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Entretien Henry Augier, maître de conférences honoraire à la faculté des sciences de Marseille-Luminy

Avril 2008
Le Particulier pratique n° 334, article complet.
Auteur : SARGIS (Marise)

Le linge blanc tue l'environnement, il faudrait changer les mentalités des consommateurs, qui associent, à tort, la blancheur à la propreté.

Le Particulier pratique : Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire Le Livre noir de l'environnement (éditions Alphée), pavé de 600 pages sur les pollutions ?

C'est l'aboutissement d'une carrière entièrement consacrée à la biologie, l'écologie et la molysmologie (sciences des pollutions), et à leur intégration aux problèmes de l'environnement. Mon souhait est que cet ouvrage contribue à mobiliser le plus grand nombre pour la sauvegarde de notre environnement. Maintenant que je suis à la retraite, je pense être encore utile en proposant ce bilan environnemental. Il constitue, en quelque sorte, mon héritage scientifique, que je n'ai pas pu transmettre à mes élèves doctorants, mon poste et mon laboratoire ayant été supprimés au moment de ma mise à la retraite.

Vous consacrez un chapitre de votre ouvrage aux détergents, sujet que vous connaissez bien puisque vous faites partie du collectif de scientifiques indépendants qui défendait une biodégradabilité totale au moment de la réglementation européenne adoptée en 2004.

A l'époque, cela fut l'occasion d'une bagarre d'experts, que les fabricants de lessives ont gagnée. Le règlement européen a réalisé une avancée dans le principe, mais assortie de trop de dérogations. Et il n'a pas résolu le problème des tensioactifs, qui sont très toxiques. Il reste 10 % de tensioactifs dits “durs”, jamais biodégradables, qui passent au travers des stations d'épuration, s'accumulent dans le milieu marin, où les eaux polluées issues de stations d'épuration sont rejetées. Pour y remédier, il faudrait imposer à ces dernières un traitement tertiaire avec recyclage total de l'eau épurée.

Quels sont les dégâts provoqués par les détergents ?

Les effets environnementaux concernent à la fois la flore littorale terrestre et l'ensemble de la vie marine. Les embruns marins venus de la mer polluée véhiculent des hydrocarbures qui dissolvent la pellicule de protection des feuilles des arbres, ouvrant la porte aux tensioactifs et au sel, qui nécrosent les tissus jusqu'à la mort de l'appareil foliaire. Quand vous faites de la plongée dans les zones de rejet des eaux usées urbaines du littoral méditerranéen, vous constatez que les prairies sous-marines sont détruites, brûlées par les détergents, à tel point qu'on dirait qu'il y a eu un incendie, alors qu'on évolue dans un environnement aquatique.

Les phosphates sont interdits depuis juillet 2007. Est-ce une bonne chose selon vous ?

Les fabricants ont été obligés de supprimer les phosphates des lessives. Ils en tirent argument pour dire que leurs produits protègent l'environnement, ce qui est mensonger puisque, parallèlement, ils augmentent les tensioactifs.

Faudrait-il alors changer la réglementation sur les détergents ?

Il suffirait que la réglementation exige 100 % de biodégradabilité pour que la situation soit améliorée.

Il faudrait aussi bannir nombre d'adjuvants comme les polyphosphates, les borates et les azurants optiques, qui rendent le linge plus blanc mais pas plus propre.

Faut-il acheter des détergents à base d'ingrédients végétaux ?

Il est possible que les détergents à base d'ingrédients végétaux soient moins nocifs. Encore faudrait-il en apporter la preuve, non par l'intermédiaire de chercheurs payés par les industriels, mais par des experts indépendants. On peut toujours recommander aux consommateurs d'employer surtout du savon, biodégradable à 100 %, particulièrement celui de Marseille, qui a des propriétés antiseptiques ; d'éviter les gels douches liquides, gorgés de tensioactifs. Le savon décolle les salissures, mais sans les maintenir à la surface. Voilà pourquoi il ne s'utilise pas bien avec les machines à laver à cause des dépôts (on appelle cela les crasses), et que les lessives contiennent des tensioactifs, qui laissent la saleté en suspension par leur force électrique. Cet aspect est très détaillé dans mon livre.

Mots-clés :

LAVE-LINGE , LAVE-VAISSELLE , LESSIVE , PHOSPHATE , POLLUTION , PRESSING




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