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Prêt étudiant : un crédit sur mesure pour les jeunes

Prêt étudiant : un crédit sur mesure pour les jeunes
Septembre 2005
Le Particulier n° 992, article complet.
Auteur : POZNANSKI (Roselyne)

Même s'ils ont de faibles revenus, les étudiants représentent une clientèle d'avenir pour les banques qui leur concoctent des prêts spécifiques. Au-delà des taux, peu élevés, les conditions d'octroi et de remboursement sont à étudier à la loupe.

Étudiants, les banques misent sur votre avenir professionnel : profitez-en

Selon l'Observatoire de la vie étudiante, le budget moyen d'un étudiant est de 582 € par mois. Et même si une grande partie des jeunes qui poursuivent leurs études après le baccalauréat bénéficie d'une aide financière ou matérielle de la part de leurs parents, de quelques revenus provenant de petits jobs d'appoint, ou encore d'une bourse d'études, cela ne leur suffit pas toujours. Aussi, que ce soit pour régler leurs frais de scolarité, pour partir étudier à l'étranger ou, plus simplement, pour payer chaque mois le loyer de leur logement ou leurs frais de transport, il leur est parfois nécessaire de recourir à un emprunt auprès d'une banque. Tous les établissements bancaires proposent aujourd'hui aux étudiants des crédits dont les conditions financières ont été spécialement conçues pour s'adapter à leur mode de vie ainsi qu'à leurs faibles ressources pendant leurs années d'études. Les taux d'intérêt sont plutôt avantageux, les frais d'assurance généralement moins élevés et, surtout, ils offrent la possibilité à l'emprunteur de différer le remboursement jusqu'à son entrée dans la vie active. Nous avons interrogé les principales banques sur les conditions des emprunts qu'ils accordent aux étudiants, ainsi qu'un assureur mutualiste, la MACSF, qui propose ce type de prêt aux enfants de ses sociétaires, ou à tout étudiant se destinant à une profession médicale ou paramédicale. À noter toutefois que deux caisses du Crédit mutuel (Ile-de-France et Nord Europe) n'ont pas souhaité répondre à notre enquête.

Quelles conditions faut-il remplir pour avoir droit au prêt étudiant ?

Les établissements prêteurs imposent deux critères : être majeur, et poursuivre des études "post-baccalauréat". Certains établissements, comme la BNP-Paribas, exigent même que l'étudiant ait déjà accompli deux années d'études supérieures. D'autres banques en revanche, telles que la Bred ou le Crédit lyonnais, disposent d'offres complémentaires destinées à ceux qui, tout en étant majeurs, suivent des études autres que supérieures, comme les apprentis. Mais pour ces derniers, les durées et surtout les montants maximaux de prêt consentis sont beaucoup plus réduits : 3 500 € à la Bred, contre 20 000 € à 30 000 € pour un prêt étudiant.

Quels sont les principaux avantages des prêts étudiant ?

Ces prêts permettent d'emprunter de l'argent à des taux et des coûts d'assurance généralement faibles (voir tableau p. 34) et, surtout, ils sont proposés avec des modalités spécifiques de remboursement : pendant la durée des études, lorsque l'étudiant ne dispose d'aucun revenu ou s'ils sont très faibles, une période dite de différé d'amortissement peut être mise en place, dans la limite de 4 à 7 ans selon les banques. Si le différé est partiel, les échéances du prêt pendant cette période sont limitées aux intérêts et à la cotisation d'assurance ; soit, par exemple, 25,17 € par mois pour un prêt de 10 000 €, à 3,25 % l'an souscrit à la Société générale sur 6 ans. Une fois la période de différé terminée (ici 3 ans), le remboursement du prêt commence, avec des échéances incluant aussi le remboursement du capital. Soit, dans l'exemple précédent, 293,37 € par mois pendant 3 ans. Le différé peut aussi être total, avec des échéances ne comportant que la cotisation d'assurance. À la BNP-Paribas, au CCF ou à la Bred, il est même possible de ne rien payer pendant le différé total. Cette modalité est certes séduisante pour un étudiant au budget très serré, mais elle augmente sensiblement le coût final du crédit : en effet, les intérêts qui courent depuis le déblocage des fonds, et dont le paiement est différé, viennent s'ajouter au capital initialement emprunté (ainsi que, le cas échéant, les cotisations d'assurance). Un prêt de 10 000 € au taux de 3,75 %, hors frais et assurance, sur une durée totale de 6 ans dont 3 ans de différé, coûte 1 700 € avec un différé partiel, mais 1 812 € avec un différé total. Par comparaison, le même prêt sans aucun différé reviendrait à 1 171 €.

