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Réparer un mur en pierre avec ou sans mortier

Janvier 2007
Le Particulier pratique n° 320, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)

Des procédés éprouvés ; Des murs à un ou deux pans ; Enduit extérieur ou pas ?

Carrières, champs qu'il fallait épierrer pour les besoins de l'agriculture, torrents de montagnes ont été de généreux pourvoyeurs de pierres pour bâtir, à proximité, maisons, abris et ­murets. Logi­que, pratique et économique

Les techniques de la pierre sèche (sans mortier) et de la pierre brute hourdée (avec mortier) ont été les plus usitées, la première pour les bâtiments utilitaires, la seconde pour les habitations. Leur point commun : composer au maximum avec ce que la nature offre, autrement dit retailler le moins possible les pierres disponibles.

La particularité des bâtis en pierre sèche réside dans l'absen­ce de mortier. De nos jours, rares sont les maçons qui savent ­encore monter un mur suivant cette technique. La solidité de l'ouvrage dépend du choix des pierres, de leur poids, de leur forme, de leur position les unes par rapport aux autres : elles doivent être imbriquées, les plus massives au sol ; les plus menues au faîtage. Aucun jeu ne peut subsister, on s'aide de cales au besoin. Quant à la longévité de la construction, elle repose sur un entretien régulier : la moindre pierre délogée doit être ­repla­­cée au plus vite pour prévenir tout désordre.

Si vous devez procéder à une ­remise en état d'envergure d'un muret ou d'une grange, faites ap­pel à un artisan spécialisé, qui saura vous procurer des pierres locales et conserver à l'ouvrage une unité de ton. Ce même professionnel saura également, si le mur est à deux pans, les liaisonner en insérant par intervalles une clé (pierre plate qui traverse le mur) ou, à défaut, une fausse clé, ­fabriquée à l'aide de deux pierres qui s'épousent parfai­tement. L'artisan consciencieux ne remplira pas l'entre-deux-pans avec de la terre ou du ­sable, mais avec des pierres, ­elles aussi imbriquées, de taille moyenne au départ, puis de plus en plus petites.

Pour le faîtage, aucun mortier ne doit être toléré, car cela ­aurait pour incidence de désolidariser le haut du mur du reste du bâti. Il convient juste de mettre des pierres plates, grandes et ­assez lourdes pour que le vent et les animaux ne puissent pas les déplacer, ou des pierres de taille moyenne posées sur chant (procédé plus esthétique, très résistant mais plus délicat à réaliser). Enfin, s'agissant de constructions utilitaires, on peut faire l'économie d'un ­enduit, d'autant qu'il n'y a pas dans ce mur de mortier susceptible de se dégrader sous l'effet de l'eau.

Le calcaire, bien que gélif sous certaines formes, est dans les constructions en pierre brute hourdée le matériau par excellence. Cela dit, suivant les ­régions, on peut aussi trouver du grès, du schiste, du basalte, du granit et des galets de torrents. Dans tous les cas, les pierres sont liées entre elles par un mortier de terre et/ou de chaux, mélangé à du sable, des graviers, etc. Les fondations, quand elles existent, sont souvent réalisées avec une roche plus dure, plus régulière, moins poreuse. Un chaînage vertical (dans les angles) et horizontal (tout autour de l'ouvrage), de même que les clés lorsqu'il ­s'agit de murs à deux pans ­garantissent la longévité du bâti. La pierre brute hourdée a deux principaux ennemis : les mouvements sismiques, puis­que le mortier confère une certaine ­rigidité au bâti, et l'eau, ­sachant qu'avec le temps les remontées capillaires (et, dans une moindre mesure, les infiltrations, les projections et le ruissellement) finissent par endommager l'enduit extérieur, le mortier de terre et/ou de chaux, voire la pierre suivant sa nature. Il est donc capital que les murs “respirent”, et encore plus en l'absence de fondations. Bannissez tout ­enduit à base de ciment au profit de la chaux, et faites ­réaliser, au besoin, un drainage extérieur pour lutter contre les ­remontées capillaires. Attention

Ne laissez jamais la pierre apparente par souci d'esthétique si la nature de celle-ci ne s'y prête pas, ou si le mur est très exposé à la pluie, car alors la roche risque d'éclater et les joints de se désinté­grer sous l'action du gel.

Certains artisans préconisent l'usage de briques de terre cuite creuses pour remplacer les pierres brutes endommagées ou manquantes. C'est acceptable à l'intérieur, mais à l'extérieur, il faut de vraies pierres brutes, et non juste des pierres de parement.


Mots-clés :

LOGEMENT ANCIEN , TRAVAUX




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