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Permis de conduire, le prix de la réussite

Permis de conduire, le prix de la réussite
Juillet-Août 2005
Le Particulier n° 991, article complet.
Auteur : DESHAYES (Sylvain)

5??  conduire coûte cher, au minimum 1 000 €. Or les chances de réussite au permis dépendent pour une grande part de la qualité de l'auto-école. Voici les critères pour sélectionner les plus sérieuses et faire ainsi baisser la facture.

Le plaisir de la réussite ne doit pas être gâché par des coûts imprévus

Dans un rapport parlementaire publié le 25 janvier dernier, le député Jean-Michel Bertrand écrivait : "Il faut compter en moyenne entre 1 000 € et 1 200 € pour obtenir son permis." Ce qui représente une dépense importante. Mais cette moyenne cache de grandes disparités : si les candidats utilisant la formule de la conduite accompagnée peuvent espérer se situer en bas de la fourchette, en raison d'un meilleur taux de réussite à l'examen, d'autres devront passer les épreuves plusieurs fois et dépenser plus de 1 500 €. L'opération du "permis de conduire à 1 € par jour", lancée le 1er septembre prochain, ne fera pas baisser ces coûts, mais permettra seulement de les étaler dans le temps, à raison de 30 € par mois pendant 30 à 40 mois environ (voir encadré p. 78). D'autre part, il est difficile de prévoir avec précision ses dépenses à l'avance, puisque les tarifs affichés ne sont pas toujours très clairs. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a ainsi constaté que, sur plus de 800 auto-écoles contrôlées fin 2004, seules 55 % se conformaient à leurs obligations d'information du consommateur. Ces tarifs proposés sont ceux des "forfaits". En général, un forfait comprend la séance d'évaluation préalable (obligatoire), 20 heures de conduite, les cours de code (en nombre illimité jusqu'à l'obtention de l'examen), le coût de l'inscription aux épreuves théorique et pratique, ainsi que du matériel pédagogique (le livret d'apprentissage et, parfois, un livre de code).

Méfiez-vous des forfaits aux prix cassés.

Selon le mensuel La Tribune des auto-écoles, le prix moyen des forfaits varie fortement à l'intérieur d'une même ville. À Montauban, par exemple, ils vont de 650 € à 870 €, à Paris, ils varient du simple au double : de 599 € à 1 186 €

Dans ces conditions, il est tentant de choisir son auto-école en se basant sur le forfait le moins cher. Cependant, dans ce domaine, "il faut se méfier des prix d'appel trop bas", conseille Jean Darrigrand, président de l'association des CER (Centres d'éducation routière). Avant de choisir une auto-école, il faut donc comparer le contenu des forfaits. Si certains incluent un livre de code, un livre d'exercices et l'accès libre et illimité à un ordinateur pour s'exercer aux questions du code, d'autres ne comprennent aucune de ces prestations, pourtant très utiles. Par ailleurs, économiser 100 € ou 150 € sur un forfait qui ne comprend pas l'inscription aux épreuves théorique et pratique est une mauvaise affaire, puisque cette formalité coûte entre 110 € et 180 € selon les auto-écoles. Enfin, certaines facturent des frais de dossier et d'autres non. Les auto-écoles en réseau, comme l'École de conduite française (ECF) ou les CER, n'en réclament pas. ECF et CER proposent un forfait comparable où tout est compris... dans la limite, toutefois, des 20 heures de conduite obligatoires.

Le forfait de 20 heures de conduite est largement insuffisant.

"Il faut, en général, entre 27 et 30 heures de cours pour pouvoir passer l'examen pratique", souligne Jean-Michel Bertrand. D'ailleurs, la réforme de l'examen de conduite, entamée en 2003, a allongé la durée de l'épreuve de 20 à 35 minutes, ce qui suppose une formation plus longue et plus rigoureuse. Sur la base de 30 € en moyenne l'heure supplémentaire de conduite, il faut donc ajouter entre 210 € et 300 € au prix du forfait. S'il réussit l'examen pratique du premier coup, le candidat aura déboursé la somme de 1 000 €, en moyenne. Mais seuls 48 % des candidats (hors conduite accompagnée) franchissent avec succès toutes les épreuves la première fois. Et 52 % seulement réussissent l'épreuve de code du premier coup. En cas d'échec, à ce budget d'environ 1 000 €, il faut ajouter entre 45 € et 90 € pour se réinscrire à l'examen de conduite, de 50 € à 90 € pour l'examen de code, et de 120 € à 180 € de plus pour 4 à 6 leçons de conduite avant l'examen. Au final, pour réussir à la deuxième tentative du code et de la conduite, il est plus raisonnable de tabler sur un budget de 1 200 € à 1 300 €.

