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Comment bien acheter son vin

Comment bien acheter son vin
Octobre 2001
Le Particulier n° 947, article complet.
Auteur : ABITBOL (Claudine)

Si la grande distribution et ses foires aux vins semblent synonymes de bonnes affaires, d'autres circuits moins connus méritent le détour. Voici quelques conseils pour bien acheter son vin, que l'on soit simple amateur, grand connaisseur, collectionneur ou investisseur...

Caviste et producteur offrent de bien meilleures conditions de vente que le supermarché

Au supermarché, chez un caviste, à la propriété, par correspondance et maintenant sur Internet... chaque circuit de distribution a ses avantages et ses inconvénients. Mais encore faut-il les connaître pour mieux acheter son vin... Et ne pas oublier d'étudier des créneaux permettant de réaliser de véritables bonnes affaires, comme l'achat de vins en primeur ou encore l'achat de seconds vins.

La grande distribution, des prix attractifs.

Les Français s'approvisionnent principalement dans les hypermarchés et les supermarchés de l'Hexagone : 70 % des ventes de vin y sont effectuées. Les prix pratiqués expliquent en grande partie ce succès flagrant (5 à 10 % moins cher que chez un détaillant). Cependant, la grande distribution est encore très loin de proposer des conditions de conservation optimales dans les linéaires : température inadéquate, éclairage au néon, bouteilles entreposées à la verticale pour une durée trop longue, etc. Autant de défauts qui entraîneront des conséquences irrémédiables pour la qualité du vin. À signaler tout de même quelques avant-gardistes comme les Leclerc de Saint-Orens-de-Gameville (près de Toulouse), de Saint-Aunès (près de Montpellier), de Léognan (près de Bordeaux), le Champion de Bordeaux-Caudéran, le Carrefour de Dijon-Chenôve ou les Auchan de Bagnolet et de Coignières (en région parisienne) qui offrent de bonnes conditions de stockage. Autre handicap : dans les rayons, il est impossible de goûter le vin avant de l'acheter ou de profiter d'un conseil, d'une expérience de dégustateur ou d'un quelconque suivi qualitatif des productions.

Les foires aux vins : des foires en vain ?

Les foires aux vins de l'automne et du printemps constituent les temps forts de la grande distribution. Le but initial était de vendre à prix discount les grands crus bordelais. Mais, au fil des années, l'intérêt des foires aux vins s'est évaporé. Voyez le Lafite-Rothschild 1994, 1er cru classé de pauillac, vendu à 275 F chez Leclerc en 1996, puis à 345 F chez Carrefour l'année suivante, et à 850 F chez Casino en 1998. Cette année, ont essentiellement été mis en vente les millésimes 1994, moyen ; 1995 et 1996, très bons ; 1997, moyen, et 1998 d'un excellent rapport qualité/prix. Quant au millésime 2000, l'effet étiquette avec la date de l'entrée dans le IIIe millénaire, combiné à l'excellence du vin goûté en primeur (voir p. 82), ont provoqué un vent de folie sur les prix. En effet, une quarantaine de grands châteaux ont augmenté de 30 % à 90 %. Le Cos-d'Estournel, 2e cru classé de saint-estèphe, s'est proposé à 315 F la bouteille, contre 180 F pour le millésime 1999. Château-Angélus, 1er grand cru classé B de saint-émilion, s'est négocié à 557 F, soit une hausse de 86 %

Le célèbre Château-d'Yquem, la Rolls des sauternes, s'est arraché à 2 000 F la bouteille. Les autres châteaux bordelais, même les plus modestes, ont profité de cet emballement pour engranger entre 5 % à 20 % de hausse.

Néanmoins, grâce à l'étendue de l'offre sur une période relativement longue (de mi-septembre à mi-octobre) et grâce à l'abondance des ventes, le consommateur peut bénéficier de bouteilles encore dans leurs caisses d'origine qui n'ont donc pas subi l'exposition dans les linéaires. Par ailleurs, certaines enseignes, comme Monoprix, embauchent pour l'occasion des sommeliers-conseils en charge de l'accueil du public dans les rayons. D'autres encore invitent les vignerons à faire déguster leur vin en direct, une opportunité suffisamment rare pour être attractive.

