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Hausse de l'or : comment en profiter

Hausse de l'or : comment en profiter
Février 2008
Le Particulier n° 1022, article complet.
Auteur : PELLEFIGUE (Marie)

Délaissé depuis le milieu des années 1980, l'or revient en grâce auprès des investisseurs. Baisse du dollar et craintes d'un retour de l'inflation font flamber ses cours. Une conjoncture favorable dont vous pouvez profiter, sans oublier toutefois que l'or reste un placement risqué.

Longtemps resté monnaie de référence, accepté partout dans le monde comme moyen de paiement, l'or était présent dans tous les bas de laine des particuliers, où il jouait le rôle de valeur refuge. Après avoir régulièrement monté dans les années 1970, avec le premier puis le second choc pétrolier, l'or a atteint, au début des années 1980, un cours record à 850 

l'once (1 once = 31,1 grammes). Puis, au fil des ans, le cours du métal jaune n'a cessé de baisser, jusqu'en juillet 1999 où l'once ne valait plus que 253 $. La plupart des conseillers patrimoniaux recommandaient à leurs clients de vendre pièces et lingots et d'investir dans des produits financiers rémunérateurs. Cette période est désormais révolue, puisque, depuis, le cours de l'or a entamé sa remontée (voir graphiques p. 23), et a dépassé, en janvier 2008, la barre des 900 $. Cette hausse a plusieurs causes. D'une part, fin 1998, les sociétés exploitant des gisements d'or ont fermé les mines les plus difficiles à exploiter pour améliorer leur rentabilité, d'où une baisse de l'offre. D'autre part, elles ont arrêté de se "couvrir" contre la baisse du métal précieux. Cette technique financière leur permettait de se garantir un prix minimal d'année en année. Mais, ce faisant, les producteurs indiquaient aux marchés qu'ils anticipaient la poursuite de la baisse des cours, qui s'entretenait ainsi d'elle-même au fil du temps. À peu près au même moment, fin 1999, les banques centrales ont conclu entre elles les accords dits de Washington, visant à réguler les ventes de réserves d'or, qu'elles effectuaient jusqu'alors de façon erratique. La mise en place d'un plan d'annonce des ventes à l'avance a permis de stopper la chute des cours. Enfin, alors que l'offre était ainsi légèrement réduite et mieux organisée, la demande a, au contraire, augmenté. Celle de la bijouterie et de l'industrie, qui représente entre 65 et 75 % de la demande mondiale, progresse de 5 à 8 % par an.

L'or redevient une valeur refuge.

Et, récemment, les achats d'or "financier", effectués à titre d'investissement, ont explosé : ils ont quasiment doublé entre le 3e trimestre 2006 et le 3e trimestre 2007. L'or restant un marché dont les performances sont indépendantes de celles des placements en actions et obligations, les fonds de pension et les investisseurs institutionnels se sont de nouveau intéressés à cette classe d'actifs pour diversifier leurs portefeuilles. "La crise des subprimes cet été aux États-Unis a fait prendre conscience aux épargnants que les placements monétaires dynamiques étaient risqués. Cela a déclenché un réflexe d'achat d'or car ce métal reste la valeur refuge par excellence", analyse Jean-Bernard Guyon, responsable de la gestion à Global Gestion. En outre, à partir de 2002, le dollar a commencé à perdre de la valeur face à la plupart des devises. "Les investisseurs ont alors acheté de l'or, car ce métal reste une très bonne protection face à la baisse du dollar", explique Anne Ruffin, responsable de la gestion sectorielle au Crédit agricole asset management (Caam, voir aussi p. 23).

Par ailleurs, l'or étant coté en dollar sur les marchés, une baisse de la valeur du billet vert entraîne mécaniquement un renchérissement du cours de l'or. Dernier facteur expliquant le retour en grâce du métal jaune, celui d'une reprise de l'inflation, en particulier à cause de l'envolée des cours du pétrole et des matières premières et agricoles. Car les statistiques montrent que, sur le long terme, l'or est un moyen de se protéger contre la hausse des prix. Au moins pendant les premiers mois de 2008, ces facteurs devraient subsister, et le prix de l'or se maintenir au-delà des 800 $ l'once.

