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Est-il encore temps d'investir en Bourse ?

Est-il encore temps d'investir en Bourse ?
Septembre 2006
Le Particulier n° 1004, article complet.
Auteur : CLEMENT (Catherine)

La Bourse offre encore des opportunités pour les épargnants misant sur le long terme. Des outils simples permettent de passer à l'acte de façon pragmatique et d'appliquer des stratégies gagnantes : investir régulièrement, diversifier son portefeuille et garder son sang-froid.

En Bourse, le rattrapage qui a suivi le krach du début des années 2000 a subi un coup d'arrêt au printemps dernier. Depuis mars 2003, les actions étaient remontées de plus de 100 %. Étaient-elles devenues trop chères ? Non, estiment les experts, parce qu'elles étaient parties de niveaux excessivement faibles, et parce que leur cours s'évalue par rapport aux bénéfices des entreprises, qui eux aussi avaient bondi. Mais elles n'étaient plus aussi bon marché, et il fallait donc s'attendre, pour 2006, à un ralentissement de la hausse des cours (voir le no 996 du Particulier). En réalité, sur les quatre premiers mois 2006, la progression est restée forte, l'indice vedette de la Bourse de Paris, le CAC 40, gagnant environ 15 %, à 5 300 points. Mais une brutale correction a suivi : début juin, il n'était plus qu'à 4 600 points, et fin juillet, il était à peine au-dessus de son niveau de janvier. Cette purge résulte notamment de la remontée progressive des taux d'intérêt à court terme qu'opère depuis décembre 2005 la Banque centrale européenne (BCE) pour lutter contre les risques d'inflation et de bulle spéculative dans l'immobilier. La BCE devrait maintenir cette politique au cours des prochains mois, et la banque centrale américaine a, elle aussi, remonté ses taux. C'est un contexte pénalisant pour la Bourse, puisque cela détourne une partie des capitaux en quête d'investissements, au profit de placements concurrents, notamment les Sicav monétaires et les obligations. En outre, cette hausse des taux devrait entraîner un ralentissement de la croissance américaine, au détriment des grandes entreprises européennes qui exportent dans ce pays. Ce ralentissement outre-Atlantique était certes prévu, mais certains économistes redoutent un choc plus fort si le consommateur américain se trouvait pris au piège du pétrole cher et de taux plus élevés.

Ces incertitudes rendent les investisseurs nerveux, prompts à retirer leurs capitaux des marchés boursiers à la moindre alerte, quitte à y revenir prudemment 2 ou 3 jours plus tard si le climat semble meilleur. Dans les prochains mois, les financiers redoutent donc de voir la Bourse durablement plus agitée. Périodes de hausse et de baisse devraient se succéder, au rythme des bonnes ou mauvaises nouvelles sur le front de l'inflation, de la croissance... Et à l'arrivée ? Certains stratèges restent confiants et s'attendent à voir la Bourse retrouver ses hauts niveaux d'avant la crise d'ici à la fin de l'année. D'autres en revanche craignent que les cours continuent à chuter, notamment si les entreprises révisent à la baisse leurs prévisions de croissance des bénéfices. Il n'est pourtant pas trop tard pour investir en Bourse, même si le moment est moins bien choisi qu'en 2003 ou 2004, quand les cours étaient au plus bas. En revanche, il est plus avantageux de franchir le pas aujourd'hui, après la purge, qu'il y a seulement quelques mois. De plus, à leur niveau actuel, les actions constituent une alternative crédible à l'immobilier, où les prix atteignent désormais des sommets. Les actions sont aussi traditionnellement plus rentables sur longue période que des placements sans risque (livret, assurance vie en euros). Mais, à moins d'être un fin connaisseur des marchés ou prêt à prendre des risques, un placement en actions ne doit s'envisager que sur le long terme. C'est à cette condition que les épargnants sont en général gagnants, en dépit des krachs.

Investir progressivement.