L'achat chez un vrai spécialiste : le caviste.

Lorsqu'un caviste fait bien son métier, il ne se contente pas de recevoir les représentants commerciaux des grandes marques, mais part dans les vignobles à la recherche de bons crus. Il goûte, compare, rencontre de nouveaux producteurs, constate l'état sanitaire des chais et se fait une idée très juste des prix pratiqués dans l'Hexagone. Ensuite, il n'hésitera pas à faire déguster ses vins... en portant autant d'intérêt à un néophyte qu'à un amateur éclairé.

Que l'on pousse la porte d'un caviste de quartier ou celle d'un caviste de grande chaîne, à mi-chemin entre la grande distribution et la boutique individualisée, tels Le Repaire de Bacchus, le Club amical du vin ou Nicolas, un bon caviste vous orientera sur le meilleur accord mets et vin, et vous vendra un champagne rafraîchi si vous êtes attendus chez des amis... Il n'hésitera pas à changer une bouteille bouchonnée, un service après-vente non négligeable... Certes, les cavistes pratiquent des marges plus élevées que celles de la grande distribution, dont ils n'ont pas la puissance d'achat. Néanmoins, ces éveilleurs de goût en valent bien la peine car, au final, ils permettentde consommer mieux.

Acheter par correspondance, une solution intéressante.

Livraison à domicile, vins sélectionnés par des œnologues ou des personnalités compétentes, vaste choix de références périodiquement renouvelé et un service après-vente efficace... tels sont les atouts du Club français du vin et du Savour club, les deux valeurs sûres des clubs de vente par correspondance.

Au Savour club, les adhérents bénéficient de réductions allant de 2 % à 10 % en fonction du montant de leur commande et un franco de port au-delà de 1 500 F d'achat. En deçà, il faudra ajouter 59 F par expédition, d'où l'intérêt de regrouper vos achats (ou ceux d'amis). Seul inconvénient, la livraison a lieu sous 2 semaines. Dès réception du colis, vérifiez le contenu de la commande (millésimes, références, quantités, bouteille cassée...) et signalez immédiatement les problèmes au livreur qui en fera état sur le bon de livraison. On peut passer commande par téléphone, par fax, par courrier ou par Minitel. Un site Internet (www.lesavourclub.fr) vient en complément du catalogue. En tout, ce sont 1 500 références que l'on trouve également dans les 15 caves du Savour club ouvertes dans les grandes villes (Paris, Bordeaux, Lyon, Lille, Marseille...). On peut également les déguster à l'Institut du vin, l'école du Savour club, ou tout simplement chez soi, grâce au programme intitulé "Apprendre le vin chez soi" : le Club vous envoie une série de caisses de dégustation, accompagnées de fiches explicatives.

Au Club français du vin, vous bénéficiez d'un droit de dégustation permanent, en d'autres termes, si le vin reçu ne vous plaît pas, vous avez 30 jours pour renvoyer les bouteilles non débouchées. Globalement, l'attrait de ces clubs de VPC tient surtout à leur force de vente : ils sont souvent les premiers à vous proposer du "vin nouveau" ou des "primeurs" dès leur sortie. Mais sachez que le Savour club, comme le Club français du vin, exerce également une activité de négociant. Autrement dit, sur certains vins, ils sont à la fois juges (sélectionneurs du vin des autres) et parties (distributeurs des vins qu'ils produisent)...

Directement du producteur au consommateur.

Rien de plus agréable et instructif que l'achat d'un vin du producteur au consommateur. Et rien de plus facile : tous les guides publient les coordonnées des producteurs qu'ils sélectionnent. C'est sans doute chez le vigneron que vous serez le plus à même de juger librement de la qualité d'un vin... et de l'état de propreté des chais (pas de mauvaises odeurs). Cependant, si vous ne maîtrisez pas l'art de la dégustation, cette liberté peut également vous perdre. De retour chez vous, le petit vin si fruité pourra se montrer acide, loin du discours passionné de son créateur. Alors, que faire ? Lors d'une première rencontre, achetez en petite quantité et posez toutes les questions qui vous tiennent réellement à cœur. Votre soif de connaissance déclenchera la sympathie du vigneron qui sortira ses meilleurs millésimes, pour vous convaincre de la supériorité de ses produits

Sur Internet, on peut se procurer des millésimes introuvables.

