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Les charmes de plus en plus discrets du diesel

Février 2008
Le Particulier n° 1022, article complet.
Auteur : DESHAYES (Sylvain)

Le prix du carburant à la pompe ne doit pas être la seule motivation pour choisir sa voiture. Surtout à une époque où l'on roule de moins en moins. Voici les éléments à prendre en compte pour comparer motorisations essence et Diesel.

Faut-il encore préférer une voiture neuve qui roule au gazole ? La question peut sembler saugrenue puisque près des trois quarts des voitures vendues en France sont des Diesel, 73,6 % exactement sur les neuf premiers mois de 2007 selon le Comité des constructeurs automobiles français (CCFA). D'ailleurs, Renault et surtout PSA Peugeot Citroën ont fait de cette motorisation leur cheval de bataille commercial. Et les automobilistes ne semblent pas s'en plaindre. Pourtant, qu'en est-il d'un point de vue strictement budgétaire ? En effet, pour que l'achat d'une voiture Diesel soit intéressant, il faut que sa consommation de carburant, plus faible, et que le prix du gazole, moins cher que celui du super, puisse compenser l'écart de prix payé par rapport à une voiture essence. Pour être sûr d'amortir ce surcoût à l'achat, il faut donc rouler beaucoup ou garder sa voiture longtemps. Or, les Français roulent de moins en moins : à peine plus de 13 000 km par an en moyenne actuellement, contre 14 500 km environ en 2000. Par ailleurs, depuis le 1er janvier de cette année, le gouvernement a imposé un nouveau système de bonus-malus écologique qui modifie quelque peu les prix de vente des voitures neuves. La question de la rentabilité d'une voiture Diesel se pose donc aujourd'hui sur de nouvelles bases. Avant de vous décider pour l'une ou l'autre version, examinez, poste par poste, ses avantages et ses inconvénients.

Les modèles Diesel restent presque toujours plus onéreux à l'achat.

La sobriété, la qualité et la souplesse d'utilisation des nouveaux moteurs Diesel plaident en faveur de cette motorisation. Mais, en contrepartie, la facture est parfois assez salée. En effet, pour des modèles de puissance comparable et de finition identique, la version Diesel est quasiment toujours plus chère que la version essence. Par exemple, on relève un peu plus de 2 000 € d'écart entre une Renault Twingo Dynamique 1.2 essence (60 ch) et la 1.5 dCi (65 ch), son homologue Diesel. La première est affichée à 11 600 € et la seconde à 13 650 €, soit 17,7 % de plus. Il en va de même pour la Golf de Volkswagen : la GT Sport essence (1.4 TSI/140 ch) est facturée 22 660 € et le Diesel (2.0 TDI 136 ch), 25 260 €, soit 11,5 % de plus. Seuls quelques rares constructeurs choisissent de vendre certains de leurs modèles à des tarifs presque équivalents. BMW, par exemple, propose la 530i en finition Première à 45 200 € en version essence et à 45 600 € en version Diesel. Ce très faible écart de prix (moins de 1 % du prix de vente) plaide naturellement en faveur de la version Diesel qui peut être ainsi très rapidement rentabilisée. Cependant, si ce constructeur applique globalement la même politique commerciale à tous ses modèles, les différences de prix ne sont pas toujours aussi minimes en pourcentage. Ainsi, sur la Série 1 (entrée de gamme), on constate des écarts plus élevés que sur les modèles plus luxueux. Par exemple, pour la finition Excellis 5 portes, le Diesel coûte 650 € de plus, soit 2,3 % du prix de vente. Il convient donc d'observer attentivement la politique tarifaire de chaque marque, tout en sachant que les constructeurs français font toujours payer très cher leurs moteurs Diesel

Le bonus-malus écologique : une prime au Diesel.

Depuis le début de l'année, un nouvel élément est venu modifier le prix de vente des voitures neuves. Le gouvernement a, en effet, mis en place un système de bonus-malus écologique qui pénalise les voitures qui rejettent trop de CO2 (dioxyde de carbone) et avantage celles qui en émettent peu. Le barème est simple : un rabais de 200 € est appliqué sur le prix de vente lorsque les émissions de CO2 de la voiture achetée sont comprises entre 121 et 130 g/km, 700 € si elles sont comprises entre 101 et 120 g/km et 1 000 € si elles se situent en dessous de 100 g/km. Un tiers environ des ventes de voitures neuves sont ainsi concernées par le nouveau bonus. Avec ce système, les petites voitures à motorisation Diesel se trouvent très clairement avantagées. Par exemple, la nouvelle 207 Peugeot, équipée d'un moteur HDi de 90 ch qui rejette 120 g/km de CO2 bénéficie d'un bonus de 700 € alors que le modèle équivalent 1.4 essence, qui rejette 150 g/km, ne bénéficie d'aucun bonus (loi no 2007-1824 du 25.12.07, JO du 28 ; décret 2007-1873 et arrêté du 26.12.07, JO du 30).

