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Ventilation du logement : des installations trop négligées

Avril 2009
Le Particulier pratique n° 345, article complet.
Auteur : SARGIS (Marise)

Dans nos habitats de plus en plus calfeutrés, il est indispensable de renouveler suffisamment l'air, et donc de veiller au bon fonctionnement de la ventilation. Cet entretien est à la charge de l'occupant, qui y gagne en qualité de vie.

Qui connaît le système de ventilation de son logement, et qui l'entretient ? En France, la ventilation, mécanique surtout, pose toute une série de problèmes, liés, en partie, à la méconnaissance de son principe de fonctionnement. à moins d'être atteint d'hypersensibilité chimique multiple (voir LPP n° 324), de voir ses combles pourrir, ses murs se couvrir de moisissures ou de condensation, ses peintures craquer... on ne prête guère attention à la qualité de l'air intérieur. Interrogés, en 2007, par l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), 40 % des Français déclaraient être mal informés sur la pollution de l'air intérieur. Les pouvoirs publics en ont pris bonne note, et s'apprêtent à diffuser auprès du grand public un guide sur cette thématique (encore sous embargo à l'Inpes au moment de notre enquête). De même, des études menées par l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur (Oqai), créé en 2001, révèlent la présence de polluants dans les logements et un mauvais fonctionnement des ventilations. à la question de l'humidité, qui représente toujours une des causes principales d'insalubrité, s'ajoutent celles des polluants chimiques et de la combustion des appareils de chauffage. Entre le mauvais bilan de la qualité de l'air intérieur (voir LPP n° 324) et la nécessité d'économiser l'énergie, qui incite à tout calfeutrer, la ventilation apparaît, effectivement, comme un sujet sensible.

Le casse-tête du renouvellement de l'air

La ventilation est actuellement la technique la plus efficace pour améliorer la qualité de l'air intérieur tout en assurant la conservation du bâti. Elle est fondamentale pour évacuer les polluants, comme le radon, les substances organiques, les poussières, et faire baisser le taux d'humidité. Les occupants du logement dégagent par la respiration et la sudation entre 40 et 70 g d'eau par heure. Faute d'une bonne ventilation, le logement se charge en humidité, laquelle favorise la prolifération d'acariens, de blattes, de champignons et de ­moisissures, ­sources d'allergies et de maladies respiratoires ou de peau. Or, on s'aperçoit aujourd'hui que le renouvellement de l'air pose des difficultés du fait de la défaillance des équipements, mal conçus, mal entretenus et mal utilisés par les occupants du logement. La gestion de l'air intérieur est devenue un sujet de préoccupation.

Ventilation naturelle et mécanique à parts égales

La moitié des logements français antérieurs aux réglementations sur l'aération (arrêtés de 1969 et 1982) est ventilée de manière naturelle, en fonction des conditions climatiques (température et vitesse du vent). Ce système reste aléatoire, car les débits d'air ainsi renouvelés sont difficilement contrôlables. D'où l'obligation légale d'équiper les habitations construites à partir de 1982 d'une ventilation mécanique (arrêté du 24 mars 1982, modifié par l'arrêté du 28 octobre 1983). De ce fait, la moitié la plus récente du parc respecte le principe d'un renouvellement général et permanent de l'air assuré par une ventilation mécanique contrôlée (VMC).

La VMC doit permettre des débits de renouvellement d'air normalisés. Pourtant, selon l'Oqai, 20 % des logements construits après 1975 ne sont pas conformes aux réglementations en vigueur. Par ailleurs, faute d'entretien régulier, les VMC ne donnent pas toujours de meilleurs résultats que le système naturel. La saleté des bouches et des gaines de ventilation peut provoquer des désordres dans le bâti, voire des problèmes sanitaires. Ce qui amène les pouvoirs publics à préconiser l'aération systématique partout, y compris dans les logements sous VMC, alors que l'ouverture des fenêtres dérègle tout le système – surtout dans le collectif, où les logements sont reliés à un même système d'évacuation.

