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Soutien scolaire : où trouver le bon coup de pouce au bon moment ?

Soutien scolaire : où trouver le bon coup de pouce au bon moment ?
Janvier 2007
Le Particulier n° 1008, article complet.
Auteur : SCHMIDIGER (Frédérique)

Les sociétés qui proposent des cours particuliers à domicile fleurissent partout dans les grandes villes et sur Internet. Qu'ont-elles réellement à proposer ? Combien coûtent-elles ? Et quels sont les pièges à éviter ?

Redonner confiance, oui, mais attention à ne pas créer de dépendance

Mathilde, en terminale ES, prend des cours de maths, depuis 2 ans, par l'intermédiaire d'Acadomia, le leader des cours de soutien scolaire à domicile. "En 2de, elle a dû donner un coup de collier pour améliorer son niveau. Son père a bien essayé de l'aider, mais ça n'a pas marché. À raison d'une heure et demi à 2 heures de cours par semaine, Mathilde a fini l'année avec 14 en maths", explique Pascale, sa mère. Selon le Haut Conseil d'évaluation de l'école, un lycéen sur quatre suit actuellement des cours particuliers, au rythme d'une à 2 heures en moyenne par semaine. Cette proportion est plus importante encore dans les classes où se décide l'orientation scolaire. Les maths étant la clé de cette orientation, les cours dans cette matière sont les plus demandés, loin devant la physique et les langues vivantes. Les collégiens et, dans une moindre mesure les écoliers, sont eux aussi concernés. Les sociétés de soutien scolaire ont, depuis une dizaine d'années, largement investi ce marché en pleine expansion. Avec un argumentaire commercial bien rodé et le soutien de l'État, elles ont réussi à drainer de 15 à 20 % des heures de cours jusqu'ici dispensées au noir. Toutes ont le même objectif : apprendre aux élèves à s'organiser et à acquérir des méthodes de travail grâce à un encadrement pédagogique individualisé, assuré par un professeur compétent.

Des professeurs plus souvent étudiants qu'enseignants expérimentés.

Mais qui sont réellement ces pédagogues hors pair ? Le plus souvent, des étudiants. Les mêmes qui proposaient jusqu'à présent leurs services via des petites annonces déposées chez le boulanger du quartier

Acadomia, Complétude, Anacours et Keepschool, quatre des cinq principales enseignes du secteur, les sélectionnent après un entretien individuel. L'entrevue permet de vérifier leur maîtrise de la matière et de tester leurs capacités pédagogiques en les mettant en situation, et de s'assurer qu'ils présentent bien, qu'ils sont clairs et méthodiques. De plus, les candidats doivent avoir au moins un bac + 3 (licence universitaire, 1re ou 2e année d'école d'enseignement supérieur). Ce qui ne fait pas forcément d'eux des enseignants. Mais ce mode de recrutement vous garantit au moins que leur casier judiciaire a été vérifié et que les moins sérieux d'entre eux ont été écartés.

Louise, jeune licenciée de philosophie de 22 ans, titulaire d'un bac scientifique, donne ainsi des cours de maths à des collégiens de 4e et 3e tout en préparant les concours pour devenir professeur de philosophie : "Je ne remplace pas le professeur de mes élèves. Je réexplique ce qu'il a fait. Mon rôle est de les faire travailler régulièrement, de les entraîner en faisant des exercices pour qu'ils reprennent confiance en eux". Louise ne peut donner des cours de maths qu'à des collégiens, éventuellement à des élèves de 2de, mais pas au-delà. "Nous déterminons le niveau et les matières que peuvent assurer nos enseignants en fonction de leur diplôme. Par exemple, des étudiants en maths ne donnent pas des cours de physique à des terminales S", explique Hervé Lecat, président de Complétude. L'organisme veille aussi à trouver des enseignants adaptés aux difficultés de l'enfant. "Mes enfants, en 3e et 4e, sont hyperactifs. Un de leurs professeurs particuliers, qui a lui-même un frère hyperactif, comprend leur difficulté à se concentrer et a su s'adapter à eux", se félicite Marie-Lyne, cliente de Complétude.

Finalement, seuls les Cours Legendre, créés en 1957, proposent exclusivement des professeurs en exercice. Ce qui ne veut pas toujours dire des professeurs de l'Éducation nationale titulaires du Capes puisque, en principe, ces enseignants ne peuvent donner qu'un nombre limité de cours rémunérés et doivent les déclarer au rectorat. Il s'agit donc, le plus souvent, de professeurs vacataires ou contractuels qui assurent des remplacements, des professeurs d'établissements privés ou des enseignants à la retraite.

Une relation gérée à distance par un conseiller commercial.

Lorsque vous contactez une société de cours particuliers, vous êtes mis en relation avec un conseiller pédagogique, en fait un conseiller commercial, qui suit votre dossier. Vous déterminez avec lui, selon les difficultés rencontrées par votre enfant, le nombre d'heures de cours nécessaires. En général, un minimum de 18 heures vous est préconisé (ce qui correspond à une heure par semaine pendant un trimestre). Ensuite, le conseiller contacte un des professeurs, qui vous rappelle et fixe avec vous le planning des cours. Si cet enseignant ne vous convient pas, vous pouvez demander à en changer. Elsa, élève de 1re littéraire, option cinéma, a ainsi préparé ses épreuves du bac français avec un jeune titulaire d'une licence de cinéma. Un choix qui ne doit rien au hasard et qui facilite le contact élève-enseignant. Trop parfois. "Une certaine distance peut être utile : ma fille s'entendait si bien avec sa jeune professeure que celle-ci se permettait d'arriver en retard à un cours sur deux et lui demandait de venir chez elle", déplore Pascale. En général, un suivi régulier par téléphone est assuré par les conseillers pédagogiques pour recueillir ces éventuels reproches. En réalité, les parents osent rarement les formuler si leurs enfants se sentent en confiance. Par ailleurs, un carnet de suivi rempli par l'enseignant permet aux familles de suivre les sujets traités à chaque séance. Aux parents de veiller à ce qu'il soit bien rempli.

