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Une taxe pour conduire en ville

Une taxe pour conduire en ville
Mars 2009
Le Particulier Immo n° 251, article complet.
Auteur : PELLEFIGUE (Marie)

Le péage urbain, taxe qui peut revêtir différentes formes, limite l'accès des véhicules à moteur à des villes ou centres-villes européens. L'expérience pourrait bien être tentée en France. Elle fait en tout cas partie des pistes envisagées après le Grenelle de l'Environnement.

Le principe : Une taxe destinée à décongestionner la voirie, à inciter les habitants à utiliser les transports publics. Elle relève d'une politique volontariste des municipalités. Sous forme de vignette annuelle, dont le montant dépend du degré de pollution du véhicule, ou d'un droit fixe. Perçue sur chaque voiture entrant dans le centre-ville ou utilisant un tronçon de route.

En France, l'ère pompidolienne, où la ville devait s'adapter à la voiture, est bel et bien révolue. Nécessité de baisser les niveaux de pollution intra-urbaine, désir de désengorger les centres-villes saturés de véhicules, volonté de développer des politiques qui visent à privilégier les transports en commun... Suscitant souvent de vifs débats, un nombre croissant de municipalités a décidé de mener une politique active de diminution du trafic routier. Pour le moment, les moyens privilégiés sont d'ordre dissuasif : agrandissement des trottoirs, développement des transports en commun en site propre (couloirs de bus fermés, tramway...). Mais quelques voix s'élèvent pour importer dans l'Hexagone le système du péage urbain, déjà en place dans plusieurs grandes villes européennes. Dont une qui pourrait s'avérer décisive : Nicolas Sarkozy, dans le discours de clôture du Grenelle de l'Environnement, a affirmé sa volonté d'autoriser les collectivités locales à mettre une place des péages urbains, et de les utiliser pour favoriser un développement durable des transports.

Les pollueurs payeurs

Le principe est simple. Il consiste à faire payer aux automobi­listes une taxe qui les autorise à circuler sur tout ou partie d'un territoire urbain.

Ce type de taxation peut revêtir plusieurs formes : vignette, abonnement, paiement au passage... Il ne s'agit pas de recréer l'octroi du Moyen Âge, qui donnait le droit aux voyageurs d'entrer dans la ville fortifiée, mais de permettre aux collectivités locales de réorganiser la mobilité urbaine. Et de diminuer significativement le niveau de pollution.

Un enjeu d'importance

Aussi sont-elles généralement libres de fixer leurs propres règles de taxation et autorisées à décider de l'affectation des ressources collectées. L'enjeu est important : en Europe, selon la taille de l'agglomération, les recettes oscillent entre quelques dizaines de millions et 200 millions d'euros.

Expériences positives dans différentes capitales

Le plus connu des péages est celui que Ken Livingstone, ancien maire de Londres, a mis en place en 2003 autour de Westminster et de la City et qu'il a élargi en 2007 aux quartiers chics de l'ouest de la capitale britannique. Son but était de réduire la congestion du centre-ville et d'améliorer la qualité des transports publics. Plus de cinq ans après le début de cette expérience, le résultat est probant, puisque le trafic a baissé de 26 % à 30 % dans le secteur couvert par le péage urbain, rendant les déplacements en bus plus fiables et contribuant à faire baisser la pollution. Autre exemple : à Oslo, un péage urbain a été instauré autour de l'agglomération. Sa mise en place a permis de récolter ­suffisamment de fonds pour financer la ­construction d'un tunnel sous le centre-ville, rendant celui-ci aux piétons, vélos et transports en commun, et fluidifiant le trafic. L'instauration d'un péage urbain à Stockholm, qui répondait aux mêmes objectifs, a contribué à accroître l'accessibilité des différentes îles et presqu'îles de la capitale suédoise. Désormais, les habitants utilisent davantage les bus, plus rapides en raison de la diminution du trafic autoroutier. En parallèle, cette taxation a amélioré l'environnement, avec des baisses d'émission polluantes de 10 % à 14 %. C'est cet effet seul que Milan, se distinguant en cela légèrement de ses voisines européennes, recherchait en instaurant son péage urbain : la capitale lombarde a réservé la gratuité d'accès à son centre-ville aux seuls véhicules les moins polluants. Les autres doivent s'acquitter d'une taxe. L'idée est la même, mais sa mise en œuvre plus restrictive encore à Berlin, Cologne et Hanovre – en Allemagne –, où les zones de circulation sont déterminées selon le niveau d'émissions polluantes du véhicule considéré : les moins « éco-respectueux" n'ont accès qu'à une zone résiduelle...

Marie Pellefigue

 


Mots-clés :

EUROPE , PEAGE , TRANSPORT URBAIN




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