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Monter les murs : parpaing ou matériaux alvéolaires

Juin 2006
Le Particulier pratique n° 314, article complet.
Auteur : ROUSSILLE (Katia)
Depuis les années 1970, le parpaing est l'incontournable des chantiers. Aujourd'hui, 84 % des maisons individuelles sont construites dans ce matériau, du béton en fait. Mais d'autres produits sont apparus, timidement d'abord, puis en force : le bloc Monomur de briques alvéolaires et le bloc Thermopierre, un béton alvéolé. Non seulement leurs performances techniques sont remarquables – solidité, stabilité, résistance au feu et à l'eau –, mais en plus ils ont une suprématie en matière de comportement hygrométrique, d'iso­lation phonique et thermique. Ils ont séduit les écologistes purs et durs, qui les intègrent à leur liste de matériaux qualifiés de “sains” pour élever les murs porteurs d'une habitation : blocs de chanvre, paille compressée... Par rapport à ces derniers éléments, de facture très ­artisanale et nécessitant des ­ossatures bois, ces matériaux alvéo­laires ont ­l'avantage d'être industrialisés, avec une mise en œuvre classique.

Face à cette vague verte, les ­industriels du parpaing résistent : ils mettent en avant ses composants tout à fait naturels puisque issus de la terre (sable et gravier). Tout comme le Monomur de briques à base d'argile, ou le Thermopierre, un mélange de sable et de silice. Ces trois ­types de blocs se laissent décortiquer dans leurs fiches de déclaration sanitaire et environnementale. On peut alors se livrer à une comparaison, chiffres à l'appui, sur le plan de la dépense des ressources énergétiques, sur la production de déchets, sur la modification de la biodiversité au cours de leur fabrication.

Les calculs sont serrés. Par exemple, le béton est le moins gourmand en énergie pour le fabriquer, mais le Monomur le rat­trape ensuite grâce à ses propriétés isolantes, car “l'énergie grise” consommée pour le con­cevoir est récupérée en 9,1 mois de chauffage de la maison bâtie avec ce matériau. A condition de ne pas le couvrir d'une plaque de plâtre pour faciliter la finition des murs à l'intérieur de l'habitation. Un enduit à la chaux est recommandé pour lui garder toutes ses performances. Mais des trois, c'est le Thermopierre le gagnant, car il est à la fois peu dépensier en “énergie grise” puisqu'il est cuit en autoclave à très haute pression et à basse température, et bon isolant du fait de ses millions de bulles d'air (80 % en tout).

Si l'on parle de prix, cette fois le béton est vainqueur, suivi à égalité par Monomur et Thermopierre. Mais compte tenu de la taille des éléments de ce dernier matériau (du béton cellulaire), le chantier dure moins longtemps, le rendement au mètre carré par maçon est doublé : un autre facteur à intégrer dans le calcul, qui souligne la complexité d'une comparaison produit par produit.

Les matériaux dits renouvelables, bois, paille, chanvre, n'ont pas établi leur FDES, mais leur origine est un passeport pour la HQE, à condition que les temps de transport soient limités, et les traitements chimiques réduits. Ils ont des adeptes convaincus. Le bois connaît même un engouement auquel les professionnels ont du mal à répondre. Ses qualités écologiques constituent une des motivations des particuliers, de même que sa ­rapidité de mise en œuvre, ainsi que sa souplesse pour envisager des agrandissements.

Les filières bois s'organisent, des architectes se spécialisent. Ossabois et le groupe Architecteurs ont conclu une alliance pour ­réussir à suivre la demande. Ils travaillent avec du bois du Nord traité contre les insectes. Un point qui fait débat. Les écologistes recommandent l'emploi d'un bois non traité... Traitée ou pas, l'ossature bois peut voir ses qualités écologiques améliorées par le choix du matériau ajouté en garnissage. Le plus facile est d'y appliquer des plaques de plâtre. Mais les puristes lui préféreront de la paille à peine compressée ou du béton de chanvre.

Le béton de chanvre est préparé sur le chantier avec de la chènevotte, issue du chanvre, une culture peu dépensière en eau et en produits phytosanitaires, et de la chaux. Il s'agit d'un matériau coûteux, réclamant un temps de séchage assez long, ce qui peut retarder l'intervention des autres corps de métier. Il est davantage prisé en rénovation, pour les colombages, qu'en neuf. Le bloc de chanvre, élaboré par la société Easychanvre et préfabriqué industriellement, devrait faciliter l'utilisation de ce type de produit. Mais il est en attente d'une certification technique. On peut aussi opter pour du Fermacell (voir encadré cloisons).

Sous la houlette de la Fédération du bâtiment et de l'Ademe, on a mesuré la qualité de l'isolation de deux maisons bâties côte à côte dans le Jura, l'une à base de béton de chanvre, l'autre de blocs de paille. La paille se révèle légèrement meilleure que le chanvre, mais celui-ci permet déjà 34 % d'économies d'énergie par rapport à une habitation classique en parpaings. Cependant, tempère Philippe Léonardon de l'Ademe, il faut tenir compte du nombre d'habitants, du niveau d'équipement électrique. Avec une trop bonne isolation, il peut y avoir de la condensation, ce qui diminuera l'impression de confort. Autant d'éléments qui sont à considérer lorsqu'on choisit les matériaux de sa maison.

Mots-clés :

LABEL , MATERIAU DE CONSTRUCTION , PRODUIT ECOLOGIQUE , PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT , TRAVAUX




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