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Fendre le bois de chauffage : de la hache à la machine

Janvier 2006
Le Particulier pratique n° 309, article complet.
Auteur : DECROIX (Jean-Pierre)

De la hache à la machine : haches à fendre, merlins, coins, fendeuses de bûches, autant d'outils qui viennent compléter la tronçonneuse pour préparer le bois de chauffage. Nous les avons essayés pour déterminer celui qui est le mieux adapté. Des bûches sans embûches.

Le bois, énergie renouvelable, a toujours été un combustible très économique. L'envol des prix des énergies traditionnelles, dites fossiles, et le coût élevé de l'électricité le rendent encore plus attractif. Son prix moyen en France varie de 33 à 37 € le stère, ce qui revient pour 100 kWh sur PCI à moins de 2 € contre 4,92 € pour le gaz naturel, 9,70 € pour le GPL (propane en cuve), 4 € pour le fioul, et près de 12 € pour l'électricité (voir LPP n° 307). Il connaît donc un regain d'intérêt comme moyen de chauffage principal d'une maison ou comme appoint sérieux, plutôt que comme feu d'agrément dans une cheminée à foyer ouvert. D'autant que les poêles, foyers fermés haute performance et chaudières à bois portant le label Flamme verte ouvrent droit à un crédit d'impôt de 50 % cette année lorsqu'ils sont installés par des professionnels. Nous reviendrons d'ailleurs sur ce sujet le mois prochain avec un article sur les poêles à bois.

Mais le prix bas de ce combustible renouvelable ne vaut que pour des rondins de 1 m de long. En 50 cm et fendus, on passe à plus de 45 € le stère... Davantage encore si l'on habite une grande agglomération ou une zone touristique. Et si la mise à la longueur désirée (30 à 60 cm selon les appareils de chauffage) s'effectue à la tronçonneuse, inévitablement un modèle thermique pour les grosses quantités, reste la “corvée” qui consiste à fendre les rondins, réclamant, elle, un autre type de matériel.

Après la livraison en rondins, le bois de chauffage doit être recoupé et fendu au plus tôt pour plusieurs raisons. Déjà, le fait de le réduire en quartiers permet d'en facilité le transport, mais aussi d'accélérer le temps de séchage. Ainsi, dans le foyer d'un poêle ou d'une cheminée, ils prendront feu plus vite, d'où une montée en température rapide, car l'air va mieux circuler entre les bûches. Ensuite, la combustion sera optimale puisqu'un bois plus sec encrassera moins le foyer et ne laissera pas de dépôt excessif de goudron dans le conduit de fumées.

En effet, pour bien brûler, un bois doit avoir perdu une grande partie de son humidité, et n'en contenir au maximum que 20 %. Un bois vert en renferme plus de 50 %, et fournit deux fois moins d'énergie que celui qui a été stocké à l'abri après avoir été coupé. Un stère en rondins de 1 m demande plus de vingt-quatre mois pour sécher, alors qu'en quartiers, il n'en met plus que dix-huit. En rondins de 50 cm, il lui en faut dix-sept, et quinze s'il est fendu.

De la hache à la fendeuse de bûches, en passant par le merlin, il existe une grande variété de matériel pour accomplir cette tâche. A choisir selon les efforts physiques que l'on est prêt à consentir, le nombre de stères à brûler par an, et son budget.

Le coin et sa masse

Coins ou éclateurs s'utilisent avec une masse ou un merlin, et remplacent la hache avantageusement. Les coins, d'une vingtaine de centimètres de long, sont fabriqués en acier forgé. L'une des extrémités forme un tranchant, l'autre, la tête, présente une surface de frappe plus ou moins large. Ces outils exigent force et précision, mais il en existe aujourd'hui qui facilitent le travail en toute sécurité

Les coins droits pouvaient en effet se “noyer” dans un rondin trop dur. Il fallait alors en employer un second, voire un troisième, pour élargir la fente. Une forme hélicoïdale favorise l'éclatement du bois, même les plus noueux et durs, et évite d'avoir recours à plusieurs coins pour accentuer l'ouverture de la fente. Il s'agit alors d'un modèle éclateur ou tournant...

Une tête large offre une grande surface de frappe à la masse ou au merlin, et permet ainsi de continuer à enfoncer le coin plus en profondeur. Une tête arrondie, sans arêtes vives, réduit les risques de projection d'éclats de métal. Mieux vaut donc opter pour ceux à bords arrondis, ce qui n'empêche pas de porter des gants et des lunettes de protection.

Les masses pèsent entre 3 et 6 kg. Leur emmanchement est à œil conique pour faciliter la manœuvre. Un manche en frêne ou, mieux, en matière composite, incassable, qui limite les vibrations, est à conseiller.

