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Facture d'électricité : réduire la part des appareils ménagers

Facture d'électricité : réduire la part des appareils ménagers
Novembre 2008
Le Particulier pratique n° 340, article complet.
Auteur : COUNE (Isabelle)

Depuis l'instauration des étiquettes de classement énergétique, les équipements ménagers se sont beaucoup assagis, les fabricants voulant éviter les mauvaises notes. C'était sans compter les postes informatique et audiovisuel, exponentiels avec tous leurs périphériques... Le bilan sur nos factures.

Sortira ? Sortira pas ? Le bonus-malus annoncé par le ministère de l'écologie, qui devrait taxer les équipements ménagers énergivores, se fait attendre, mais l'idée est bien là. L'électroménager, les écrans plats de télévision et les ordinateurs devraient en faire partie. à juste titre, car ce sont des matériels gourmands en électricité.

Premier poste de consommation (hors chauffage) dans la maison – avec 20 à 25 % de la consommation électrique –, les appareils de froid (réfrigérateur et congélateur, qui fonctionnent 24 h/24) ont été les premiers matériels concernés, en 1995, par les étiquettes énergie, classées alors de A à G. Dès 1999, les catégories E, F et G sont interdites à la vente. En 2004, des appareils A+ et A++ apparaissent. Ils consomment 45 % d'énergie en moins que ceux de classe A, mais sont plus chers et peu proposés par les distributeurs. Ils ne représentent que 0,07 % du marché.

Le système du classement énergie atteint aujourd'hui ses limites. Les industriels souhaitent l'adoption d'une étiquette numérique, avec une notation allant de 1 à 7, qui conserverait les couleurs des étiquettes actuelles. L'objectif est d'ouvrir dans les prochaines années un niveau 8 et d'éliminer la classe 1, ou de l'interdire sur le marché européen. à ce jour, le groupe de travail de la Commission européenne n'a pas tranché la question.

Un Top ten des appareils les plus économes

Pour aider les particuliers à s'y retrouver dans la jungle des étiquettes, WWF France et l'association de consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) ont lancé sur Internet un guide Topten (guide-topten.com). “Presque tous les matériels actuels sont en classe A. Le message est brouillé. Cet outil est un moyen de faire connaître les différences existant dans une même classe. Il permet aussi d'engager un dialogue avec les distributeurs et les constructeurs pour mettre sur le marché des produits efficaces”, déclare Damien Demailly, chargé du programme énergie et climat à WWF France. Ce guide, mis à jour au minimum deux fois par an, donne les 10 meilleurs appareils dans diverses catégories (téléviseurs, froid, écrans d'ordinateurs, lave-vaisselle), et ajoute à leur prix d'achat la facture de la consommation énergétique à en attendre sur 15 ans. Un critère qui devient pressant et qui est à l'origine de toute une mue des appareils électroménagers, comme vous allez le voir.

Des compresseurs performants couplés à l'électronique

Dans les anciens réfrigérateurs, les compresseurs se déclenchaient peu souvent, mais fonctionnaient longtemps. Grâce à l'électronique, ils se mettent maintenant en route dès qu'ils détectent dans l'enceinte une variation de température de 0,50 °C, donc beaucoup plus fréquemment qu'avant ; en revanche, ils fonctionnent sur des périodes bien plus courtes, ce qui nécessite moins de froid à fournir.

Pour ce type d'appareil, il est indispensable de savoir quelle classe climatique lui a été attribuée. Chez les spécialistes du froid comme Liebherr, les matériels sont “tropicalisés”, c'est-à-dire que leur consommation est mesurée à une chaleur ambiante de 32 °C. Chez Miele, près de 90 % des modèles sont de classes climatiques SN-T (conçus pour fonctionner de 10 à 43 °C) ou SN-ST (de 10 à 38 °C), et donc testés en fonction. D'autres marques préfèrent déclarer une classe N, prévue pour fonctionner dans une plage de 16 à 32 °C, ce qui fait que leur consommation est jugée favorablement à température douce.

Moins d'eau, donc moins de chauffe

Les appareils de lavage ont, eux aussi, fait d'énormes progrès en matière de consommation électrique et d'économie d'eau. Moins d'eau à chauffer signifie autant d'énergie non utilisée (90 % de l'électricité employée par un lave-linge servent à chauffer l'eau). En 1998, il fallait, en moyenne, 80 l d'eau pour laver 4 kg de linge, tandis qu'aujourd'hui 40 l suffisent pour 6 kg de linge.

Lancé par Miele, l'Allwater, qui consomme 10 % de moins qu'un lave-linge de classe A, dispose d'une double arrivée d'eau : eau froide, et eau chaude lorsque le réseau d'ECS de la maison est avantageux (chauffe-eau solaire, pompe à chaleur). L'idée a été reprise récemment par Electrolux Arthur-Martin dans son modèle Sunny et par Bosch dans son EnergySave. Chez Miele toujours, le Liquidwash est équipé d'un réservoir de lessive liquide capable d'en doser la quantité en fonction de la charge de linge, évitant ainsi tout risque de surdosage, et donc le déclenchement d'un rinçage supplémentaire. Sur le même principe, Fagor Brandt propose, depuis mi-octobre, son Dose-E. Dans les autres gammes de ce fabricant, les progrès portent sur les programmes les plus utilisés par les ménages. La fonction “Opti A 45 min” permet d'obtenir la meilleure efficacité de lavage en 45 min avec un cycle à 40 °C. Quant à la “synchronisation heure creuse”, également présente sur les lave-vaisselle et les sèche-linge, elle démarre l'appareil automatiquement à l'heure du changement de tarif d'EDF, offrant ainsi jusqu'à 40 % d'économie.

