Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Immobilier > Maison individuelle > 4 alarmes de piscine à l'essai

4 alarmes de piscine à l'essai

4 alarmes de piscine à l'essai
Mai 2006
Le Particulier pratique n° 313, article complet.
Auteur : LABEY (Pierre)

Plongeante ou périmétrique, quel est le meilleur système ?

Les plongeantes : l'alarme plongeante est une grosse tête électronique alimentée par pile ou énergie solaire qui se fixe sur la margelle du bassin avec une cane creuse placée dans l'eau. Celle-ci contient des capteurs conçus pour enregistrer tout mouvement de l'eau correspondant à la chute d'un corps à partir de 6 kg.

$ La périmétrique : l'alarme périmétrique est un système de barrière infrarouge qui détecte une personne s'approchant de la piscine. Les balises sont implantées sur son pourtour et reliées entre elles et à la centrale par un dispositif filaire enterré.

Depuis le début de l'année, tout propriétaire de piscine privée ­enter­rée et non close est obligé de poser un système de protection destiné à éviter la noyade des ­enfants de moins de 5 ans. Ceux qui ont fait construire leur bassin après le 1er janvier 2004 ont dé­jà dû s'équiper d'un matériel ­confor­me à la norme de 2003. L'installateur était contraint de leur fournir un dispositif de protection ou de veiller à ce qu'ils en achètent un. Désormais, le parc ancien est également concerné. C'est la loi “sécurité piscine”, et les contrevenants s'exposent à une amende de 45 000 € en cas de contrôle, de dénonciation ou d'accident. Le fait de ne pas avoir d'enfants, de ne pas en accepter chez soi, ou qu'ils sachent tous bien nager ne constitue pas une excuse. Cela touche les possesseurs de 675 000 piscines privées enterrées construites avant le 1er janvier 2004. En revanche, s'il s'agit d'un modèle hors sol, il suffit d'enlever ­l'échelle en dehors des temps de baignade.

Cette loi a été promulguée à la suite des observations de l'Institut de veille sanitaire qui définit la noyade “comme une suffocation due à une immersion dans l'eau suivie d'une hospitalisation ou d'un ­dé­cès”. En 2004, 142 noyades ont eu lieu en piscines privées (42 décès, dont 17 enfants de moins de 5 ans), 54 en piscines publi­ques (dont 8 décès) et 681 en mer (dont 174 décès). L'Institut explique ces chiffres par, dans 66 % des cas, un manque de surveillance ; dans 48 % des cas, une ­inap­titude à la natation ; dans 36 % des cas, une chute. Depuis l'entrée en vigueur de la loi (en 2004), le nombre de décès d'enfants de moins de 5 ans en piscines privées a ­diminué de 40 %.

Il existe plusieurs dispositifs de protection normalisés : les couvertures souples ou rigides (norme NF P90-308), qui doivent résister au passage d'un adulte et empêcher l'immersion involontaire d'un enfant de moins de 5 ans (coût minimal pour un modèle de 4 x 8 m, 1 000 €) ; les abris de piscine (norme NF P90-309), qui rendent impossible son accès aux enfants de moins de 5 ans (le premier prix pour un bassin de 4 x 8 m s'élève à 3 000 € pour un abri bas, 25 000 € pour un abri haut sous lequel on peut marcher) ; et les barrières de piscine (norme NF P90-306), pour lesquelles il faut compter, pour un bassin de 4 x 8 m, pas moins de 1 300 €. Sans oublier, bien sûr, les alarmes, la solution la moins contraignante pour les utilisateurs, qui s'intègrent facilement dans le paysage du jardin. D'ailleurs, plus de la moitié des dispositifs de protection vendus sont des alarmes. C'est ce type d'installation que nous avons choisi de tester, en confrontant les systèmes plongeants, peu chers mais qui détectent la chute seulement une fois qu'elle est effective (ici ­Premium, Elite et Solar Aquasensor de MG International), et les versions périmétriques, qui alertent l'entourage dès que quelqu'un approche du bassin (ici le Corail de Vitaprotect).