Choisir une auto-école de qualité.

Mais, entre deux auto-écoles pratiquant des forfaits au même prix, comment distinguer celle qui dispense le meilleur enseignement, gage de réussite aux examens ? D'abord, en se renseignant sur la notoriété et l'ancienneté de l'auto-école. Rien ne remplace le bouche à oreille pour se faire une première idée de la qualité de l'enseignement de la conduite. Ensuite, vous devez vous assurer de la qualité des cours de code, en demandant, notamment, si des cours réguliers (au moins deux par semaine) sont prévus et s'ils sont dispensés par des moniteurs diplômés. En effet, certains établissements se contentent d'organiser de simples tests, sans fournir ni commentaire ni explication, laissant les candidats livrés à eux-mêmes, ce qui est très insuffisant. "Il faut donner de vrais cours aux candidats", insiste Béatrice Fleurier, de l'ECF de Nevers. Ceci est d'autant plus nécessaire que la réforme de l'examen introduite en 2002 et 2003 fait davantage appel à la réflexion qu'au bachotage. "Il s'agit d'une épreuve qui repose autant sur l'acquisition de connaissances que sur l'apprentissage de la sécurité routière", confirme Yves Le Breton, sous-directeur de l'Éducation routière au ministère des Transports. Du coup, le code est devenu difficile à décrocher. Actuellement, le taux de réussite est seulement de 53 %. Il est donc indispensable, non seulement de suivre de manière assidue de bons cours, mais encore de travailler chez soi.

Enfin, avant de choisir une auto-école, vous pouvez aussi vous renseigner sur son taux de réussite aux examens. Cette information n'est pas communiquée spontanément par les professionnels. Il faut donc la demander. Si vous essuyez un refus, vous pouvez vous adresser à la préfecture qui doit vous la donner. Ce chiffre est précieux pour deux raisons. D'abord, il permet de repérer les écoles qui se situent dans la moyenne du département et celles qui, avec des forfaits à prix cassés, n'assurent pas un enseignement d'un niveau acceptable. Ensuite, il garantit qu'en cas d'échec aux épreuves la première fois, le candidat sera rapidement représenté à l'examen par son auto-école. En effet, lorsqu'un candidat s'inscrit dans une auto-école, il est sûr d'avoir une place le jour où il se présentera à la conduite pour la première fois. Comme l'administration octroie 1,4 place d'examen en moyenne par candidat, plus le taux de réussite à la première présentation est élevé et plus l'auto-école dispose de places rapidement pour présenter une nouvelle fois ceux qui ont échoué. Résultat : après un échec, l'attente sera moins longue pour une deuxième présentation à l'examen de conduite. À l'inverse, une auto-école qui a de mauvais résultats doit faire patienter plus longuement ses élèves avant de les représenter. Ils devront prendre des cours plus nombreux pour ne pas perdre la main... et ainsi dépenser davantage. Le temps d'attente pour se représenter à la conduite, selon que l'on s'adresse à une "bonne" ou à une "mauvaise" auto-école, peut être multiplié par deux. Et lorsqu'on prend en compte les délais administratifs, dans certains départements, les candidats doivent patienter entre 2 et 4 mois avant de pouvoir repasser l'épreuve.

Un minimum de 4 mois pour passer son permis.

