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Les solutions pour rénover le bâti traditionnel

Janvier 2007
Le Particulier pratique n° 320, article complet

En France, l'“ancien” séduit un public toujours plus large. Mais quand ­acqué­reurs ou héritiers doivent restaurer un bâti en pierre, en brique ou en pisé, ils s'interrogent quelquefois. Quelle isolation prévoir pour laisser “travailler” et “respirer” ces murs traditionnels ? Où trouver les matériaux d'origine ? Ces techniques ancestrales, quasi abandonnées pendant cinquante ans de “tout béton”, sont en train de réapparaître.

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Les entreprises du bâtiment redécouvrent les gestes oubliés

Au titre de la formation continue, la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment ­ (Capeb ; www.capeb.fr.), les associations de compagnons, l'association Maisons paysannes de France (01.44.83.63.63, www.mai­sons-paysannes.org.) et divers autres organismes proposent des stages spécialisés aux maçons, couvreurs, charpentiers en activité. Et pour que ces ­savoir-faire devenus rares soient un peu mieux reconnus, la Capeb délivre, depuis 1998, des certificats d'identité professionnelle mention “Patrimoine” aux entreprises ayant accompli des chantiers significatifs. Cela concerne aujourd'hui 28 % des artisans affiliés à la Capeb. Par ailleurs, un bac professionnel “Restauration du patrimoine” va voir le jour en 2008, ainsi que des diplômes universitaires à Nantes, Montpellier, Limoges et Paris.

Bien sûr, les normes ne suivent pas toujours. Elles sont pensées pour le bâti neuf (postérieur aux années 1940), et non pour les constructions anciennes. Ainsi en est-il des documents techniques unifiés (DTU), qui imposent, par exemple, aux électriciens ou aux plombiers des procédés de ­rénovation inadaptés et inesthétiques. Des solutions plus harmonieuses pourraient pourtant être envisagées sans rien sacrifier à l'impératif de sécurité, mais ­elles ne sont pas admises en France. Et en ce qui concerne la garantie décennale, c'est le même vide juridique : qu'en est-il des constructions en torchis ou de tout ­autre matériau naturel ?

Se faire conseiller par un professionnel qualifié pour éviter les déboires

Se lancer dans des travaux de restauration sur du bâti ancien n'est pas une mince affaire, car les artisans restent peu nombreux et peu visibles dans ce secteur. Ils doivent bien connaître les particularités de l'architecture locale pour éviter les mauvaises surprises. En témoigne la mé­s­a­venture de ces propriétaires qui souhaitaient restaurer une vieille ferme lauragaise. Ils font déposer le toit en mauvais état afin de le remplacer, mais en l'absence de fondations sur ce type de construction, celui-ci aide les murs à tenir debout. Une fois ­enlevé, tout s'est effondré 

Une visite préalable chez un professionnel compétent n'est donc jamais un luxe. Il est possible d'obtenir gracieusement un avis pertinent auprès du conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement (Caue) de votre département : des architectes répondent à toutes vos questions et vous indiquent les coordonnées d'artisans spécialisés. L'association Maisons paysannes de France, qui milite pour la réhabilitation du patrimoine bâti en milieu rural, dispense également des conseils gratuits à ses adhérents.


L'article en version complète fait 8 pages.




Réparer un mur en pierre avec ou sans mortier

Janvier 2007
Le Particulier pratique n° 320, article complet

Des procédés éprouvés ; Des murs à un ou deux pans ; Enduit extérieur ou pas ?

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Carrières, champs qu'il fallait épierrer pour les besoins de l'agriculture, torrents de montagnes ont été de généreux pourvoyeurs de pierres pour bâtir, à proximité, maisons, abris et ­murets. Logi­que, pratique et économique

Les techniques de la pierre sèche (sans mortier) et de la pierre brute hourdée (avec mortier) ont été les plus usitées, la première pour les bâtiments utilitaires, la seconde pour les habitations. Leur point commun : composer au maximum avec ce que la nature offre, autrement dit retailler le moins possible les pierres disponibles.

