Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Vie pratique > Consommation > Test comparatif : 6 vidéoprojecteurs

Test comparatif : 6 vidéoprojecteurs

Test comparatif : 6 vidéoprojecteurs
Décembre 2006
Le Particulier pratique n° 319, article complet.
Auteur : PRUGNARD (Ghislain)

Six vidéoprojecteurs home cinéma de fond de salle ou de front d'écran, offrant une image de 2 à 6 m de base, et vendus de 1 000 à 6 000 €. Testés avec des DVD de mesure et calibrage, et sur des émissions télévisées en réception analogique et numérique.

Longtemps réservé à un usage professionnel à cause de son prix élevé, de son encombrement et de sa difficulté de mise en œuvre, le ­vidéoprojecteur est devenu aujourd'hui un maillon vidéo grand public à part entière. Il ne coûte pas plus cher qu'un téléviseur LCD 32 pouces, c'est-à-dire affichant une diagonale d'ima­ge de 82 cm, alors que ce matériel, lui, permet de voir une image de 2 à 6 m de base. Bien sûr, on est amené ­généralement à investir davantage et à lui consacrer toute une installation : écran de projection manuel ou électrique plu­tôt qu'un simple mur blanc ; enceintes de ho­me cinéma plutôt qu'un raccordement à une chaî­­ne stéréo de base ; décodeur TNT plutôt qu'un vieux magnétoscope recyclé en tuner... Car, contrairement au téléviseur, le vidéoprojecteur ne se suffit pas à lui seul : il faut lui adjoindre une source sonore, une autre pour l'image et un écran (voir encadré ci-contre). Ces caractéristiques en font un équipement venant plutôt compléter le téléviseur dans la maison que le concurrencer. Surtout que l'image projetée doit être regar­dée dans la pénombre, ce qui limite son emploi au film du soir.

Les vidéoprojecteurs utilisent deux technologies différentes d'affichage de ­l'i­ma­­ge. La première fait appel à des composants de type LCD, la seconde de type DLP (voir encadré ci-contre). Nous avons donc choisi ici trois représentants de chacune de ces deux catégories : Epson, Hitachi et Panasonic pour la version LCD, BenQ, LG et Optoma pour la DLP.

Le principe DLP possède a priori plusieurs avantages face aux trois puces LCD (ou tri-LCD). Premièrement, il est capable d'afficher des noirs vraiment noirs puisqu'il opère par réflexion, et non par trans­parence. Les taux de contraste obtenus sont théoriquement plus élevés que ceux du tri-LCD. Mais ces différences se sont considérablement atténuées sur les derniers modèles. En témoignent les taux relevés sur l'Hitachi et le Panasonic, qui n'ont rien à envier aux vidéoprojecteurs DLP, à la mesure comme de visu.

Deuxièmement, sur l'écran avec le LCD, il reste un effet de grille, quasi invisible avec le DLP. Mais cet effet est sensible uniquement sur les appareils présentant de faibles résolutions, comme l'Epson, auquel il ne faudra pas demander une taille de projection trop grande (supé­rieu­re à 2 m de base).

De son côté, le DLP souffre d'un défaut rédhibitoire pour certains spectateurs : la rotation de la roue codée, même très ­rapi­de, entraîne l'apparition d'un effet baptisé “arc-en-ciel” (voir les points clés p. 53). Celui-ci se voit principalement sur les sous­-titres affichés en blanc, ou sur des ­effets lumineux ponctuels de l'image (phares d'une voiture traversant l'écran, par exemple). Curieusement, cet inconvénient est presque invisible pour certaines personnes, mais insupportable pour d'autres – nous avons nous-mêmes constaté y être beaucoup plus sensibles le soir, après une journée fatigante, que lors­que nous sommes repo­sés. D'où la nécessité de vérifier en magasin quelle réaction oculaire on présente face à ce phénomène. Sur les trois matériels que nous avons testés, l'effet arc-en-ciel est peu visible. C'est sur le LG qu'il se repère le plus, suivi de près par le BenQ. L'Optoma, qui mérite tous les superlatifs (y compris en ce qui concer­ne son prix

), y semble très peu sujet.

Une fois le choix technologique déterminé, il faut s'interroger sur la résolution d'image du vidéoprojecteur. Là, le problème est exactement le même que pour les téléviseurs. La haute définition est atteinte avec des appareils ayant une résolution verticale de 720 lignes ou pixels, en mode de balayage vidéo progressif. Ces modèles ont droit à l'appellation “HD Ready”. On voit désormais apparaître des versions “Full HD”, comme l'Optoma HD81, dont la résolution verticale réelle de la puce DLP ou des puces LCD est de 1 080 lignes/pixels, avec balayage en mode entrelacé (1 080i), ou même en mode progressif (1 080p).