En effet, confrontée au ralentissement de la croissance outre-Atlantique, la banque fédérale américaine devrait maintenir ses taux directeurs à un niveau bas. En conséquence, le dollar restera faible. Le prix du baril de pétrole ne devrait donc pas chuter, ce qui maintiendra l'inflation mondiale entre 2,5 et 5 %.

Parallèlement l'offre de métal jaune ne pourra pas augmenter brutalement, explique Anne Ruffin : "Il faut beaucoup de temps pour découvrir de nouveaux gisements, et, ensuite, plus de 10 ans pour qu'ils soient effectivement productifs. Or les prix très bas de l'or dans les années 1990 ont ralenti les nouvelles prospections, il reste encore un retard à combler". Enfin, les accords de Washington, limitant les ventes d'or des banques centrales, ont été reconduits jusqu'en 2009. Au-delà, confie Emmanuel Painchault, gérant à la Société générale asset management (SGAM), "nous sommes très confiants dans la hausse du prix de l'once d'or dans les années à venir. Mais, à court terme, des facteurs spéculatifs et géopolitiques peuvent entraîner de forts mouvements de hausse et de baisse", ajoute-t-il. Pour les épargnants qui veulent tirer parti de ces perspectives favorables, il y a différentes façons de mettre de l'or dans leur patrimoine.

Achat de pièces ou de lingots : les précautions à prendre.

Actuellement, les Français détiendraient entre 3 000 et 5 000 tonnes d'or sous forme de lingots et surtout de pièces. En France, c'est le Napoléon qui est le plus présent. Il vaut actuellement autour de 110 €, à condition d'être en bon état. Les lingots, eux, se négocient autour de 18 500 €. Depuis août 2004, l'or n'est plus coté officiellement à Paris, mais un cours indicatif est donné chaque jour par CPR Or (voir Pour en savoir plus, p. 27). Cet établissement assure, pour les comptes des réseaux bancaires, les rachats et ventes d'or. Une première façon d'investir sur le marché de l'or consiste donc à acheter des pièces, Napoléon ou monnaies étrangères telles que souverains, pesos, roubles, florins... Il faut alors préférer des pièces dont la "prime" est nulle, c'est-à-dire dont le prix correspond à leur poids en or au cours du métal. C'est le cas actuellement du Napoléon, qui n'a plus les faveurs du public, alors que dans les années 1970 il se payait près de deux fois son poids en or, soit une prime de 100 %. Évitez au contraire d'acheter des pièces de 20 dollars or : plus rares, donc plus prisées des amateurs, elles affichent une prime de 20 %. Elles ont alors moins de potentiel de valorisation, surtout si, dans l'avenir, leur prime baisse. C'est encore plus vrai pour le rouble, très recherché par les nouveaux riches russes, et dont la prime atteint 50 %. Traditionnellement, l'or s'achète et se vend dans les bureaux de change et de numismatique. La quasi-totalité d'entre eux reprennent les pièces au prix indicatif donné par CPR or, moins les frais. Très variables selon les établissements, ils sont, en général, de quelques euros à l'achat et compris entre 0,75 et 3,5 % à la vente. Ces boutiques se trouvent dans quelques grandes villes de Province, mais surtout à Paris, dans le quartier de la Bourse. On peut aussi s'adresser directement à CPR or, dont les frais oscillent de 1,5 à 2,5 % du montant de la transaction. Cependant, la façon la plus sûre d'acquérir de l'or (notamment pour des raisons fiscales, voir p. 25) est de le faire sans y toucher physiquement, par l'intermédiaire de votre banque. La valeur de cet or sera affectée à votre compte-titres (matériellement, il sera détenu dans les coffres de la banque). Ainsi, un simple jeu comptable vous permettra, à tout moment, de vendre ou d'acheter de l'or, et vous pourrez plus aisément saisir des opportunités de plus-values. Attention néanmoins à intégrer les droits de garde dans votre calcul de rentabilité (ils sont, en principe, les mêmes que pour des titres ordinaires, mais mieux vaut vous renseigner). Si vous éprouvez des difficultés auprès de votre conseiller bancaire habituel pour effectuer ce type de transaction, "suggérez-lui de nous contacter, nous lui expliquerons volontiers comment procéder", conseille Guy Cottin, directeur de CPR or.

L'or-papier : une variante de l'investissement en or "physique".

