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Mise aux normes de votre piscine, la sécurité des enfants d'abord

Mise aux normes de votre piscine, la sécurité des enfants d'abord
Juillet-Août 2004
Le Particulier n° 979, article complet.
Auteur : GANTIER (Jean-Léon)

Au bord de l'eau, la surveillance des jeunes enfants est primordiale, même si le bassin est pourvu d'un dispositif antinoyade. La loi l'impose déjà pour les piscines construites depuis le 1er janvier 2004 et celles équipant une location saisonnière.

Obligatoires pour toutes les piscines en 2006, les systèmes antinoyade sont indispensables dès maintenant

On estime qu'en France, le nombre de piscines enterrées approche le million. Et ce parc s'accroît de 35 000 à 40 000 unités par an. Si vous avez décidé d'en équiper votre maison, vous avez déjà sûrement pensé aux risques d'accidents. En particulier si vous avez des enfants en bas âge. La noyade est, en effet, la première cause de mortalité accidentelle chez les moins de 6 ans. En 2003, 25 enfants de moins de 6 ans se sont noyés dans des piscines privées dans notre pays. "À partir de 2 ans, il faut être particulièrement attentif", prévient Laurence Peroueme, de l'association Sauve qui veut, dont l'objet est de prévenir la noyade des enfants. À cet âge-là, en effet, il devient autonome tout en étant inconscient des risques. "Un enfant peut être sensibilisé au danger à partir de 5 ans, explique-t-elle. Mais, même à cet âge, il ne doit jamais être laissé sans surveillance." Car, une fois tombé à l'eau, un petit enfant se noie en moins de 3 minutes et, contrairement à ce qu'on pourrait penser, il coule sans bruit, sans se débattre ni appeler. C'est pour limiter au maximum ce risque que la loi du 3 janvier 2003 impose d'équiper toutes les piscines privées de plein air d'un dispositif destiné à prévenir les noyades d'enfants de moins de 5 ans (voir délais page ci-contre). Malgré des retards pris dans l'adoption de normes définitives, il existe maintenant des dispositifs conformes sur le marché. Il est fortement conseillé de vous en équiper sans tarder.

Mettez votre piscine aux normes de sécurité.

Pour sécuriser votre bassin, vous pouvez choisir entre quatre dispositifs prévus par la loi : une barrière de sécurité, une alarme sonore, une couverture de sécurité fermant le bassin ou encore un abri clos, sorte de véranda. Et de préférence, des dispositifs normalisés, c'est-à-dire conformes aux normes définies par l'Association française de normalisation (Afnor). Mais il faut savoir que les normes auxquelles doivent répondre les dispositifs de sécurité sont très récentes. Publiées une première fois en décembre 2003, elles ont été révisées depuis et publiées à nouveau au début du mois de mai 2004. Les fabricants, qui commençaient à proposer des dispositifs aux normes, ont dû alors tester leurs produits pour les adapter aux nouveaux standards. Résultat : les piscinistes-installateurs qui commercialisent ces dispositifs ne vous offrent encore qu'un choix restreint. Toutefois, de la barrière à l'abri, il est tout de même possible de se procurer actuellement des matériels aux normes de mai 2004. Mais n'attendez pas trop, car les piscinistes n'ont pas de stock et demandent environ entre 3 et 4 semaines de délai de livraison. Ensuite, il vous faudra faire installer le dispositif par un professionnel. Avant de passer commande, il faut donc vous assurer que le pisciniste pourra procéder à son installation dès réception du matériel. Certes, on peut trouver des barrières en kit ou des couvertures de sécurité à poser soi-même auprès de revendeurs spécialisés, notamment sur Internet. Mais, dans le domaine de la sécurité, le bricolage peut avoir de graves conséquences. Cette solution est donc à éviter. Dernière précision : si vous avez déjà équipé votre piscine d'un dispositif conforme aux normes Afnor de décembre 2003, vous n'avez pas à en changer, assure-t-on au ministère de l'Équipement. Le principe, en la matière, est qu'un matériel doit être conforme aux normes en vigueur au moment de son installation. En outre, il n'y a que des différences de détail entre les normes de décembre 2003 et celles de mai 2004.