À l'inverse, les voitures neuves qui rejettent plus de 160 g de CO2/km sont frappées d'un malus. Leurs acquéreurs devront payer, en plus du prix de vente, 200 € si la voiture achetée rejette entre 161 et 165 g/km de CO2, 750 € si elle rejette entre 166 et 200 g/km de CO2, 1 600 € si elle émet entre 201 et 250 g/km de CO2 et 2 600 € au-delà de 250 g/km de CO2. Les familiales et monospaces essence comme les Renault Laguna et Scénic, les Volkswagen Passat et Touran, la Ford Mondeo, la Peugeot 407 ou les Citroën C5 et C4 Picasso sont ainsi touchés de plein fouet, alors que les équivalents de ces modèles en version Diesel ne souffrent d'aucun malus.

Signalons tout de même que ce nouveau système de bonus-malus, qui vise à mieux préserver l'environnement, ne tient compte que d'un seul polluant, le CO2. Il laisse notamment de côté les rejets de monoxyde d'azote (NOX) et, surtout, les rejets de particules fines émises par les moteurs Diesel qui, selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), accroissent les risques de maladies respiratoires et probablement de cancer. Toutefois, même si cet équipement n'est toujours pas obligatoire en France, de nombreux véhicules neufs sont aujourd'hui vendus équipés de filtres à particules (FAP) qui permettent d'en retenir 95 %. Avec un FAP, un moteur Diesel ne pollue pas plus qu'un moteur essence. Un FAP renchérit le prix d'un modèle Diesel de 1 000 à 1 500 €.

L'assurance et l'entretien d'un Diesel sont légèrement plus chers.

Au moment de payer sa prime d'assurance, les deux motorisations ne se valent pas. "Nous avons fait un panel de cinq assureurs et nous constatons que les automobilistes paient de 5 à 10 % plus cher lorsqu'ils optent pour le Diesel", constate Christian Scholly, un des dirigeants de l'Automobile Club de Strasbourg, responsable de la publication annuelle Le budget de l'automobiliste (voir Pour en savoir plus). Pour justifier cet écart, les assureurs avancent que le coût des sinistres est légèrement supérieur sur les voitures Diesel... Par exemple, un conducteur parisien de 50 ans bénéficiant du bonus maximal paiera à la Macif (le premier assureur de France) 301,58 € par an pour une Clio essence Privilège (1.6 16V) et 334,78 € pour son homologue Diesel (1.5 dCi 105). Soit 33,20 € de différence et 133 € s'il conserve sa voiture 4 ans, en supposant que les tarifs restent constants. Pour une voiture familiale, comme la Citroën C5, il faut compter 408,36 € par an en finition Sillage essence (1.8 16V 127 ch) et 442,22 € en motorisation Diesel (2.0 HDi 138 ch), soit 33,86 € d'écart. Certes, si cette somme n'est pas négligeable, elle reste toutefois assez modeste par rapport au total des dépenses engagées chaque année par un automobiliste.

Quant à l'entretien, les dépenses sont très comparables entre le Diesel et l'essence pour les petits modèles qui roulent 15 000 km par an au maximum. "Pour une Renault Clio, les dépenses sont à peu de choses près équivalentes si l'automobiliste garde sa voiture 4 années ou moins", confirme Christian Scholly. Lorsque les petites voitures sont conservées plus longtemps, tout dépend du modèle et du kilométrage effectué. Au contraire, dans les gammes supérieures : les routières ou les monospaces, "on constate un surcoût pour les Diesel", ajoute Christian Scholly. Ce surcoût doit toutefois être relativisé. En effet, la majorité des modèles mis aujourd'hui sur le marché doivent subir une révision tous les 20 000 km seulement (parfois même 30 000 km), que leur moteur soit essence ou Diesel. Or, de nombreux constructeurs appliquent aux révisions un tarif comparable, quelle que soit leur motorisation. Chez Ford, par exemple, le prix du forfait de révision conseillé pour un modèle Galaxy essence ou Diesel est de 189 €, à effectuer tous les 20 000 km ou tous les 2 ans. De même chez Citroën où la révision du C4 Picasso tous les 20 000 km est facturée, dans tous les cas, 201 €. À l'inverse, chez Peugeot, où on ne pratique pas de forfaits nationaux, les prix de révision d'une 308 essence 1.6 VTI vont de 147 à 203 € (30 000 km ou deux ans) et ceux de son équivalent Diesel (1.6 HDI) de 120 à 176 € (20 000 km ou 2 ans). Par conséquent, avant de vous décider, demandez à votre concessionnaire les tarifs des révisions du véhicule que vous comptez lui acheter. Si vous roulez entre 10 000 et 15 000 km par an et si vous gardez votre voiture moins de 4 ans, les dépenses d'entretien se limiteront donc au coût de la révision, en essence comme en Diesel. Au-delà de 60 000 km, il faut évidemment ajouter au prix des révisions le coût du changement des pièces d'usure comme les freins, les pneus, la courroie de distribution, l'embrayage, les amortisseurs, etc. Ces dépenses sont identiques sur les modèles essence et Diesel.