Hache à fendre et merlin

Similaires à une hache classique, haches à fendre et merlins ne coupent que des bûches. Ils ne servent en aucun cas à abattre un arbre ou à élaguer des branches. La hache à fendre se décline en petits et grands modèles, selon ce qu'exige le diamètre des bûches et rondins. Sa légèreté, moins de 2 kg, est appréciable pour ceux que les efforts physiques rebutent.

Le merlin, plus lourd (2 à 4 kg), possède en plus du tranchant, utile pour créer une fente et planter les coins, une face plate prévue justement pour les enfoncer.

Un manche en fibres de verre renforcées, bi ou trimatière, se révèle plus confortable que celui en bois, car il limite considérablement les vibrations dans les bras. Au bout de quelques stères, la différence est notable. La longueur de la hache ou du merlin joue sur la position de travail et l'énergie cinétique du tranchant. Plus la bûche à fendre est longue, plus un outil à long manche s'avère efficace, car la vitesse du tranchant est plus importante, et l'énergie cinétique plus grande. En revanche, un manche court est plus précis et facile à utiliser pour les bûcherons amateurs et les personnes de petite taille.

Un fendeur manuel

Le Logmatic est un système novateur, sûr, efficace, et ne nécessitant que peu d'efforts. Il se compose d'un coin fixé au bout d'un tube de guidage dans lequel coulisse une barre de choc, faisant office de masse. Son mode d'emploi est assez simple. Il suffit de placer le coin sur la bûche posée verticalement au sol, de saisir fermement avec la main droite la poignée de la barre de choc, et de poser l'autre main sur la poignée du tube de guidage. Ensuite, on soulève la barre de choc (4 à 5,5 kg selon les modèles) sur 20 à 30 cm et on la laisse retomber. Le coin pénètre dans le bois, qui ne se fend pas au premier impact, et l'on doit répéter la frappe autant de fois que nécessaire, jusqu'à éclatement.

Cette fendeuse manuelle est plus facile à utiliser que la masse et le coin ou le merlin, car son tranchant reste en contact avec la bûche, et l'on ne risque pas de taper à côté. Seuls les bras, et non le dos, sont sollicités pour lever la barre, et la pesanteur se charge de la faire redescendre.

Sur le modèle Pro LM 250 de Logmatic, les deux tubes sont pourvus de poignées en caoutchouc qui amortissent les chocs, et permettent de travailler dehors, même par temps froid. Cet appareil possède en outre un système de compensation du contrecoup, et d'un dispositif de blocage. Idéal pour fendre des bûches jusqu'à 15 cm environ de diamètre.

Les fendeuses hydrauliques

Equipées d'un moteur qui agit sur un coin, les fendeuses hydrauliques n'exigent aucun effort si ce n'est de placer la bûche sur la machine. Elles opèrent en douceur, sans à-coups, presque sans bruit, et aucun rondin ne résiste à la poussée (plusieurs tonnes) du coin. A moteur thermique, elles peuvent développer des poussées jusqu'à plus de 20 tonnes, mais sont réservées aux professionnels. Les modèles électriques, moins “puissants”, s'adressent davantage aux particuliers, du moins ceux dont les besoins en chauffage bois sont très importants ou s'ils ne peuvent pas faire d'efforts.

Il existe deux types de fendeuses électriques, verticales et horizontales, mais qui fonctionnent selon le même principe : après avoir installé la bûche sur le plateau, raccordé l'appareil au secteur (avec prise de terre), il faut actionner une ou deux manettes pour déclencher un vérin hydraulique qui pousse lentement un coin. Une fois le bois divisé en deux, on remonte les commandes ou on les lâche pour que le coin reprenne sa position initiale.

Avec les fendeuses verticales, la bûche, placée debout, se fend sur des poussées de 4 jusqu'à 14 tonnes. Ces modèles acceptent des rondins de 50 à 110 cm de longueur et 30 à 70 cm de diamètre selon les puissances. Très lourds, plus de 130 kg, ils se déplacent “difficilement” malgré leurs deux roues, et coûtent plus de 1 000 €.

Les fendeuses horizontales, moins puissantes, appliquent une poussée de 4 tonnes sur des bûches en position couchée. Elles acceptent une longueur maximale de 50 cm et des diamètres de 25-30 cm. Relativement légères, 40 à 60 kg, elles se déplacent aisément grâce à leurs larges roues. Elles sont moins chères, 400 à 800 €. Leur principal inconvénient est l'obligation de soulever la bûche pour la poser sur le berceau de fendage.

Jean-Pierre Decroix

Mots-clés :

BOIS , BRICOLAGE , HACHE , OUTILLAGE




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