Préférez les matériels estampillés NF Équipements de piscine.

"Chaque fabricant peut affirmer, sous sa propre responsabilité, après avoir procédé à des essais dans son propre laboratoire, que son matériel de sécurité est conforme aux normes Afnor", explique Pascal Prudhon, du Laboratoire national d'essais (LNE). Mais, il est bien sûr préférable que les tests soient réalisés par un laboratoire officiel et indépendant comme le LNE. D'ailleurs, de plus en plus de dispositifs devraient bénéficier de la marque NF Équipements de piscine (liste disponible sur le site Internet du LNE, voir p. 85) délivrée par le LNE, attestant officiellement que le dispositif vendu est conforme aux normes Afnor et, surtout, offrant l'assurance que les installateurs ont été formés par le fabricant. "C'est pourquoi les matériels estampillés NF peuvent seulement être acquis chez des piscinistes-installateurs et non en kit à installer soi-même", explique Pascal Prudhon. En effet, un matériel pourtant aux normes, une alarme par exemple, peut se révéler inefficace, et donc dangereux, s'il a été installé par une personne incompétente. En outre, l'économie réalisée (de 100 € à 150 € pour l'installation d'une barrière de sécurité ou d'une alarme, par exemple) sur la pose par le bricoleur amateur est généralement faible par rapport au prix du matériel.

La barrière de protection : efficace et rassurante.

Encerclant le bassin, la barrière constitue un obstacle en principe infranchissable par un enfant de moins de 5 ans. C'est le dispositif tenu pour le plus sûr par l'association Sauve qui veut et par la Commission de sécurité des consommateurs. Plus ou moins luxueuse, la barrière se décline en verre, en bois, en métal, en tissu ou en treillis plastique. Sa hauteur ne peut être inférieure à 1,10 mètre, taille jugée suffisante pour n'être ni enjambée ni escaladée, à condition de ne rien laisser à proximité pouvant servir de marchepied (chaise, tricycle...). Le portillon peut être coulissant ou pivotant (toujours vers l'extérieur du bassin), à fermeture manuelle ou automatique. Dans le second cas, assurez-vous systématiquement qu'aucun objet (jouet, bâton...) n'empêche la fermeture complète. Le système de déverrouillage, nécessitant une double action, ne peut pas être mis en œuvre par un enfant de moins de 5 ans. Barrière, poteaux et portillon doivent résister aux chocs provoqués par un poids de 50 kg. Il est recommandé d'installer la barrière à un mètre environ du bassin. Cette distance permet d'évoluer autour de la piscine et favorise le repêchage rapide d'un enfant tombé à l'eau. Côté budget, pour un classique bassin rectangulaire de 4 mètres sur 8, comptez 1 000 € pour un modèle d'entrée de gamme, et 3 000 € pour un modèle plus luxueux.

L'alarme : pour préserver l'esthétique du bassin.

Si vous êtes allergique aux barrières, couverture et autres abris, optez pour l'un des deux types d'alarmes normalisés. Le premier est dit "périmétrique". Il comprend quatre poteaux munis de cellules infrarouges et de récepteurs, solidement ancrés dans le sol autour du bassin. Une sirène se déclenche dès qu'un enfant franchit ce faisceau invisible. Le second dispositif est plus discret, plus simple à installer et moins onéreux. Il se compose d'un boîtier alarme fixé au bord du bassin, sur la margelle. Un capteur part du boîtier et plonge dans l'eau. L'alarme se déclenche dès que l'enfant tombe dans l'eau ou pénètre dans la piscine par le côté le moins profond. Comptez environ 3 000 € pour une alarme périmétrique et de 600 € à 900 € pour un détecteur d'immersion. Les deux systèmes doivent pouvoir fonctionner 24 heures sur 24, quelles que soient les conditions atmosphériques, et ne pas se déclencher de manière intempestive en cas de mise en marche du robot de nettoyage, du passage d'un oiseau, etc. "L'alarme reste un système sophistiqué qui n'écarte pas totalement le risque de déclenchement intempestif", estime cependant Georges Garcia, de l'Adéic, une association de consommateurs, qui craint alors une baisse de vigilance des parents. Bien entendu, la présence d'un adulte à proximité du bassin est impérative, car si l'alarme se déclenche, une intervention immédiate s'impose.

