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Faire baisser ses charges en maison individuelle

Faire baisser ses charges en maison individuelle
Novembre 2004
Le Particulier n° 982, article complet.
Auteur : BARNIER (Laurence)

Cet objectif peut être atteint grâce, parfois, à quelques gestes simples ou, au contraire, par des travaux ou l'achat d'équipements importants dont la rentabilité doit alors être étudiée de très près.

Passez méthodiquement toute la maison en revue pour y faire la chasse aux gaspillages

Entre le chauffage, l'eau chaude, l'électricité et l'eau courante, les charges de fonctionnement d'une maison individuelle absorbent en moyenne entre 1 200 € et 3 500 € par an. La fourchette est évidemment large, car la localisation de la maison, sa taille, l'époque de sa construction influent beaucoup. Faire baisser ces charges nécessite assez souvent de commencer par investir, par exemple, dans le remplacement d'une chaudière ancienne par un modèle récent plus performant. Les choix à faire dans ce domaine dépendent donc principalement du "temps de retour sur investissement", c'est-à-dire du délai nécessaire pour compenser l'investissement initial par les économies qu'il entraîne. Plus il est court – quelques semaines parfois – plus il se justifie. À l'autre bout de l'échelle, certains investissements ont un temps de retour qui se chiffre en années, voire en décennies, par exemple la pose de fenêtres isolantes. Une démarche plus judicieuse est alors d'attendre que ces éléments aient besoin d'être remplacés : ainsi, opter à ce moment pour des fenêtres isolantes ne représente qu'un surcoût de 5 % à 10 %, qui sera, lui, beaucoup plus rapidement amorti. Voici donc, évaluées selon leur temps de retour, quelques pistes d'économies à explorer, pour chacun des principaux postes de charges – chauffage et eau chaude, électricité et eau.

Priorité au chauffage et à l'eau chaude.

C'est le plus gros poste de dépenses, et donc celui sur lequel il faut d'abord envisager des économies. Si vous avez un chauffage au fioul ou au gaz, la chaudière doit être régulièrement contrôlée et entretenue par un professionnel, au moins une fois par an, pour garantir sa longévité et votre sécurité. Un tel contrat coûte entre 100 € et 150 € par an, mais une bonne partie de cette dépense sera compensée par une diminution d'environ 10 % de votre consommation. L'équipement de régulation est primordial : c'est un investissement dont le temps de retour sera compris entre un et 4 ans, du simple thermostat d'ambiance à un système complet avec programmation et sonde extérieure (voir page ci-contre).

Par ailleurs, si votre chaudière date de plus de 10 ou 15 ans, même bien entretenue et régulée, elle consomme davantage qu'un modèle récent, du fait de sa conception et parce que son rendement décroît avec l'ancienneté. Avec une telle chaudière, on estime, pour une dépense de 100 € de gaz ou de fioul, que seuls 68 € servent réellement à vous chauffer, le reste étant perdu par les parois (environ 20 €) ou les fumées d'évacuation (12 €). Alors qu'avec un modèle conforme à la réglementation en vigueur depuis 1998 (directive no 92-42 du 21.5.92 et arrêté du 9.5.94), qui impose des rendements élevés et des déperditions réduites, la dépense serait d'environ 70 €, soit une économie de 30 %. Il peut donc être judicieux, plutôt que de conserver encore quelques années cette chaudière, de la remplacer sans attendre par un modèle actuel. Il existe aussi des chaudières à condensation particulièrement performantes et plus coûteuses dont le rendement maximal n'est possible qu'avec des équipements spécifiques tels qu'un plancher chauffant et des radiateurs plus grands. Toutefois, un crédit d'impôt égal à 25 % du prix de ces chaudières pourrait être instauré dès 2005 (voir p. 10 et p. 62).

Changer d'énergie.

