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Guide d'achat : un plan de travail pour la cuisine

Guide d'achat : un plan de travail pour la cuisine
Mai 2008
Le Particulier pratique n° 335, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)

Dans une cuisine, le plan de travail est constamment mis à contribution. On y pose les courses, les bocaux d'épices, la corbeille de fruits ; on y épluche les légumes, tranche le pain, pétrit les pâtes, découpe la viande ; on y mange, y abandonne la vaisselle sale et les casseroles encore chaudes...

Il chapeaute les placards bas, abrite la plaque de cuisson et l'évier, constitue un élément de décoration. Il doit se nettoyer facilement et résister à de multiples agressions quotidiennes telles que l'humidité, les chocs thermiques et physiques, les taches, les substances acides, les produits chimiques et abrasifs. Quel matériau choisir ? Plusieurs critères méritent d'être pris en compte : la tenue dans le temps, la facilité d'entretien, l'esthétique, le prix aussi, sachant que ce dernier diffère suivant la qualité du matériau plutôt que selon sa nature ; ainsi, un inox médiocre coûtera moins cher qu'un stratifié haut de gamme. Il varie également en fonction de l'épaisseur du plan, des découpes et finitions demandées, des conditions d'achat (le plan est-il vendu seul ou avec une cuisine intégrée ?), etc. Une chose est sûre : bon marché ne rime pas forcément avec médiocrité.

Carrelage ou stratifié, des classiques robustes et faciles à vivre

Toujours économique et pratique, un plan de travail carrelé peut aussi être décoratif. S'il repose sur des éléments bas, il est réalisé sur un panneau étanche et imputrescible en aggloméré hydrofuge (CTB-H, dit agglo marine, 25 € environ le pan prêt à poser de 300 x 65 cm), ou en ciment armé de fibre de verre (autour de 20 € le pan de 120 x 90 cm). à l'exception de la faïence, contre-indiquée parce que trop fragile, vous pouvez faire coller n'importe quel carrelage mural émaillé (à partir de 10 €/m2) sur ces supports. Pour protéger les bords du carrelage et masquer les panneaux, il faut habiller les chants avec un listel en céramique, une alèse en bois ou un profilé de finition en PVC, en inox, en aluminium... Bien que très résistant, un plan de travail carrelé craint les chocs violents, mais les carreaux fêlés ou cassés se remplacent facilement, pour peu que vous en ayez gardé quelques-uns en réserve. Son seul vrai point faible, en fait, ce sont les joints, qui s'encrassent avec le temps et deviennent des nids à bactéries (surtout aux abords de la plaque de cuisson, à cause des projections de graisses).

En aggloméré stratifié, le plan de travail idéal

Celui-ci présente l'avantage d'être robuste, facile d'entretien, bon marché (de 25 à 150 €/m(1) suivant l'épaisseur du revêtement synthétique), sans que l'esthétique soit négligée. Les modèles en stratifié adoptent, en effet, une multitude de teintes, de décors, de finitions (unis, marbrés, granités, etc.), et peuvent être coordonnés avec les façades des placards. Les découpes, les joints, l'habillage des chants exigent une réelle compétence. Préférez un plan confectionné sur mesure, donc sans raccords, avec des chants réalisés en usine plutôt que thermocollés en fin de chantier. Quoi qu'il en soit, méfiez-vous des premiers prix : le revêtement synthétique, trop fin, ne garantit pas une durée de vie satisfaisante. Et gare aux fortes chaleurs

Béton ou verre, esthétique mais exigeant au quotidien

Les plans en béton sont à la mode malgré leur poids et leur porosité. Matériau très contemporain, doux, qui se patine avec le temps, le béton, facilement personnalisable, admet toutes les mises en forme, l'intégration de chants ou d'éléments contrastants en inox, en céramique ou en verre, ou un évier coulé dans le même bloc (ce qui supprime le problème des joints)... Mais sa porosité le rend sensible à l'humidité, aux taches, aux détergents, aux acides. Il demande à être imperméabilisé lors de sa fabrication : un produit hydrofuge est injecté dans la masse non seulement lors du malaxage, mais aussi après séchage ; la surface est poncée pour être rendue aussi lisse que possible, puis recouverte d'une huile adaptée, d'une laque, d'une cire ou d'un vernis. Malgré ce traitement, à l'usage il faut encore nettoyer sans délai les taches (ce qui est contraignant) et éviter le contact prolongé avec les acides. Sinon, le béton ne craint ni la chaleur ni les coups. En cas d'éclat, la teinte ne “saute” pas, et surtout il est réparable.

Notez que la société Roxipan a mis au point des panneaux prêts à poser, composés d'un pan en bois, d'une couche de 2 mm de microbéton décoratif et d'une face inférieure mélaminée. Abordables (à partir de 55 €/m2), ils sont aussi très pratiques. En effet, ils se coupent, se percent, s'assemblent, se collent et se posent facilement, et vous avez le choix entre plusieurs finitions.