Jusqu'à quel âge est-il possible d'emprunter ?

Certains établissements imposent un âge maximal lors de la souscription du prêt : 25 ans au CIC-Paris, 28 ans à la Bred ou 29 ans au Crédit du Nord par exemple. Autrement dit, ceux qui entreprennent des études sur le tard devront se tourner vers d'autres prêteurs, qui n'imposent pas une telle limite. Mais dans ce cas, attention au coût de l'assurance emprunteur. Ainsi, au Crédit lyonnais, l'assurance qui couvre le décès, la perte totale d'autonomie et l'incapacité de travail coûte, par an, 0,384 % du capital emprunté jusqu'à 36 ans, mais 0,54 % du capital emprunté pour les plus de 36 ans. Même principe à la MASCF où l'assurance se résume, pour les moins de 30 ans, à une prime unique de 3,15 € par tranche de 1 000 € empruntés (versée en une fois, au moment de la mise à disposition des fonds), quelle que soit la durée d'emprunt, ce qui en fait la garantie la moins chère du marché. Mais les emprunteurs de 30 ans et plus doivent payer 0,09 % par an du capital emprunté, ce qui reste modique. En revanche, au Crédit agricole Nord-de-France ou à la Société générale, banques où il n'existe là non plus aucune limite d'âge pour souscrire un prêt étudiant, le montant de la cotisation ne change pas, ce qui est un avantage certain pour les plus âgés.

Qu'est-il possible de financer avec un prêt étudiant ?

À peu près tout puisque ce crédit est un prêt personnel non affecté pour lequel les banques n'exigent aucun justificatif d'utilisation des fonds. Ceux-ci peuvent donc servir à payer les frais de scolarité, le dépôt de garantie du studio, les dépenses d'équipement ménager, tout comme le loyer, les frais de transport, de téléphone, etc. Cependant, si parmi les dépenses à financer figure l'achat d'un ordinateur portable, les prêts spécifiques, proposés pour la rentrée 2005 par la plupart des grandes banques, dans le cadre de l'opération "un ordinateur pour 1 € par jour" lancée en 2004 par le gouvernement, peuvent se révéler plus avantageux. Leur montant et leur durée sont beaucoup plus limités (3 000 € et 3 ans environ selon les établissements) et ces prêts ne comportent pas de différé d'amortissement. Mais pour ceux qui disposent de ressources suffisamment importantes pour rembourser au moins 1 € par jour, soit 30 € par mois (pour un prêt de 1 000 € sur 3 ans par exemple), ce minicrédit affecté est plus intéressant qu'un crédit étudiant ordinaire, car son taux d'intérêt hors assurance (2,90 % au Crédit lyonnais et 2,96 % à la BNP-Paribas par exemple) est très proche des meilleurs taux des prêts étudiant et, de plus, compte tenu de la faiblesse des sommes en jeu, on peut faire sur un tel prêt l'économie de l'assurance décès invalidité.

Quels sont les critères pour obtenir les meilleures conditions de taux ?

La majorité des banques (Caisse d'épargne IDF-Paris, Crédit lyonnais, BNP-Paribas, Société générale) ont fait le choix de réserver de meilleures offres aux étudiants des filières les plus porteuses en termes d'emploi et de rémunérations (ENA, Essec, HEC, certaines écoles d'ingénieurs, médecine...). Elles leur proposent un taux d'intérêt moindre, de l'ordre de 2,90 % l'an hors frais, quelle que soit la durée d'emprunt. À la Bred, non seulement le taux est plus intéressant, mais le montant accordé et la durée du prêt sont plus élevés, si besoin. Si vous ne suivez pas une telle filière, rien ne vous empêche de tenter de négocier des conditions financières similaires. En faisant valoir, par exemple, que vos parents sont clients de l'établissement. Toutefois, parmi les banques que nous avons interrogées, seul le Crédit du Nord annonce un taux préférentiel pour les enfants de ses clients de 3,50 % hors frais et assurance, au lieu de 4,50 % pour les autres étudiants. Quant aux autres établissements (CCF, Crédit agricole Nord-de-France, CIC-Paris, MACSF), ils ont fait le choix d'une politique tarifaire unique, quels que soient le profil ou le cursus de l'étudiant.