Depuis novembre 2005, il est possible de négocier à la Bourse de Paris de l'or physique sous forme papier. Un produit financier, négociable comme une obligation ordinaire, permet d'être propriétaire d'une partie d'un stock d'or, consigné à Londres dans les coffres de la banque HSBC. Il s'agit de Lyxor GBS (code Isin : GB00B00FHZ82), émis par Lyxor, une filiale de la Société générale. Les frais d'achat et de vente sont ceux d'une valeur mobilière, et peuvent donc être moins forts que pour des pièces ou lingots achetés en direct. Les frais de gestion annuels s'élèvent à 0,40 %, auxquels s'ajouteront les droits de garde facturés par votre banque.

La fiscalité de ce produit peut aussi être plus avantageuse (voir p. 25) puisque les plus-values éventuelles échappent à toute imposition si, au cours de l'année, vous ne cédez pas plus de 25 000 € de valeurs mobilières (au-delà, les plus-values sont taxées à 29 %). Par contre, ce produit étant investi en or coté en dollar, "en période de baisse du dollar, comme c'est le cas actuellement, les gains en euros sont légèrement moindres", regrette Olivier Gentier responsable des produits Bourse à la Société générale. Pour pallier cet inconvénient, il est possible d'investir dans un certificat or "couvert", c'est-à-dire géré de façon à neutraliser le risque de change, tel le certificat 100 % Quanto or, également émis par Lyxor (code Isin : FR0010391201), mais les frais annuels, qui incluent le prix de la couverture, sont plus élevés (de 2,15 à 2,30 %).

Les valeurs boursières liées à l'or : pour jouer l'effet de levier.

"Pour un particulier, acheter en direct des actions de mines d'or est ultrarisqué et quasiment jamais rentable", confie un gérant spécialisé. Les cours de ces sociétés peuvent effectivement fluctuer de 20 à 40 % en une seule journée, ce qui en fait un investissement réservé à des initiés. Mieux vaut vous tourner vers des Sicav ou des Fonds communs de placement (FCP) spécialisés. Pour éviter les très fortes fluctuations sur ce marché, tous les gérants diversifient leur investissement en éclatant leur portefeuille en une cinquantaine de lignes. Certains fonds et Sicav n'achètent quasiment que des valeurs minières aurifères ; d'autres investissent en actions de sociétés minières extrayant plusieurs métaux précieux. Ces fonds ont réalisé de belles performances depuis 5 ans (voir tableau p 26), profitant de la hausse du prix du métal jaune. Car, explique Emmanuel Painchault, "les bénéfices des sociétés minières croissent davantage que les cours de l'or si leur production augmente puisque leurs frais fixes restent à peu près constants. À long terme, un doublement du cours de l'once d'or entraîne, en gros, un triplement de celui des entreprises aurifères". Cependant, cet effet de levier est amoindri actuellement par la baisse du dollar face à l'euro. Outre ce risque de change, les mines d'or sont exposées à d'importants risques d'exploitation (des découvertes de filons apparemment prometteurs peuvent se révéler décevantes).

Quel que soit le mode d'investissement – or physique en direct, certificats, parts de fonds ou de Sicav – l'or reste donc un placement risqué. Aussi ne doit-il être envisagé qu'à titre de diversification de vos avoirs financiers, et en représenter de 1 à 2 % au maximum pour des fonds or, et pas plus de 5 % pour de l'or physique ou papier. Comme le métal jaune évolue en sens inverse du dollar, la détention d'or peut compenser une partie des pertes de change si vous détenez par ailleurs des valeurs libellées en dollars, notamment au travers de fonds actions internationales, par exemple dans une assurance vie multisupport. Vous pouvez aussi envisager d'acheter de l'or, notamment de l'or physique, si vous craignez un retour en force de l'inflation, ou une crise boursière ou économique grave. Un investissement en or constitue, à cet égard, une assurance contre les catastrophes financières. Dans les périodes troublées, l'or se valorise, en général, fortement. Mais cette assurance a un coût : à la différence des autres placements, l'or ne rapporte rien. C'est aussi pour cette raison qu'il ne faut pas en détenir trop.

Marie Pellefigue

 


Mots-clés :

PLACEMENT , PLACEMENT AURIFERE




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