Vous pouvez aussi envisager d'associer votre nouvelle chaudière à un chauffe-eau solaire. Selon les régions, il pourra assurer de 50 à 70 % de vos besoins en eau chaude. Il s'agit d'un gros investissement (voir page ci-contre) dont le coût sera cependant allégé par des subventions de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) de votre région (sauf en Ile-de-France) et de votre département, s'élevant au total entre 900 et 1 800 € environ. S'y ajoute un crédit d'impôt de 15 % (voir p. 62). Compte tenu des économies à attendre sur votre facture de chauffage, cet investissement a un temps de retour généralement supérieur à 15 ans (voir p. ci-contre), qui sera cependant réduit si le crédit d'impôt passe à 40 % en 2005.

Vous pouvez, par ailleurs, si vous vous chauffez au propane stocké en cuve, envisager de passer au gaz naturel, à l'occasion d'une extension du réseau de distribution par Gaz de France. Le distributeur prend généralement en charge la réalisation de la canalisation jusqu'à votre maison, seuls les frais d'adaptation de la chaudière étant à votre charge, soit environ de 1 000 à 2000 €. Le gaz naturel étant environ 2 fois moins cher que le propane, le coût de cette opération devrait être amorti sur une période de 2 à 3 ans. Autre combustible peu onéreux, le bois : il fournit 100 kWh d'énergie pour un coût moyen de 2,70 € (avec cependant de grosses disparités locales), contre 4,06 € pour le gaz naturel et 4,69 € pour le fioul. Mais les chaudières à bois ont un prix conséquent, de 5 000 à 6 000 €, même si elles devraient bénéficier du projet de crédit d'impôt évoqué plus haut, à hauteur de 40 %, et contraignantes, puisqu'il faut les alimenter au moins 2 fois par jour. Le bois semble donc plutôt destiné à un chauffage d'appoint, par des inserts de cheminée ou des poêles (environ 1 000 € par appareil). L'Ademe a d'ailleurs créé le label de qualité Flamme verte pour ces appareils, qui garantit un rendement d'au moins 60 %. Notamment, si vous avez un chauffage électrique dans une maison déjà correctement isolée, une piste à explorer est d'associer le tarif Tempo d'EDF et un chauffage au bois. Avec ce tarif, pendant 300 jours par an le kwh coûte 0,05 € en heures pleines et 0,04 € en heures creuses, contre environ 0,10 € et 0,06 € respectivement au tarif normal. En revanche, pour les autres jours de l'année – qu'EDF fixe librement, en vous prévenant la veille – le kWh coûte environ 0,10 € en heures pleines et 0,08 € en heures creuses, pendant 43 jours blancs, et 0,47 € et 0,17 € respectivement pendant 22 jours rouges, en hiver. Le principe consiste alors à utiliser le chauffage d'appoint au bois durant les jours chers, pour un gain envisageable d'environ 150 € par an.

Isolation : rentable à long terme seulement.

Les constructions les moins bien isolées datent des années 70, avant toute réglementation thermique. En améliorant l'isolation, vous gagnerez en confort et votre dépense de chauffage s'en ressentira. Mais l'investissement est élevé, qu'il s'agisse d'isoler les murs, la toiture ou les fenêtres. Sauf pour l'isolation des combles, le retour sur investissement est très long (voir p. 59), surtout si par ailleurs vous avez déjà optimisé votre chauffage. Aussi, avant de vous lancer dans des travaux importants, faites établir un diagnostic. Les espaces info-Énergie (Pour en savoir plus, p. 63), peuvent effectuer gratuitement avec vous une pré-étude thermique selon les renseignements que vous leur donnerez, sur l'année de construction, le mode de chauffage, le vitrage, etc. Mais pour effectuer un diagnostic complet, il faut faire appel à un professionnel qui viendra sur place. Les espaces info-Énergie peuvent aussi vous aider à en trouver un.

L'électricité : bien choisir l'abonnement et les matériels.

