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Décryptage : le client peut-il se fier à la classification hôtelière ?

Décryptage : le client peut-il se fier à la classification hôtelière ?
Juin 2007
Le Particulier pratique n° 325, article complet.
Auteur : BARRON (Edwige)

Une, deux ou trois étoiles, tout est affaire de niveau d'équipement, pas de décor ni de service...

Les trois quarts des clients tiennent compte des étoiles quand ils choisissent un hôtel. Les seuls cas où la classification passe au second plan, c'est lorsque la personne le sélectionne directement dans un guide comme le Michelin, ou bien quand il s'agit de chaînes très homogènes (Ibis, Novotel...). Pourtant, le consommateur n'a qu'une vague idée des critères d'attribution des étoiles. Il croit qu'elles correspondent à une qualité de services, alors qu'elles reflètent presque uniquement un niveau d'équipement et des superficies minimales.

La classification en étoiles date de 1960, et a été revue en 1986 (la fameuse NN). Une nouvelle nomenclature... pas très nouvelle en réalité. N'impose-t-elle pas un bidet dans la chambre ? “Cela n'a plus grand-chose à voir avec les exigences actuelles, alors que la connexion Internet ou la qualité de l'écran de la télévision n'apparaissent pas”, s'indigne un directeur d'hôtel. Retenez cependant qu'entre deux et trois étoiles, la différence joue sur la surface minimale de la chambre et de la salle de bains, deux langues étrangères parlées à l'accueil et le petit déjeuner servi dans la chambre.

Ne correspondant pas à une qualité de services bien définie, le classement en étoiles n'indique donc pas non plus une grille de prix précise. En deux étoiles par exemple, la moyenne est à 60 € la chambre double, mais les tarifs vont de 45 à 90 €. Même écart considérable en trois étoiles, où là ils s'échelonnent de 70 à 140 € la double, d'après le cabinet Coach Omnium, un bureau d'études spécialisé dans l'hôtellerie.

Les professionnels qui vendent la France à l'international n'apprécient pas ces disparités, et prônent une refonte complète du système, avec, notamment, la création d'une catégorie cinq étoiles – qui, d'ailleurs, existe dans tous les autres pays. La clientèle des états-Unis ou de la Russie ne descend pas au-dessous. Une association, le Comité pour la modification de l'hôtellerie française, prépare un livre blanc pour le nouveau gouvernement, avec des propositions précises sur les critères, le contrôle. Les hôteliers, eux, ont des avis plus contrastés. Beaucoup redoutent la refonte, car si le tiers de la petite hôtellerie française est carrément en perdition, un quart souffre seulement de vétusté, et manquera de ressources financières pour se moderniser. Il se murmure en coulisse que l'administration préférerait attendre que ces établissements meurent de leur belle mort, les enfants ne voulant généralement pas prendre la relève.

Il reste que, pour l'instant, le client peut essuyer de sérieuses déconvenues, d'autant que sur les 30 000 établissements hôteliers déclarés en France, entre 9 000 et 12 000 ne seraient pas classés du tout. Pas forcément borgnes. Certains de ces hôtels sont trop petits ; pour d'autres, cela permet d'échapper, dans leur localité, à la taxe de séjour...

Edwige Barron


Mots-clés :

HOTEL , LABEL




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