Une programmation assistée par capteurs

Avec sa technologie “6ème Sens”, Whirlpool adapte la consommation des lave-linge aux besoins des utilisateurs. Des capteurs pèsent le linge et ajustent le cycle de lavage et la quantité d'eau à la charge de linge. Aujourd'hui, la plupart des machines à laver du marché possèdent cette fonction. Sachez, cependant, que les programmations demi-charge sont faussement économiques, car pour une charge minimale de linge, le volume d'eau nécessaire n'est réduit que de 20 %. à l'inverse, un tambour complètement plein est plus efficace en lavage.

La grande nouveauté concerne surtout les sèche-linge, très énergivores : les pompes à chaleur investissent ces équipements. Un pas de géant leur permettant de passer à la classe A, alors qu'ils se cantonnaient jusqu'ici au B ou au C à cause de leur chauffage par une résistance. Trois marques se lancent : Bosch (Ecologixx 7), AEG Electrolux (T59840) et Miele (T8626 CWP EcoComfort), qui annoncent, pour leurs appareils respectifs, des consommations d'électricité de 1,90 kWh, 2,40 kWh et 1,80 kWh par cycle.

Même tendance à la baisse pour les lave-vaisselle. Un modèle performant équipé d'électronique et de capteurs dépense 27 % d'électricité en moins qu'il y a 10 ans, et la consommation d'eau a été divisée par deux. Sachez que recourir systématiquement à la touche “éco” réduit la consommation d'énergie de 27 %. Le lave-vaisselle à vapeur Aquasteam “6ème Sens” de Whirlpool permet d'économiser jusqu'à 7 l d'eau par cycle. La vapeur hydrate les salissures et aide à les décoller, nécessitant ainsi moins d'eau au prélavage. Un capteur mesure ensuite la quantité de vaisselle et le degré de salissure de l'eau toutes les 10 s pendant l'intégralité du cycle, et arrête la machine dès que l'eau, et donc la vaisselle, est propre. Le G 1833 SC de Miele ne consomme que 8 l en programme automatique grâce à une nouvelle pompe qui calcule le degré de salissure et la charge de vaisselle. Deux autres fabricants viennent de mettre sur le marché des lave-vaisselle n'exigeant que 10 l par cycle : le SMS69T02EU de Bosch, grâce à de nombreuses innovations technologiques – nouveau circuit hydraulique, montée en température plus rapide, dispositif de filtration renforcé, bras de lavage effilés ; et l'Eco10 de Candy, avec un nouveau système de filtrage (7 600 filtrations par cycle au lieu de 6 600 pour les anciens modèles) qui permet de réutiliser une partie de l'eau du prélavage pour le lavage. De plus, ce dernier modèle croise 4 programmes classiques avec le degré de salissure de la vaisselle, soit 12 cycles au total, allant du simple rinçage de verres à la stérilisation des biberons.

Quand la pyrolyse devient intelligente

Ce système d'autonettoyage – sorte de mal français lié à notre habitude de consommer des viandes rôties, qui génèrent beaucoup de projections en cuisant –, qui peut durer jusqu'à 3 h à 500 °C, dépense énormément d'énergie. Miele a développé, sur ses modèles, une “pyrolyse intelligente” : un capteur mesure le taux d'oxygène et adapte la durée de chauffe au degré de salissure. La marque multiplie les fonctions destinées à économiser l'électricité sur ses produits : “chauffage accéléré”, qui diminue le temps de montée en température et permet de gagner jusqu'à 65 % d'énergie ; chaleur résiduelle pour achever la cuisson ; “interrupteur de porte”, qui interrompt le fonctionnement des turbines et de la résistance lors de l'ouverture de la porte ; extinction automatique de l'éclairage au bout de 15 s... évidemment, le volume d'un four joue sur sa consommation énergétique, de même que le processus thermique (la cuisson vapeur, qui utilise une température plus basse, est plus économique). Aujourd'hui, la plupart des appareils du marché sont en classe A. La norme mériterait ici encore d'être affinée, à l'instar de ce qui s'est produit pour le froid.

Parmi les tables de cuisson, les plaques à induction restent le système le plus économe en énergie. La puissance qu'elles dégagent permet de cuire les aliments très rapidement. Un modèle à induction de 3 000 W équivaut à 6 000 W en gaz. Pour porter 2 l d'eau de 20 à 95 °C, une plaque à induction de 2 800 W met moins de 5 min et consomme 225 W ; avec un foyer gaz de 3 500 W, il faut 8 min et 390 W sont nécessaires ; cela prend 9 min avec une table vitrocéramique de 2 200 W, qui consomme alors 270 W, et 10 min avec une taque en fonte de 2 000 W, pour 320 W dépensés.