La couverture de sécurité : un couvercle pour la piscine.

La couverture de sécurité constitue un véritable couvercle rigide placé au-dessus du bassin. Ce dispositif ne doit pas être confondu avec la bâche destinée à conserver la chaleur ou la propreté du bassin. Au contraire, cet équipement peut se révéler très dangereux, d'une part en faisant croire à l'enfant qu'il peut marcher dessus sans problème alors qu'elle ne supporte pas son poids, d'autre part, en empêchant les adultes de le voir s'il tombe à l'eau. "La couverture isolante est d'ailleurs dangereuse lorsque le bassin est équipé d'une alarme, car elle risque de gêner le repêchage de l'enfant", prévient Georges Garcia. Solide, le dispositif de sécurité doit résister au poids d'un adulte de 100 kg. Plusieurs matériels sont, d'ores et déjà, sur le marché : de la simple couverture munie de barres rigides posée au-dessus du bassin et arrimée à la margelle (à partir de 1 800 €) au plancher de piscine motorisé remontant du fond du bassin (environ 15 000 €) en passant par le volet roulant automatique à lames articulées (autour de 9 000 €). Si vous optez pour un système à fermeture motorisé, veillez à ce que les commandes soient installées de façon à visualiser entièrement le bassin lors de la fermeture. Dans le cas d'une fermeture télécommandée, n'actionnez jamais la télécommande sans voir la piscine. Mais ce dispositif comporte certains inconvénients. D'abord, la piscine n'est sécurisée que lorsqu'il est fermé et verrouillé. "Le bassin doit être systématiquement clos dès que l'on ne se baigne plus, rappelle Laurence Peroueme. Même pour une heure." Or, cette contrainte est, dans la réalité, difficile à respecter. Très souvent, on ne couvrira le bassin qu'en fin de journée. Dans l'intervalle, il n'est donc plus sécurisé. Ensuite, ces équipements ne sont pas adaptés à toutes les formes de bassin. Enfin, ces dispositifs sont délicats à manœuvrer, la présence de deux personnes étant parfois nécessaire.

L'abri de piscine : le nec plus ultra du confort.

L'abri se présente comme une sorte de véranda légère en plastique ou verre, avec une ossature en bois ou métal. Certains sont fixes et couvrent le bassin en toute saison. Il existe aussi des modèles télescopiques ou amovibles permettant la baignade en plein air. Tous les systèmes d'ouverture (portes, fenêtres, paroi coulissante...) comportent un système de verrouillage impossible à déjouer par un enfant de moins de 5 ans. Principal atout, l'abri permet d'allonger la période de baignade un peu au-delà de la période estivale. Inconvénient de taille, son coût : à partir de 8 000 € pour un modèle d'entrée de gamme télescopique et autour de 34 000 € pour les plus luxueux. Autre inconvénient, les abris ouvrants ou télescopiques doivent être systématiquement refermés lorsque le bassin n'est pas utilisé. Sinon, la sécurité des jeunes enfants n'est plus assurée.

En définitive, parmi les quatre dispositifs prévus par la réglementation, les barrières de protection semblent offrir le meilleur rapport sécurité-prix.

