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Livrets d'épargne, profitez de la guerre des taux

Livrets d'épargne, profitez de la guerre des taux
Novembre 2008
Le Particulier n° 1030, article complet.
Auteur : MASSON (Chantal)

Sur quel livret placer une somme d'argent que l'on veut garder disponible ? Une question capitale en temps de crise boursière et à l'heure où les banques multiplient les promotions sur leurs livrets pour attirer les fonds placés sur les Livrets A.

Alors que la tourmente boursière fait rage et que l'immobilier défaille, le Livret A – détenu à environ 50 millions d'exemplaires sur lesquels reposent plus de 126 milliards d'euros – paraît plus attractif que jamais. Il est sûr, l'argent placé est disponible à tout moment et rapporte, actuellement, 4 % par an, sans impôts ni prélèvements sociaux. On peut en dire autant des autres livrets défiscalisés : le Livret de développement durable (LDD, ex-Codevi, 4 % par an), le Livret d'épargne populaire (LEP, 4,5 % par an, réservé aux épargnants faiblement imposés), et les Livrets jeunes (4,25 à 5 % par an, accessibles jusqu'à 26 ans révolus). Quant aux comptes sur livret des banques, ils affichent actuellement des taux très alléchants. Et pour cause, les établissements bancaires, autorisés à distribuer des Livrets A à partir du 1er janvier 2009, multiplient les stratégies pour attirer à eux l'épargne placée sur ces livrets. En effet, le 1er janvier 2009, la Banque postale, les Caisses d'épargne et le Crédit mutuel (qui délivre un Livret bleu, équivalent du Livret A) n'auront plus le monopole du fameux livret. Pour inciter à transférer chez elles l'épargne du Livret A, les banques font valoir qu'avoir ce livret dans l'établissement qui gère votre compte courant permet des transferts d'argent plus rapides et exonérés de frais. Cela dit, dans les circonstances actuelles, il est prudent, au contraire, de répartir ses fonds dans plusieurs établissements (voir p. 12). D'autres banques ajoutent un argument sonnant et trébuchant. Chez AGF Banque et HSBC, par exemple, si vous vous engagez à ouvrir un Livret A début 2009, en apportant dès maintenant une épargne nouvelle, celle-ci sera rémunérée respectivement à 7 % et à 6,20 %.

Attention aux promotions

Mais, à y regarder de plus près, ces offres de « préréservation » ne sont pas si mirifiques (voir tableau p. 32). D'abord, les taux annoncés par les banques sont bruts. Or, les intérêts d'un livret d'épargne bancaire sont soumis aux prélèvements sociaux (11 % actuellement) et à l'impôt sur le revenu, avec une possibilité de prélèvement libératoire forfaitaire de 18 %, intéressante si vous êtes imposable dans les tranches à 30 % ou 40 % du barème fiscal. Pour déterminer le taux net de rémunération d'un livret bancaire, il faut donc retrancher au taux brut 29 % dans le pire des cas (11 % + 18 %), ou, au mieux, 11 % si vous n'êtes pas imposable. Ce qui revient, pour connaître le taux net, à multiplier le taux brut par 0,71 ou 0,89. Par exemple, 6 % brut deviennent 4,26 % ou 5,34 % net. L'écart entre le brut et le net pourra encore s'accroître le 1er janvier 2009 si le prélèvement supplémentaire de 1,1 % annoncé pour financer le RSA (revenu social d'activité) est instauré. Autre limite, ces offres promotionnelles ne concernent que les nouveaux clients (chez ING Direct) ou les seuls apports d'argent frais (chez Banque AGF, LCL...). Impossible donc de bénéficier de ces taux améliorés sur des sommes déjà placées sur un livret ou un compte d'épargne maison. En outre, l'offre ne vaut généralement qu'à concurrence d'un certain plafond (voir ci-dessous), le surplus étant rémunéré au taux habituel du livret ou du compte épargne maison.

Enfin, bien que le taux promotionnel annoncé soit annuel, il ne s'applique que pour une période restreinte. C'est le taux ordinaire du livret qui s'applique ensuite, nettement plus bas. Aussi, par exemple, une somme placée un an sur le livret LCL (dont 2 mois au taux bonifié) ne rapportera en tout et pour tout que 2,27 % net. En bref, pour profiter au mieux des offres promotionnelles sur les livrets bancaires, évitez de verser au-delà du plafond et, à l'approche de la fin de la période à taux bonifié, assurez-vous que la rémunération de votre épargne restera concurrentielle, sinon cherchez une alternative. Une des solutions consiste à placer ensuite l'épargne sur le Livret A ou sur tout autre livret exonéré d'impôt et de prélèvements sociaux, dans votre banque ou dans une autre.

Un seul Livret A par épargnant

Pour l'instant, La banque postale et les Caisses d'épargne ripostent timidement aux tentatives de débauchage des titulaires de Livret A. La première permet désormais les virements entre un Livret A et un compte bancaire détenu ailleurs qu'à la Banque postale. Les Caisses d'épargne, elles, mettent en avant leur compte bancaire rémunéré entre 0,5 et 1 % par an. Mais il faut déduire le coût du « package » de services bancaires obligatoires pour accéder à ce compte.