Acheter son vin sur Internet (voir notre sélection de sites ci-contre) présente des avantages indéniables : la disponibilité des produits (les références proposées le sont en continu, contrairement aux ruptures de stock des foires aux vins). Mais surtout, la Toile propose un service rare : la possibilité de mettre la main sur des millésimes introuvables

Mais attention : les prix ne sont pas toujours des plus concurrentiels. Enfin, vérifiez les délais de livraison annoncés (10 jours en moyenne) ainsi que le coût du transport qui ne devrait pas dépasser 60 F.

Le vrac, une économie en trompe-l'œil.

Plus économique (– 25 % puisque le prix de vente au litre égale celui de 75 cl), l'achat en vrac, c'est-à-dire directement à la tireuse et en cubiteneur chez un producteur ou à la cave coopérative, reste toutefois délicat. D'abord, il ne pas faut pas laisser séjourner le vin plus de 15 jours dans son conditionnement en vrac. Ensuite, vous devrez procéder vous-même à la mise en bouteilles en respectant les conditions d'hygiène nécessaires à la bonne conservation du vin. Sans compter qu'il aura fallu acheter les bouteilles et les bouchons de liège.

Par ailleurs, vos acquisitions seront limitées à des vins ordinaires ou de qualité moyenne. Ne vous y trompez pas, le vin vendu en vrac est aussi celui qui ne mérite pas d'être embouteillé

Aux enchères, de bonnes affaires.

Acheter du vin aux enchères peut s'avérer un excellent moyen de réaliser de bonnes affaires, avec la caution d'un expert qui aura rédigé le catalogue. Avant la vente, examinez les bouteilles. Si vous achetez des bouteilles anciennes, ne vous formalisez pas sur l'étiquette qui sera très probablement dégradée par le temps. En revanche, vérifiez si possible le niveau du vin qui révèle l'évaporation et donc un risque d'oxydation : en haut de l'épaule, pas de problème

À mi-épaule, tangent ! Bas de l'épaule : à éviter ! (voir p. 78). Enfin, si vous le pouvez, mirez la bouteille pour voir la couleur : trop claire, la robe est usée, le vin est décharné... Au moment des enchères, n'oubliez pas d'ajouter 9 % au montant proposé pour frais de dossier. Le règlement, par chèque certifié ou espèces, s'effectue au terme de la vente. Pour vous tenir informé des enchères, consultez La Gazette de l'Hôtel-Drouot, en kiosque le vendredi. Si c'est vous qui vendez, adressez-vous à un expert (voir Contacts p. 83) qui placera vos bouteilles dans le programme de ses ventes (de 10 à 15 % de frais de dossier) ou encore à un commissaire-priseur spécialisé dans le vin.

Les particuliers offrent parfois des raretés.

Acheter directement auprès d'un particulier (ces ventes sont signalées dans les journaux de petites annonces, type de Particulier à Particulier) est un excellent moyen d'acquérir des millésimes anciens ou introuvables. Au préalable, prenez les mêmes précautions que celles décrites ci-dessus. Vérifiez, en outre, l'état sanitaire de la cave qui conditionne la conservation des bouteilles. Soyez vigilant sur les prix, car les amateurs ont tendance à surévaluer leur bien (voir notre sélection de guides p. 81, et notamment La Cote des grands vins des France).

Acheter son vin en primeur peut se révéler très avantageux.

