. Mais ces titres sont aussi plus risqués puisque leur valeur chute lorsque la conjoncture économique se dégrade ou que les résultats des entreprises baissent. Les stratèges déconseillent donc d'investir aujourd'hui en obligations, car elles sont jugées à la fois trop peu rentables et potentiellement décevantes, puisque menacées par la remontée des taux d'intérêt. Bien entendu, cette morosité n'améliorera pas la rentabilité des contrats d'assurance vie en euros.

Assurance vie en euros

Déjà, en 2005, les rendements de ces contrats ont reculé de 0,20 à 0,30 point par rapport aux 4 % obtenus en moyenne en 2004.

Le rendement de l'assurance vie en euros devrait continuer à décliner.

Cette érosion est inévitable puisque les fonds en euros sont investis en obligations conservées jusqu'à leur échéance. Celles achetées depuis longtemps, quand les taux d'intérêt étaient élevés, rapportent encore parfois de 6 % à 8 %. Mais elles viennent progressivement à terme et sont remplacées par d'autres, souscrites aux taux actuels, beaucoup plus faibles. Ce sont aussi dans des obligations à ces taux modestes que sont placés les nouveaux versements des épargnants. Le rendement global du portefeuille ne peut donc que baisser. C'est d'ailleurs pour compenser cette baisse prévisible que les pouvoirs publics ont autorisé les assureurs à transformer les contrats en euros en contrats multisupports (voir le n° 995 du Particulier, p. 6 et notre prochain numéro), partiellement investis en actions.

Bourse

La Bourse a gagné environ 20 % en 2005, sa 3e année de hausse depuis mars 2003. À l'époque, les actions étaient soldées, tant les investisseurs, échaudés par le krach, s'en méfiaient.

La Bourse devrait rester attrayante.

Aujourd'hui, même si les actions ont regagné une bonne partie du terrain perdu, les experts financiers les jugent toujours attrayantes. Après tout, l'indice CAC 40 est encore inférieur de 30 % à son plus haut niveau de 2000. S'il a fortement progressé en 2005, c'est parce que les entreprises se sont restructurées et ont profité de la croissance mondiale (plus forte que celle de l'Europe) pour améliorer leurs bénéfices, en dépit de la hausse du pétrole. Les analystes financiers tablent sur des profits des entreprises cotées en hausse de 15 % à 18 % en 2005. Il n'est donc pas surprenant de voir les marchés d'actions européens grimper dans la même proportion. Pour savoir si la Bourse est chère ou non, les experts comparent les cours des actions aux bénéfices. Puisque les deux ont évolué sensiblement au même rythme en 2005, ils estiment que les prix des titres sont toujours abordables.

Une progression possible de 8 %.

Et, surtout, les experts pensent que l'investissement boursier devrait rester intéressant en 2006. Pour au moins trois raisons. D'abord, parce que les entreprises disposent de liquidités abondantes qu'elles utilisent pour verser des dividendes importants, mais aussi pour racheter leurs propres actions et soutenir ainsi leurs cours de Bourse, ou pour investir dans d'autres entreprises (via des offres publiques d'achat, entre autres). Ces fusions- acquisitions seront d'autant plus en vogue que les taux d'intérêt seront bas, et qu'elles pourront les financer au moins en partie à crédit. Ensuite, parce que la fiscalité est de plus en plus favorable aux investissements en actions que les pouvoirs publics souhaitent encourager. Enfin, parce que les actions deviendraient, en 2006, plus attrayantes que les obligations. Sur les marchés financiers, en effet, les investisseurs comparent en permanence les rendements de ces deux types de placements. Aujourd'hui, grâce à l'augmentation de leurs dividendes, bon nombre d'actions distribuent un revenu de l'ordre de 3 % qui talonne celui des obligations (autour de 3,5 % pour les emprunts d'État). Mais les actions laissent espérer des plus-values, alors que les obligations risquent d'enregistrer des moins-values si les taux remontent. Enfin, les bénéfices des entreprises devraient continuer à progresser en 2006, de 7 % à 10 %, si elles réussissent à compenser l'impact de la hausse du pétrole par une amélioration de leur productivité. La Bourse pourrait alors progresser au même rythme. Mais attention, les experts prédisent aussi un accroissement de la volatilité, c'est-à-dire de l'alternance de périodes de hausse et de baisse. Même placé sous de bons auspices, un placement en actions reste donc risqué et ne doit être envisagé qu'à long terme. À cette condition, il est possible d'en espérer une progression moyenne de 6 % à 8 % par an.

Catherine Clément


Mots-clés :

ASSURANCE VIE , BOURSE , INVESTISSEMENT LOCATIF , MARCHE IMMOBILIER , RENTABILITE LOCATIVE , SICAV




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