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Un poêle à bois de bon rendement : optimiser l'énergie renouvelable

Un poêle à bois de bon rendement : optimiser l'énergie renouvelable
Février 2006
Le Particulier pratique n° 310, article complet.
Auteur : LABEY (Pierre)

Avec les aides fiscales, le poêle à bois est devenu une excellente affaire pour chauffer sa maison en relève du chauffage central ou électrique... Mais il faut choisir les modèles certifiés Flamme Verte.

Depuis le 1er janvier, le crédit d'impôt sur les poêles à bois a été porté à 50 % de leur prix d'achat (TTC). Une somme à déduire de vos impôts 2006, et donc que vous avancerez jusqu'en 2007 (voir Le Particulier Impôts 2006 pour le détail des modalités). Il faut que l'appareil soit installé par un professionnel. Au moment où nous écrivons ces lignes, nous ne savons toujours pas si le taux de TVA applicable à la main-d'œuvre, dans une habitation datant de plus de deux ans, est de 5,50 ou 19,60 %...

Le poêle doit également avoir satisfait aux exigences du label Flamme Verte accordé par l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), le Syndicat des énergies renouvelables et le GFCC (Groupement des fabricants de matériels de chauffage central par l'eau chaude) ou certifier des performances équivalentes. Le label est délivré également aux foyers fermés, inserts, cuisinières et chaudières à bois, mais nous avons restreint cet article aux poêles, qui demeurent les appareils les plus simples à mettre en place.

Evidemment, tout cela est fait par les pouvoirs publics dans le but de promouvoir une énergie renouvelable, le bois, et de diminuer les émanations de gaz à effet de serre. La combustion produit certes du dioxyde de carbone, mais plus le rendement du poêle est bon, et moins il y a de dégagements de fumées polluantes. Par ailleurs, les arbres avaient préalablement, tout au long de leur croissance (par le phénomène de la photosynthèse), transformé beaucoup de gaz carbonique en oxygène (on dit qu'ils sont de bons stockeurs du carbone). Et, de toute manière, si les troncs et les branches restaient à pourrir dans la forêt, ils émettraient en plus du méthane, ce qui est pire.

Des performances mesurées

Puissance, rendement, émanations, avec le label Flamme Verte, tout est examiné. Les mesures sont réalisées par un laboratoire européen, ou un laboratoire propre à la marque mais contrôlé. Lors de sa création en 2004, Flamme Verte imposait un rendement minimum de 60 % et un taux de monoxyde de carbone maximum de 1 %. Cette année, le rendement doit être supérieur ou égal à 65 % et le taux de 0,6 %. Pour donner une idée, un poêle classique au rendement médiocre de 50 % va consommer 30 % de bois en plus par rapport à un modèle au bon rendement de 70 %, car celui-ci sera à double combustion (voir encadré p. 27).

Le rendement est noté en deux classes. La classe 2 comprend les appareils se situant en dessous de 70 %, et la classe 1, ceux affichant un rendement égal ou supérieur à 70 %. Signalons que certains modèles Deville, Hase, Morso (Fondis), Palazzetti ou RMB dépassent les 80 %, mais à partir de 75 % on a affaire à un excellent poêle.

Les émissions de CO, gaz toxique, sont également différenciées en deux classes. La 1 est la meilleure avec des taux inférieurs à 0,3 %, et la 2 peut aller jusqu'à 0,6 %. En cas de mauvaise ventilation de la pièce, c'est deux fois plus de risques de s'asphyxier...

La puissance constitue un autre critère décisif puisqu'elle peut varier de 4 à 15 kW. Elle doit être sélectionnée en fonction du volume de la pièce où va se trouver le poêle, mais aussi de ses ouvertures sur le reste de l'habitation. On compte environ 1 kW pour 10 m2 ou 25 m3 d'une construction bien isolée. Théoriquement, avec 9 kW on chauffe l'ensemble d'une maison de belle superficie. Il faut réserver les puissances les plus élevées aux pièces vastes et hautes, sinon tout séjour à proximité du poêle sera intolérable. Mieux vaut installer deux appareils plutôt qu'un seul gros modèle dans une demeure aux pièces de taille classique.

Plusieurs types d'appareils

A bûches, à granulés, à accumulation, il existe diverses catégories de poêles. Quel que soit le modèle ou son style, avant de choisir, il faut l'ouvrir pour vérifier s'il est facile ou non d'y enfourner les bûches, manipuler les manettes de réglages pour voir si elles sont assez pratiques, pas trop basses, tirer le tiroir à cendres. S'assurer également que l'appareil présente une autonomie de huit heures, soit une nuit, avec une pleine charge de bois. Et qu'il dispose de plusieurs bouches de raccordement au conduit de fumées, via des tuyaux métalliques (au-dessus, derrière, sur le côté), de façon à ce qu'il se prête à la configuration des lieux.

Les poêles à bûches sont les plus courants. En fonte ou en tôle, il en existe aussi avec des parties en pierre. Intérêt de la fonte et de la pierre, accumuler la chaleur et la restituer sous forme d'infrarouges. Une porte vitrée (vitrocéramique) est presque toujours de mise. Certains possèdent des plaques de cuisson pour laisser mijoter la soupe ou griller les châtaignes.