Cependant, si vous ne trouvez pas dans le commerce le matériel de votre choix ou que les délais de livraison sont trop longs, équipez vos enfants en attendant l'installation du dispositif de sécurité choisi.

Pensez aux bouées, brassards et alarmes portatives.

Tout d'abord, chaque enfant peut être équipé d'une bouée adaptée à sa taille ou de brassards gonflables. Et ce, dès qu'il se trouve à proximité de l'eau, même lorsqu'il ne se baigne pas. Vous pouvez aussi doubler ces moyens traditionnels par des dispositifs plus sophistiqués. On trouve sur le marché, pour un prix tout à fait abordable, des alarmes portatives destinées aux petits baigneurs (attention : elles ne doivent pas être confondues avec les alarmes normalisées vues plus haut). L'une des plus simples est vendue sous l'appellation Pool SOS 100 (90 € environ). L'alarme s'attache à l'échelle de la piscine lorsqu'il n'y a plus personne dans l'eau. Elle flotte à la surface et émet un son strident pendant 2 minutes en cas de chute dans un périmètre de 7 mètres. Plus élaboré, le Splash Buzzer se compose d'un récepteur radio portatif de la taille d'une mallette et de colliers émetteurs. Passé au cou de l'enfant, le collier déclenche une alarme s'il tombe à l'eau, s'il arrache ou ôte le collier, ou encore s'il s'éloigne de plus de 30 mètres du récepteur. Comptez environ 300 € pour le kit de base (le récepteur et deux colliers).

Quant au Safety Turtle, il s'agit d'un bracelet en forme de tortue posé au bras de l'enfant. Lorsque le bracelet est immergé, il transmet un signal à une station réceptrice, déclenchant une sirène. Il vous en coûtera environ 260 € pour la station et deux colliers. Un relais radio permet d'accroître la portée de la station de 30 à 120 mètres (comptez alors 440 € de plus). Ces alarmes se trouvent chez certains piscinistes (tous n'en vendent pas) et magasins pour enfants. Elles peuvent aussi être achetées facilement par correspondance (voir encadré ci-contre), notamment sur Internet. Mais ne tardez pas trop, car la demande est forte et les délais de commande importants.

Une surveillance constante, la clé de la sécurité.

Mais quels que soient le dispositif de sécurité adopté et son degré de sophistication, il est indispensable aux adultes d'assurer une surveillance constante qu'aucun matériel ne saurait égaler. Le bulletin épidémiologique hebdomadaire du ministère de la Santé rappelle qu'environ un tiers des noyades d'enfants de moins de 6 ans a lieu malgré la présence d'un dispositif de sécurité. Voici donc quelques principes à respecter impérativement. Lorsque plusieurs adultes sont présents autour du bassin, il est préférable, quitte à se relayer, qu'un seul d'entre eux soit clairement chargé de la surveillance. Vous éviterez ainsi des quiproquos aux conséquences parfois tragiques. Si la joyeuse bande de baigneurs comprend des enfants de tous âges, interdisez fermement courses et jeux animés autour de la piscine en présence des plus petits. Si possible, pourquoi ne pas instaurer des plages horaires réservées aux plus jeunes et d'autres aux plus âgés ? Pendant le bain, gardez un téléphone à portée de la main avec les numéros d'urgence : le 18 pour les pompiers, le 15 pour le Samu, le 112 si vous appelez d'un mobile (il s'agit du numéro unique d'urgence européen). Ayez toujours une perche et une bouée à proximité immédiate du bassin. Si vous devez vous absenter, pour accueillir un visiteur par exemple, faites sortir les enfants de l'eau et gardez-les auprès de vous. En dehors des heures de bain, veillez à ce qu'aucun petit ne puisse sortir de la maison à votre insu. D'une manière générale, considérez le matériel de sécurité comme une aide et non comme une garantie absolue contre les accidents.

Jean-Léon Gantier


Mots-clés :

ENFANT , PISCINE , SECURITE




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