Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Famille > Enfants > Orientation scolaire : vous avez aussi votre mot à dire

Orientation scolaire : vous avez aussi votre mot à dire

Orientation scolaire : vous avez aussi votre mot à dire
Mai 2002
Le Particulier n° 954, article complet.
Auteur : DE PERCIN (Laurence)

C'est entre le deuxième et le troisième trimestre de l'année que commence à se dessiner l'orientation de votre enfant, en particulier en 3e ou 2de, qui sont de véritables "paliers". C'est aussi le moment d'exprimer clairement vos souhaits.

La notion d'orientation scolaire est apparue à la fin des années 50, au moment où s'est construit notre système éducatif. Les enseignants déterminaient alors seuls les aptitudes de l'élève en définissant son "profil" et, à partir de ce diagnostic, l'orientaient en fonction des différentes opportunités professionnelles de l'époque. Leurs décisions s'imposaient aux familles. Mais le refus progressif des parents de se laisser ainsi imposer l'avenir de leurs enfants, associé aux problèmes du chômage et aux modifications incessantes du marché du travail, ont fait évoluer la conception de l'orientation scolaire. Aujourd'hui, on parle plus volontiers d'"éducation à l'orientation". Il s'agit, d'une part, de donner aux élèves les moyens de faire eux-mêmes des choix, en fonction de leurs aspirations et capacités ; et, d'autre part, de laisser une large place à la concertation entre l'élève, ses parents et ses enseignants, chacun pouvant, à tout moment, s'appuyer sur une équipe de conseillers en orientation. Les projets, individuels, doivent se construire selon un processus susceptible d'évolution et d'adaptation permanente. L'équipe enseignante, prend appui sur l'observation continue de l'élève, sur l'évaluation de sa progression, sur son information et celle de ses parents, ainsi que sur le dialogue entre les professeurs et la famille.

En fin de maternelle, l'enfant entre à l'école élémentaire obligatoire et suit, en principe, un chemin tout tracé vers le collège. Les seules questions qui peuvent se poser aux enseignants et aux familles concernent son niveau scolaire. S'il est trop élevé, il peut être question de lui faire passer une classe. Mais, que la proposition vienne des parents ou de l'instituteur, elle doit être discutée avec le directeur de l'école. Au terme de cette concertation, c'est le conseil des maîtres (composé de l'ensemble de l'équipe enseignante et du directeur) qui prend la décision finale. En cas de désaccord, les parents disposent d'un délai de contestation de 15 jours à compter de la réception de la décision écrite et motivée du directeur de l'école. Pour ce faire, ils doivent adresser une lettre, motivant les raisons de leur désaccord, à l'inspecteur d'académie qui statue définitivement.

Dans le primaire, la scolarité ne peut dépasser 6 ans.

Si au contraire le niveau de l'enfant est trop faible, un redoublement peut être envisagé, en particulier à la fin de CE1 ou de CM2. La famille est alors convoquée par le directeur de l'école, le plus souvent au cours du second trimestre, pour l'avertir des problèmes de l'enfant et discuter des solutions envisageables pour améliorer son niveau avant la fin de l'année. Si celui-ci ne remonte pas au cours des mois qui suivent, en fin d'année, le redoublement peut être proposé aux parents, qui sont convoqués à l'école pour en rediscuter avec l'instituteur et le directeur. Là encore, c'est le conseil des maîtres qui tranche et la procédure de contestation auprès de l'inspecteur d'académie est la même. Dans tous les cas, la durée de présence d'un élève dans l'un des cycles de l'école élémentaire ne peut être allongée ou réduite que d'une seule année. La durée totale de la scolarité primaire ne peut donc pas être inférieure à 4 ans ni supérieure à 6 ans.

L'inscription au collège est déterminante.