Norme

Les alarmes de piscine doivent répondre à la norme NF P90-307/A1 (juillet 2005). C'est le cas de nos quatre dispositifs. Les essais doivent être effectués dans un laboratoire agréé : les Aquasensor ont été vérifiés par l'Apave, et le Corail par le Centre national de prévention et de protection (CNPP), auquel cette société est fidèle puisqu'elle fabrique depuis longtemps des barrières infrarouges pour des systèmes ­d'alarme. Outre la fiabilité et la solidité, la norme implique un déclenchement de la ­sirène au maximum dans les 12 secondes suivant la chute d'un enfant de moins de 5 ans dans la piscine. Une rapidité que nous avons contrôlée avec les deux procédés.

Déclenchement

Pour tester le déclenchement des Aquasensor, plongeantes, qui détectent la vague créée par la chute, nous avons, après réglage de la dimension du bassin, et dans l'impossibilité de laisser plonger en ce début avril un enfant de moins de 5 ans, employé un jerrican de 10 l rempli de 8 l, puis 6 l, puis 5 l d'eau. Chaque fois, l'alarme hurle en moins de 12 secondes. Le Corail, périmétrique, utilise des bornes-balises émettant et recevant deux faisceaux infrarouges situés à 20 et 45 cm du sol : leur franchissement déclenche instantanément l'alarme.

Les Aquasensor Elite et Solar sont vendues avec un répétiteur d'alarme Domo via une liaison radio (portée 100 m) qui se pose sur un meuble dans la maison ou s'accroche au mur. Il affiche aussi la température de l'eau et son pH, ses capteurs se trouvant dans la canne de l'Elite seulement. Ce boîtier peut venir compléter le Premium, à condition de lui intégrer un émetteur radio, ou les Solar et Elite si l'on veut équiper deux locaux.

Intallation

Pour ins­taller les Premium et Elite, il suffit de placer une pile 9 V dans leur logement, ou la batterie lithium dans le Solar, et de visser l'alarme sur la margelle du bassin avec quatre vis et chevilles. En prenant soin simplement de choisir un emplacement éloigné des retours d'eau, des skimmers et de la prise d'aspiration du robot de nettoyage. Le Corail, lui, est un système ­filaire, donc nettement plus laborieux à mettre en œuvre. Le pack de base com­prend deux balises, dont une intègre la sirène, une centrale étanche avec clavier et afficheur à installer à l'abri des regards et des manipulations d'enfants, plus un boîtier de commandes à implanter près de la piscine, et 100 m de câble. Si votre bassin est entouré de trois murs, ce pack de base suffira à protéger l'accès restant, à condition qu'il ­n'excède pas 30 m de largeur. Mais, généralement, vous devrez compléter ce premier équi­pement avec deux ba­­lises pour un espace rectangulaire, plus si le bassin est grand et biscornu. Il faut brancher la centrale au secteur 230 V, qui charge la batterie de sauvegarde intégrée. Le câblage se fait avec sept conducteurs dont un de mise à la terre. Il s'agit évidemment de basse tension de sécurité 12 V. Il faut relier la centrale au boîtier de commandes, passer deux câbles entre la centrale et la balise 1 (celle avec la sirène), puis un autre de la balise 1 à la balise 2, de la balise 2 à la 3, de la 3 à la 4. Ces fils électriques doivent être enterrés (sous gaine et écran avertisseur de préférence) sous le dallage de la plage ou dans la terre à plus d'une profondeur de bêche. Reste à fixer les balises, la centrale et le boîtier de commandes avec les vis et chevilles fournies. Chaque fenêtre d'émission et de réception des balises a une couverture horizontale d'environ 45° : le bon alignement est donc assez facile à réaliser (un niveau laser peut être utile, voir LPP n° 310), mais le terrain doit être plat et débarrassé de sa végétation. Notez que les balises disposent d'un petit chauffage pour ­dégivrer en hiver les fenêtres des émetteurs et des capteurs infrarouges, et qu'il est possible de compléter le système par une télécommande sans fil, une seconde ­sirène déportée, un éclairage à leds dans la première balise...