Le verre trempé, un nouveau venu très hygiénique

Lisse ou dépoli, ce verre, dit Sécurit, séduit par son originalité et sa luminosité. Certains le préfèrent translucide, d'autres coloré (il l'est alors dans la masse ou sous le plan). Il peut même être sérigraphié à la demande. C'est un matériau neutre, non poreux, qui n'évolue pas dans le temps. Simple à nettoyer, hygiénique, il se joue de l'humidité, des taches, des acides. Gare, en revanche, aux rayures et, plus encore, aux fortes chaleurs, aux charges lourdes, aux chocs violents, car, bien que solide, le verre trempé n'est pas incassable. Les bords, notamment, doivent être protégés, avec un profil en inox par exemple, pour éviter qu'ils ne s'ébrèchent. Tous les plans en verre sont réalisés sur mesure, ce qui explique leur prix encore élevé (de 250 à 450 €/m).

Pierre, céramique ou inox : du solide et de l'allure

Dans le haut de gamme, on vous proposera du “composite”, en fait de la pierre naturelle reconstituée. Des blocs de quartz, de bauxite, de marbre, de granit sont concassés, puis les grains obtenus sont agglomérés avec une résine acrylique ou un liant polymère. Le résultat ? Un matériau massif, non poreux, très malléable, ultrarésistant (sauf aux fortes chaleurs), hygiénique et facile à entretenir. Il se décline en une infinité de teintes, profondes ou lumineuses, qui peuvent être nuancées avec des éclats de verre, de miroir, de métal ou de nacre. La finition peut être brillante ou satinée, lisse, granitée ou bouchardée (imitant les irrégularités naturelles de la pierre).

Ces matériaux composites se laissent couper, polir, sculpter, graver, thermoformer et même réparer, mais le façonnage et l'assemblage exigent un vrai savoir-faire. Les réalisations sur mesure sont donc préférables aux adaptations sur chantier. Avec un prix du mètre toujours supérieur à 300 €, les plans en composites restent chers, même si ceux à base de quartz (Silestone, Stone Italiana, Dupont Zodiaq, etc.) sont un peu moins onéreux que ceux à base de bauxite (Corian, autour de 460 €/m), de granit ou de marbre. Le Corian est particulièrement prisé pour ses qualités. Il se distingue des autres pierres de synthèse et des pierres naturelles par son inertie thermique, qui se traduit par l'absence totale de sensation de froid au toucher.

Dans la même gamme de prix, Luisina propose des plans en céramique, un matériau design “plus dur que le granit, plus léger que l'aluminium”. Insensible aux très hautes températures, il ne se raie pas, ne se tache pas, est solide (mais pas incassable) et facile d'entretien.

L'inox 10/18, inusable mais d'un entretien exigeant

Plébiscité par les professionnels de la restauration, ce matériau revient cher (de 350 à 680 €/m), mais offre une garantie de solidité – ne descendez pas au-dessous de cette qualité. Hygiénique, insensible à la chaleur, aux taches et aux acides, il se patine avec le temps sans rouiller, se cabosse en cas de choc violent mais ne casse pas. Cependant, il se raie, ce qui est très visible en version brillante, beaucoup moins en version satinée ou nid-d'abeilles, plus du tout en version microalvéolée. Autre inconvénient d'un tel plan de travail, il n'est jamais impeccable. Les doigts y laissent constamment des traces (en finition brillante), ainsi que l'eau : il faut sans arrêt avoir un chiffon à la main.

Les plans en inox réalisés d'un seul tenant, sur mesure donc, sont les plus durables, car ils ne présentent ni joints ni soudures entre les pans, au niveau des chants, du dosseret ou de l'évier. Sachez que certaines enseignes (Schmidt ou Lapeyre, par exemple) commercialisent des modules prêts à poser associables à des modules en stratifié ou en matériaux composites.

Enfin, il y a le plan de travail massif en pierre (il faut compter autour de 500 €/m). Pierre bleue, ardoise, marbre, granit, lave émaillée... se laissent tailler, polir, graver ou sculpter. Les mains habiles en tirent de magnifiques plans massifs, résistant à de très hautes températures, moins bien aux coups, et encore moins aux taches : certaines pierres sont plus poreuses que d'autres, mais toutes exigent un traitement hydrofuge avant la première mise en service, et un entretien régulier, avec des crèmes ou des cires adaptées.

(1) Tous les prix au mètre sont, en réalité, des prix au mètre courant (pour une largeur standard).

Sylvie Francisco


Mots-clés :

CUISINISTE , EQUIPEMENT DOMESTIQUE , TRAVAUX




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