En premier lieu, le choix de l'établissement lui-même peut être décisif. Le collège que doit fréquenter l'élève est en principe déterminé par la carte scolaire. Mais cette affectation peut être contournée par les parents, soit en demandant une dérogation pour l'inscrire dans un autre collège, soit en l'inscrivant dans un établissement privé. La procédure d'inscription au collège démarre au second trimestre de CM2. En mars (donc bien avant les décisions de passage ou de redoublement), le directeur de l'école élémentaire remet aux parents un dossier d'inscription sur lequel figure le nom du collège du secteur. Si les parents sont d'accord, ils n'ont qu'à le remplir et le retourner début avril. La décision de passage en 6e se fait en principe à la fin du mois de mai, à la suite de quoi le collège du secteur envoie aux parents un avis d'affectation. Dès réception de cet avis, les parents ont 5 jours pour se rendre au collège et confirmer l'inscription. À défaut, le rectorat considère que l'élève renonce à ce collège. Si les parents ne sont pas d'accord sur le collège de leur secteur, ils doivent demander une dérogation. Les demandes de dérogation se font sur un imprimé spécial, à remplir dès le second trimestre de CM2 et à transmettre au chef de l'établissement qui leur est affecté. Il faut y expliquer clairement ce qui motive la demande et y joindre les justificatifs correspondants. Les motifs prioritaires sont dans l'ordre : les raisons médicales, le choix d'une langue vivante particulière, un frère ou une sœur déjà admis dans l'établissement ou un parent qui y travaille, la proximité du domicile. La demande de dérogation est examinée par l'inspecteur d'académie, qui détermine, pour chaque rentrée scolaire, l'effectif maximal d'élèves pouvant être accueillis dans chaque établissement en fonction des installations et des moyens dont il dispose. De même, toute dérogation concernant un élève résidant dans un département autre que celui où se trouve l'établissement sollicité ne peut être accordée qu'après avis favorable de l'inspecteur d'académie du département de résidence. En cas de refus, il n'y a pas de recours : l'élève doit aller dans le collège de son secteur... ou dans le privé. Dans ce dernier cas, il faut évidemment anticiper le plus possible pour obtenir une place (le meilleur moment se situe à la fin du second trimestre de CM2). En cas d'acceptation, l'admission n'est envisageable que lorsque les élèves du secteur demandé ont confirmé leur inscription. Pour connaître le niveau des différents collèges, le mieux reste le bouche à oreille : fédérations de parents, élèves, enseignants...

Le collège joue un rôle essentiel dans l'orientation des élèves.

C'est là que les décisions sont prises concernant les options, les types d'enseignement et les filières à choisir pour la suite, entre les voies générales et technologiques d'une part et la voie professionnelle de l'autre. L'enseignement y est organisé en trois cycles : un cycle d'adaptation correspondant à la 6e ; un cycle central avec la 5e et la 4e ; et un cycle d'orientation avec la 3e. En 5e commence le choix des options qui occupent 3 heures par semaine et peuvent commencer à donner une première tournure à l'orientation de l'élève. "Dès ce stade, l'implication des parents est fondamentale, explique Anne-Dominique Vallier, membre du conseil d'administration de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP), ils doivent discuter le plus possible avec leur enfant pour bien le connaître et le faire déjà réfléchir à ce qu'il aime ou aime moins. Ils doivent aussi rencontrer les professeurs et en discuter avec eux. Et ce même si le niveau de leur enfant est très satisfaisant. Plus on anticipe l'orientation, mieux elle est réussie." En fin de 4e et surtout en 3e, le conseil de classe élabore un bilan communiqué aux parents par le professeur principal. Au vu de ces résultats, au deuxième trimestre de 3e, l'élève et sa famille doivent exprimer par écrit leur choix de filière, soit générale, soit professionnelle.

La classe de 2de, un tremplin.

Au lycée d'enseignement général, il y a la voie générale (sections L, ES, ou S) et la voie technologique menant à huit baccalauréats technologiques ou au brevet de technicien. La classe de 2de est commune à ces deux voies. Au lycée professionnel, l'élève suit la filière qui mène au bac professionnel (2de, 1re et terminale "pro"). Les CAP, eux, sont préparés dans les centres de formation des apprentis (CFA). "Le problème est, qu'à cet âge, rares sont les élèves qui savent déjà ce qu'ils veulent faire l'année suivante, a fortiori encore moins le métier qu'ils veulent exercer, constate Farid Hamana, secrétaire général de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE). Si la famille ne s'en préoccupe pas, l'élève se retrouve orienté par défaut, dans les filières les moins demandées, c'est-à-dire souvent des culs-de-sac. C'est pourquoi la recherche d'informations est très importante de la part des parents et de l'élève." En la matière, les documents et les lieux pour les consulter ne manquent pas : le centre de documentation et d'information (CDI) de l'établissement, les 600 centres d'information et d'orientation (CIO) répartis dans toute la France, ou encore l'Onisep (voir encadré ci-contre). "Dès l'entrée en 3e puis en 2de, ajoute Farid Hamana, cette recherche est déterminante pour bien maîtriser ses choix. Il faut aussi se rendre aux portes ouvertes des lycées professionnels, et visiter les salons des métiers qui donnent une bonne idée des filières et des métiers porteurs."

