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Gérer votre découvert bancaire au meilleur coût

Gérer votre découvert bancaire au meilleur coût
Avril 2004
Le Particulier n° 976, article complet.
Auteur : POZNANSKI (Roselyne)

Des décalages de trésorerie peuvent rendre votre compte bancaire débiteur. Vous devez alors choisir la solution la plus adaptée : découvert autorisé, carte bancaire à débit différé, crédit renouvelable ou ponction sur votre épargne.

Plusieurs façons de renflouer un compte "dans le rouge" s'offrent à vous

Le découvert est l'un des services bancaires les plus prisés. En effet, il permet au titulaire d'un compte de faire face à des excédents ponctuels de sorties d'argent par rapport aux rentrées, mettant ce compte "dans le rouge". Mais ce service, également appelé facilité de caisse ou de trésorerie, a un coût, sous forme d'agios (intérêts facturés sur le montant du découvert) et de frais divers. Pour le minimiser, il faut bien connaître les règles de fonctionnement d'un découvert, et utiliser au mieux la gamme des services bancaires : autorisation de découvert, "package" de services, carte de paiement, crédit permanent...

Que passe-t-il si mon compte se trouve à découvert de façon inopinée ?

Cette situation survient dès que le montant des opérations portées au débit du compte excède celles portées au crédit. Dès lors, votre compte est en situation irrégulière. Un tel incident sera néanmoins sans conséquences graves s'il reste exceptionnel et si vous entretenez de bonnes relations avec votre chargé de clientèle. Celui-ci vous contactera pour étudier comment et quand vous comptez résorber ce découvert, en fonction des dates de versement de vos salaires, revenus locatifs, allocations familiales, etc., tout en acceptant entre-temps de ne pas rejeter pour défaut de provision les nouvelles opérations (chèques, dépenses ou retraits par carte bancaire, prélèvements...) venant creuser le déficit. Dès ce moment néanmoins, des agios vous seront facturés, au taux du découvert non autorisé, actuellement entre 15 % et 17 % par an selon les banques (voir p. 25 la façon dont ils sont calculés ; leurs taux font partie des tarifs bancaires et doivent avoir été portés comme tels à votre connaissance et être affichés dans les agences).

À part les agios, quelles sont les conséquences d'un découvert non autorisé ?

Si vous ne régularisez pas la situation dans les délais promis, vous vous exposez à divers frais et désagréments. Tout nouveau chèque ou prélèvement présenté alors que le compte est à découvert entraîne généralement des frais, en plus des agios, de l'ordre de 7 € à 9 €. Au final, l'addition peut vite s'alourdir

En outre, votre banque peut, à tout moment et sans que vous ayez de recours, mettre fin à son geste commercial et rejeter toutes les opérations au débit, notamment les chèques que vous auriez émis. Néanmoins, votre banque, avant de refuser le paiement d'un chèque pour défaut de provision, a l'obligation de vous informer "par tout moyen approprié" (téléphone, lettre,

e-mail...) des sanctions que vous encourez (art. L. 131-73 du code monétaire et financier). Mais cette démarche peut être facturée, environ 10 € pour une lettre par exemple. Disposer d'une autorisation de découvert est donc bien préférable.

Est-il facile d'obtenir une autorisation de découvert ?

Oui. Certains établissements vous accordent cette facilité dès l'ouverture d'un compte, sans que vous ayez à la demander. À la BNP Paribas par exemple, vous êtes autorisé à avoir un découvert de 460 € pendant 15 jours par mois au maximum ; à La Poste, cette autorisation est de 100 € sur une durée maximale de 30 jours. Dans d'autres établissements, l'autorisation n'est accordée qu'après étude de votre dossier, en fonction de votre patrimoine et de vos revenus. Enfin, à la Société générale ou au Crédit lyonnais, l'autorisation de découvert est liée à la souscription d'un ensemble ou "package" de services facturés forfaitairement. Attention : même autorisé, un découvert entraîne parfois des frais de mise en place (10,50 €/an par exemple à la Caisse d'épargne Ile-de-France Paris), et bien sûr des agios, mais moins élevés que dans le cadre d'un découvert non autorisé.

Une autorisation de découvert exige-t-elle des formalités particulières ?

Aucune, si sa durée autorisée n'est pas supérieure à 3 mois (au-delà, la loi impose un écrit, sous forme d'une offre de crédit à la consommation). Mais votre intérêt est néanmoins que ses conditions (montant, durée et taux) soient fixées par écrit, que ce soit dans votre convention de compte si vous en avez une (voir le n° 969 du Particulier, p. 24), dans le package que vous avez souscrit ou dans un document spécifique. En général, ces autorisations sont accordées pour un an, renouvelable par tacite reconduction.