Première économie possible, réduire la puissance de votre abonnement, souvent surdimensionné. Si vous n'employez l'électricité que pour vous éclairer et pour vos appareils ménagers (à l'exclusion du chauffage ou d'un ballon d'eau chaude), l'abonnement de 6 kVA (kilovolt-ampères) doit suffire. Il coûte 60,78 € TTC par an, contre 119,88 € pour l'abonnement 9 kVA. Préférez un abonnement double tarif (105,26 € par an pour 6 kVA) si vous consommez suffisamment de kWh en heures creuses (8 heures la nuit). Actuellement, le double tarif revient moins cher si vous consommez plus de 1 100 kWh/an en heures creuses. La rentabilité de cette option sera accrue si vous disposez d'un lave-vaisselle avec départ différé, que vous programmerez pour qu'il fonctionne aux heures creuses. Sur le poste éclairage, des économies sont réalisables en optant pour des ampoules dites basse consommation ou fluocompactes. Elles sont munies d'une étiquette énergie, de A à G, selon leur efficacité énergétique, A étant la meilleure note. À quantité de lumière émise équivalente, une telle ampoule coûte 15 € contre moins d'un euro pour un modèle traditionnel, mais elle consomme 3 à 4 fois moins et sa durée de vie est 10 à 12 fois supérieure. Ainsi, en 12 000 heures, une ampoule fluocompacte de 15 W consommera environ 540 kWh de moins que 12 ampoules classiques de 60 W, et, achat compris, reviendra à environ 33 € contre 72 €. Cependant, les fluocompactes supportent mal les allumages et extinctions répétés, ce qui exclut certaines utilisations, comme une minuterie.

Les appareils ménagers ont aussi fait des progrès sur le plan de la consommation d'électricité, mais pas au point cependant qu'il soit rentable de mettre dès maintenant au rebut un appareil encore en état de marche, au profit d'un modèle récent et plus économe. En revanche, tenez compte de ce critère lors du choix d'un nouvel appareil, en consultant son étiquetage de classement énergétique (de A à G), surtout pour les réfrigérateurs et congélateurs, qui représentent la plus grosse consommation. Certes, les appareils les plus économes sont plus chers, et il faut de 5 à 10 ans pour amortir, grâce aux économies d'énergie, le surcoût. Mais certains appareils de caractéristiques et de prix équivalents présentent des écarts de consommation supérieurs à 30 %.

Vous réduirez enfin votre consommation d'électricité en évitant de laisser inutilement des appareils en position "veille" et en écartant, lors de l'achat, les appareils qu'on ne peut arrêter complètement. L'affichage permanent de l'heure, par exemple, est tout à fait superflu sur certains appareils. On estime que la consommation totale des appareils laissés en veille dépasse celle des appareils produisant le froid. Elle peut atteindre, pour une famille, 500 kWh par an, dont 80 % pourraient être évités en laissant en veille les seuls appareils pour lesquels elle est indispensable (radio-réveils, magnétoscopes programmables...). Soit une économie possible de l'ordre de 45 € par an.

Eau : faire la chasse aux fuites.

Le budget eau moyen d'une famille de 4 personnes atteint entre 380 et 540 € par an, et il tend à s'accroître, notamment parce que le prix de l'eau, qui est aujourd'hui d'environ 3 €/m3 en moyenne (avec de fortes disparités locales, et des pics au-dessus de 4 €/m3), devrait continuer à augmenter d'environ 10 % d'ici 2010. Pour alléger ce budget, commencez par déceler d'éventuelles fuites de votre installation. Elles peuvent absorber des dizaines de mètres cubes par an, et représenter une dépense de 200 ou 300 € par an, sinon plus. Les plus insidieuses sont le fait de robinets ou de chasses d'eau qui suintent ou gouttent, de groupes de sécurité (tout ballon d'eau chaude en comporte un) défectueux, ou encore de fuites sur la partie enterrée du branchement, entre le compteur d'eau (généralement, en bordure de propriété) et votre maison elle-même. Certaines fuites peuvent être détectées par une simple inspection visuelle. Il suffit, par exemple, de mettre un peu d'encre dans le réservoir d'une chasse d'eau pour rendre décelable un écoulement. Le suintement d'un groupe de sécurité se traduit souvent par des marques de calcaire et/ou d'eau sous le ballon d'eau chaude. Vous pouvez aussi relever le compteur d'eau un soir, puis à nouveau le lendemain : s'il a tourné alors que vous êtes sûr qu'aucun appareil n'a fonctionné et que personne n'a tiré d'eau, c'est qu'il y a une fuite. Quant aux réparations, elles ne coûtent, pour la plupart, que quelques dizaines d'euros, sauf en cas de fuite sur le branchement.