Les Français ignorent tout de leur installation

Il existe différents systèmes (voir p. 44-45) pour évacuer l'air vicié et faire entrer l'air neuf. Or, “personne n'informe un ­propriétaire ou un locataire lors de l'entrée dans les lieux sur le système de ventilation et son entretien, ce n'est pas vraiment organisé”, dénonce Patrice Weill, président du groupement des hygiénistes des réseaux de ventilation. à la réception d'une maison neuve, le constructeur, ou l'architecte, remet, en principe, au propriétaire un document technique qui inclut les caractéristiques de la VMC, mais sans en détailler les règles d'usage. Les habitants vivent avec une VMC sans en connaître le principe de fonctionnement et les contraintes de maintenance. “Il serait indispensable que le constructeur indique le type d'installation mis en place, avec la référence du fournisseur, les performances techniques attendues, la localisation du caisson, le passage des réseaux de gaines, le nombre de bouches installées, remette un plan des installations...”, suggère Danielle Maison, dirigeante de l'entreprise spécialisée ADDD. Ce que confirme un expert en construction : “Le fait de voir très souvent des bouches d'air calfeutrées dans les logements, et des problèmes de condensation dans les pièces humides, démontre une méconnaissance totale des règles de fonctionnement d'un système de ventilation.” Et les exemples ne manquent pas : l'oubli de la pose d'une entrée d'air dans une pièce principale perturbe la circulation de l'air dans tout le logement ; en hiver, l'arrêt du chauffage pendant la nuit crée de la condensation dans une pièce humide ; dans le collectif, un appartement où les fenêtres restent ouvertes des heures dérègle le système de l'ensemble de l'immeuble...

Des équipements sous-dimensionnés

“Neuf fois sur dix, quand nous nous déplaçons, les techniciens constatent que les systèmes de VMC ne sont ni bien dimensionnés ni bien entretenus, et que le système de ventilation ne peut pas bien fonctionner”, estime Patrice Weill. Dans le bâtiment, où l'on cherche toujours à minimiser les coûts, le choix se porte fréquemment sur des gaines de ventilation moins chères, mais insuffisantes. En pratique, ce sont les techniciens de la maintenance qui, un jour, se rendent compte du défaut de dimensionnement. “On trouve généralement, dans les pavillons et les petits appartements, des bouches de 150 mm avec des gaines de 80 mm qui assurent un débit d'air de 40 m3/h et qui vont se boucher rapidement. Alors qu'avec une gaine de 100 à 150 mm, on obtient un débit de 240 m3/h”, souligne un professionnel de la ventilation. La règle veut que l'on renouvelle l'air à raison de un volume du logement par heure (arrêté du 24 mars 1982), mais selon les activités exercées, le renouvellement nécessaire peut atteindre de 5 à 10 fois le volume de la pièce par heure.

Dès son entrée dans un logement avec VMC, l'occupant devrait vérifier systématiquement le bon raccordement de la gaine de ventilation au toit, un décrochage pouvant avoir des conséquences désastreuses pour la charpente et les combles.

Des systèmes mal entretenus

Si l'on fait ramoner ses conduits de cheminée et contrôler sa chaudière chaque année, on se montre beaucoup plus négligent en ce qui concerne la surveillance du réseau de gaines de ventilation et du ventilateur. Cela malgré l'article 101 de l'arrêté du 31.1.2006 (règlement de sécurité contre l'incendie), qui impose aux propriétaires, dans les bâtiments d'habitation, une obligation d'entretien de leurs installations de ventilation une fois par an. “Dans la plupart des salles de bains et des W.-C., il suffit qu'une personne fasse claquer la porte en y entrant pour recevoir sur la tête un peu de poussières provenant de la bouche d'extraction encrassée située en hauteur”, témoigne un professionnel. “La ventilation mécanique simple flux par extraction repose sur la mise en dépression du logement pour assurer la circulation de l'air. Par conséquent, si les bouches d'extraction sont encrassées, l'air vicié n'est plus extrait, et, a fortiori, il n'y a pas ­d'entrée d'air neuf. C'est pourquoi la question de l'entretien de ces éléments est si primordiale”, insiste Muriel Barbat, ingénieur projet au Centre d'études et de formation pour le génie climatique (Costic).

Une VMC bruyante (voir LPP n° 270) peut révéler un défaut de conception – les pales du ventilateur sont tordues –, mais aussi un mauvais entretien – les éléments sont encrassés. C'est, de toute façon, le signe qu'il faut intervenir.

Les professionnels hygiénistes des réseaux de ventilation (rassemblés au sein de l'Union climatique de France [UCF]) préparent une plaquette destinée à informer le grand public de la nécessité de nettoyer régulièrement les installations. Elle devrait être diffusée en 2010, à la suite de la refonte des deux DTU de 2003, actuellement en cours. Ce descriptif des bonnes pratiques pour la pose de système de ventilation s'adresse exclusivement aux professionnels installateurs. “La plaquette grand public détaillera les principes de la VMC et les règles d'entretien, avec une attention particulière sur la ventilation gaz dans l'habitat collectif, qui pose des problèmes de sécurité quand les personnes ne respectent pas leurs obligations individuelles et collectives de maintenance”, confie le président de la commis­sion de révision du DTU de l'UCF.