Nombre d'épargnants ont, en effet, peur d'aller en Bourse quand elle va très mal... et peur aussi d'y entrer quand elle va mieux, de crainte qu'elle ne soit déjà trop chère. Ils ne se décident donc jamais, et regardent passer les hausses. C'est pourquoi, plutôt que d'attendre indéfiniment le meilleur moment pour investir, mieux vaut le faire progressivement. Si vous avez un capital à placer, investissez-le, non pas en une seule fois, mais en 2 ou 3 fois, à quelques semaines ou mois d'intervalle, pour lisser le prix de revient de votre portefeuille. Vous réduirez encore davantage le risque d'investir à contretemps si vous le faites très régulièrement, par exemple chaque mois selon vos possibilités, en achetant des parts d'OPCVM en actions (Sicav ou fonds commun de placement, FCP), toujours pour le même montant. De nombreuses banques proposent d'automatiser cette stratégie, sous forme de plans d'investissement progressif (accessibles à partir de quelques dizaines d'euros par mois) sur un ou plusieurs OPCVM "maison". Le prix de revient de vos parts sera ainsi lissé mois après mois, celles que vous achèterez sur un marché plus cher compensant celles acquises lors d'une Bourse déprimée. Le gain final sera certes inférieur à celui obtenu si vous aviez su tout placer au creux du marché. Mais au moins, vous n'aurez pas oublié d'investir, ni choisi le pire moment. Seule règle à respecter : rester fidèle à cette stratégie pendant plusieurs années au moins, y compris quand la Bourse plonge. Certains épargnants, qui avaient opté pour ce système d'investissement progressif dans les années 2000, l'ont abandonné pendant le krach, et ont raté ensuite la période où ils auraient pu investir à très bas prix.

Constituer un portefeuille diversifié.

Les Français ont le réflexe d'investir en actions françaises ou en actions de la zone euro, ce qui supprime le risque de change. En général, ils privilégient les actions des grandes entreprises, notamment celles qui composent l'indice CAC 40 ou son équivalent pour la zone euro, le DJ Euro Stoxx 50. C'est un bon calcul aujourd'hui : en période d'incertitudes, ces titres servent de refuges aux investisseurs, et baissent en général moins que les actions des petites et moyennes entreprises. Mais il serait dommage de s'arrêter là, car quand on investit à long terme, il existe d'autres opportunités. Et parce que sur une longue période, un portefeuille diversifié sur des titres et des pays différents est moins risqué que concentré sur un seul marché ou sur un seul type de valeurs. Ainsi, ces dernières années, les petites et moyennes valeurs ont été beaucoup plus performantes que les grandes. Certains secteurs ont également offert des progressions largement supérieures à celles des grands indices, comme, ces derniers mois, les sociétés foncières ou les mines d'or, qui ont profité respectivement de l'envolée des prix de l'immobilier et de l'or. Votre stratégie de diversification pourra aussi s'inspirer de celles des investisseurs institutionnels. Ils considèrent souvent que le cœur de leur portefeuille est constitué pour l'essentiel de grandes valeurs européennes et, à hauteur de 15 % à 30 %, de petites et moyennes valeurs. Mais à cette base du portefeuille, qui restera stable dans le temps, ils ajoutent des "satellites", c'est-à-dire des investissements dans des secteurs économiques précis, ou dans des zones hors Europe, censés apporter à moyen terme une surperformance par rapport au cœur de portefeuille. Ces satellites sont parfois gardés plusieurs années, mais aussi parfois modifiés après quelques mois si ces investissements de diversification deviennent moins prometteurs. Cependant, peu d'épargnants ont le temps et les compétences pour choisir eux-mêmes les actions à acheter. Et pour un particulier, les transactions sur des Bourses étrangères sont coûteuses.

La Bourse, simple d'accès grâce aux Sicav et FCP.

La solution clés en main, sans souci de gestion, est d'acheter des parts de Sicav ou de FCP. Ainsi, vous profitez de la performance d'un portefeuille diversifié (les plus concentrés comptent 20 à 40 valeurs, les plus larges plusieurs centaines), piloté par un gérant professionnel. Chaque organisme a sa propre stratégie de gestion, expliquée notamment dans son prospectus, document d'information visé par l'Autorité des marchés financiers. Mais ces OPCVM sont tellement nombreux qu'il est difficile de choisir entre eux. Le premier critère est le mode de gestion. Certains fonds dits "indiciels" se contentent de répliquer un indice boursier donné, le CAC 40 ou le DJ Euro Stoxx 50, par exemple, ou des indices étrangers, comme le S&P 500, qui reflète l'évolution des grandes valeurs américaines. Leur objectif consiste à délivrer une performance la plus proche possible de l'indice qu'ils représentent. Ils sont commercialisés notamment par les grandes banques à réseau, mais sont de plus en plus concurrencés par un autre type de support, les trackers, sur lesquels nous reviendrons. À l'opposé, d'autres OPCVM ne se soucient pas des indices, mais cherchent sur le marché les actions qui leur semblent offrir le meilleur potentiel. Les meilleurs de ces fonds de stock picking (sélection d'actions) sont souvent pilotés par de petites sociétés de gestion indépendantes : Richelieu Finance, Tocqueville Finance, CCR Actions, Financière de l'Échiquier, Sycomore, Métropole Gestion, etc. Certains gérants vont chercher des valeurs qu'ils estiment sous-évaluées. D'autres vont préférer les actions d'entreprises en forte croissance, etc. En général, ils trouvent davantage d'opportunités dans les petites et moyennes valeurs que dans les grandes. Enfin, entre les fonds indiciels et ceux de stock picking, un grand nombre d'OPCVM ont une stratégie moins claire. Ils prétendent sélectionner des valeurs, mais leurs gérants sont aussi tenus de ne pas trop s'écarter de la composition d'un indice qui leur sert de référence (le CAC 40, par exemple, pour un fonds dédié aux grandes valeurs françaises). Cette contrainte a souvent des raisons commerciales : si la Bourse monte et que le gérant a fait de mauvais choix de valeurs, cela se verra peu dans la performance du fonds, puisque ses paris ne l'éloignent jamais beaucoup de l'indice. Si la Bourse baisse, en revanche, il sera toujours possible de se cacher derrière la chute de l'indice pour expliquer les pertes du fonds.