Les conditions d'un découvert sont-elles les mêmes partout ?

Non, elles varient d'une banque à l'autre. Toujours inférieur à celui d'un découvert non autorisé, le taux peut être unique pour tous les clients (12,50 % actuellement à La Poste ou à la Caisse d'épargne Ile-de-France Paris), ou personnalisé selon les revenus, l'endettement, l'épargne... du client. La fourchette peut alors être très large : de 7,95 % à 15,25 % par exemple à la Société générale. La durée de découvert autorisée varie aussi : à la Société générale ou à la BNP Paribas notamment, les découverts sont limités à 15 jours par mois, consécutifs ou non. Ainsi, au Crédit lyonnais, au Crédit du Nord ou à la Bred, cette durée va jusqu'à 30 jours, à condition cependant que le compte soit créditeur au moins un jour par mois.

Les découverts inclus dans les packages sont-ils moins chers ?

Non. Leur taux est très souvent identique à celui d'un découvert "hors package", malgré quelques exceptions (au Crédit agricole Ile-de-France, il est de 14,10 % contre 16,60 %). Dans d'autres banques, en revanche, le package peut vous éviter les frais de mise en place d'un découvert autorisé, lorsqu'ils existent, ou vous donner droit à une franchise d'agios : 8 € par trimestre par exemple pour les souscripteurs de la convention Zen Tranquillité du Crédit lyonnais ou de la convention NordPlus du Crédit du Nord. Il faut alors calculer au coup par coup si cette exonération d'agios compense le prix du package. Par exemple, 8 € représentent les agios d'un découvert de 650 € sur 30 jours, consécutifs ou non, au taux de 14 %, alors que le package correspondant coûte l'équivalent de 21 € à 24 € par trimestre. Vous amortissez donc votre package si vous dépassez régulièrement ce niveau de découvert et d'agios.

Mais bien évidemment, le package n'est pas une solution à vos problèmes de découverts dans les établissements où il n'apporte aucune diminution du coût de ces découverts.

Que se passe-t-il si je dépasse le montant ou la durée du découvert autorisé ?

Si, par exemple, votre compte affiche un solde négatif de 2 000 € pour un découvert autorisé de 1 500 €, vous supporterez des agios au taux du découvert non autorisé sur les 500 € excédentaires. En outre, vous encourrez tous les frais et désagréments évoqués ci-dessus pour un découvert non autorisé. Toutefois, au Crédit mutuel Nord Europe par exemple, un dépassement du montant du découvert autorisé n'entraînera pas de frais si le client dispose, par ailleurs, d'une épargne pour un montant au moins équivalent à son découvert. Mieux vaut néanmoins ne pas laisser cette situation perdurer et demander un ajustement du plafond de votre découvert, soit pour une période indéterminée, soit de façon temporaire, pour couvrir un besoin de financement ponctuel. Ce qui ne vous sera, bien sûr, accordé que dans la limite jugée compatible avec votre solvabilité par votre banque. Parfois, comme à la BNP Paribas, élever son plafond de découvert oblige, soit à souscrire à un package lorsque ce n'est pas déjà fait, soit opter pour un package plus haut de gamme, mais plus cher aussi.

Quant à la durée, si votre compte ne redevient pas créditeur au bout des 15 ou des 30 jours impartis, vous serez, là aussi, considéré en situation de découvert non autorisé, mais vous pouvez demander une autorisation supplémentaire. Par exemple, sous forme d'un découvert spécifique temporaire, d'une durée de 3 mois, sans obligation de présenter un solde créditeur au moins un jour par mois. Ce découvert fait l'objet d'un nouveau contrat. Au Crédit du Nord, son taux reste le même que celui d'un découvert classique sur 30 jours (15,04 % l'an actuellement). D'une façon générale d'ailleurs, une erreur fréquente est de se contenter de l'autorisation de découvert qui vous a été consentie initialement, sans prêter attention à ses limites, et de la dépasser régulièrement en durée ou en montant. D'où des frais supplémentaires que vous auriez évités en demandant une autorisation plus adaptée par son montant ou sa durée au fonctionnement effectif de votre compte.

Une carte de paiement à débit différé permet-elle d'éviter les découverts ?

