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Tuiles en terre cuite, vieilles ou vieillies

Septembre 2007
Le Particulier pratique n° 327, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)

A chaque type de toit sa tuile ; Plus elle est cuite, plus elle résiste au gel ; Une imitation en béton.

Introduite dans le sud de la Gaule par les Romains sous sa forme arrondie, la tuile en terre cuite a gagné le nord de la Loire à partir du vie siècle sous la forme d'un rectangle plat, inspiré des ancestrales couvertures en pierre ou en bois. Elle s'est répandue en Bourgogne et en Champagne, puis le long de la Loire et de la Seine. Les raisons d'un tel succès ? L'extrême disponibilité de la matière première (l'argile), l'excellente résistance au feu, la fabrication simple et économique, la pose rapide... Jusqu'au xixe siècle, la production était manuelle. L'étanchéité de la toiture s'obtenait par recouvrement : chaque tuile recouvrait un tiers de la suivante (dans le cas des tuiles plates) ou les deux tiers (pour les tuiles canal).

Avec la révolution industrielle sont apparus le pressage mécanique et le principe de l'emboîtement. Au nord de la Loire, les couvreurs ont très vite adopté ces tuiles modernes. L'emboîtement a permis de réduire le pureau (la surface recouverte par la tuile suivante), et donc le nombre de tuiles nécessaires par mètre carré. Au sud, la tuile mécanique s'est imposée plus tardivement, avec la tuile de Marseille au début du xxe siècle, et la tuile à cornet fortement galbée (romane quand le cornet est à gauche, méridionale s'il se trouve à droite) dans les années 1950. La France est aujourd'hui le premier pays exportateur de tuiles en terre cuite.

Traces de doigts, griffures, sablage aléatoire, déformations de galbe donnent, peu ou prou, l'illusion d'une fabrication artisanale. La qualité du produit dépend de la cuisson : plus celle-ci est forte, plus il est solide et durable. Dans les années 1970, crise énergétique oblige, les fabricants les ont moins cuites, ce qui a occasionné une moindre résistance au gel – ce dernier les rend cassantes, voire poreuses s'il survient après la pluie. On trouve désormais des tuiles ocre, roses, rouges, jaunes, orange, brunes, grises, noires..., en version “antique”, “vieillie”, “patinée”, etc. Cependant, beaucoup de ces couleurs sont obtenues par l'ajout de colorants au cours de la fabrication. Or, ceux-ci ne supportent pas de cuisson poussée. Les tuiles ainsi teintées présentent donc une longévité réduite à cinquante ans environ.

Si vous préférez utiliser des modèles d'époque, votre couvreur ou une entreprise de récupération de matériaux peuvent vous en procurer. Cependant, sachez qu'il est rare que le profil, la couleur, les dimensions proposées correspondent à ceux des tuiles déjà en place (interdisant, du coup, un simple remaniement), que le stock disponible n'est pas toujours suffisant pour refaire l'intégralité de la toiture, et que le taux de déchets est important. Autres inconvénients, ces tuiles ne sont pas garanties contre le gel ni toujours très étanches (le couvreur doit les sonder avant de les poser). Tout cela se traduit par un surcoût de main-d'œuvre et de matériel, et une longévité très aléatoire.

Quel budget prévoir pour la réfection complète de votre toiture en terre cuite ? à titre indicatif, une dépose de couverture coûte environ 1 000 €, plus 2 000 € pour celle de la charpente. Ajoutez 2 000 € pour la fourniture et la pose de la sous-couverture étanche, de 8 000 à 12 000 € pour celle de la nouvelle charpente et 80 m2 de couverture neuve (environ 50 à 120 €/m2 fourni-posé de tuiles romanes, 40 à 110 €/m2 de tuiles canal neuves et jusqu'à 140 €/m2 de tuiles plates mécaniques). Le prix des tuiles spéciales (chatière, sortie de conduit, etc.) varie de 30 à 500 € la pièce ; les gouttières peuvent représenter jusqu'à 10 % du budget total. Comptez encore 1 000 € par pan de toit pour la réalisation des faîtages, noues, arêtiers. N'oubliez pas le traitement fongicide et insecticide de la charpente : jusqu'à 2 000 €.

Autre version de ce matériau, les tuiles en béton. Inventées à la fin du xixe siècle par des chartreux, fabriquées de manière industrielle depuis les années 1960, elles présentent des performances intéressantes : étanchéité, résistance au gel, stabilité dimensionnelle, prix de 15 à 20 % inférieur à celui des modèles en terre cuite. Mais leur manque de cachet, l'altération progressive de leur teinte et leur poids leur sont souvent reprochés. De même que leur faible longévité, qui ne dépasse guère trente ans.

Cela dit, elles imitent bien l'aspect des tuiles en terre cuite ; la couleur, injectée dans la masse et protégée par un revêtement haute densité, résiste plus longtemps. La tuile plate évolution Vieille France, de Redland, se patine même avec le temps. Quant au poids, il équivaut à celui d'une tuile en terre cuite gorgée d'eau de pluie. Le prix de ce matériau tourne autour de 100 à 120 €/m2 fourni-posé.

La tuile, couverture reine

Les tuiles en terre cuite couvrent encore la majorité des toits. Et bien malin qui sait faire la différence au premier coup d'œil entre une tuile patinée par le temps... ou volontairement !


Mots-clés :

TOITURE , TRAVAUX




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