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Redéployer un portefeuille boursier

Décembre 2003
Le Particulier n° 971, article complet.

Une bonne partie des biens que mon conjoint m'a laissés consistent en valeurs mobilières, actions notamment, que je ne me sens pas en mesure de gérer. Que faire de ce placement ?

Les valeurs mobilières (parts de Sicav, de Fonds commun de placements, actions, obligations...) détenues dans un compte-titres ordinaire ouvert au nom des conjoints avant le décès peuvent être conservées après la succession par l'époux survivant (à la différence de celles détenues dans un Plan d'épargne en actions ou une assurance vie ouverts au nom du défunt, qui sont obligatoirement revendues suite à son décès puisque celui-ci entraîne la clôture de ces placements). Pour quelqu'un dépourvu d'expérience en la matière, la gestion de tels placements, en particulier des actions, peut facilement devenir un casse-tête, voire conduire à des pertes importantes. Premier point à trancher, ces actions ont-elles encore leur place dans votre patrimoine ? Si vous êtes d'âge élevé, la réponse est négative car les risques boursiers sont importants à court ou moyen terme. Il conviendra donc tout d'abord de déterminer avec un bon professionnel ou un proche ayant les connaissances nécessaires quels titres peuvent être revendus rapidement (ceux qui ont beaucoup monté, ceux dont les espoirs de reprise sont trop lointains) et ceux qu'il vaut mieux conserver encore quelque temps (ceux qui, au contraire, ont des perspectives de valorisation à court ou moyen terme). Ainsi, le transfert de vos avoirs vers d'autres placements plus adaptés pourra s'opérer dans les meilleures conditions. Toutefois, si ce portefeuille boursier vous appartient seulement en usufruit, sa vente totale ou partielle requiert l'accord des nus-propriétaires, à la différence, selon la jurisprudence, de ventes suivies de rachat de titres équivalents.

N'oubliez pas par ailleurs que les placements en actions sont historiquement les plus rentables. Aussi, si votre horizon de placement est à dix ans ou plus, ces dernières ont leur place dans votre patrimoine.

À 70 ans, rappelons-le, une femme a encore une espérance de vie de 18 ans et un homme, de 12 ans. Il peut donc être judicieux de conserver les titres que vous détenez déjà, ou au moins une partie. Et cela, d'autant plus que les marchés boursiers restent à un niveau bas et qu'il vaut mieux attendre une reprise des actions pour envisager de les céder.

Pour éviter les contraintes de la gestion de ce portefeuille, deux solutions sont possibles : vendre les actions et réinvestir dans des Sicav majoritairement investies en actions, notamment celles dites "à gestion profilée" et qualifiées selon les établissements promoteurs de "dynamiques" ou "offensives". Vous pouvez les détenir en direct ou, mieux, dans le cadre d'un Plan d'épargne en actions ou d'une assurance vie multisupport, ce qui vous permettra de bénéficier d'avantages fiscaux (exonération des plus-values après 5 ans et 8 ans respectivement, et exonération, dans certaines limites, de droits de succession pour l'assurance vie, voir p. 92). Notez que, si vous revendez des titres, l'éventuelle imposition sur les plus-values réalisées à cette occasion devrait être faible, puisqu'elle sera calculée sur la base de la valeur des titres non au moment de leur acquisition, mais à celui où ils sont entrés dans votre patrimoine, c'est-à-dire au décès de votre conjoint. S'ils sont cédés rapidement, ils n'ont donc pas eu le temps de prendre beaucoup de valeur.

Vous pouvez aussi conserver vos valeurs et donner un mandat de gestion à un professionnel, en lui fixant des objectifs et un horizon de gestion, à condition cependant de disposer d'un portefeuille assez important, de l'ordre de 30 000 € au moins. Il est également envisageable de déléguer cette responsabilité à un proche ayant les connaissances requises (un enfant par exemple), en lui confiant un mandat d'arbitrage. C'est alors lui qui se chargera d'acheter et de revendre des actions lorsqu'il l'estimera nécessaire, mais aucun recours ne sera possible si ses choix ne sont pas judicieux.

Ce qu'il ne faut pas faire

Tous les fonds à gestion profilée ne se valent pas. Il ne faut donc pas choisir n'importe lequel et, au contraire, rechercher celui sur lequel vous investirez avec le plus grand soin. Il vous faudra donc notamment déterminer le compromis sécurité/performances que vous recherchez.


Mots-clés :

CONJOINT , PLACEMENT BOURSIER , SUCCESSION




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