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Bourse : les clés pour trouver les meilleurs fonds au meilleur coût

Bourse : les clés pour trouver les meilleurs fonds au meilleur coût
Octobre 2008
Le Particulier n° 1029, article complet.
Auteur : FERRON (Aurélien)

Les Sicav et fonds communs de placement (FCP) permettent d'investir en Bourse, comme de faire fructifier des liquidités. Ils sont accessibles via votre banque ou des courtiers en ligne. Nos conseils pour dénicher les plus performants au moindre coût.

Carmignac Gestion, Edmond de Rothschild AM, Fidelity, Financière de l'Échiquier, Oddo AM, Petercam, State Street... Ces noms ne vous disent peut-être rien, mais il s'agit pourtant de quelques-unes des meilleures sociétés de gestion du marché, celles dont les fonds investis en actions, obligations ou produits monétaires occupent les premières places des palmarès depuis de longues années. Des exemples ? Le fonds Centifolia – investi en actions françaises et géré par DNCA Finance, une petite structure d'une trentaine de salariés – peut, depuis 8 ans, se targuer d'une performance bien supérieure à celle du CAC 40, l'indice phare de la Bourse de Paris. Et ce, aussi bien en période de hausse boursière (+ 120 % entre 2003 et 2007, contre + 75 % pour le CAC 40) que de baisse (- 14 % depuis le début de l'année, contre - 21 % pour l'indice). Quant aux meilleurs fonds monétaires du moment, ils offrent un rendement annuel de plus de 4,20 %, exonéré d'impôt si vous cédez moins de 25 000 € de valeurs mobilières dans l'année.

Grâce aux OPCVM (Organismes de placements collectifs en valeurs mobilières, nom générique des Sicav et FCP), et à condition de sélectionner les meilleurs d'entre eux, il est donc possible de profiter au mieux des performances boursières à long terme ou d'obtenir une excellente rémunération pour vos liquidités. Sans compter les autres atouts de ces fonds d'investissement. Pour l'épargnant, nul besoin de suivre de près l'évolution des marchés ni l'actualité des sociétés cotées : c'est justement le travail du gérant de l'OPCVM que de sélectionner, d'acheter puis de vendre au meilleur moment les titres qui le composent. Et comme il en détient simultanément plusieurs dizaines, voire centaines, la performance globale du fonds ne risque guère d'être fortement affectée par l'éventuelle défaillance d'un seul titre. Quant à la mise nécessaire pour acheter l'un de ces fonds, elle excède rarement quelques centaines ou milliers d'euros. Reste à sélectionner le bon intermédiaire, celui proposant, aux meilleurs tarifs, le choix le plus large d'OPCVM de qualité.

Les fonds maison des banques rarement très performants.

Même s'il est possible d'acheter des parts de n'importe quel fonds du marché au guichet de votre banque, ne comptez pas trop sur votre conseiller pour vous proposer les meilleurs. Son rôle est d'abord de placer les produits maison. Certes, quelques uns sont de bonne qualité et certaines banques sont même réputées pour leur gestion (le Crédit agricole pour les actions des pays émergents et les obligations, HSBC pour les actions européennes...). Si certains fonds de votre banque sortent du lot, rien ne s'oppose, bien sûr, à ce que vous en achetiez des parts. D'autant que la souscription des produits maison des banques est relativement bon marché. En général, il ne vous sera facturé rien d'autre que les droits d'entrée propres à chaque OPCVM – toujours négociables –, compris entre 0 et 1,50 % pour les fonds monétaires, et entre 2 et 5 % pour ceux investis en actions. Sachez, toutefois, qu'aucune banque ne dispose d'un éventail suffisant de fonds de qualité pour vous permettre de vous constituer un portefeuille vraiment diversifié. En outre, les OPCVM bancaires les plus performants sont rarement mis en avant dans les plaquettes commerciales.

Les services marketing des banques ont, en effet, tous fait le choix de n'orienter leur clientèle standard que vers une dizaine d'OPCVM. Ce sont les « sélectionnés » des Caisses d'épargne, les « incontournables » de BNP Paribas ou les « essentiels » du CIC. Des fonds simples, faciles à appréhender, mais rarement très performants. Les fonds monétaires des banques accessibles au grand public sont même carrément médiocres. En effet, leurs fonds monétaires les plus rémunérateurs sont réservés à leurs clients importants : particuliers fortunés pris en charge par leur cellule de gestion privée, entreprises ou investisseurs institutionnels (compagnies d'assurances, caisses de retraite...). Pour décourager le grand public, ces fonds monétaires sont, soit grevés de frais d'entrée (très pénalisants lorsqu'il s'agit de rémunérer des liquidités), soit, plus couramment, assortis d'une mise minimale trop élevée pour la plupart des épargnants. Seules les Caisses d'épargne font, relativement, exception en imposant un investissement minimum de « seulement » 10 000 € pour la souscription de leur bon Écureuil Expansion. Dans les autres établissements, les meilleurs fonds ne sont accessibles qu'à partir de... 50 000, voire un million d'euros.