La particularité des bâtis en pierre sèche réside dans l'absen­ce de mortier. De nos jours, rares sont les maçons qui savent ­encore monter un mur suivant cette technique. La solidité de l'ouvrage dépend du choix des pierres, de leur poids, de leur forme, de leur position les unes par rapport aux autres : elles doivent être imbriquées, les plus massives au sol ; les plus menues au faîtage. Aucun jeu ne peut subsister, on s'aide de cales au besoin. Quant à la longévité de la construction, elle repose sur un entretien régulier : la moindre pierre délogée doit être ­repla­­cée au plus vite pour prévenir tout désordre.

Si vous devez procéder à une ­remise en état d'envergure d'un muret ou d'une grange, faites ap­pel à un artisan spécialisé, qui saura vous procurer des pierres locales et conserver à l'ouvrage une unité de ton. Ce même professionnel saura également, si le mur est à deux pans, les liaisonner en insérant par intervalles une clé (pierre plate qui traverse le mur) ou, à défaut, une fausse clé, ­fabriquée à l'aide de deux pierres qui s'épousent parfai­tement. L'artisan consciencieux ne remplira pas l'entre-deux-pans avec de la terre ou du ­sable, mais avec des pierres, ­elles aussi imbriquées, de taille moyenne au départ, puis de plus en plus petites.

Pour le faîtage, aucun mortier ne doit être toléré, car cela ­aurait pour incidence de désolidariser le haut du mur du reste du bâti. Il convient juste de mettre des pierres plates, grandes et ­assez lourdes pour que le vent et les animaux ne puissent pas les déplacer, ou des pierres de taille moyenne posées sur chant (procédé plus esthétique, très résistant mais plus délicat à réaliser). Enfin, s'agissant de constructions utilitaires, on peut faire l'économie d'un ­enduit, d'autant qu'il n'y a pas dans ce mur de mortier susceptible de se dégrader sous l'effet de l'eau.

Le calcaire, bien que gélif sous certaines formes, est dans les constructions en pierre brute hourdée le matériau par excellence. Cela dit, suivant les ­régions, on peut aussi trouver du grès, du schiste, du basalte, du granit et des galets de torrents. Dans tous les cas, les pierres sont liées entre elles par un mortier de terre et/ou de chaux, mélangé à du sable, des graviers, etc. Les fondations, quand elles existent, sont souvent réalisées avec une roche plus dure, plus régulière, moins poreuse. Un chaînage vertical (dans les angles) et horizontal (tout autour de l'ouvrage), de même que les clés lorsqu'il ­s'agit de murs à deux pans ­garantissent la longévité du bâti. La pierre brute hourdée a deux principaux ennemis : les mouvements sismiques, puis­que le mortier confère une certaine ­rigidité au bâti, et l'eau, ­sachant qu'avec le temps les remontées capillaires (et, dans une moindre mesure, les infiltrations, les projections et le ruissellement) finissent par endommager l'enduit extérieur, le mortier de terre et/ou de chaux, voire la pierre suivant sa nature. Il est donc capital que les murs “respirent”, et encore plus en l'absence de fondations. Bannissez tout ­enduit à base de ciment au profit de la chaux, et faites ­réaliser, au besoin, un drainage extérieur pour lutter contre les ­remontées capillaires. Attention

Ne laissez jamais la pierre apparente par souci d'esthétique si la nature de celle-ci ne s'y prête pas, ou si le mur est très exposé à la pluie, car alors la roche risque d'éclater et les joints de se désinté­grer sous l'action du gel.

Certains artisans préconisent l'usage de briques de terre cuite creuses pour remplacer les pierres brutes endommagées ou manquantes. C'est acceptable à l'intérieur, mais à l'extérieur, il faut de vraies pierres brutes, et non juste des pierres de parement.


L'article en version complète fait 3 pages.