Sachez que si vous décidez d'ouvrir un Livret A dans votre banque, vous devrez clore celui que vous détenez déjà, puisqu'une personne ne peut détenir qu'un seul livret. Votre banque vous demandera une simple déclaration sur l'honneur mais, dans l'avenir, avec la généralisation de la distribution du Livret A, des contrôles plus contraignants pourraient être mis en place. Cette interdiction de cumul vaut pour les autres livrets réglementés dont, par ailleurs, les plafonds de versement sont assez faibles (voir p. 92). Toutefois, au sein d'une même famille, parents et enfants peuvent détenir chacun un Livret A, plus un LDD par personne majeure, plus un Livret jeune par adulte de 18 à 25 ans. À charge pour les parents, rappelle néanmoins la Cour de cassation (voir le n° 1029 du Particulier, p. 10) de rendre des comptes à leurs enfants qui, une fois majeurs, contesteraient les opérations effectuées sur leurs livrets personnels. Une famille de 4 personnes avec 2 enfants mineurs peut ainsi cumuler jusqu'à 73 200 € rémunérés à 4 % net (4 fois 15 300 € sur des Livrets A, plus 2 fois 6 000 € sur des LDD). Un montant a priori suffisant pour abriter votre épargne de précaution, mobilisable à tout moment en cas de grosses dépenses, ou pour faire fructifier temporairement des sommes en attente de réemploi.

D'autres produits attractifs

Pour des sommes plus importantes, telles qu'un héritage ou le produit de la vente d'un bien immobilier, les livrets défiscalisés trouvent leurs limites, et un livret bancaire peut prendre le relais pour le surplus, notamment en profitant d'un taux promotionnel. Si vous pouvez bloquer votre épargne un certain temps, une alternative aux livrets peut être un compte à terme ouvert dans une banque, pour une durée convenue d'avance, de 1 mois à 2 ans, parfois plus. Début octobre, par exemple, pour un compte sur 3 mois, BNP Paribas proposait 4,40 % brut (3,12 % net) pour 15 000 € (4,60 % et 3,26 % respectivement pour 75 000 €). Sur la même durée, la BRED offrait 5,15 % brut (3,65 % net) jusqu'à 50 000 € placés, et 5,20 % brut (3,69 % net) au-dessus. Attention, si vous ne respectez pas la durée d'immobilisation, cela entraînera une réduction du taux d'intérêt versé. Et le ticket d'entrée est généralement de 5 000 ou 7 500 €, sauf à La banque postale (750 €, mais rémunérés 4 % brut seulement, pour 6 mois).

La souplesse des fonds

Si vous cherchez à faire fructifier non pas une somme immobilisée mais votre trésorerie courante, sachez que des retraits et des versements fréquents amoindrissent le rendement d'un livret (voir p. 36). Dans cette optique, vous pourrez préférer une Sicav ou un fonds commun de placement (FCP) monétaire, dont vous vendrez et achèterez des parts en fonction de vos besoins ou de vos disponibilités de trésorerie. Préférez un produit géré par votre banque, pour ne pas subir de frais d'achat, de vente ou de garde, ou disponible chez un courtier sans frais (voir le n° 1029 du Particulier, p. 34). La performance de ces produits, gérés de sorte que la valeur des parts progresse régulièrement, peut actuellement dépasser les 4 % par an. Vous trouverez une sélection de Sicav monétaires sur www.leparticulier.fr, espace abonnés, Bonus du 1030. Il faut toutefois tâcher de ne pas céder plus de 25 000 € de parts dans l'année (montant 2008, intégrant l'ensemble des cessions de valeurs mobilières, hors plan d'épargne en actions). Au-delà, l'intégralité des gains réalisés serait imposable, au taux forfaitaire de 29 %, ce qui ramènerait la performance de vos Sicav et FCP monétaires à 3 % l'an environ.

Enfin, quelles que soient la ou les options retenues pour placer votre argent sur une brève durée, n'oubliez pas que ces solutions sont attractives aujourd'hui parce que les taux d'intérêt à court terme ont remonté depuis quelques mois, et parce que l'incertitude règne sur les marchés financiers. Mais cette donne n'est pas immuable. Notamment, le taux du Livret A est fixé deux fois par an, les 1er février et 1er août, selon la moyenne de l'évolution de l'indice Insee des prix sur les 12 derniers mois, augmentée de 0,25 point, et des taux d'intérêt à court terme (Euribor et Eonia). Si l'inflation se calme, le taux du Livret A baissera et, avec lui, celui des autres livrets. Il diminuera également si les taux à court terme baissent, ce qui aura alors aussi une répercussion sur les comptes à terme et les Sicav.

Chantal Masson


Mots-clés :

BANQUE , LIVRET D'EPARGNE




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