Des frais bancaires prohibitifs.

Dans les faits, les meilleurs fonds accessibles au grand public ne sont pas gérés par les banques mais par d'autres établissements. Vous pouvez certes vous procurer ces fonds par l'intermédiaire de votre banque, mais elle vous fera payer cher cette infidélité

Toutes les banques pratiquent systématiquement une tarification dissuasive pour les achats de fonds « extérieurs ». D'abord, via des frais de transactions, compris entre 20 et 40 € selon les établissements, à verser à la souscription de chaque fonds non géré par la banque. Une somme forfaitaire très pénalisante pour les investissements de quelques centaines ou milliers d'euros. Ensuite s'ajoutent les droits d'entrée (proportionnels, cette fois) de chaque OPCVM, compris entre 0 et 5 % (lire plus haut). Sans oublier les droits de garde, dont le montant varie généralement selon le nombre de titres détenus (de 4 à 5 € par ligne de titres et par an) et la valorisation du portefeuille atteinte à la fin de chaque semestre ou année, via une commission proportionnelle. Cumulés, ces frais amputent largement la performance des fonds « extérieurs » à la banque. Prenons l'exemple d'un investissement de 1 000 € dans le fonds Centifolia de DNCA Finance (cité plus haut) réalisé par l'intermédiaire de la Banque postale : cet établissement, dont les tarifs sont dans la moyenne de ceux des autres banques, vous facturera 28,70 € de frais de transaction, auxquels s'ajouteront 30 € de droits d'entrée et, à la fin de l'année civile, 24 € de droits de garde. Rien que pour amortir ces coûts (82,70 € la première année, 24 € les années suivantes), le fonds Centifolia devra progresser de 8 % l'année de l'investissement, et de 2 % les années suivantes !

Des milliers de fonds à prix cassés chez les courtiers.

Pour acheter les meilleurs fonds du marché, mieux vaut donc vous passer des services de votre banque. Vous bénéficierez de tarifs infiniment plus avantageux si vous vous adressez à l'un des 7 courtiers en ligne apparus ces dernières années. Pour recourir à leurs services, rien de plus simple : il suffit d'y ouvrir un compte-titres, ou un PEA si vous n'en détenez pas déjà un par ailleurs. Comme dans votre banque, vous pourrez y souscrire tous les OPCVM commercialisés en France, mais à de bien meilleures conditions. Sicavonline, l'un des pionniers du secteur, en commercialise ainsi près de 3 000 avec 2 % maximum de droits d'entrée et Cortal Consors un petit millier à 1 %. Les 3 courtiers Bourse Direct, Boursorama et Fortuneo en proposent même plusieurs centaines sans prélever le moindre centime

Ces conditions tarifaires exceptionnelles s'expliquent par deux raisons : contrairement aux banques, les courtiers n'ont pas de lourds frais de réseaux d'agences à amortir ; en outre, ils ont noué des partenariats avec des sociétés de gestion les autorisant à commercialiser leurs fonds à des tarifs discount. Parmi ces fonds dits « négociés », on retrouve ainsi tout aussi bien des OPCVM de petites sociétés de gestion françaises indépendantes (Carmignac gestion, la Financière de Champlain, La Française des placements...), que de géants mondiaux de la gestion boursière (BlackRock, Franklin Templeton, Invesco, State Street...), d'assureurs (AGF, Axa, Groupama...) ou encore de banques privées (Edmond de Rothschild AM, Oddo AM, Pictet, UBS...).

Parmi les fonds ainsi bradés par les courtiers, le choix est non seulement fourni, mais aussi de qualité. L'exercice auquel nous nous sommes livrés est, à cet égard, très éclairant : nous avons pris comme référence les 137 meilleurs fonds actions ou diversifiés (composés d'actions, d'obligations et de produits monétaires) de droit français sélectionnés, en juillet dernier, par l'agence de notation Europerformance-Edhec (ses critères et sa sélection d'OPCVM, réactualisée chaque mois, sont consultables sur le site www.stylerating.com). Ces fonds ont la particularité d'être, à la fois, très performants et réguliers dans leur progression (leur cours n'enregistre que des fluctuations limitées). Le rêve de tout investisseur

Or nous avons pu constater que plus de la moitié de ces 137 fonds est commercialisée à prix cassé par les différents courtiers. À lui seul, Sicavonline (dont les tarifs sont toutefois élevés) en propose même 38 %, ce qui offre un très large choix d'excellents produits, bien supérieur, en tout cas, à celui que vous pouvez trouver dans les banques.