Regarnir un mur en ossature bois avec les matériaux locaux

Janvier 2007
Le Particulier pratique n° 320, article complet

Une technique, plusieurs remplissages ; Le torchis en vedette ; Encore méconnue, la terre-paille.

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Egalement appelées à pans de bois ou à colombages, les cons­tructions à ossature bois ont pour originalité d'être constituées d'un “squelette” en bois, les poteaux en façade formant des cadres plus ou moins triangulaires que l'on comble avec différents matériaux suivant les régions : brique en terre crue ou cuite (posée simplement, ou dans un dessein décoratif) ; pierre (de diverses natures, calcaires, silex, lave, galets en bordure de rivière, petits moellons de craie ou de meulière, tuf) ; torchis. Le principal ­intérêt de ce type de bâti réside dans sa bonne résistance sismique. En effet, l'élas­ticité de sa structure lui permet de bien supporter les chocs et les mouvements de terrain. En ­revanche, ses performances ther­miques et acoustiques sont plutôt faibles.

En règle générale, dans les constructions présentant des murs à colombages, les poteaux en bois sont implantés dans des fondations ou dans un soubassement en pierre pour être protégés des remontées capillaires et des eaux de ruissellement. Mieux vaut ne pas laisser un colombage à nu, car il craint la pluie, mais aussi l'humidité à l'intérieur du logement. Quoi qu'il en soit, le bois est un matériau qui “travaille”, aussi des fissures, voire un décollement du matériau de remplissage, peuvent ­apparaître aux points de liaison. Aujourd'hui, certains artisans tendent à remplacer l'ossature bois par une structure en piliers et poutres en béton, et des murs en briques de terre cuite creuses. Il arrive aussi qu'à la place du lattis en bois, servant de support au matériau de remplissage entre les pans, ils mettent un treillage métallique. Ces deux substitutions sont à exclure pour des raisons techniques et esthéti­ques. En ce qui concerne la garniture des colombages, la plus utilisée est le torchis. Composé d'un ­mélange de terre et de fibres ­végétales hachées, il se présente sous la forme d'une pâte molle homogène que l'artisan tasse entre les pans – entre les claies de support quand il y en a. Parfois, ce dernier préfère confectionner des “torches”, tresses de longs brins de paille qu'il trempe dans de la terre argileuse saturée d'eau, avant de les enrouler autour des claies, avec une ­seconde couche plus malléable et plus grasse qui permet de lisser l'ensemble.

Variante intéressante mais mécon­nue du grand public, et ­mê­me des artisans : la terre-pail­le, qui autorise un travail en continu puisqu'on peut ­com­bler l'ossature sans attendre le séchage de ce mélange. Celui-ci peut être ­réalisé de manière ­artisanale. Toutefois, il existe maintenant des briques et des panneaux en terre-paille prêts à poser.

Moins connue que le torchis, la terre-paille, en briques prêtes à l'emploi ou de fabrication artisanale.


L'article en version complète fait 3 pages.




Réhabiliter un mur en brique, terre crue ou terre cuite

Janvier 2007
Le Particulier pratique n° 320, article complet

Un matériau, des variantes ; Attention aux effets de l'eau ; De nouveaux produits.

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Dans les pays méditerranéens, la terre est employée depuis la nuit des temps en construction, car c'est un excellent régulateur thermique (elle retient la chaleur en journée et la libère la nuit, phénomène d'autant plus vrai que les murs sont épais) et hygrométrique (elle absorbe l'excès d'humidité et la restitue par temps sec, dans la mesure où il n'y a aucun ­enduit de ciment). Elle peut être utilisée telle quelle, compactée dans des banches (technique du pisé) ; mêlée à des fibres végétales pour garnir une ossature bois (torchis) ; sous forme de briques de terre crue pleines, de blocs de terre compressée, de briques ou panneaux de terre-paille, de bri­ques de terre cuite creuses (aussi appelées “adobes”), etc.