Gestion indicielle ou "stock picking", la conjoncture fait la différence.

Entre gestion indicielle et sélection de valeurs, c'est souvent la conjoncture boursière qui fait la différence. Quand la Bourse est euphorique, toutes les valeurs ont tendance à grimper à un rythme soutenu, et les fonds de stock picking ont beaucoup de mal à trouver des titres qui font encore mieux. Les fonds indiciels, eux, progressent mécaniquement avec les indices. A contrario, quand la Bourse s'effondre ou est hésitante, les fonds indiciels, comme les indices, reculent, alors que les bons gérants de stock picking ont une chance de faire mieux s'ils ont choisi des titres qui échappent au marasme. Pendant le krach du début des années 2000, les fonds vedettes des petites sociétés de gestion indépendantes (Ulysse chez Tocqueville, Agressor à la Financière de l'Échiquier, Centrale Valeur chez CCR Actions, par exemple) ont mieux protégé leurs souscripteurs de la baisse que les fonds indiciels ou les fonds proches des indices. Revers de la médaille, certains de ces fonds ont tant de succès qu'ils doivent parfois être fermés temporairement ou définitivement. Au-delà d'une certaine taille, en effet, il devient de plus en plus difficile pour le gérant de trouver de nouvelles valeurs performantes sur lesquelles investir.

Multigestion, la recherche de l'excellence.

Cela étant, il est compliqué, en pratique, pour un épargnant, de remanier de fond en comble son portefeuille de Sicav et de FCP au gré des évolutions de la conjoncture boursière. Et au sein d'une même catégorie d'OPCVM, il est fort difficile de déceler ceux qui, dans les années à venir, feront mieux que les autres. De plus en plus d'établissements, notamment les banques, cherchent à contourner cette difficulté avec des OPCVM dits multigestions, dont le portefeuille est géré par une sélection de gérants extérieurs ou est lui-même investi dans des fonds d'autres sociétés de gestion, repérés pour leurs belles performances. Exemples : les gammes Étoile Multi Gestion au Crédit du Nord, Multimanager chez HSBC, Nectra dans les Caisses d'épargne. L'idée de souscrire un fonds piloté par les meilleurs gérants mondiaux est bien sûr séduisante. Mais elle implique souvent des frais de gestion un peu plus élevés (ceux du promoteur du fonds s'ajoutent à ceux des fonds ou gérants sélectionnés). Par ailleurs, les fonds de ce type se retrouvent rarement en tête des classements puisque, par nature, leur gestion mélange celle de gérants de style différents, et constitue ainsi une sorte de moyenne de leurs compétences et de leurs performances. En revanche, un fonds multigestion a de bonnes chances d'être régulièrement au-dessus de la moyenne, avec cependant des exceptions pour les fonds diversifiés, qui font pendant quelques mois des paris sur certains types d'actions ou de marchés (par exemple, les matières premières, ou les marchés émergents d'Asie). Ils se retrouvent plus facilement en tête des palmarès quand leurs anticipations ont été justes... ou sinon en queue de peloton.

Une alternative aux fonds indiciels, les "trackers".