L'apprentissage de la conduite prend du temps. D'abord, parce qu'il y a obligatoirement une séance d'évaluation et 20 heures de conduite. Ensuite, parce que les délais administratifs sont incompressibles : il faut compter au moins 1 mois après l'enregistrement du dossier en préfecture pour pouvoir passer l'examen de code, puis 15 jours pour la conduite. Et encore, à condition que les plannings d'examen ne soient pas trop chargés et que l'on puisse vous attribuer une place immédiatement. Le tout peut prendre entre 4 et 6 mois, notamment si vous devez vous représenter une deuxième fois à une épreuve. Au cours de cette période, il est préférable de ne pas changer d'auto-école. Certes, rien n'empêche un candidat de le faire. Il suffit, pour cela, qu'il récupère son dossier administratif auprès de son auto-école qui a l'obligation de le lui restituer. Dans la pratique, certains établissements traînent les pieds. Il faut alors saisir la préfecture. Ensuite, si le candidat a déjà acquitté la totalité de son forfait, il devra en récupérer une partie. Ce qui pose parfois certains problèmes (sauf pour ceux qui ont pris la précaution de payer en plusieurs fois). Enfin, il devra faire accepter son dossier par une autre auto-école. Or, concrètement, peu d'établissements prennent l'inscription de candidats externes. "Nous, nous n'avons pas de problème de place pour les accueillir. Mais le cas de notre ville reste exceptionnel", confirme Alain Malbert, gérant d'une auto-école à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron). Seul le groupement ECF prend l'engagement de trouver une solution à ses clients qui ne peuvent mener à bout leur formation dans la même ville. Mais certaines auto-écoles facturent des frais supplémentaires (entre 40 € et 100 €) aux nouveaux arrivants. Un changement d'auto-école est donc à la fois difficile et coûteux.

L'apprentissage anticipé de la conduite (AAC) permet de bien meilleurs résultats.

Son taux de réussite au permis est de 71 %, contre 48 % avec l'apprentissage classique. Rappelons qu'avec l'AAC, le candidat peut, dès l'âge de 16 ans, passer l'examen de code, effectuer les 20 heures de leçons de conduite obligatoires en auto-école, puis conduire 3 000 km avec un accompagnateur (âgé de plus de 28 ans et titulaire du permis depuis plus de 3 ans). Au cours de cette période, deux rendez-vous pédagogiques avec l'auto-école sont obligatoires, l'un vers les 1 000 premiers kilomètres et l'autre après les 3 000. Au terme de ce parcours et dès 18 ans, il peut enfin passer l'épreuve de conduite. Si, avec l'AAC, ses chances de réussite sont 50 % plus élevées, le jeune candidat doit trouver un proche – en général, un parent – acceptant de l'encadrer au cours des 3 000 km de conduite. "L'AAC suppose que le jeune et ses parents s'entendent bien et qu'ils disposent de suffisamment de temps", insiste Philippe Auger, du CER du XIIIe arrondissement de Paris.

Pas de surprime d'assurance pour les lauréats de l'AAC.

Certes, le prix du forfait pour un jeune qui choisit la conduite accompagnée est souvent un peu plus élevé de 100 à 120 € que celui proposé dans le cadre de l'apprentissage classique. Mais il n'a pas à prendre 7 ou 10 leçons supplémentaires (soit au moins 210 € de plus) pour passer son examen, contrairement à celui qui opte pour l'apprentissage traditionnel. Et comme il a davantage de chances de réussite à l'examen, cette méthode revient donc environ 20 % moins cher dans la majorité des cas (voir p. 79).

Côté assurance, l'AAC est également plus avantageux. En effet, un jeune conducteur ayant passé son permis avec la méthode traditionnelle se voit, en général, proposer une assurance dont le tarif est doublé la première année et majoré la deuxième. En revanche, un jeune ayant eu son permis grâce à l'AAC voit son tarif majoré de 50 % seulement la première année et uniquement celle-là. Chez Axa, par exemple, un jeune conducteur d'une Renault Modus habitant Grenoble, paiera, sans AAC, 2 467 € la première année et 1 177 € la deuxième pour une assurance tous risques. Avec AAC, la note tombera à 1 930 € et 735 €. Sur 2 ans, il économisera ainsi 979 €. Certains assureurs (Maif, Filia-Maif ou Macif) suppriment même totalement la surprime dès la première année pour les jeunes conducteurs avec AAC. À la Macif, par exemple, pour la même voiture, un jeune conducteur qui a passé son permis sans AAC paiera, pour une assurance au tiers, à Paris, 560 € la première année et 443 € la deuxième, contre 325 € et 309 € avec l'AAC (tarif normal, sans surprime). Soit une économie totale de 369 € en faveur du conducteur qui a choisi la conduite accompagnée. Ce qui réduit d'autant le coût réel du permis.

Sylvain Deshayes


Mots-clés :

AUTO-ECOLE , PERMIS DE CONDUIRE




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