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Le solaire au quotidien : l'avis des consommateurs

Le solaire au quotidien : l'avis des consommateurs
Mars 2006
Le Particulier pratique n° 311, article complet.
Auteur : ROUSSILLE (Katia)

Les capteurs solaires thermiques ou photovoltaïques ne semblent pas poser de souci une fois installés sur le toit. C'est plutôt avant que les propriétaires rencontrent des difficultés... Retour d'expériences.

Abrités sous leurs panneaux noirs ou bleus selon qu'ils ont opté pour des capteurs solaires thermiques ou photovoltaïques, les propriétaires qui ont choisi le soleil pour énergie sont aujourd'hui satisfaits, même s'ils ne s'y retrouvent pas forcément sur le plan financier. Les professionnels, quant à eux, claironnent des chiffres... La pose de chauffe-eau solaires a progressé de plus de 65 % en 2005 par rapport à 2004, soit 12 000 unités. Leur présence dans les maisons individuelles est devenue monnaie courante. Mais le système combiné qui prend en charge l'eau chaude et le chauffage, bien qu'il ait réalisé un bond époustouflant, plus 125 %, dépasse tout juste les mille implantations par an. Et le photovoltaïque est encore plus timide. Aujourd'hui, la France en est à 1 mégawatt installé, la part des toits des particuliers ne représentant que 20 % de ce mégawatt. Les expériences varient donc selon qu'il s'agit de chauffer son eau, son habitation, ou de produire de l'électricité. Enquête auprès des utilisateurs.

De 4 700 à 24 000 €

Au minimum on chauffe son eau, au maximum (cinq fois plus cher) on produit de l'électricité. Pour un simple ballon d'eau chaude, il suffit de faire poser 4 à 6 m2 de capteurs solaires thermiques sur le toit. En été, ils chaufferont à eux seuls l'eau d'une famille de quatre personnes, et en hiver, ils fourniront à la chaudière qui prend le relais une eau à 30° C, ce qui va alléger la facture de gaz, de fuel ou d'électricité. Le prix moyen du mètre carré de capteurs pose comprise s'élève à 1 180 € selon l'observatoire mis en place par l'Ademe dans vingt régions. Ces chauffe-eau solaires sont même prévus dans certains programmes de construction de maisons individuelles, en partenariat avec l'Ademe. C'est le cas de la Verdélite des Demeures de la Côte d'Argent, et de la Solis de France Confort Midi-Pyrénées. Et les grandes surfaces de bricolage vendent maintenant directement ces matériaux. A noter d'ailleurs pour le bricoleur timide qu'il existe une solution encore plus simple, qui ne demande pas de modifier le toit : il s'agit du chauffe-eau solaire monobloc (le kit Soleil Plus) à installer sur une terrasse. L'eau est directement chauffée sur place, la rentabilité est moindre mais l'investissement également (1 100 € pour de 150 l).

Pour la version combinée chauffage et eau chaude, il faut compter 1 m2 de capteur pour 10 m2 de surface, au prix moyen de 1 020 €/m2, selon l'étude réalisée par l'Ademe dans huit régions. Un minimum de 15 m2 de capteurs s'impose donc pour une habitation de 130 m2. Le meilleur système consiste à les relier à un plancher chauffant. Mais là, les promoteurs ne sont pas encore prêts à intégrer cette solution dans leurs programmes. Les particuliers doivent avoir une démarche volontaire. “L'investissement est plus important, il faut disposer d'une grande surface de toit”, justifie le responsable de la maison Verdélite. Même à l'Ademe on peut être localement réservé. Au point Info énergie de Perpignan, par exemple : “Dans notre contrée, avec les pentes faibles que nous avons, ce n'est pas la peine. Les propriétaires, malgré la présence de capteurs, garderaient le fuel à 80 %. Nous déconseillons ce type de projet.”

Quant aux panneaux photovoltaïques, ces capteurs qui permettent de récupérer l'énergie pour la consommer sur place ou la revendre à EDF, ils en sont carrément aux balbutiements en France. La surface moyenne de capteurs en photovoltaïque est de 20 m2. La taille du toit doit répondre à cette exigence, mais également sa pente et son orientation pour capter la lumière. Les installations vont de 2 à 3 kWh pour un budget de 7 000 à 8 000 € le kilowattheure. Généralement, les particuliers produisent 1 000 à 1 100 kWh par an, au maximum 4 500, déclare une responsable de l'agence Obligation d'achat de Tours.