Une fois déterminée la filière, reste le choix du lycée.

Chaque académie est divisée en districts scolaires lesquels regroupent plusieurs lycées de manière à offrir toute la palette des enseignements possibles. Là encore, c'est le lieu de résidence de l'élève qui détermine le district dans lequel il doit poursuivre son enseignement, bien que des dérogations soient possibles, dans les mêmes conditions que pour l'entrée au collège. À défaut d'obtenir satisfaction, la famille n'a pas d'autre choix que d'inscrire l'élève dans le privé.

À la fin de la classe de 2de générale et technologique, il faut opter pour la voie générale ou la voie technologique. Les objectifs, l'organisation et le contenu des enseignements de ces deux filières diffèrent largement, de même que les perspectives de poursuite d'études. Les engagements ne doivent donc pas être pris à la légère, car les décisions d'orientation sont déterminantes. "À ce niveau, beaucoup de parents projettent sur leur enfant les désirs qu'ils n'ont pas pu réaliser eux-mêmes, explique Anne-Dominique Vallier de la fédération PEEP. C'est là que le rôle des conseillers d'orientation et de l'équipe enseignante est très important, pour leur faire comprendre que l'orientation de l'élève doit en priorité convenir à l'élève, à sa personnalité, à son niveau. Certains parents ne veulent jamais l'accepter, ce qui conduit souvent à l'échec de l'orientation de l'élève."

La procédure d'orientation en fin de 2de se déroule de la même manière qu'en 3e.

L'élève et sa famille expriment par écrit leurs vœux quant aux sections de 1re souhaitées par ordre de préférence. Ces vœux sont examinés par le conseil de classe qui fait à son tour des propositions, en tenant compte du niveau général de l'élève, de sa motivation pour une série particulière et de ses chances de réussite dans les matières dominantes. En dernier ressort, c'est le chef d'établissement qui notifie aux parents la décision définitive d'orientation. En cas de désaccord persistant des parents, ils ont 3 jours pour faire appel devant une commission présidée par l'inspecteur d'académie, qui se réunit dans le courant du mois de juin. Cette commission est composée du directeur des services départementaux de l'Éducation nationale, de deux chefs d'établissement du type d'établissement scolaire concerné par l'appel, de trois professeurs exerçant au niveau scolaire concerné, d'un conseiller principal d'éducation ou d'un directeur de CIO et de trois représentants des parents d'élèves. Tous sont nommés par l'inspecteur d'académie pour un an renouvelable, sur proposition des associations en ce qui concerne les représentants des parents d'élèves.

Le dossier de l'élève est présenté à la commission d'appel par un professeur de la classe à laquelle appartient l'élève et par le conseiller d'orientation intervenant dans son établissement scolaire. Les parents de l'élève et l'élève lui-même sont ensuite entendus par la commission. C'est le moment d'être persuasif et de fournir tous les justificatifs appuyant l'appel. Si la commission refuse l'orientation demandée, les parents ont quatre possibilités : accepter cette décision, demander le redoublement pour permettre à l'élève d'accéder l'année suivante au niveau requis pour l'orientation qu'il souhaite, recourir au tribunal administratif qui peut casser la décision de la commission d'appel pour vice de procédure (ce qui est très rare), ou enfin l'inscrire dans l'enseignement privé, si l'établissement accepte l'orientation choisie par les parents. "Grâce à la concertation préalable aux conseils de classe, les recours à la commission d'appel ont beaucoup diminué en 10 ans (voir p. 79), conclut Farid Hamana de la FCPE, il reste que lorsque l'élève a un bon dossier et des parents qui maîtrisent bien le système, beaucoup plus de portes s'ouvrent à lui."

Laurence de Percin

Mots-clés :

ENSEIGNEMENT PRIMAIRE , ENSEIGNEMENT SECONDAIRE , ORIENTATION SCOLAIRE




Outils pratiques :
Bien choisir votre assurance vie
Un expert vous accompagne pour optimiser votre fiscalité, anticiper la transmission de votre patrimoine et préparer votre retraite

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière Choix patrimoniaux

Forum bannière

Bannière e-Particulier