En mode statique, le principe de convection

La ventilation consiste à introduire de l'air neuf et à extraire l'air vicié. Au fil des années, le parc immobilier a recouru à plusieurs modalités. La ventilation naturelle, ou statique (jusqu'aux années 1960), qui représente 20 % du parc résidentiel, s'applique pièce par pièce. Les pièces sèches (séjour, chambres, bureau) sont aérées en ouvrant les fenêtres. Dans les pièces humides (cuisine, salle de bains, salle d'eau, W.-C.), l'air entre et sort par la même pièce, soit par un seul orifice de grande dimension, soit par deux orifices en façade (en partie basse et haute, le principe de convection faisant en sorte qu'une ventilation verticale s'opère par le haut puisque l'air chaud, plus léger, monte), soit par un orifice en façade (grille de ventilation basse) et un conduit d'extraction à tirage naturel (sorte de cheminée). Dans tous ces cas, le tirage est thermique, et le renouvellement d'air du logement dépend donc des conditions climatiques, de la température et de la vitesse du vent.

En mode mécanique, le balayage

Ce type de ventilation applique le principe de l'aération générale et permanente, et s'affranchit des conditions climatiques extérieures grâce à un moteur électrique qui crée une dépression. à cette fin, l'air doit circuler des pièces principales vers celles de service, dites aussi humides. Les entrées d'air sont placées en hauteur, ainsi que les bouches d'extraction. La ventilation s'effectue par balayage : l'air transite des pièces les moins polluées (sèches) vers les plus polluées (humides). Depuis 1982, dans les maisons individuelles situées en zones climatiques H2 et H3 (Sud et Ouest), un balayage partiel est admis : la sortie d'air est limitée à la cuisine ; dans les autres pièces de service, on renouvelle l'air en ouvrant les fenêtres ; les pièces principales sont équipées d'orifices d'entrée d'air.

Que la VMC soit à balayage partiel ou total, un groupe électrique extrait l'air dans les pièces humides induisant, par dépression, l'arrivée d'air neuf à travers des bouches d'entrée d'air installées dans les pièces de vie. Si l'arrivée d'air se fait par soufflage, on parle de VMC double flux, qui exige plus de place.

La ventilation hygroréglable, plus économique

La VMC consomme de l'énergie électrique. La réglementation thermique dans l'existant (RT 2005) impose une consommation maximale de 0,25 Wh/m3 par ventilateur, soit, pour une maison de 120 m2, une consommation journalière de 1 800 W au maximum, l'équivalent d'un convecteur électrique

Certains systèmes s'avèrent plus économiques que d'autres. Il en est ainsi de la VMC hygroréglable. Ce système, variante améliorée de la VMC autoréglable, est apparu, dans un souci d'économie d'énergie, avec l'arrêté du 28 octobre 1983 relatif à l'aération des logements. Il se caractérise par la variation du renouvellement de l'air en fonction du taux d'humidité présent dans l'habitation. Le débit se module en modifiant l'ouverture d'un volet, directement relié à un mécanisme équipé d'une tresse hygroréglable dont la longueur varie avec l'humidité relative ambiante.

En ajustant les débits extraits à la pollution intérieure, les déperditions énergétiques liées à ce système sont, théoriquement, inférieures à celles obtenues avec un système autoréglable. Une étude regroupant des industriels, des bureaux d'étude, des maîtres d'ouvrage et des centres techniques (dont le Costic) est actuellement en cours de réalisation afin d'évaluer les performances énergétiques atteintes en conditions réelles d'utilisation par les systèmes de ventilation hygroréglables.

Là encore, tout dépend de l'entretien. “Dans le prochain DTU ventilation, nous allons insister sur le fait qu'un système mal nettoyé consomme plus d'énergie qu'un système propre”, argumente le président de la commission de révision. En 2005 et 2006, le Costic a mené, pour le compte du ministère du Logement, deux études portant sur l'évolution dans le temps des performances des bouches d'extraction hygroréglables. Dans près de 90 % des cas, la diminution des performances des bouches d'extraction est imputable à un encrassement important... et est résolue par un bon nettoyage

Marise Sargis


Mots-clés :

AIR , LOGEMENT , MAISON INDIVIDUELLE , POLLUTION , QUALITE , VENTILATION MECANIQUE CONTROLEE , VMC




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