Le thermique bien accompagné

En thermique, le secteur est parfaitement balisé, ce qui facilite l'accès aux produits, mais aussi aux aides. La marque Qualisol, créée par l'Ademe en 1999, est aujourd'hui gérée par une structure associative, Qualit'EnR, qui réunit des entités professionnelles nationales : la Capeb (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment), l'UCF (Union climatique de France), et l'UNCP (Union nationale des couvreurs plombiers. Cette organisation est le signe que le marché est mûr, et que les entreprises sont capables d'offrir aux particuliers un service de qualité. A partir du moment où elles ont signé la charte Qualisol, elles doivent s'engager sur un volume d'activité, ce qui concrètement signifie qu'elles ont acquis un savoir-faire. Vous trouverez la liste des membres sur le site de l'Ademe.

Pour produire de l'électricité, la conjoncture est totalement différente. Les acteurs sont rares. Ce marché est si peu structuré que Lafarge Toiture peaufine toujours son offre : “Nous commercialisons deux produits en photovoltaïque, en Allemagne, en Angleterre, aux Pays-Bas et en Italie. Pas encore en France. Nous cherchons à créer une offre globale qui réponde à la fois aux attentes des couvreurs, des négoces en matériaux, aux électriciens, et à celles des particuliers. Nous essayons de simplifier les démarches. Ici, ce n'est pas encore un marché structuré. Sur le plan des produits, la France se révèle également complexe en raison de la diversité de ses toits, de ses tuiles. Nous souhaitons proposer une gamme intéressante autant sur le plan pratique, technique qu'esthétique.”

Cependant, Imerys toiture s'avère très présent sur ce créneau. BP Solar (en partenariat avec EDF) et Tenesol s'implantent quant à eux à petits pas. Ils disposent de modèles type marquise ou verrière, des concepts assez novateurs et séduisants d'un point de vue architectural. Mais dans ce secteur, aucun réseau comparable à Qualisol n'existe. Du coup, les particuliers se débrouillent seuls, heureusement soutenus par l'association Hespul, qui leur fournit des indications pour effectuer leurs démarches auprès des divers intervenants administratifs (voir encadré p. 30).

Les candidats qui se sont lancés dans cette voie font figure de pionniers. Bien sûr, il y a des aides, mais au départ il faut avoir l'argent, remarque cette propriétaire d'un pavillon situé à quelques kilomètres de Montpellier, dont l'installation date de six mois environ : “Après les travaux, nous avons reçu la moitié de ce que nous avions déboursé de l'Ademe et de la région.” Mais toutes les personnes interviewées ont calculé qu'elles ne récupéreront réellement la somme investie qu'au bout de dix ans minimum.

Rentabilité ou idéologie

On choisit le soleil plus souvent par conviction que pour réaliser des économies. Cet habitant du Pas-de-Calais ne s'est jamais fait d'illusion sur l'intérêt purement financier d'équiper sa maison en solaire, avec 24 m2 de capteurs photovoltaïques et une électricité produite qu'il consomme totalement en hiver et partiellement en été : “J'ai opté pour ce procédé uniquement par philosophie de la vie, il faut bien dire que l'on ne fait pas d'économies.”

Un autre adepte renchérit : “On ne recouvre pas forcément sa mise. J'ai installé 40 m2 de capteurs sur mon toit, d'une bonne pente, en Bourgogne, et bien orienté sud-sud-est. Je revends tout au réseau EDF. Le bureau d'études auquel j'avais confié mon dossier a calculé que c'était plus avantageux pour moi. Mais ce n'est pas une rente. Je pense que je récupérerai l'investissement dans dix ans seulement. Il s'agit plus d'une démarche de sens que d'une bonne affaire.” Il faut savoir que de toute manière un particulier ne pourrait produire, dans l'absolu, que 15 % des besoins en énergie d'une maison chauffée à l'électricité.