La brique de terre crue pleine est le matériau le plus répandu au ­­mon­de : elle est employée pour deux tiers des constructions (en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient...). En France, elle a pres­que disparu dans le neuf au profit de matériaux modernes (briques de terre cuite alvéolées, parpaings en ciment, béton armé en tête), jugés plus solides et moins contraignants à mettre en œuvre et à entretenir, mais qui sont moins aptes à réguler l'humidité de l'air. Cela dit, à l'occasion d'une réfection de façade, plus d'un propriétaire découvre avec stupeur que sous l'enduit ses murs sont en terre crue...

Il est vrai que fabriquer des briques pleines demande pas mal de temps à l'artisan. Il lui faut ­extraire la terre sur le lieu du chantier, la nettoyer, la pétrir avec un ou plusieurs agrégats, la laisser fermenter, puis mouler les bri­ques une à une, les mettre à ­sécher dix à quinze jours au ­soleil, ou dans un four pour aller plus vite. La terre crue a un ­inconvénient majeur : elle est très vulnérable à l'eau, d'où le risque de ­détérioration s'il pleut pen­dant le séchage (si les briques sont restées à l'air libre), et surtout lors du montage. Une ­mesure de précaution consiste à bâtir d'abord l'ossature (avec des fondations en pierre pour limiter l'effritement par la base, et un soubassement en pierre également afin de préserver les murs du rejaillissement des eaux de pluie), puis à poser le toit (à large débord pour écarter les eaux de ruissellement), de manière à pouvoir placer les briques de l'intérieur, donc bien à l'abri. En finition, un enduit extérieur à base de chaux les protégera durablement de tout contact direct avec l'eau.

Lorsque le mur ne comporte qu'un seul pan – c'est le cas le plus courant –, les briques sont posées bout à bout dans le sens de la longueur et, à intervalles réguliers, dans le sens transversal pour une meilleure tenue de l'ensemble. Les joints sont comblés avec un mortier à base de chaux, d'un temps de séchage de quinze jours environ.

On trouve maintenant des bri­ques de terre crue fabriquées ­industriellement : les “blocs de terre compressée” (BTC). La compression étant réalisée à l'aide d'une presse manuelle, hydraulique ou mécanique, elles offrent les mêmes performances et souffrent des mêmes faiblesses que les versions artisanales.

Employée depuis plus de cinq mille ans en construction, la terre cuite possède les mêmes vertus que la terre crue mais vieillit mieux, car elle est moins perméable à l'eau et aux sels. Cependant, les remontées capil­laires et les infiltrations d'eau restent ses deux grandes ennemies. Si elle a pratiquement disparu sous sa forme artisanale de brique pleine (connue sous la référence “6-11-22”), la terre cuite est, en revanche, ­encore très utilisée, et ce depuis fort longtemps, sous sa version industrielle et alvéolée (le modèle le plus performant étant maintenant le Monomur).

Par le passé, les briques pleines étaient hourdées avec un mortier à base de chaux mélangée à du sable. Aujourd'hui, les artisans privilégient ceux à base de ciment. Dans les deux cas, il faut qu'elles soient bien humidifiées avant leur pose pour éviter qu'elles ne “pompent” l'eau de gâchage du mortier. Il est ­ensuite possible de laisser la brique de terre cuite pleine ­apparente ; cela se pratique beaucoup dans certaines ­régions, surtout lorsqu'on a pris soin de les choisir de teintes différentes afin de créer, dès la phase ­de maçonnerie, des mo­tifs décoratifs. Toutefois, un enduit ­extérieur à base de chaux n'est jamais superflu ; il est même impératif pour les briques de terre cuite modernes (c'est-à-dire les modèles alvéolés).

Très utilisée dans la réhabilitation du bâti ancien, la brique Monomur, fabriquée à base d'argile, présente de bonnes performances hygrométriques, et assure une excellente isolation thermique grâce à sa structure alvéolaire.

Sylvie Francisco


L'article en version complète fait 3 pages.

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