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Les contrats d'entretien : pas toujours rentables

Octobre 2002
Le Particulier n° 958, article complet.

Payer à l'avance les dépenses d'entretien : voilà ce que proposent les contrats de maintenance des constructeurs. Chers, ils représentent toutefois une assurance tranquillité pour les automobilistes qui choisissent de fréquenter uniquement le réseau de la marque.

Au moment d'acheter une voiture neuve, les vendeurs proposent quasi systématiquement une prestation qui prend en charge les opérations prévues par le carnet d'entretien – et parfois davantage – pour une somme forfaitaire. Le constructeur, via son réseau de concessionnaires, s'occupe alors de tout, en principe, même des imprévus. Du moins, c'est ainsi que sont présentés les contrats dits "d'entretien" ou "de maintenance".

Presque tous les constructeurs en proposent à leurs clients particuliers. Sauf Ford qui ne vend ce service qu'aux clients qui optent pour une formule de location longue durée (Idée Ford). Un des principaux intérêts pour les concessionnaires et agents, c'est la fidélisation des automobilistes. Car la souscription d'un contrat d'entretien s'accompagne toujours de l'obligation de fréquenter le réseau. Les opérations d'entretien du véhicule doivent se faire chez un agent ou concessionnaire de la marque. Seul le groupe Fiat admet qu'une Fiat, une Alfa Roméo ou une Lancia soit entretenue chez un professionnel du groupe, quelle que soit la marque de la voiture.

Sont compris dans les contrats : les visites régulières, les vidanges, le remplacement des pièces d'usure (en particulier les plaquettes de frein) et la main-d'œuvre. En principe, le changement du filtre à air, du filtre à huile, des bougies et l'entretien de la climatisation sont aussi inclus puisqu'il s'agit d'opérations régulières prévues par le constructeur et inscrites dans le carnet d'entretien. Le client doit respecter scrupuleusement ses préconisations. Les contrats d'entretien comportent néanmoins des exclusions. Ainsi, les pneus ne sont pas compris dans les opérations d'entretien. Seuls Fiat et Peugeot proposent ce service, mais sur option payante. Par exemple : pour une Peugeot 406 1.8 16V ST, le tarif "pneus compris" est de 1 632 € contre 1 480 € pour le contrat de maintenance classique (48 mois - 60 000 km). Peugeot propose une autre option : la couverture des pneus hiver. Enfin, le passage au contrôle technique est parfois prévu dans les contrats d'au moins 48 mois (voir les contrats Renault, Peugeot et Icare cités dans notre tableau p. 77).

Des contrats limités en temps et en kilomètres.

Les contrats sont conclus pour une durée et un kilométrage limités. En principe, le premier des deux termes atteint met fin au contrat. Pour un contrat de 36 mois pour 60 000 km, par exemple : si le véhicule dépasse 36 mois alors qu'il n'a parcouru que 40 000 km, le contrat n'a plus cours. Idem si le véhicule atteint 60 000 km au bout de 24 mois. Les contrats Icare et Citroën font exception à cette règle : très intéressants pour les gros rouleurs, ils n'imposent aucune limitation de kilomètres. La souscription se fait au moment de l'achat de la voiture neuve en concession, où le contrat de la marque est alors proposé. Mais un concessionnaire, voire un vendeur de crédit, peut également proposer le contrat de la société Icare dont la particularité est d'être multimarque. Comme pour un contrat de marque, le client fréquente le réseau sans régler de factures, dès lors que les opérations sont prévues dans l'entretien. Cependant, les opérations doivent donner lieu à un accord préalable d'Icare qui règle ensuite, directement, le professionnel pour son travail. Enfin, la majorité des contrats peut être souscrite dans les 12 mois suivant l'achat. Mais attention : la prime à débourser et la durée du contrat sont calculées à partir de la date de première mise en circulation. Un particulier qui souscrit le 30 décembre 2002 paiera la même somme que celui qui a souscrit le 1er janvier 2002.

En cas de revente de la voiture, les contrats d'entretien sont cessibles au nouveau propriétaire. L'autre volet du contrat de maintenance, c'est une extension de garantie. La grande majorité des produits proposés ont pour effet de prolonger la garantie constructeur jusqu'au terme du contrat de maintenance. Les pièces défectueuses ou qui pourraient lâcher au-delà des 2 années de garantie contractuelle accordées par les constructeurs, sont alors remplacées gratuitement. En principe, le client n'a rien à débourser pour un démarreur qui rend l'âme ou des amortisseurs à la durée de vie trop courte puisqu'un passage chez un agent ou concessionnaire de la marque suffit pour effectuer les réparations. Certains contrats prévoient même le prêt d'une voiture durant l'immobilisation du véhicule (chez Renault, cette option est payante). Dernier service proposé (dont les constructeurs n'ont pas le monopole) : une assistance en cas de panne. Il s'agit d'offrir la possibilité d'être dépanné soit sur place, soit dans l'atelier d'un garage de la marque, accompagnée le plus souvent d'une prise en charge en cas d'immobilisation prolongée (billet de retour ou de destination, voire prêt d'un véhicule de remplacement). Toutefois, les réparations peuvent être à la charge du client. En effet, comme nous allons le voir, toutes les opérations ne sont pas comprises dans les contrats de maintenance. De surcroît, cette assistance, dont l'objectif avoué est d'orienter les clients vers les réparateurs de la marque... et eux seuls, peut devenir un vrai casse-tête pour les automobilistes. En effet, en cas de panne sur l'autoroute, l'automobiliste n'a pas le choix du dépanneur qui doit l'orienter vers le garage le plus proche. Si ce dernier n'est pas un agent de la marque, il faut alors appeler une deuxième dépanneuse qui se chargera d'acheminer le véhicule vers le réparateur ad hoc.