Appelés aussi ETF (Exchange Traded Funds), ils ont été lancés à la Bourse de Paris depuis un peu plus de 5 ans. Ils sont cotés en Bourse en continu et peuvent donc s'acheter ou se revendre à tout moment au cours d'une séance de Bourse, comme une action. Des établissements financiers assurent, en effet, la liquidité de ces titres, c'est-à-dire s'engagent à ce que tout ordre d'achat ou de vente soit honoré. Mais à la différence d'une action, le prix d'achat ou de vente du tracker ne dépend pas de l'offre et de la demande, mais de l'évolution de l'indice boursier dont il reflète la performance. Exemple : l'un des trackers les plus utilisés pour investir sur l'indice CAC 40 est le Lyxor ETF CAC 40 (émis par Lyxor, groupe Société générale). Le minimum de souscription est d'une part, qui vaut approximativement un centième de l'indice CAC 40, soit 47 € environ quand le CAC 40 avoisine 4 700 points par exemple, 48 € si l'indice monte à 4 800 points, etc. En réalité, il y a un léger écart entre la valeur de l'indice et celle du tracker, dû aux frais de gestion du fonds, et aux dividendes servis par les actions qui composent l'indice (ces dividendes sont reversés aux porteurs de parts du fonds une fois par an). Un tracker est donc plus souple à gérer qu'une Sicav ou un FCP classique, puisqu'il peut être acheté ou revendu très vite, en cours de journée (par exemple, si l'on veut profiter d'un accès de faiblesse de la Bourse), alors que pour un OPCVM classique, les transactions ont lieu au mieux une fois par jour, parfois une fois par semaine. Les frais de gestion d'un OPCVM indiciel classique avoisinent souvent 1 % à 1,50 % par an, alors qu'ils descendent parfois jusqu'à 0,25 % pour les trackers les moins chargés (en général, ceux qui suivent des indices très connus) et dépassent rarement 0,60 %, même pour ceux répliquant des indices exotiques ou qui comptent un grand nombre de valeurs, plus coûteux à gérer. En outre, l'acheteur de parts de Sicav ou de FCP supporte souvent des frais de souscription, environ de 2 % à 3 % des sommes investies. Ces frais n'existent pas sur les trackers. En revanche, l'acheteur paie des frais à son intermédiaire financier à l'achat comme à la vente. Ces frais varient selon l'intermédiaire et le volume de la transaction (ils comportent une part fixe et sont donc proportionnellement plus élevés pour des petits volumes), mais ils restent comparables ou inférieurs à ceux des OPCVM. Enfin, un tracker supporte des droits de garde, comme une valeur mobilière ordinaire, alors qu'en général les banques et intermédiaires financiers n'en facturent pas sur leurs propres OPCVM. Les trackers permettent de jouer des stratégies variées. Avec ceux qui répliquent le CAC 40 ou le DJ Euro Stoxx 50, par exemple, vous pouvez constituer le cœur de votre portefeuille. Et vous pouvez jouer la diversification avec ceux qui suivent des indices américains, japonais, sectoriels (l'immobilier coté, par exemple), voire faire des paris plus audacieux avec des trackers plus atypiques qui vous paraîtraient porteurs à un moment donné : il en existe qui répliquent des indices sur la Bourse chinoise, les Bourses des pays de l'Est, les matières premières... En prime, beaucoup de trackers, même s'ils reflètent des indices étrangers, sont éligibles au Plan d'épargne en actions (PEA). Sachez toutefois que votre conseiller bancaire vous proposera rarement de vous guider dans le choix d'un tracker, beaucoup moins rémunérateur pour lui que les OPCVM et autres produits "maison".

Les fonds à formule, plus risqués qu'il n'y paraît.

Ce type de fonds connaît un grand succès, car ils prétendent offrir les avantages de la Bourse sans les risques. Ils ont la particularité de proposer, à une échéance donnée, une rémunération calculée d'après une formule fixée au départ. Celle-ci est parfois simple (par exemple 75 % de l'évolution positive d'un indice ou de quelques actions présélectionnées), parfois alambiquée. En prime, le capital investi est en général garanti, en totalité ou en partie au moins, à cette même échéance. En pratique, les performances des fonds lancés dans le passé et arrivés à échéance sont très différentes selon leurs caractéristiques (mode de calcul, étendue de la garantie), mais aussi selon leur date de création et la conjoncture boursière ensuite : ceux lancés en 2000, avant le krach, ont souvent des performances décevantes, parfois même négatives. En revanche, ceux proposés en 2002 et 2003 qui arrivent à terme maintenant ont permis à leurs souscripteurs de profiter de la hausse de la Bourse. Nous restons néanmoins réservés à l'égard de ces produits, d'autant qu'une autre démarche consiste à répartir votre épargne entre, d'une part, de "vrais" produits en actions tels ceux décrits plus haut en suivant une stratégie adaptée et, d'autre part, des supports qui offrent une sécurité maximale, tel un fonds en euros d'assurance vie. Le dosage entre les supports en actions et les autres sera fonction de votre horizon de gestion (voir le no 992 du Particulier).

Catherine Clément

Mots-clés :

ACTION , BOURSE , FCP , INVESTISSEMENT , OPCVM , PEA , PLACEMENT BOURSIER




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