A l'instar des téléviseurs, évidemment, plus la résolution est élevée, plus l'appareil est cher. Compte tenu de l'investissement, il nous semble aujour­d'hui raisonnable d'opter pour un vidéoprojecteur “HD Ready” au minimum. Si l'Epson a encore sa place dans notre choix, c'est parce qu'il possède d'autres atouts que sa résolution d'image, tout en demeurant d'un prix très abordable : il “embarque”, en effet, un lecteur de DVD, ainsi qu'une partie sonore suffisante pour profiter d'un film sans ­l'ajout d'aucun autre maillon audio. Regrettons simplement qu'Epson ait jugé utile d'y apposer la mention “HD compatible”, trompeuse, et qui ne veut finalement rien dire... Les autres modèles sont tous réellement “HD Ready”, tandis que l'Optoma appartient à la nouvelle aristocratie des vidéoprojecteurs : un vrai “Full HD”, et le moins cher du genre pour l'instant.

Après la technique pure, il convient d'exa­miner les aspects pratiques de chaque vidéoprojecteur : souhaitez-vous l'installer en poste fixe, une bonne fois pour toutes, ou ne l'utiliser qu'à certaines occasions ? Sera-t-il éloigné de l'écran ou, au contraire, très proche ? En fonction de ces critères, doit-il être plus ou moins compact, plus ou moins silencieux ?

Deux appareils ressortent par leur originalité. L'Epson EMP-TWD3 intègre un lecteur de DVD et une partie sonore signés JVC. Il suffit donc de le brancher, de disposer – au pis – d'une surface de projection plane et blanche, et la séance de projection peut commencer. Il ne présente pas de performances haut de gamme, mais est très pratique et moins cher que les autres ; il joue donc parfaitement son rôle. Ce sera, par exemple, un modèle idéal si l'on veut le faire passer du salon à la chambre d'enfants (les jeux vidéo en projection murale, c'est fantastique

). Le LG AN-110, lui, a une forme ultraplate qui permet de le fixer au mur. Cette particularité ne nuit en rien à ses performances, tout à fait comparables à celles du BenQ, l'autre appareil DLP “HD Ready” de cette confrontation. Les quatre autres vidéoprojecteurs sont classiques, l'Optoma HD81 nécessitant davantage de place à cause de ses circuits vidéo logés dans un boîtier indépendant.

Un autre point essentiel concerne le ­silence de projection. Dans ce domaine, tous les modèles ont réalisé des progrès considérables ces derniers mois. Leur système de ventilation varie en fonction de la température interne de l'appareil, et ils possèdent un mode “éco” avec une mise en sous-voltage de la lampe. Paradoxalement, l'Optoma HD81, le plus cher des six, est également le plus bruyant ; ce qui s'explique par la puissance plus élevée de sa lampe, et s'excuse, en partie, par le fait qu'il est conçu pour être placé “en fond de salle”. La palme du silence revient au BenQ PE7700 : s'il ne fait pas mieux que certains autres en mesure pure, son spectre de bruit est vraiment très peu sen­sible ; on ne l'entend presque pas, même lorsqu'il est installé sur une table basse devant les spectateurs.

L'emplacement des vidéoprojecteurs est le dernier point important à prendre en considération. Avec l'essor du home ciné­ma, certains sont prévus pour fonctionner posés directement devant les spectateurs. En d'autres termes, ils fournissent une grande image, même avec peu de ­recul. C'est le cas de l'Epson, du Panasonic et du BenQ. L'Optoma, en revanche, ­né­ces­site un recul assez important pour offrir une grande image, de même que le LG – ce qui, pour lui, s'explique par sa conception même (il doit être fixé au mur opposé à ­l'écran). Une mention particulière revient au zoom du Panasonic et à son rapport 2, le plus pratique du lot. Avant l'achat, il conviendra donc de savoir quelle taille ­d'ima­ge vous souhaitez, et à combien de mètres cela impose d'installer le vidéoprojecteur. Chaque constructeur prévoit un abaque indiquant la taille de l'image en fonction d'un recul donné, et réciproquement.

Vous le constatez, plus que de “bons” ou de “mauvais” vidéoprojecteurs, il existe plutôt des appareils aux performances plus ou moins poussées – d'où les variations de prix –, et des modèles conçus pour des utilisations relativement différentes. Par conséquent, il con­vient, avant tout, de ­sérier vos besoins en fonction de l'ensemble des critères que nous avons exposés tout au long de cet article. Enfin, dernière recommandation : n'oubliez pas qu'une bonne projection exige un écran réservé à cet usage. On en trouve de plusieurs ­types : manuels, électriques, sur pied, à ­accrocher au mur ou au plafond et, bien sûr, en diverses tailles (largeur de la base), mais aussi aux deux formats, 4/3 et 16/9. Leurs prix oscillent entre 100 et plus de 2 500 €, les versions électriques valant beau­coup plus cher que celles à déploiement manuel ou que les modèles fixes.

Par Ghislain Prugnard

Mots-clés :

MATERIEL AUDIOVISUEL , VIDEO PROJECTEUR




Outils pratiques :

Vous aimerez aussi
Préparer votre retraite
Faites appel à un expert pour anticiper et compléter vos futurs revenus

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière Choix patrimoniaux

Forum bannière

 

Bannière e-Particulier