L'achat en primeur offre, en effet, la possibilité de payer le vin à un prix très inférieur (de 20 % à 40 % en moins) à celui qu'il atteindra lorsqu'il sera sur le marché. Les primeurs bordelais sont de grands crus commercialisés un ou 2 ans avant leur élevage, leur mise en bouteilles et leur expédition. Attention à ne pas confondre les "vins primeurs" (comme le beaujolais nouveau) et la vente en primeur. Au moment de l'achat, l'acquéreur verse la moitié du prix convenu et le solde à la livraison. Cet achat par souscription, en général au printemps et au début de l'été, s'apparente au marché à terme. Inconvénients : si les prix baissent, le souscripteur aura payé plus cher. Pour limiter les risques, vous pouvez vous rallier à l'avis éclairé des négociants et des journalistes spécialisés : ils ont eu l'occasion de déguster les vins primeurs (en échantillon du vin en cuve avant élevage en barrique) lors des sessions organisées par l'Union des Grands Crus de Bordeaux au printemps de chaque année. Leur avis est répercuté dans la plupart des magazines. Pour acheter en primeur, il suffit de s'adresser aux propriétaires, aux négociants bordelais, aux clubs de vente de vin et aux courtiers (voir Contacts ci-dessus). Il est également possible d'acquérir du bourgogne en primeur, en s'adressant à un négociant. En effet, ce professionnel peut se fournir lors de la vente aux enchères des Hospices-de-Beaune, où le vin est vendu en fûts (ou pièces) avant d'être élevé par ses soins pendant 12 à 14 mois.

Des "seconds vins" de premier choix...

Le "second vin" est un vin produit par un château prestigieux, sans en porter le nom. Le raisin qui entre dans les cuves du second vin n'est pas "digne" du premier vin (par exemple, parce que sa vigne est plus jeune), mais reste néanmoins apte à produire un très bon vin, d'autant qu'il est parfois issu des mêmes parcelles de vignes (excellent terroir, bonne exposition). Pour le reste, il bénéficie du savoir-faire maison et du même matériel que celui de son aîné. Moins complexe et moins concentré que le premier, le second vin se déguste plus tôt, car il n'est pas doté du même potentiel de garde. L'intérêt est qu'il présente un excellent rapport qualité-prix. À noter qu'il n'est pas fait mention sur l'étiquette de sa qualité de second vin (parfois sur la contre-étiquette, mais rarement). Aussi faut-il les connaître... Sachez, par exemple, que Les Forts-de-Latour est le second vin du Château-Latour (1er cru classé de pauillac), Les Fiefs-de-Lagrange, celui du Château-Lagrange (3e cru classé de saint-julien) et le Pavillon-Rouge, celui du Château-Margaux (1er cru classé de margaux – voir les crus p. 79).

Le vin, un produit de placement.

Le vin peut se révéler un excellent placement. Il rapporte généralement de 3 % à 5 % par an pour des bouteilles ayant atteint leur pleine maturité (au-delà de 20 ans) et de 20 % à 40 % en quelques mois pour des millésimes récents (c'est le cas des 1ers crus classés du Médoc 2000). Encore faut-il bénéficier des meilleurs conseils afin d'acquérir les grandes bouteilles dans les millésimes du siècle. Si vous achetez à un particulier, adressez-vous à un expert en vin. Aucun diplôme n'est exigé pour ce professionnel : c'est pourquoi il est impératif de vous adresser à quelqu'un qui vous a été recommandé et dont l'excellente connaissance du vin est reconnue de tous (voir Contacts ci-dessus). Ces grands connaisseurs authentifient formellement les lots, donnent le maximum de renseignements à l'acquéreur sur la qualité de la cave où ont séjourné les bouteilles, décrivent précisément les bouteilles, leur niveau, leur habillage et donnent leur avis sur les risques éventuels liés à l'état de conservation antérieur, ainsi que sur l'évolution à court et long terme de la cote du vin sur le marché. À noter que l'évolution de ce marché est fortement influencée par l'avis de dégustateurs tels Robert Parker ou Bettane & Desseauve (voir p. 81). L'expertise n'engendre pas de frais pour l'acheteur ni pour le vendeur, sauf s'il s'agit d'évaluer des lots très importants (des centaines de bouteilles). En revanche, l'expert en vin est présent aux côtés du commissaire-priseur lors d'une vente aux enchères et perçoit une commission sur les frais qui incombe au vendeur (13 % HT) et à l'acheteur (9 % HT).

Cependant, gardez à l'esprit que le vin, produit vivant, n'est pas un placement comme un autre. Il ne supporte aucun commentaire définitif. Une bouteille peut toujours vous réserver une bonne ou une mauvaise surprise. C'est ce qui participe, aussi, à l'insoluble mystère du vin...


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