Les équipements champions de l'économie.

Vous pouvez par ailleurs investir dans des équipements économisant l'eau. Pour une famille de 4 personnes, une chasse d'eau à double débit (3 l/6 l ou 4 l/9 l) sera amortie entre quelques mois et 3 à 4 ans, selon l'importance des modifications nécessaires (du remplacement du seul mécanisme à celui de l'ensemble réservoir-cuvette). Une douchette à régulateur d'eau, qui fait passer le débit de 20-30 l/mn à 10 l/mn, coûte quelques euros, et peut faire économiser une quarantaine d'euros par an (sur la base d'une douche quotidienne et de 4 personnes).

À l'occasion du remplacement d'un lave-linge ou d'un lave-vaisselle, tenez compte de sa consommation d'eau, en sachant que, là aussi, les appareils sont classés de A à G (vous pouvez également consulter les tests des revues consuméristes), et que les écarts peuvent parfois atteindre 30 l par cycle. Soit, annuellement, environ 3 m3 et 10 €, ce qui n'est pas négligeable. Mais hélas, les appareils les plus sobres coûtent souvent quelques dizaines d'euros de plus à l'achat.

Reste l'arrosage. Surtout si votre jardin est grand et bien entretenu, il peut représenter environ le tiers de votre consommation. Pour réduire celle-ci, privilégiez les dispositifs d'arrosage "ciblés", par goutte à goutte ou autre, et l'arrosage le soir ou la nuit (avec un programmateur d'arrosage, environ 30 €), car, de jour, vous gaspillez jusqu'à 60 % en évaporation. D'autres équipements permettent de dériver vers une ou plusieurs cuves de stockage, l'eau de pluie tombant sur la maison et s'écoulant dans les gouttières. Pour une maison occupant 100 m2 au sol, et selon la pluviosité locale, on peut espérer récupérer pour l'arrosage entre 4 000 l par an (en Corse, par exemple) et 7 000 l (dans le Sud-Ouest, notamment), soit au prix du mètre cube d'eau, une économie de l'ordre de 15 à 30 € par an. Le temps de retour de l'investissement nécessaire est donc assez long, si l'on tient compte du coût de la ou des cuves de stockage (de 15 à 30 € pour une cuve de 300 l) et des équipements annexes (filtres, trop-plein d'évacuation, pompe de puisage). En fait, cette orientation semble surtout prometteuse si elle est prévue dès la construction de la maison, comme c'est le cas dans certains lotissements récents. Là où c'est possible, un forage permettant de puiser l'eau directement dans une nappe phréatique coûte entre 500 € et 1 500 € environ et peut donc être amorti en 5 à 15 ans environ (voir à ce sujet le no 292 de juin 2004 du Particulier Pratique).

Enfin, une fois que vous aurez exploré et éventuellement mis en œuvre toutes ces possibilités d'économies, restez vigilant. En particulier, certains équipements nouveaux et appréciables par ailleurs peuvent se révéler très coûteux à l'usage : un gros réfrigérateur américain, par exemple, consomme de 3 à 4 fois plus qu'un modèle classique, soit environ 50 € de plus d'électricité par an. Remplacer un téléviseur de taille moyenne à tube cathodique par un grand téléviseur à écran plat peut alourdir votre note d'électricité de 40 €. La climatisation de 2 pièces, pendant quelque 500 heures par an entraîne une dépense annuelle de l'ordre de 650 €. Ainsi, pour faire baisser ou, tout au moins, pour maîtriser vos charges, vous pourrez être amené à faire des choix parfois fort délicats.

Laurence Barnier


Mots-clés :

CHARGE D'HABITATION , CHAUDIERE , CHAUFFAGE INDIVIDUEL , EAU CHAUDE SANITAIRE , ECONOMIE D'ENERGIE , ELECTRICITE , ISOLATION THERMIQUE




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