Un concept de cuisine à récupération d'eau et de chaleur

Whirlpool oriente désormais ses recherches vers une approche globale des consommations de l'électroménager. Son concept de green kitchen, sous forme d'écosystème, a pour objet de réaliser 50 % d'économie d'énergie en agissant sur différents leviers :16 % grâce aux progrès technologiques des appareils, 24 % grâce au fonctionnement en écosystème et 10 % grâce au changement de comportement du consommateur. Concrètement, la chaleur générée par le compresseur du réfrigérateur sera récupérée pour chauffer une réserve d'eau (à 40-45 °C) qui sera ensuite employée dans le lave-vaisselle. Le volume de l'enceinte du four s'adaptera à celui du plat à l'aide d'une paroi horizontale coulissante. Ce concept devrait être commercialisé en 2012.

Les technologies audiovisuelles en plein bouleversement

Le changement technologique qu'ont connu, en quelques années, les téléviseurs avec l'apparition des écrans plasma et LCD ne s'est pas fait sans heurts. L'arrivée de la télévision numérique condamne le bouton marche-arrêt chez de nombreuses marques, l'appareil restant alors en permanence en veille. Ce système nécessite, en effet, des mises à jour de logiciels en temps masqué, diffusées par le canal de l'antenne, et qui ne doivent pas être interrompues inopinément. En outre, pour un téléviseur plat ou cathodique, convertir l'analogique à la TNT impose deux modes de réception, un tuner analogique et un tuner digital, et donc une double consommation. Lorsque le boîtier TNT est intégré dans le poste, le gain se fait seulement sur la veille. L'arrêt de l'analogique, en 2011, permettra une économie d'électricité.

D'autre part, l'augmentation de la taille des téléviseurs a rogné les progrès techniques : quelle que soit la technologie, plus la diagonale est grande, plus la puissance est importante. à dimension réduite, les modèles LCD ont une puissance plus faible que les versions à tube cathodique. Mais au-delà d'une diagonale de 52 cm, les postes LCD consomment plus. à taille d'écran comparable, le LCD dépense beaucoup moins d'électricité que le plasma.

Philips stoppe sa production d'écrans plasma pour se concentrer sur le LCD, et a mis sur le marché des modèles ne consommant que 0,15 W en mode veille (contre 1 W pour l'ancienne génération, et jusqu'à 10 ou 13 W il y a 10 ans). Toshiba réintègre l'interrupteur marche-arrêt dans ses séries principales, et dote ses écrans d'un capteur de lumière de la pièce qui ajuste la luminosité de l'image en conséquence (technologie Luma Sens). Même principe pour Sharp, mais en ajoutant une fonction supplémentaire d'économie d'énergie accessible directement sur la télécommande : l'utilisateur peut lui-même diminuer l'intensité lumineuse de son poste (ce réglage permet un gain de 15 à 30 % d'électricité).

Le mode veille, de moins en moins glouton

Le problème de la veille se pose sur tous les appareils électroniques. Une directive européenne EUP (energy using products) prévoit qu'en 2010 la consommation maximale des équipements en mode veille sera limitée à 1 ou 2 W, selon leur fonctionnalité, puis abaissée à 0,50 ou 1 W en 2013. Et la consommation actuelle d'électricité en mode veille, qui avoisine les 50 TWh par an dans l'Union, devrait diminuer de 73 % d'ici à 2020. Enfin, un étiquetage européen sur les matériels électroniques pourrait voir le jour en 2009.

La consommation moyenne d'un démodulateur (récepteur TNT, box ADSL permettant la réception de chaînes TV via une ligne téléphonique, décodeur satellite ou câble) s'élève à 84,40 kWh/an, dont 20 % en veille. Sagem a mis sur le marché 4 récepteurs TNT éco qui ne consomment que 1,80 W en veille et 3,80 W en fonctionnement. Les magnétoscopes, dont 97 % de la consommation sont constitués par la veille, dépensaient 117 kWh/an en 1995, contre 40 kWh/an aujourd'hui. Ils sont de plus en plus remplacés par des lecteurs DVD, dont la consommation est deux fois plus faible. La veille des home cinémas représente, elle, environ un tiers de leur consommation ; celle des consoles de jeux vidéo, encore plus. Leur consommation moyenne reste faible mais la nouvelle génération d'appareils nécessite des puissances en fonctionnement très importantes. Conscient du problème, Microsoft a fait baisser de 34 % le besoin en énergie de sa Xbox 360 depuis son lancement, en 2005.

Dans cette série de bons élèves, le téléphone portable demeure un cancre. Des recherches sont en cours afin que son chargeur passe en mode très basse consommation quand il ne charge pas. En attendant, reste à le débrancher systématiquement...

Isabelle Coune


Mots-clés :

APPAREIL DOMESTIQUE , APPAREIL ELECTROMENAGER , CHAUDIERE , CONGELATEUR , ECONOMIE D'ENERGIE , ELECTRICITE , ENERGIE




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