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Compléter ses revenus régulièrement

Décembre 2003
Le Particulier n° 971, article complet.

Je ne reçois plus que la pension de réversion de mon conjoint, qui est insuffisante pour faire face à mes charges. Comment compléter mes revenus régulièrement ?

Le décès d'un des membres du couple entraîne la perte des revenus d'activité (salaire ou autre) qu'il percevait, ou de sa retraite, sauf lorsque, pour un couple marié, le veuf ou la veuve a droit à une pension de réversion. Mais celle-ci ne représente jamais qu'une part de la pension du défunt : 54 % au mieux, par exemple, pour la retraite de la caisse nationale d'assurance vieillesse, ou 60 % pour les régimes complémentaires des salariés du privé. D'où une baisse de revenus, sans que les charges ne diminuent forcément dans les mêmes proportions. Comment y faire face ? Si vous êtes actuellement locataire de votre logement, il peut être judicieux d'en acheter un, si vous n'avez pas besoin de recourir à un emprunt. Vous n'augmenterez pas vos revenus, mais vous diminuerez vos charges, et vos enfants ou vos autres héritiers pourront ultérieurement hériter de ce bien. Si vous êtes déjà propriétaire de votre logement, il vous faut disposer d'un capital susceptible de produire les revenus complémentaires recherchés. À l'heure actuelle, des placements financiers sans risques procurent un rendement d'environ 4 % par an après impôt. Soit, pour fixer les idées, un revenu de 100 € par mois pour un investissement de 30 000 €. Un tel placement peut être un contrat d'assurance vie. Bien qu'il fonctionne sur le mode de la capitalisation (les produits de votre épargne ne sont pas distribués, mais réinvestis au fur et à mesure), de nombreux assureurs et banquiers proposent des contrats qui vous permettent, dès la souscription, d'effectuer des retraits réguliers. Cela, sans entamer votre capital pour peu que les retraits n'excèdent pas les produits. Et avec une fiscalité avantageuse. Pour le fisc, en effet, chaque retrait comprend une part du capital investi (non imposable) et une part d'intérêts, soumis à un prélèvement forfaitaire de 35 % les 4 premières années, et de 15 % les 4 suivantes. En outre, les modalités de calcul de la part d'intérêts dans chaque retrait font que celle-ci est faible les premières années. Si vous placez par exemple 30 000 € sur une assurance vie qui progresse de 4 % en un an, soit 1 200 €, et si vous faites un retrait de ce montant, du point de vue fiscal ce retrait comprendra 1 154 € de capital et 46 € d'intérêts. Vous percevez donc, après prélèvement sur les intérêts, 1 183,90 € nets. L'assurance vie est ainsi l'une des solutions les plus rentables et les plus sûres à long terme si vous avez besoin de compléter vos ressources non pas régulièrement, mais de temps à autre. Vous pourrez laisser progresser votre capital tant que vous n'aurez pas besoin d'argent, puis retirer la somme de votre choix lorsque vous en aurez besoin.

Les autres placements financiers à revenus offrent moins d'attraits que l'assurance vie : les produits combinant un plan d'épargne logement (PEL) et des comptes à terme ne rapportent que 2 % à 2,5 % après impôt ; les revenus d'un investissement en obligations sont plus lourdement imposés (26 % à compter du 1.1.04, mais sur toute la durée du placement). De plus, les obligations, qu'elles soient détenues en direct ou au travers d'une Sicav, ne sont pas un placement aussi sûr qu'une assurance vie en euros. Reste l'immobilier qui produit des revenus sous forme de loyers, mais sa rentabilité est plus incertaine et, sauf pour des parts de société civile de placement immobilier (SCPI, voir p. 45), sa gestion est plus lourde et sa liquidité plus faible (en cas de besoin, le capital investi est plus long à récupérer).

Vous pouvez aussi envisager de transformer une somme d'argent en rente viagère, c'est-à-dire en une pension versée jusqu'à votre décès, dont le montant dépendra à la fois du capital converti et de votre âge. Pour 30 000 € de capital, la rente serait par exemple de l'ordre de 168 € par mois si vous opérez la conversion à 70 ans, et de 287 € à 80 ans. Mais ce n'est pas un placement, puisque vous abandonnez ce capital à l'assureur qui versera la rente ; notamment, ce capital sera perdu pour vos héritiers (sauf, en partie, moyennant des options spécifiques, voir le n° 954 du Particulier). En revanche, c'est la seule solution qui garantit des revenus à vie, y compris en cas de longévité exceptionnelle, et qui, par ailleurs, vous évite tout souci de gestion financière. La vente en viager d'un bien immobilier conduit au même résultat, mais les acheteurs sont peu nombreux.

Ce qu'il ne faut pas faire

Vos besoins de revenus complémentaires peuvent durer très longtemps et peuvent même augmenter, par exemple en cas de perte d'autonomie avec l'âge. C'est pourquoi il faut veiller à préserver le capital sur lequel reposent ces revenus et donc ne pas prélever des sommes supérieures aux intérêts produits, ni investir ce capital sur des produits risqués comme les actions (bien qu'elles produisent des revenus sous forme de dividendes), sauf si votre horizon est supérieur à 10 ou 15 ans (voir p. 44).


Mots-clés :

CONJOINT , SUCCESSION




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