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La restauration du cadre d'un miroir ancien

La restauration du cadre d'un miroir ancien
Février 2007
Le Particulier pratique n° 321, article complet.
Auteur : BARRON (Edwige)

De la glace de cheminée courante au précieux miroir xviiie, le doreur sait réparer tous les outrages. Mais sculpter, modeler, combler les lacunes prend du temps et fait grimper le devis...

Avant de confier votre cadre à un professionnel, pensez à respecter les principes qui s'imposent pour toute restauration : ne pas dépenser plus que la moitié de la ­valeur de l'objet, sauf si vous y êtes très ­attaché ; et limiter les interventions au strict minimum s'il s'agit d'un objet d'art, car au-delà de 30 % de rénovation, sa valeur baisse, et en salle des ventes, le catalogue signalera alors une “redorure”.

Paradoxalement, les dégradations les plus impressionnantes ne sont pas forcément celles qui vont grever le plus lourdement le budget. “Souvent, les clients sont affolés par un motif de perles arraché. En réalité, ce n'est pas le plus grave ; il suffit d'effectuer un surmoulage pour remplacer la partie manquante”, explique Olivier Guilbaud, doreur en Bretagne. S'il s'agit d'un modèle très ancien, on fera appel à un sculpteur, qui joue­ra de la gouge pour reconstituer la pièce à l'identique, sinon elle sera remoulée.

Déménagements et nettoyages intempestifs sont redoutables pour l'or

Le ­talon d'Achille d'un miroir en bois doré, c'est son fronton, avec ses ornementations, d'autant plus délicates qu'elles sont ajourées (treillages, branchages...) ; ses angles sont, eux aussi, très fragiles. Ces éléments ­résistent mal aux heurts lors d'un déménagement. Autre dégât courant, causé cette fois par la maîtresse de maison, l'atta­que de la traverse horizontale du bas par des nettoyages à l'éponge humide. Moins fréquents, mais plus graves, les dommages dus à une ­inondation requièrent presque toujours une res­tauration lourde, car l'eau infiltre la sous-couche, le “blanc”, sur laquelle l'or est appliqué. Même si, ­extérieurement, celui-ci n'est pas abî­mé, il faudra décaper entièrement les parties endommagées, car une rénovation superficielle ne tiendrait pas sur des fondations fragilisées. Parfois, il est nécessaire d'éliminer les couches de barbouillage ou le “bronzing”, ce voile doré utilisé comme camouflage au début du xxe siècle, qui noircit en vieillissant.

Après avoir établi le diagnostic, le professionnel vous soumettra un devis. En règle générale, explique M. Napolitano, doreur depuis un demi-siècle, un miroir abîmé acheté pour rien aux puces ou dans une brocante que vous devrez faire restaurer vous reviendra, au ­final, plus cher qu'un bel objet bien préservé acquis à prix plus élevé. Sachant que les tarifs horaires des artisans varient beaucoup, de 40 à 78 €. Qu'ils exercent leur activité à Paris ou en province joue moins que leur spécialisation. Ainsi, les ateliers qui se consacrent ­exclusivement aux objets xviie et xviiie ­majorent leurs prix.

Un fini parfait exige une restauration ­totale

Si l'amateur est toujours très impressionné par la pose des feuilles d'or, évanescentes et impalpables, qui s'envolent au moindre souffle, cette étape n'est ni la plus difficile ni la plus longue pour le professionnel, qui met bien plus de temps à la préparer. Quand le miroir est très abîmé, le bois est mis à nu, dégraissé à l'ammoniaque. Le doreur passe ensuite un badigeon, le “gesso”, composé de colle de peau de lapin et de blanc de Meudon (poudre de chaux morte), fondu au bain-marie – la ­recette n'a pas changé depuis des siècles

Sur ce fond, il applique plusieurs couches successives, dont l'une à l'ocre jaune, puis une autre, rouge celle-là, l'“assiette” (elle est parfois de couleur noire), que tout un chacun connaît, car elle affleu­re en cas ­d'usure. Vient enfin le moment de poser la feuille d'or sur l'apprêt, mouillé pour qu'elle adhère. Une fois cette opération achevée, l'artisan utilise une agate fixée sur un manche pour les parties qu'il veut rendre brillantes. Un travail délicat : “Si vous frottez trop, l'or est éraflé”, explique M. Napolitano. Une dernière couche de colle, passée au pinceau de martre, pour bien fixer l'or, et il faut maintenant monter la patine à l'huile, ou à l'aquarelle pour les plus chevronnés. Une tâche qui demande beaucoup de temps.

Une rénovation partielle peut être plus coûteuse qu'un décapage

Lorsque les ­dégâts sont limités, ou s'il s'agit de glaces antérieures au xixe siècle, on respecte, autant que faire se peut, l'objet “dans son jus”. On nettoie, renforce, fixe les blancs à la colle de peau ; on décape les bronzes et les vernis, on bâtit une nouvelle couche d'apprêt solide aux seuls endroits abîmés. La difficulté est alors de retrouver la même couleur d'assiette et d'assortir les ors. Car il y a plus de nuances d'or que de jours de la semaine, de l'or vif à l'or vert, en passant par l'or foncé. On comprend que si l'état d'une glace précieuse exige une quarantaine de petites interventions localisées, la facture peut être plus élevée que si l'on ­décapait tout pour redorer entièrement.

Edwige Barron


Mots-clés :

DEVIS , EQUIPEMENT DOMESTIQUE , MIROIR , OBJET D'ART




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