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Empêcher les remontées capillaires en créant une barrière étanche

Novembre 2006
Le Particulier pratique n° 318, article complet.
Auteur : ROUSSILLE (Katia)

Faire barrage par injection de résines ; Inverser la migration de l'eau par osmose ; Des solutions à appliquer en fonction du bâti.

Les maisons anciennes, en pierre ou en brique, sont les seules à être touchées par les ­remontées capillaires, car autrefois les maçonneries ne comportaient généralement pas de coupure de capillarité. Cette barrière, ­située à environ 15 cm au-dessus du sol, est obligatoire depuis les années 1970 selon les règles de l'art du bâtiment (DTU 20.1). Par ailleurs, les matériaux utilisés fréquemment aujourd'hui, béton ou parpaings, par leur composition, ne sont pas sujets à ce phénomène. Celui-ci apparaît lors­que l'eau présente dans le sol – terre argileuse et gorgée d'eau, passage d'une nappe phréatique sous la maison, terrain en ­cuvet­te – est aspirée par le réseau ­capillaire à cause d'un différentiel de pression.

Quant à la pierre, tout dépend de sa porosité : elle varie de 0,06 % pour certains granits ou pierres calcaires très dures à 48 % pour des calcaires tendres. Plus les capillaires de la roche sont fins, plus lente est la vitesse de migration de l'eau, et plus la hauteur d'absorption est importante. Celle-ci est limitée naturellement, l'équilibre se réalisant sous l'effet de la pesanteur et de l'évaporation. On observe la cristallisation des sels composés de nitrates, d'éléments ­minéraux ou organiques, ainsi que la présence de bac­téries, de spores, de moisissures, auxquels ­s'ajoutent les particules que l'eau rencontre au cours de son ascension à travers la pierre et les mortiers de joints (sulfates de sodium et de magnésium, carbonate de calcium) sur des murs aériens, voire sur des murs de ­refend à l'intérieur de ­l'habitation. Ce sont tous ces éléments, visibles en surface, qui ­témoignent de l'humidité à l'intérieur du mur.

La manière de vivre des habitants de la maison accuse le phé­nomène. Lorsque l'on mon­te le chauffage, par exemple, ­l'humi­dité s'évapore et augmen­te la concentration des sels en surface, décuplant les dégradations. La pose de laines miné­rales sur des murs humides les em­pêche de respirer. D'où des dégâts qui ne peuvent être confondus avec ceux dus à des infiltrations latérales dans des murs enterrés, car celles-ci ne pénètrent pas dans toute leur épaisseur (voir p. 41).

Pour assécher les murs, l'intervention la plus efficace consiste à créer une coupure de capillarité à la base de la paroi existante. Certaines entreprises qui réalisent ces travaux mettent en avant la mention “Socotec Qualité”, qui prouve qu'ils ont été effectués conformément à ce plan d'autocontrôle.

Depuis 2004, les sociétés qui traitent les remontées capil­laires peuvent obtenir une certification Qualibat. Sept entreprises la possèdent, dont trois ont une qualification en maçonnerie ; les au­tres, en traitement du bois. Les techniques reconnues par cet organisme sont le sciage du mur, l'injection de résines, l'électro-osmose passive et l'élec­tro-osmose phorèse. Qualibat ­prévoit d'intégrer d'autres pro­cé­dés. Les sys­tèmes utilisés dépendent de ­l'épais­seur des murs, de la nature des matériaux, du budget.

Le sciage est bien adapté à des murs minces, mais se pratique peu : on scie le mur à l'aide d'une tronçonneuse à disque dans toute sa longueur par bandes ­alternées afin d'introduire dans les saignées une feuille de plomb, de bitume ou de plastique qui va assurer la barrière.

L'injection de résines dans les murs est le procédé le plus courant. Des entreprises (Murprotec, Domosystem, Sovereign...) se sont fait un nom dans ce secteur en mettant au point des brevets de systèmes et des produits exclusifs que des applicateurs, également exclusifs, diffusent. En phase aqueuse ou en phase solvant, le produit doit être adapté au type de maçonnerie (porosité, nature des sels, taux d'humidité...). Il est injecté tous les 10 à 30 cm dans les deux faces du mur, jusqu'à ­saturation pour boucher les ­capillaires, les hydrofuger. La tendance est aux versions écologiques. Ainsi, Murprotec emploie des produits aqueux (MSC), Technichem utilise Technisil, un hydrofuge de masse ­inodore à quatre polymères, et Sovereign, le produit Ecoloxane.

Après cette injection, il faut ­attendre de six à douze mois que le mur ait évacué toute son humidité avant de refaire un enduit. Le taux d'humidité du mur sera fonction de sa nature. Le gra­nit, qui présente une porosité de 1 %, sera humide à 2 %, alors qu'une pierre de tuffeau d'une porosité de 27 % sera en équilibre hydrique à 10 % d'humidité. Promettre d'atteindre un taux unique de 5 ou 6 %, comme le font certaines entreprises, ne ­signifie rien. Pour ce type de prestation, Murprotec annonce, dans sa documentation, un prix de 150 € le mètre linéaire.

Pour des murs d'une épaisseur moyenne, ce traitement suffit amplement, à condition qu'il soit exécuté correctement. Un particulier peut s'en charger ­­lui-même avec des produits achetés en grandes surfaces de ­bricolage et un ­ma­té­riel d'in­jec­tion loué, mais il fau­dra qu'il choisisse bien les emplacements des puits, ce qui n'est pas évident pour un néophyte.

L'électro-osmose “passive” annule le phénomène naturel de différence de potentiel à l'origine des remontées d'eau en créant une pile inverse, avec anode et cathode en fer et en cuivre. Mais ces métaux étant sujets à la corrosion, le système risquait de se détériorer. On a donc imaginé un procédé dit “actif”, où ces électrodes sont reliées à un générateur produisant un courant continu. Quant à ­l'électro-osmose phorèse (dont le brevet d'invention est détenu par Sofrelop), elle ajoute à la version précédente des produits de phorèse à l'intérieur des forages pratiqués pour loger les électrodes. Ils leur servent de mortier de scellement, et colmatent les capillaires pour interdire toute nouvelle remontée d'eau, une fois que l'électro-osmose a rempli son rôle d'assèchement et a cessé de fonctionner. Ce système a l'avantage d'intégrer des sondes de contrôle permanentes destinées à effectuer des mesures de l'évolution de l'assèchement des murs. Sur des murs épais de 1 m et plus, l'électro-­osmose phorèse semble offrir de très bons résultats. C'est le plus abouti des procédés qui utilisent l'électro-osmose.

Ensuite, on assainira les murs, en les enduisant de produits de neutralisation des efflorescences (antinitrates et antisulfates), avant de refaire les enduits. La mise en place du procédé Sofrelop nécessite un diagnostic poin­tu, comprenant un examen ­appro­fondi de toute la maison et des recommandations pour des chantiers qui pourront être réalisés par trois entreprises, ­licen­ciées de Sofrelop, qui le mettent en œuvre aujour­d'hui en France. Les travaux sont couverts par une garantie de résultat.

Mots-clés :

HUMIDITE , ISOLATION THERMIQUE , LOGEMENT , TRAVAUX




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