Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Immobilier > Travaux > Réhabiliter un mur en brique, terre crue ou terre cuite

Réhabiliter un mur en brique, terre crue ou terre cuite

Janvier 2007
Le Particulier pratique n° 320, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)

Un matériau, des variantes ; Attention aux effets de l'eau ; De nouveaux produits.

Dans les pays méditerranéens, la terre est employée depuis la nuit des temps en construction, car c'est un excellent régulateur thermique (elle retient la chaleur en journée et la libère la nuit, phénomène d'autant plus vrai que les murs sont épais) et hygrométrique (elle absorbe l'excès d'humidité et la restitue par temps sec, dans la mesure où il n'y a aucun ­enduit de ciment). Elle peut être utilisée telle quelle, compactée dans des banches (technique du pisé) ; mêlée à des fibres végétales pour garnir une ossature bois (torchis) ; sous forme de briques de terre crue pleines, de blocs de terre compressée, de briques ou panneaux de terre-paille, de bri­ques de terre cuite creuses (aussi appelées “adobes”), etc.

La brique de terre crue pleine est le matériau le plus répandu au ­­mon­de : elle est employée pour deux tiers des constructions (en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient...). En France, elle a pres­que disparu dans le neuf au profit de matériaux modernes (briques de terre cuite alvéolées, parpaings en ciment, béton armé en tête), jugés plus solides et moins contraignants à mettre en œuvre et à entretenir, mais qui sont moins aptes à réguler l'humidité de l'air. Cela dit, à l'occasion d'une réfection de façade, plus d'un propriétaire découvre avec stupeur que sous l'enduit ses murs sont en terre crue...

Il est vrai que fabriquer des briques pleines demande pas mal de temps à l'artisan. Il lui faut ­extraire la terre sur le lieu du chantier, la nettoyer, la pétrir avec un ou plusieurs agrégats, la laisser fermenter, puis mouler les bri­ques une à une, les mettre à ­sécher dix à quinze jours au ­soleil, ou dans un four pour aller plus vite. La terre crue a un ­inconvénient majeur : elle est très vulnérable à l'eau, d'où le risque de ­détérioration s'il pleut pen­dant le séchage (si les briques sont restées à l'air libre), et surtout lors du montage. Une ­mesure de précaution consiste à bâtir d'abord l'ossature (avec des fondations en pierre pour limiter l'effritement par la base, et un soubassement en pierre également afin de préserver les murs du rejaillissement des eaux de pluie), puis à poser le toit (à large débord pour écarter les eaux de ruissellement), de manière à pouvoir placer les briques de l'intérieur, donc bien à l'abri. En finition, un enduit extérieur à base de chaux les protégera durablement de tout contact direct avec l'eau.

Lorsque le mur ne comporte qu'un seul pan – c'est le cas le plus courant –, les briques sont posées bout à bout dans le sens de la longueur et, à intervalles réguliers, dans le sens transversal pour une meilleure tenue de l'ensemble. Les joints sont comblés avec un mortier à base de chaux, d'un temps de séchage de quinze jours environ.

On trouve maintenant des bri­ques de terre crue fabriquées ­industriellement : les “blocs de terre compressée” (BTC). La compression étant réalisée à l'aide d'une presse manuelle, hydraulique ou mécanique, elles offrent les mêmes performances et souffrent des mêmes faiblesses que les versions artisanales.

Employée depuis plus de cinq mille ans en construction, la terre cuite possède les mêmes vertus que la terre crue mais vieillit mieux, car elle est moins perméable à l'eau et aux sels. Cependant, les remontées capil­laires et les infiltrations d'eau restent ses deux grandes ennemies. Si elle a pratiquement disparu sous sa forme artisanale de brique pleine (connue sous la référence “6-11-22”), la terre cuite est, en revanche, ­encore très utilisée, et ce depuis fort longtemps, sous sa version industrielle et alvéolée (le modèle le plus performant étant maintenant le Monomur).

Par le passé, les briques pleines étaient hourdées avec un mortier à base de chaux mélangée à du sable. Aujourd'hui, les artisans privilégient ceux à base de ciment. Dans les deux cas, il faut qu'elles soient bien humidifiées avant leur pose pour éviter qu'elles ne “pompent” l'eau de gâchage du mortier. Il est ­ensuite possible de laisser la brique de terre cuite pleine ­apparente ; cela se pratique beaucoup dans certaines ­régions, surtout lorsqu'on a pris soin de les choisir de teintes différentes afin de créer, dès la phase ­de maçonnerie, des mo­tifs décoratifs. Toutefois, un enduit ­extérieur à base de chaux n'est jamais superflu ; il est même impératif pour les briques de terre cuite modernes (c'est-à-dire les modèles alvéolés).

Très utilisée dans la réhabilitation du bâti ancien, la brique Monomur, fabriquée à base d'argile, présente de bonnes performances hygrométriques, et assure une excellente isolation thermique grâce à sa structure alvéolaire.

Sylvie Francisco


Mots-clés :

LOGEMENT ANCIEN , TRAVAUX




Outils pratiques :

Bannière Choix patrimoniaux

Préparer votre retraite
Faites appel à un expert pour anticiper et compléter vos futurs revenus

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière e-Particulier