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Restaurer un piano : allez-y pianissimo

Janvier 2009
Le Particulier pratique n° 342, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)

On l'oublie souvent, un piano est un instrument fragile. Il doit être conservé dans une pièce à 20 °C et à 55-65 % d'humidité ambiante, utilisé et entretenu régulièrement. Faute de quoi, il s'abîme.

Une hygrométrie supérieure à 65 % provoque l'oxydation des parties métalliques (cordes, cadre, chevilles, plomb des touches, etc.), ainsi que le gonflement des feutres en laine des têtes de marteaux et des pièces en bois (sommier, table d'harmonie, marteaux...). Le passage d'un air humide à un air sec est tout aussi dommageable : les bois se rétractent ou se fendent, les feutres durcissent, les vis se desserrent. L'accord du piano devient alors difficile, voire impossible. Et gare aux mites 

Elles peuvent dévorer en un rien de temps tous les feutres en laine.

Réparation ou restauration ? L'expertise le dira

Le prix d'une remise en état dépend de la durée et de la complexité de la prestation. La réparation se résume souvent à un simple nettoyage des feutres, cordes et bois. Les pièces les plus endommagées sont remplacées, les chevilles retassées. Le fonctionnement de l'ensemble n'est pas pris en compte. L'accord n'est donc pas régulier, et l'harmonisation manque de finesse. Le coût de ces travaux est réduit, mais la fiabilité limitée dans le temps.

Une vraie restauration rend toutes les qualités acoustiques et esthétiques ­d'origine (celles qu'avait le piano neuf). Longue et minutieuse, elle exige un réel savoir-faire, et doit concerner à la fois la partie harmonique et la partie mécanique. “Si elle ne porte que sur l'une des deux, la partie refaite ne suivra pas le vieillissement de l'autre, et de nouveaux travaux devront être menés à moyen terme”, explique un artisan-réparateur. Tous les éléments usés, oxydés, fendus ou vrillés sont remplacés : cordes, chevilles, feutres, pièces en bois, etc. La table d'harmonie, le sommier de chevilles ou autres pièces maîtresses sont parfois totalement refaits à l'identique. Le clavier est blanchi et poli. La mécanique est parfaitement réglée, le son harmonisé, l'accord ajusté. Cette rénovation complète coûte cher, mais le résultat est durable.

Si vous possédez un piano ancien et souhaitez le remettre en état, faites-le d'abord expertiser par un artisan-réparateur. En fonction du potentiel musical de l'instrument, des dégâts constatés, des matériaux requis, de votre demande (esthétique et/ou musicale) et de vos contraintes financières, il envisagera la meilleure solution technique. Exigez qu'il vous délivre un devis détaillé.

A chaque marque, sa facture

Si un piano d'époque est unique du fait de sa fabrication artisanale, certaines marques (Pleyel, Gaveau, érard, C. Bechstein, Blüthner, Bösendorfer, Steinway & Sons, etc.) sont particulièrement réputées pour leurs qualités mécaniques et harmoniques. Est-ce le cas du vôtre ? Pour le savoir, vérifiez si un nom est gravé ou fondu dans le cadre en fonte et retranscrit sur la table d'harmonie, et interrogez un professionnel. La lisibilité de cette inscription (bien nette ou presque effacée) indique souvent indirectement l'état de conservation général, voire une restauration antérieure. Un numéro de série peut également être gravé sur le cadre en fonte, la table d'harmonie ou une plaquette fixée à l'intérieur de la caisse : il permet de déterminer l'année de fabrication du piano (les professionnels possèdent des tables de correspondance par marque).

De l'avis des artisans-restaurateurs, seuls les pianos français de l'entre-deux-guerres ou allemands du début du xxe siècle de grandes marques (voir ci-dessus) – parce qu'elles assurent un vrai potentiel musical – méritent une restauration. Il est techniquement possible de rénover des modèles plus anciens, mais le coût ne se justifie alors que par des raisons sentimentales ou patrimoniales, et non musicales. Vous devrez, en effet, vous cantonner au répertoire d'époque : avec un piano du xixe siècle, vous pourrez jouer du Schubert, pas du Ravel. Et si votre piano est plus récent mais de facture banale, l'investissement ne sera pas rentable.

Ne forcez pas la note. Les frais à engager varient suivant les travaux à effectuer, mais ils sont toujours élevés. Comptez de 8 000 à 10 000 € pour une restauration ­complète réalisée par un professionnel reconnu (hors changement de sommier et vernissage de la table d'harmonie). Sachez que, sur un piano à queue, la mécanique horizontale à double échappement exige davantage de réglages, et les pièces valent un peu plus cher, tandis que, sur un piano droit, l'intervention est souvent plus longue, car il faut découper les feutres aux dimensions exactes des anciens. Toutefois, ne pensez pas que rénover un piano ancien est plus intéressant financièrement que d'en acheter un neuf. Un bon modèle démarre à 5 000 €. La restauration du vôtre (qui en l'état vaut quelquefois à peine 500 €, même avec ses touches en ivoire), sera plus onéreuse, pour une musicalité pas forcément meilleure. Reste le bel effet du noyer patiné dans votre salon...

Sylvie Francisco


Mots-clés :

ENTRETIEN , INSTRUMENT DE MUSIQUE , REPARATION




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