Réglages

Les trois Aquasensor sont réglés d'origine pour un bassin 4 x 8 m et 1,40 m de profondeur (le plus courant). Il faut donc augmenter la sensibilité si le vôtre est plus grand, la diminuer s'il est plus petit. Six interrupteurs placés à l'intérieur permettent de l'adapter à des modèles de 3 x 6 m à 6 x 12 m. Pour un bassin moyen, il faut, avant de toucher aux réglages, effectuer trois tests après installation et mise en “surveillance active” de l'alarme à l'aide d'un petit aimant en forme de porte-clés rouge qui, appliqué sur l'icône baigneur, ­déclenche un bip sonore et l'arrêt du­­­­ ­clignotement du voyant. On actionne la filtration durant dix minutes, puis le robot de nettoyage automatique pendant dix minutes aussi. Si le système ne s'est pas mis en “surveillance inactive”, révélant sa mauvaise adaptation aux dimensions du bassin, on simule une chute dans l'eau avec un poids de 6 à 8 kg. L'alarme doit se déclencher en moins de 12 secondes. Les résultats des premiers tests sont à envoyer au fabricant (français) qui valide alors la garantie, et encourage à réaliser ces ­essais mensuellement. Notez, pour votre tranquillité et celle des voisins, qu'en mode Test le volume de la sirène fonctionne de façon très atténuée. Mais dix minutes après, elle générera des bips à 100 dB en cas de chute provoquée ou non.

Lors du branchement du Corail, il faut avoir “adressé” les différentes balises à l'aide également de petits interrupteurs intégrés. Ces adresses définissent une zone 1 entre les balises 1 et 2, une zone 2 entre les balises 2 et 3, etc. Du coup, si le câblage est mal fait ou se débranche accidentellement, l'afficheur de la centrale vous signale où. Sur cette dernière, en partant de l'“arrêt total historique”, on saisit l'heure et la date, on choisit la durée d'émission de la sirène, le temps de réarmement après déclenchement, puis on valide chaque zone et la configuration. Il suffit ensuite d'interrompre l'un des faisceaux pour vérifier si tout fonctionne.

Fausses alertes

Un moineau de passage ne déclenche pas les Aquasensor. Un chien qui vient se désaltérer non plus. En revanche, s'il se baigne... De même, à l'origine, le premier modèle Aquasensor (et certains concurrents sur le marché aujourd'hui) disposait d'une canne plon­geante recourbée qui s'éloignait du bord : le robot de nettoyage arrivait à prendre son flexible d'aspiration dans la canne, à la faire bouger et à activer la sirène... D'où l'adoption d'une canne droite, très près du bord sur les nouvelles versions. Notez qu'elles sont aussi dotées de la fonction Wind Control capable d'évaluer quand les vagues sont dues au vent, et qui stoppe alors l'alarme durant 1 mn 30 s, puis ­re­prend la surveillance. Ce n'est pas une sécurité absolue, mais 80 % des déclenchements intempestifs liés au vent disparaissent. Avec le Corail, c'est plus radical, il ne faut avoir ni chien ni chat à proximité.

Prix

Côté budget, l'avantage va aux systèmes plongeants, l'alarme infrarouge étant nettement plus chère. Et l'installation n'est pas comprise. Surtout que les piscinistes, comme les réseaux Magiline ou Waterair, font souvent des promotions. Le prix du Premium baisse ainsi de 590 € à 540 €, voire 490 €.

Sécurité

Question sécurité, avec les Aquasensor, lorsque l'eau du bassin s'est apaisée après la baignade, le système repasse automatiquement en mode “surveillance active” au bout de 1 mn 30 s. Un laps de temps pendant lequel il faut être vigilant. Par ailleurs, il faut vérifier le niveau de la batterie quand elle arrive en fin de vie. Le Corail signale toute anomalie, y compris l'absence du courant secteur. Et surtout, il prévient avant la chute, laissant ainsi plus de temps pour l'éviter.

Les deux procédés sont donc fiables, mais rien ne remplace la présence d'un adulte. Il faut rester attentif, car la vitesse d'intervention après déclenchement de l'alarme est capitale. Un individu immergé pendant 1 mn survit dans 95 % des cas. Au bout de 4 mn, le taux de survie ne dépasse pas 25 %. En cas d'accident, composez aussitôt le 15 ou le 112. Et pourquoi ne pas faire un stage dans une structure de secourisme ?

Pierre Labeÿ

 


Mots-clés :

DISPOSITIF DE SECURITE , PISCINE




Outils pratiques :
Formalités et démarches
Papiers à conserver

Bannière Choix patrimoniaux

Préparer votre retraite
Faites appel à un expert pour anticiper et compléter vos futurs revenus

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière e-Particulier