L'intérêt du Diesel repose sur le moindre coût du carburant.

Rentabiliser l'achat d'une voiture Diesel repose sur le poste carburant, en principe moins élevé que celui d'une voiture essence. D'abord parce qu'à puissance égale, un moteur Diesel consomme moins. Ensuite, parce que le gazole est moins cher que l'essence. En novembre 2007, le litre de super sans plomb 95 se vendait 1,34 € en moyenne en France et celui de gazole 1,21 €, selon la Direction générale de l'énergie et des matières premières (DGEMP) du ministère des Finances. Mais attention, informe l'Insee, "l'écart entre gazole et essence s'est sensiblement réduit de 2002 à 2005" même s'"il se stabilise depuis" (Insee Première n° 1159, octobre 2007). De plus, ces prix moyens cachent de grandes disparités. Les tarifs diffèrent en fonction des régions, mais aussi des points de vente. Par exemple, le 17 décembre dernier, nous avons pu constater que le prix du litre de gazole à Caen (Calvados) variait de 1,13 € à 1,35 €, alors que le prix le plus bas du super sans plomb 95 était de 1,28 €. Autrement dit, s'il n'y prend pas garde, l'utilisateur de Diesel peut parfaitement payer son gazole plus cher que le super

Ce qui ne manquera pas de compromettre, au moins en partie, la rentabilité de son achat en Diesel. C'est pourquoi, avant de faire le plein, il est prudent de vous informer sur les tarifs pratiqués dans votre ville (voir Pour en savoir plus). Acheter du gazole les yeux fermés en pensant qu'il est toujours moins cher que le super est une erreur assez souvent commise. "L'argument du gazole moins cher à la pompe a la vie dure", rappelle Maurice B., cadre de l'industrie automobile dans l'Ouest de la France

Le prix de revente du véhicule peut faire la différence.

Globalement, la décote d'une voiture en fonction de son âge est la même quelle que soit sa motorisation. Selon notre confrère L'Auto Journal, une voiture perd en moyenne 30 % de sa valeur au bout d'un an par rapport au prix catalogue. Au bout de 4 ans, cette décote passe à 63 % puis augmente plus lentement, les années suivantes. Par exemple, si le prix catalogue de votre voiture est de 25 000 €, le prix de revente au bout de 4 ans devrait se situer aux environs de 9 250 €. Mais la plupart des cotes automobiles se fondent sur un kilométrage annuel de 15 000 km pour les motorisations essence et de 17 000 à 20 000 km pour les Diesel. À kilométrage égal, le Diesel bénéficie donc d'une décote légèrement plus avantageuse que l'essence. Au total, si une voiture Diesel neuve coûte plus cher qu'une voiture essence, une voiture Diesel d'occasion se revend aussi plus cher que son homologue essence. Dans le bilan financier global (achat + utilisation + revente) que nous avons calculé pour 8 modèles différents (voir fiches p. 78 à 80), cette prime donne un certain avantage aux voitures Diesel. Mais, in fine, dans l'arbitrage financier entre l'essence et le Diesel, deux facteurs sont déterminants : le kilométrage annuel et la durée de conservation du véhicule. Si vous roulez peu (moins de 15 000 km par an) et si vous pensez revendre votre voiture après 3 ou 4 ans, vous n'avez que rarement intérêt à choisir un moteur Diesel, sauf si vous optez pour une marque qui vend ses modèles à des prix équivalents quelle que soit leur motorisation. À l'inverse, si vous comptez garder votre voiture au moins 6 ou 7 ans, la motorisation essence ne se justifie pas. Or, statistiquement, les Français qui achètent une voiture neuve la gardent en moyenne 4 ans. Paradoxalement, c'est donc au moment où les moteurs Diesel deviennent très performants et plus propres qu'ils ne se révèlent plus comme la solution la plus économique.

Sylvain Deshayes


Mots-clés :

AUTOMOBILE , CARBURANT




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