Des exclusions trop nombreuses.

Les conséquences d'un accident ou d'un usage anormal du véhicule font partie des nombreuses exclusions. De plus, outre les pneus qui ne sont généralement pas remboursés, les contrats excluent les conséquences des travaux non effectués dans le réseau de la marque, les accessoires qui ne sont pas d'origine, les vitres et les optiques, l'intérieur de l'habitacle (en particulier les sièges), la carrosserie. Plus difficilement compréhensible, certains contrats vont même jusqu'à exclure "l'appoint de liquide lave-glace entre les révisions" ou encore "la recherche de bruits"

En définitive, quel est l'intérêt d'un contrat de maintenance ? Assurer la tranquillité de l'automobiliste. L'entretien régulier de la voiture, une extension de garantie et une assistance le mettent en effet à l'abri des aléas. La souscription d'un tel contrat présente aussi l'avantage de prévoir le montant de ses dépenses d'entretien. Cette "assurance tranquillité" peut soit se régler au départ pour un nombre déterminé d'années, soit se concevoir, en cas de mensualisation (voir ci-contre), comme partie intégrante du budget auto mensuel qui comprend à la fois le remboursement du crédit, les dépenses d'entretien, voire une partie de la prime d'assurance auto.

Un avantage financier discutable.

Les constructeurs le reconnaissent aisément : le contrat d'entretien n'est pas rentable pour les petits rouleurs, ceux qui effectuent un peu moins de 15 000 km par an en moyenne. Ainsi, le propriétaire d'une Clio qui souscrit un contrat d'entretien pour 50 000 km et 3 ans par exemple, paiera 960 €. Or, les dépenses prévisibles sont une révision d'entretien à 30 000 km (forfait de 93 € ou 129 € selon la qualité de l'huile moteur), le changement de ses plaquettes de freins (forfait de 78 €), le changement de ses balais d'essuie-glace avant et arrière une fois par an (42 x 3 = 126 €), le remplacement des bougies (52 €) et, si sa voiture en est équipée, une ou deux révisions de la climatisation avec changement du filtre (soit 75 € x 2 = 150 €). Total prévisible : 535 € (sur la base des tarifs relevés dans le réseau Renault, à Paris). Ce calcul s'applique également aux autres marques de voitures. Le réseau Peugeot, par exemple, pratique sensiblement les mêmes tarifs. L'entretien peut même revenir encore moins cher puisque beaucoup de concessionnaires et agents pratiquent des tarifs plus bas qu'à Paris.

Quant aux automobilistes à la recherche d'économies supplémentaires, ils peuvent s'adresser à des centres-autos qui se chargent de l'entretien de leur voiture à des tarifs compétitifs. Le réseau Norauto, par exemple, propose un forfait révision à 53,63 € ou 72 € selon la qualité de l'huile. Problème : la garantie constructeur, aujourd'hui de 2 ans dans la majorité des cas, suppose que le véhicule soit entretenu dans le réseau.

En revanche, les gros rouleurs peuvent éventuellement trouver un intérêt aux contrats d'entretien. Beaucoup dépend alors de la conduite et de la qualité de la voiture. Pour une Peugeot 406 Hdi, le contrat de maintenance (48 mois/100 000 km) revient à 2 248 € (au comptant).

Sans contrat, et selon les chiffres fournis par le constructeur lui-même, il faut compter, au minimum, le coût des révisions d'entretien (564 €), les changements de plaquettes de freins (372 €) et des pièces comme les balais d'essuie-glace ou les ampoules (600 €), voire la courroie de distribution (146 €). Total : 1 682 €. Soit, là encore, une économie de 25 %.

Cependant, aux environs des 100 000 km, l'usure du véhicule est plus prononcée. Dans notre exemple, l'automobiliste aura peut-être aussi besoin de changer les amortisseurs (estimation tarif Peugeot 767 €), les disques de freins avant (209 €), la batterie (67 €), le silencieux d'échappement (180 €), voire l'embrayage (628 €). Le contrat d'entretien agit alors pleinement comme une assurance, puisque les opérations citées sont comprises (à condition de fréquenter le réseau

). Ce type de contrat prend alors tout son intérêt. De plus, entre l'anniversaire des 24 mois et le terme du contrat, 48 mois, le client bénéficie de la prolongation de la garantie constructeur.

À partir de 100 000 km, les contrats deviennent beaucoup plus chers. De ce point de vue, les contrats Icare et Citroën, qui n'imposent pas de limites kilométriques, sont très intéressants pour les automobilistes qui roulent beaucoup.

Mais la faiblesse de tous ces contrats reste leur caractère contraignant.

Il y a tout d'abord l'obligation de fréquenter le réseau de la marque. Si le concessionnaire se trouve loin du domicile ou encore si son carnet de rendez-vous l'empêche d'intervenir rapidement sur le véhicule, le client ne peut que se résigner. De plus, les tarifs pratiqués par les réparateurs indépendants, voire par les spécialistes de la réparation rapide en matière d'entretien, sont souvent très compétitifs. Il faut également souligner qu'à de très rares exceptions – Volvo notamment –, le contrat est limité à la France. Ce qui pénalise tous ceux qui voyagent souvent à l'étranger. Enfin, il est toujours difficile de prévoir a priori les kilomètres que l'automobiliste devra parcourir dans un temps donné. Le seuil kilométrique fixé dans le contrat peut alors agir comme un couperet pour celui qui dépasse ses prévisions.


Mots-clés :

AUTOMOBILE , ENTRETIEN




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