Vaut-il mieux souscrire un emprunt pour toute la durée des études, ou un nouvel emprunt chaque année ?

Il est possible de souscrire plusieurs années de suite, éventuellement auprès d'une banque différente, un prêt qui corresponde chaque fois à vos besoins financiers du moment. Cela, pour éviter d'emprunter sans nécessité réelle, et pour ne pas être tenté de dépenser trop vite un capital appelé à durer plusieurs années. Mais cette méthode a plusieurs inconvénients. Tout d'abord, l'obtention d'un nouveau prêt n'est pas certaine, surtout si, entre-temps, l'étudiant ne peut plus bénéficier de la caution de ses parents ou d'un tiers, ou s'il a connu des difficultés de paiement sur un prêt précédent. Ensuite, il n'est pas sûr que les taux actuels, extrêmement bas, perdurent d'ici à l'année prochaine, ni a fortiori pendant deux ou trois ans. Parmi les prêteurs que nous avons interrogés, seule la MACSF, garantit son taux actuel de 3 % hors assurance, jusqu'au 30 juin 2006. Il peut donc être préférable de souscrire un emprunt unique, mais auprès d'un établissement acceptant de débloquer les fonds en plusieurs fois, par exemple à chaque début d'année universitaire. C'est possible sans frais dans six banques de notre sélection (voir tableau ci-contre). Autre avantage de cette modalité, elle allège le coût de l'emprunt, puisque les intérêts sur chaque tranche du prêt ne sont décomptés qu'à partir du moment où la somme est mise à disposition de l'emprunteur. Une alternative consiste, si le déblocage échelonné n'est pas possible, à placer les fonds sur un livret d'épargne (Livret Jeunes notamment, jusqu'à 1 600 €), où ils fructifieront avant d'être utilisés.

Quelles sont les garanties exigées par les banques ?

Tout d'abord, vous devez pouvoir bénéficier de la caution d'un parent ou d'un tiers solvable, même si certains établissements (BNP-Paribas, Crédit lyonnais...) nous ont affirmé qu'ils ne l'exigent pas systématiquement. Vous devez par ailleurs ouvrir un compte auprès de l'établissement prêteur (à la Société générale pour la MASCF). Enfin, il est fortement conseillé, même si elle n'est pas formellement obligatoire, de souscrire l'assurance emprunteur proposée par la banque, contre le risque de décès et d'invalidité absolue et définitive. Attention : au CIC-Paris, seul le risque de décès est couvert, ce qui à notre avis est insuffisant. En revanche, il est inutile d'opter pour une garantie couvrant en plus le risque d'incapacité temporaire totale de travail (ITT), sauf dans le cas d'un étudiant percevant par ailleurs des revenus professionnels dont il a besoin pour honorer les échéances du prêt.

Que se passe-t-il en cas de difficultés de remboursement ?

Ces difficultés peuvent survenir en particulier si, au terme de ses études, l'emprunteur ne trouve pas d'emploi. S'il est encore en période de différé, partiel ou total, certaines banques permettent une prolongation du différé, à condition qu'il n'ait pas atteint sa durée maximale. Dans certains établissements, ce réaménagement est facturé (30,30 € par exemple à la Société générale), dans d'autres, comme le Crédit agricole Nord-de-France, il est exclu, ce qui est plutôt rédhibitoire, vu les incertitudes sur l'emploi futur de beaucoup d'étudiants. Si des difficultés surgissent pendant la période de remboursement de votre prêt, vous pouvez demander à minorer le montant de vos mensualités, ce qui allongera la durée du prêt. Mais là encore, cet aménagement n'est possible que s'il est prévu au départ et si vous n'avez pas déjà atteint la durée maximale prévue pour cette période. Si tel est le cas, on peut essayer de négocier un aménagement amiable avec le prêteur, qui n'a pas intérêt à se trouver confronté à un impayé. En revanche, il est déconseillé, pour solder ce premier prêt, d'en souscrire un autre, ce qui risque d'être le début d'un enchaînement conduisant au surendettement. Roselyne POZNANSKI


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