Au final, la constitution d'un portefeuille de qualité revient donc quasi systématiquement moins cher via un courtier. Pour vous aider à mesurer l'ampleur de l'économie réalisable, nous avons comparé le total des sommes facturées, par les principales banques et courtiers, pour l'achat de 10 fonds particulièrement performants (voir p. 41). Résultat : passer par un courtier revient en moyenne deux fois moins cher que de s'adresser à une banque. Et si l'on prend le plus compétitif d'entre eux, Fortuneo, il est même près de 3 fois moins cher que le Crédit du Nord, la banque dont les tarifs sont les moins élevés.

Les meilleurs fonds sont rarement les moins chargés en frais.

Si les courtiers en ligne restent globalement très compétitifs, ils ne sont pas gratuits pour autant. D'abord, nous l'avons vu, les frais d'achat des fonds, même négociés, ne sont pas toujours nuls. Pour les meilleurs fonds, ils le sont même rarement. Ainsi, sur les 137 fonds sélectionnés par Europerformance-Edhec, seulement 26 sont accessibles gratuitement chez les courtiers en ligne. Et parmi les 8 fonds en actions et diversifiés retenus dans notre sélection (voir p. 40), Boursorama n'en commercialise que 3 à 0 %, Fortuneo un seul et Bourse Direct aucun, alors que ces trois courtiers proposent plusieurs centaines d'OPCVM sans frais. La raison en est simple : de nombreuses sociétés de gestion ne veulent pas pénaliser les conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI), qui leur apportent une importante clientèle et qui, eux, ne peuvent se permettre de se passer de droits d'entrée. C'est pourquoi DNCA Finance ou Tocqueville Finance, par exemple, refusent de voir leurs produits vendus à moins de 1 % de droits d'entrée.

Les courtiers sont également susceptibles de prélever d'autres types de frais. Fortuneo facture ainsi 11,96 € de frais de transaction pour tout ordre d'achat d'un montant inférieur à 500 €, tandis que Sicavonline grève de 9 € tout ordre inférieur à 3 000 €. Quant à Cortal Consors et Sicavonline, ils facturent des droits de garde, comme les banques, y compris sur les fonds négociés. En outre, sur les fonds non négociés, la plupart des courtiers pratiquent des tarifs très proches de ceux des banques. Le client doit non seulement régler l'intégralité des droits d'entrée du fonds, sans espérer la moindre ristourne, mais il se voit aussi réclamer des frais de transaction par Bourse Direct, Boursorama, CPR Online et Fortunéo. Par ailleurs, CPR Online et ING Direct facturent des droits de garde spécifiques pour les fonds non négociés.

Des outils de gestion en ligne performants.

Passer par un courtier ne présente donc d'intérêt que si l'on parvient à se constituer un portefeuille suffisamment diversifié en piochant parmi les fonds dont il a négocié les tarifs. Mais ce n'est pas un problème car tous les courtiers (à l'exception notable d'ING Direct) disposent d'une offre suffisante de fonds négociés. Reste à les sélectionner. Tous les courtiers, sauf, là encore, ING Direct, tiennent à disposition des outils performants, notamment des moteurs de recherche et de tri selon l'univers d'investissement (actions, produits monétaires, etc.), la performance ou le risque des fonds (mesuré en fonction de leur volatilité) et fournissent, par ailleurs, les notations d'agences comme Europerformance-Edhec, Lipper et Morningstar. De même, ils proposent des portefeuilles types dont les épargnants peu avertis peuvent s'inspirer, en fonction de leur degré d'aversion au risque. CPR Online et Sicavonline donnent même la possibilité de joindre des conseillers par téléphone et de passer ses ordres par leur intermédiaire, sans que ce service soit facturé.

Face aux prestations et tarifs extrêmement avantageux des courtiers, on peut se demander comment les banques supportent une telle concurrence. En fait, la plupart de ces courtiers se trouvent être leurs propres filiales. C'est ainsi que Boursorama appartient à la Société générale, Cortal Consors à BNP Paribas, CPR Online au Crédit agricole et Fortuneo au Crédit mutuel. Un client de perdu...

Aurélien ferron


Mots-clés :

BANQUE , BOURSE , COURTIER EN LIGNE , FCP , FRAIS DE COURTAGE , INTERNET , OPCVM




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