Il faut distinguer les modèles “rustiques”, à l'esthétique de nos provinces, “scandinaves”, en fonte et pierre, et “cheminées”, en tôle, dissimulant le départ du conduit jusqu'au plafond (voir notre sélection).

Les poêles à granulés (ou pellets) demeurent plus rares. Le chargement est automatique, le combustible étant délivré par une vis sans fin depuis un réservoir placé à côté de l'appareil ou, mieux, dans une pièce contiguë. La gestion de l'air primaire et secondaire peut même être pilotée par l'électronique. Ceux-ci seront labellisés Flamme Verte au début de l'année 2007 (Deville, Fonte Flamme et Palazzetti ont fait des demandes).

Les poêles à accumulation sont faits d'une grosse masse de céramique ou de stéatique qui accumule la chaleur dans un matériau réfractaire et peut la restituer après extinction du feu (Oliger, Tulikivi...).

Une installation en sécurité

“Le foyer, pas l'incendie”, telle est la devise d'un bon fumiste pour mettre en place un poêle. Tout d'abord, il faut que le sol soit incombustible et puisse supporter un poids élevé. Ensuite, le poêle et ses tuyaux ne doivent évidemment pas être collés contre un mur qui pourrait s'enflammer. Reste le problème du conduit de fumées.

Un bon conduit maçonné en terre cuite existant réclame tout de même d'être vérifié. A commencer par son étanchéité. Deux dévoiements de 30° au plus sont autorisés s'il se trouve contre un mur, aucun s'il est autoporteur. Les passages au travers des planchers et au niveau de la charpente doivent se réaliser avec des écarts au feu (distance entre l'intérieur du boisseau en terre cuite et tout matériau inflammable) de 16 cm. Comme le CSTB n'a toujours pas publié les DTU relatifs aux poêles, on peut se rapporter à son ouvrage Construction d'une cheminée, foyers ouverts et fermés. Au total, le raccordement du poêle coûtera 600 à 1 000 € HT selon la qualité des tuyaux et rosaces (ils peuvent être émaillés de la même couleur que l'appareil).

Un conduit existant dégradé mais pas encore en trop mauvais état peut être tubé avec une gaine métallique (diamètre 15 cm en général pour un poêle) qui sera ensuite vérifiée au moins une fois tous les trois ans. Le volume entre la gaine métallique et la terre cuite doit être ventilé. Comptez environ 75 € HT du mètre. Notez qu'il existe un procédé (en attente d'avis technique du CSTB) qui consiste à remplir cet espace avec un produit réfractaire, des billes en argile, et qui donne au tube métallique le caractère de conduit de fumées.

La création d'un conduit peut bien sûr s'effectuer avec des boisseaux maçonnés de terre cuite. Mais dans une maison existante, on préférera un conduit métallique (inox) à double paroi isolé. Les mêmes écarts au feu sont à prévoir, mais deux dévoiements de 45° restent possibles (consulter le livre sus cité). Là, la note grimpe : à partir de 150 € HT le mètre linéaire fourni-posé.

Sans oublier que le ramonage doit être effectué mécaniquement deux fois par an en cas d'utilisation fréquente du poêle, dont une durant la période de chauffe. Un bon ramonage se fait en poussant les suies du haut vers le bas. Il faut donc monter sur le toit.

Un combustible à bon prix

Le prix du bois varie énormément d'une région à l'autre en fonction de la proximité des forêts. Et aussi parce qu'une livraison en ville ou dans une localité touristique s'avère impossible avec un tracteur. De 33 € le stère (voir LPP n° 307 sur le coût des énergies) en bûches de 1 m de long non refendues, on peut passer à 75 € le stère en section de 50 cm refendu. Le châtaignier est le meilleur combustible, suivi de près par le chêne (-1 % de pouvoir calorifique), le frêne (-8 %), l'érable (-9 %), le bouleau (-11 %), le hêtre (-20 %). En queue de peloton, le sapin (-30 %), le tilleul (-43 %) ou le peuplier (-50 %). Mais une fois bien secs, tous les bois brûlent.... Comptez dix-huit à vingt-quatre mois de séchage à l'abri (aéré) selon les sections (voir LPP n° 309, Fendre le bois). Il existe bien une certification NF Bois de chauffage qui garantit la qualité et la sécheresse du bois, mais les entreprises titulaires sont rares (une vingtaine pour toute la France), et les prix pratiqués élevés (liste au CTBA : 01.40.19.49.19).

Autres solutions, pratiques et finalement pas moins économiques si l'on ne fend pas soi-même son bois, les bois compressés soit à partir de débris de bois, soit à partir de sciures de menuiserie, mais aussi en granulés pour les poêles adaptés, ou encore sous forme de briquettes ou de rondins de 25 cm de long (Bricafeu), qui remplacent efficacement les bûches, et ne nuisent pas à l'esthétique du foyer.

Pierre Labeÿ


Mots-clés :

BOIS DE CHAUFFAGE , CHAUFFAGE , EQUIPEMENT DOMESTIQUE , LABEL




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