Ce sont les parents les vrais employeurs.

Sauf chez Domicours et Après la Classe (voir p. 62), les enseignants ne sont pas salariés par les sociétés de soutien scolaire mais par les parents eux-mêmes. Ces organismes sont de simples intermédiaires à qui vous confiez un mandat pour recruter l'enseignant et effectuer les démarches administratives. Le professeur est donc un salarié à domicile au même titre qu'une femme de ménage ou une garde d'enfants. La confusion sur la véritable identité de l'employeur est entretenue par le fait que vous ne versez pas directement d'argent à l'enseignant mais uniquement à l'organisme à qui vous achetez une quantité de cours. Le coût qui vous est facturé inclut le salaire de l'enseignant, les charges sociales et la marge de l'organisme. Sur 30 € pour une heure de cours, 13 € environ vont à l'enseignant, 6 € à l'Urssaf et 11 € dans les caisses de l'intermédiaire. Une fois les cours payés, vous recevez un carnet de coupons (d'une heure de cours chacun) que vous donnez à l'enseignant à la fin du cours. Celui-ci renvoie les coupons à la société qui lui verse sa rémunération.

Comptez un budget moyen de 700 € pour 18 heures de cours par trimestre.

Les tarifs varient selon le niveau scolaire de votre enfant et la zone géographique. Comptez de 25 à 30 € de l'heure pour un écolier, de 25 à 35 € pour un collégien et de 32 à 46 € pour un lycéen. Si vous êtes éloignés d'un centre-ville, la facture sera alourdie par une indemnité de déplacement. À ce coût horaire, s'ajoute de 60 à 85 € de frais d'inscription selon les organismes. Chez Acadomia, c'est par année scolaire. Aux cours Legendre, c'est une fois pour toute et pour toute la famille. Comptez donc environ 700 € pour un trimestre de cours (18 heures x 35 €, plus les frais d'inscription) que vous devez payer d'avance. Au-delà de ce volume, un tarif dégressif vous incite à pré-acheter un plus grand nombre d'heures. Mais attention à ne pas en acheter trop, car les coupons ne sont pas toujours remboursables ni utilisables d'une année sur l'autre (notamment chez Profadom). Ce système permet à la société de s'assurer que les parents n'emploient pas l'enseignant au noir, sans passer par elle. Ce qui, de toute façon, n'est pas avantageux puisque, dans ce cas, les parents perdent la réduction d'impôt à laquelle les cours déclarés donnent droit. En effet, l'année qui suit les cours, vous pouvez déduire du montant de votre impôt sur le revenu 50 % du coût total du soutien scolaire (frais d'inscription compris), dans la limite de 13 500 € pour une famille avec un enfant et de 15 000 € pour une famille d'au moins 2 enfants. Certes, ce plafond inclut l'ensemble des salariés employés à votre domicile (femme de ménage...). Mais, si vous n'excédez pas cette limite, sur les 700 € avancés pour un trimestre de cours, 350 € seulement resteront à votre charge (si vous n'êtes pas imposable, vous bénéficierez d'un crédit d'impôt, voir p. 12).

Les précautions à prendre pour éviter les effets secondaires indésirables.

Ce coût reste assez lourd pour une famille. Mais, selon une étude menée par Dominique Glasman auprès de consommateurs de cours particuliers en Rhône-Alpes, les deux tiers des parents ont constaté une amélioration des résultats scolaires. Pour Marie-Lyne, "ce qui compte, c'est que mes enfants passent dans la classe supérieure sans grosse lacune et qu'ils se sentent à l'aise". De fait, les enfants gagnent en confiance mais ils prennent aussi goût à cette aide. "Ma fille, après avoir suivi des cours de maths, m'a demandé des cours pour préparer son bac français. J'ai cédé. Si je l'écoutais, aujourd'hui, elle suivrait des cours dans toutes les matières", ironise Pascale. Attention donc à ce que les enfants ne deviennent pas dépendants. Mieux vaut une aide ponctuelle qu'un soutien permanent qui leur fait perdre leur autonomie (voir p. 64). Limitez également la durée des cours, certains enfants peinant à se concentrer 2 heures d'affilée. Enfin, évitez autant que possible les cours donnés en fin d'année, juste avant les examens ou le conseil de classe. À cette époque, les demandes affluent. Les professeurs sont souvent débordés et parfois incités à enseigner d'autres matières que les leurs pour répondre à la demande.

Avec l'explosion du marché du soutien scolaire, les intervenants rivalisent pour attirer les familles mais aussi les professeurs. Les familles reçoivent des réductions si elles parrainent de nouveaux clients. Les enseignants bénéficient de bons cadeaux s'ils adressent des collègues prêts à donner des cours. La concurrence, de plus en plus forte, devrait pousser le secteur à évoluer. La Macif, la Matmut, le groupe Chèque déjeuner et la Mutualité Française se sont unis en 2003 pour lancer un nouveau réseau de soutien scolaire, Domicours, qui emploie directement les enseignants et intervient comme prestataire de services. Et, surtout, qui rompt avec le système du paiement d'avance d'un volume minimal de cours.

Frédérique Schmidiger

 


Mots-clés :

ENSEIGNEMENT , REDUCTION D'IMPOT , SOUTIEN SCOLAIRE




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