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OGM : les risques incontrôlés de la dissémination

OGM : les risques incontrôlés de la dissémination
Octobre 2001
Le Particulier n° 947, article complet.
L'été a été marqué par une succession d'opérations d'arrachage de champs cultivés en plantes génétiquement modifiés (OGM). Les auteurs, des militants anti-OGM soutenus, en particulier, par la Confédération paysanne et les Verts, réclament l'interdiction de ces cultures au nom du "principe de précaution". Cette campagne est partie d'un avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) du 23 juillet dernier, selon lequel la présence d'OGM à l'état de traces dans une proportion non négligeable de semences ou de récoltes conventionnelles "paraît être une réalité".

7 % à 41 % de semences polluées par les OGM.

L'étude de 112 échantillons de semences conventionnelles de colza, soja et maïs a montré que 19 d'entre eux comportaient des OGM en faible quantité. À partir de là, l'Afssa estime que 7 % à 41 % des semences, selon les espèces, sont touchées. Pour la Confédération paysanne, c'est la confirmation qu'aucune semence, même biologique, ne pourrait prétendre être indemne d'OGM, notamment à cause de la dissémination du pollen provenant des cultures d'OGM.

Des tests très encadrés.

Depuis 1986, en France, plus de 600 autorisations de tests ont, en effet, été accordées et conduites sur 3 000 sites différents. C'est la Commission de génie biomoléculaire (CGB), placée sous la tutelle des ministères de l'Agriculture et de l'Environnement, qui donne ces autorisations. Dans un premier temps, la "fabrication" de l'OGM, c'est-à-dire l'insertion d'un gène étranger dans une plante (maïs, soja, colza, etc.) visant à lui donner une caractéristique qu'elle n'a pas à l'état naturel, se fait en laboratoire. Mais avant de faire de la plante une variété homologuée destinée à être cultivée et commercialisée, il faut en vérifier le rendement, la résistance, la stabilité et l'efficacité, ce qui nécessite des essais d'abord en serre puis en plein champ, eux aussi soumis à une autorisation, dite de "dissémination volontaire" (sic). À la fin de cette phase d'essais, encadrée et contrôlée par la CGB, celle-ci évalue les conditions de mise sur le marché des OGM autorisés. Les emplacements des cultures expérimentales d'OGM sont longtemps restés confidentiels, mais en juin dernier, les tribunaux administratifs, à la demande d'associations de protection de l'environnement, ont contraint le gouvernement à rendre publiques ces informations. Ainsi, pour la campagne 2001, il a publié la liste des communes où se déroulent ces expérimentations, sans toutefois préciser la localisation exacte des parcelles. Quant aux cultures d'OGM autorisées en France hors expérimentation, elles concernent principalement quelques variétés de maïs, mais, peu prisées des agriculteurs, elles ne représentent que quelques dizaines d'hectares.

Les craintes suscitées par les OGM.

Elles sont d'ordre environnemental, sanitaire et économique. Au niveau de l'environnement, la migration par le pollen des gènes introduits dans la plante OGM vers d'autres cultures ou des plantes sauvages est possible. Or, la plupart des OGM ont été conçus pour résister à tel ou tel produit phytosanitaire (herbicide, insecticide, ou fongicide), ou à certains insectes ou parasites. Ce qui fait craindre, si les gènes spécifiques aux OGM se répandent, le renforcement des résistances des insectes ou parasites visés. Ou à l'inverse, les OGM pourraient avoir des effets néfastes sur d'autres espèces, par ailleurs inoffensives. D'un point de vue sanitaire, les produits de traitement absorbés par les plantes OGM passeraient de ce fait dans la chaîne alimentaire. Par ailleurs, certains scientifiques s'inquiètent des risques d'allergies que pourraient provoquer les substances produites par les plantes transgéniques. Néanmoins, selon l'Afssa, la probabilité d'un effet toxique ou allergénique lié à la présence d'OGM dans les semences non OGM apparaît extrêmement faible et il n'y a "pas d'éléments pour suggérer un risque pour la santé publique". Enfin, d'un point de vue économique, les opposants aux OGM font valoir que ceux-ci accroîtront la prédominance des semences produites par les multinationales du secteur, au détriment de semences régionales ou locales, et donc la dépendance des agriculteurs à l'égard de ces mêmes entreprises.

Mots-clés :

AGRICULTURE , OGM , ORGANISME GENETIQUEMENT MODIFIE




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