En revanche, pour les systèmes combinés eau chaude et chauffage, l'intérêt financier est plus probant. Dans le Pas-de-Calais, notre interlocuteur récapitule : “Nous possédons une demeure ancienne, et en optant pour le solaire en 2002, nous avons fait des économies. Des capteurs thermiques et un plancher chauffant nous ont permis de gagner un tiers de bois par rapport à l'année précédente. Nous utilisons un poêle à double combustion.” Pour l'eau chaude, ce propriétaire de la région des Bouches-du-Rhône a calculé qu'il économisait entre 60 et 80 l de fuel grâce à ses 6 m2 de capteurs thermiques. Dans le Bordelais, un architecte déclare : “Par rapport à mon ancienne maison où j'étais chauffé à l'électricité, là ma facture est divisée par deux.”

Revoir tout le bâti

Passer au solaire implique souvent de refaire complètement toit et plancher. Dans une vieille bâtisse, ce n'est pas toujours évident. Il faut bien sûr que le projet soit accepté par les architectes des Bâtiments de France, mais aussi que la pente et l'orientation du toit soient propices à la réception du soleil (35° recommandés, avec exposition sud-sud-est). Les fabricants du solaire ont mis au point des capteurs qui s'harmonisent assez bien avec des murs anciens.

Quand le toit est à refaire, c'est plus facile... Ce propriétaire témoigne : “J'ai acheté une maison ancienne près d'Orléans, vendue avec une grange dont le toit s'affaissait. Je l'ai fait reconstruire en intégrant 30 m2 de capteurs photovoltaïques pour ma propre consommation. Ce projet, je l'avais en tête depuis longtemps, cela a été l'occasion. J'ai choisi une couleur gris bleu qui s'accorde avec l'ardoise. C'est très réussi, de loin les gens ne remarquent rien.”

Un autre débutera son aventure photovoltaïque ainsi : “Nous nous sommes adressés à un architecte très impliqué. Comme il s'agit d'une rénovation, nous avons dû un peu accentuer la pente pour que les capteurs photovoltaïques (20 m2) soient plus efficaces. Nous avons acheté les modèles de BP Solar, à poser sur une verrière. Le résultat est superbe. Un damier de carrés foncés, composé de capteurs et de vitres transparentes.” Un vieux toit, bien orienté, peut être refait en ajoutant 40 m2 de capteurs bleus coordonnés à l'ardoise. Pour les chauffe-eau, les offres se diversifient aussi. Velux a même conçu des versions assorties à ses fenêtres de toit.

Pour le système combiné, il faut également que le sol se prête à l'installation d'un plancher chauffant. C'est le cas dans cette maison ancienne du Pas-de-Calais. “On a construit un plancher chauffant en rehaussant le sol avec une chape de béton de 10 cm d'épaisseur, cela n'a pas posé de problème. Nous y avons même gagné, car l'ancien carrelage était très laid.”

Pas d'entretien à prévoir

Une fois installé, n'importe quel système fonctionne seul. Aucun entretien n'est nécessaire. Même les propriétaires qui ont des capteurs thermiques depuis déjà plus de dix ans ne s'en sont jamais préoccupé. La pluie se charge du nettoyage. “Malgré des pluies poussiéreuses dans le Sud, des vents de sable, on ne dit jamais d'aller laver les capteurs”, déclare la responsable Info énergie de Perpignan.

Un particulier plutôt consciencieux ajoute cependant : “Il faut quand même vérifier la pression des capteurs une fois par an. Il y a un manomètre. On peut avoir de la perte en liquide caloporteur l'été quand il fait très chaud. Le produit s'évapore, il existe une soupape de sécurité, mais mieux vaut surveiller la pression après une forte chaleur, par précaution.” Une des personnes interrogées, bénéficiant de capteurs thermiques Velux, signale aussi qu'il est important d'examiner son système après une coupure électrique, car la régulation ne se fait plus, et la chaleur monte jusqu'à 140 ou 150° C. L'installation solaire en elle-même est prévue pour atteindre 170° C, mais les tuyaux du circuit, eux, ont surchauffé, et il peut y avoir des fuites.

Pour le photovoltaïque, même décontraction. Les panneaux sont garantis, c'est tout simple. “Derrière les tuiles se trouvent des boîtiers électroniques, et il n'y a nul besoin d'entretien”, note un consommateur averti. Même pas une visite annuelle comme pour une chaudière. L'ensemble fonctionne seul. Reste juste à suivre sa production électrique...

Katia Roussille


Mots-clés :

ENERGIE RENOUVELABLE , ENERGIE SOLAIRE , PHOTOVOLTAIQUE




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