Avec une telle carte, vos paiements ne sont pas débités le jour où vous les effectuez, mais en une seule fois, à date fixe en fin de mois ou en début de mois suivant, par exemple juste après que votre salaire a été versé. En revanche, vos retraits d'argent restent débités immédiatement. Parce qu'une carte à débit différé coûte plus cher que celle à débit immédiat – environ 10 € de plus par an, soit 0,85 € par mois –, il vous faut comparer ce surcoût avec les agios qu'elle vous évitera : par exemple, 300 € de découvert sur 7 jours à 14 % représentent 0,81 € d'agios. Mais une carte à débit différé ne résoudra pas, ou seulement en partie, votre problème de découvert, si son montant est supérieur à celui de vos achats par carte, ou si vous n'avez pas de rentrées de trésorerie régulières chaque mois.

Un crédit ne vaut-il pas mieux qu'un découvert ?

Cette solution convient surtout pour un découvert ponctuel que vous pourrez combler dans un avenir prévisible par une rentrée d'argent suffisante. Par exemple, votre voiture a été volée ou gravement accidentée, et vous devez en racheter une sans attendre le versement de l'indemnité d'assurance. Dans ce cas, optez pour un prêt personnel classique auprès de votre banque pour financer cette dépense, ou combler le découvert qu'elle a entraîné, et vous rembourserez ce prêt par anticipation avec la rentrée d'argent que vous escomptez. Avantages : le taux d'un prêt classique (de 5 % à 9 % hors assurances) est nettement moins élevé que celui d'un découvert, et le remboursement anticipé d'un tel prêt est sans pénalités. Attention toutefois aux frais de dossier (pas moins de 30 € en moyenne) et à l'assurance parfois obligatoire, comme à la BNP Paribas, qui peuvent sensiblement alourdir le coût d'un tel prêt, surtout s'il est de faible montant.

Quelles solution envisager en cas de rentrées d'argent irrégulières et éloignées les unes des autres ?

Un crédit renouvelable peut être une bonne solution si ces rentrées d'argent sont plus éloignées dans le temps que la durée maximale d'un découvert autorisé. Par son fonctionnement, ce type de crédit (dit aussi revolving ou permanent) s'apparente assez largement à une autorisation de découvert : une réserve d'argent est mise à votre disposition et, selon vos besoins, vous puisez dedans pour éviter un découvert ou le combler. Vous ne payez des intérêts que si vous utilisez cette réserve. De plus, par rapport à un découvert, un crédit renouvelable n'est pas limité dans sa durée, et il peut coûter moins cher dans la mesure où le taux auquel votre banque vous le proposera sera a priori moins élevé (de l'ordre de 10 % à 14 % actuellement). Évitez par contre les établissements spécialisés, généralement plus chers (jusqu'à 16 % ou 18 %). Encore faut-il que vous gériez strictement un tel crédit. C'est-à-dire en ramenant toujours le plus vite possible votre endettement à zéro, sans vous contenter de verser la mensualité minimale exigée, qui correspond à un remboursement étalé sur de nombreux mois. Si au contraire vous laissez filer votre crédit, il vous coûtera cher en intérêts et, faute de rembourser régulièrement votre encours pour reconstituer votre réserve, elle risque d'être épuisée le jour où vous en aurez réellement besoin.

Est-il opportun de combler son découvert en puisant sur un livret ou un compte d'épargne ?

Votre banquier n'a pas le droit, de sa propre initiative, d'opérer une telle compensation. Toutefois, la convention de compte Satellis, de la Caisse d'épargne Ile-de-France Paris, envisage un tel cas de figure, tout en précisant que cela constitue "une simple garantie qui ne jouera que de manière exceptionnelle". Mais vous-même pouvez bien sûr demander à votre banque d'opérer le transfert d'un compte sur l'autre. Cela peut être avantageux lorsque les frais entraînés par le découvert auraient été supérieurs à la perte de rémunération sur votre épargne. Encore faut-il que vous disposiez de produits d'épargne sur lesquels des retraits rapides sont possibles (livret d'épargne, Codevi, compte épargne logement...), à l'exclusion par exemple d'un plan d'épargne populaire ou d'un plan d'épargne logement. En outre, cette solution n'est judicieuse que si, une fois l'alerte passée, vous reconstituez votre épargne. Ce que, selon les banques, beaucoup d'épargnants ne font pas. Roselyne Poznanski


Mots-clés :

BANQUE , COMPTE BANCAIRE , DECOUVERT BANCAIRE , SERVICES BANCAIRES




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