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Argent liquide : concilier rentabilité et disponibilité

Argent liquide : concilier rentabilité et disponibilité
Octobre 2005
Le Particulier n° 993, article complet.
Auteur : POZNANSKI (Roselyne)

La rémunération des comptes courants présente peu d'intérêt et celle des livrets d'épargne vient de baisser. Pour éviter de laisser dormir ses liquidités, il faut savoir trouver les meilleures offres au meilleur moment. Suivez le guide...

Pour les liquidités laissées sur les comptes courants et pour l'épargne immédiatement disponible sur les livrets, l'environnement a brutalement changé en quelques mois. À la suite de la CaixaBank, en avril, trois autres banques ont, en effet, décidé de rémunérer les dépôts à vue. Et le 1er août dernier, tous les livrets dits défiscalisés (Livret A, livret Bleu, Codevi...) ont vu leur rémunération baisser d'un quart de point. Où faut-il donc placer ses liquidités ? Tout dépend de vos objectifs et de vos disponibilités. Si vous cherchez à rentabiliser, même à un taux médiocre, une trésorerie pour l'instant stérile, il existe une piste intéressante en dehors du compte courant rémunéré et des traditionnels livrets. Si vous privilégiez le rendement, vous pourrez trouver des offres nettement plus alléchantes, mais pour des montants et des durées d'épargne limités. Enfin, si vous vous trouvez momentanément à la tête de fonds importants sans emploi immédiat, il existe quelques (rares) solutions de transit au rendement acceptable.

Comptes courants rémunérés : ils ne justifient pas un changement de banque.

Après la CaixaBank qui, la première, a décidé de rémunérer les dépôts à vue, trois autres établissements ont suivi : les Caisses d'épargne, la Banque privée européenne (BPE) et Covefi. Mais, pour l'instant du moins, la rentabilité de ces "placements" est faible, voire nulle. En effet, les intérêts, déjà peu élevés, sont soumis aux prélèvements sociaux de 11 % et, au choix, au prélèvement forfaitaire libératoire de 16 % ou à l'imposition sur le revenu si votre taux marginal d'imposition est inférieur à ce taux. Sauf dans ce dernier cas, l'ensemble des prélèvements atteint donc 27 %. Autrement dit, lorsque la Caisse d'épargne, par exemple, annonce une rémunération brute de 0,50 % l'an, l'épargnant ne touche que 0,37 % net. De plus, le versement de ces intérêts est soumis à un certain nombre de conditions. Toujours à la Caisse d'épargne, la rémunération de 0,50 % concerne les sommes laissées sur le compte courant dès le premier euro jusqu'à 2 500 €. Pour y avoir droit, il faut, soit avoir souscrit à un package de services (Satellis Essentiel), vendu 7,55 € par mois avec une carte Visa à la Caisse d'épargne IDF-Nord par exemple, soit payer 6 € par an de frais de gestion de compte. Dans ce dernier cas, il faut donc laisser en permanence sur son compte au moins 1 650 € pendant un an pour commencer à percevoir les premiers intérêts

Quant aux clients qui ont choisi le forfait Intégral (12,50 € par mois avec une carte Premier), ils voient la rémunération de leur compte passer à 1 % brut (soit 0,73 % net) pour les sommes excédant 2 500 €. Il est évident qu'en fin d'année, ces coûts imposés réduisent ou annulent le bénéfice de la rémunération. Même principe à la Caixa Bank ou à la BPE : pour profiter du 1,50 % brut annuel promis (soit 1,10 % net), il faut avoir souscrit un forfait de services (vendu respectivement 7,50 € et 8 € par mois avec une carte Visa) et disposer en permanence d'un volant de liquidités important, puisque cette rémunération ne s'applique qu'aux sommes déposées au-delà de 1 500 € et 2 000 € respectivement. Pour le moment, seule la banque en ligne Covefi se démarque puisqu'elle propose sans contrepartie, c'est-à-dire sans souscription obligatoire d'un forfait de services et sans frais de tenue de compte, une rémunération brute de 1 % l'an (0,73 % net), dès le premier euro. Mais même avec un solde moyen mensuel de 2 000 € sur 12 mois, le client de Covefi n'obtiendra, en fin d'année, que 14,60 € d'intérêts nets. De plus, ce maigre gain peut être amputé par les frais de chéquiers : au-delà de deux par an, ils sont facturés 5 € chacun ! On le voit : ces rémunérations restent insuffisantes pour justifier un changement de banque. Pour l'instant, la rémunération des bons vieux livrets est plus intéressante.

Livrets d'épargne traditionnels : indémodables.

Même avec une rémunération amoindrie, les livrets d'épargne réglementés disposent d'un avantage de taille : leurs intérêts sont défiscalisés. Le Livret A (ainsi que le livret Bleu du Crédit mutuel) et le Codevi rapportent 2 % net d'impôt et vous pouvez y placer respectivement jusqu'à 15 300 € et 4 600 €. Le Livret d'épargne populaire est encore plus intéressant (3 % net), mais il n'est accessible que si vous avez payé moins de 696 € d'impôt sur le revenu en 2004 et son montant est plafonné à 7 700 €. Si vous avez des enfants, vous pouvez placer temporairement vos liquidités sur un livret qui leur est normalement destiné. Rappelons, en effet, que les livrets Jeunes (pour les plus de 12 ans et moins de 25 ans) sont mieux rémunérés que les autres supports d'épargne réglementés : 4 % net d'impôt environ selon les établissements pour des dépôts plafonnés à 1 600 €, et 4,50 % chez Covefi. Pour les moins de 12 ans, les banques proposent aussi des livrets dont la rémunération est plus ou moins généreuse : 4 % brut par an (2,92 % net) à la Société générale, 3,50 % brut (2,55 % net) au Crédit lyonnais et 3,25 % brut (2,37 % net) au Crédit agricole, par exemple. Quant aux plafonds des dépôts, ils sont également variables : 1 600 € à la Société générale, mais 2 000 € au Crédit lyonnais, par exemple. Seule Axa Banque, avec son livret Kipsou, propose une formule plus originale : elle sert 4 % brut (2,92 % net) jusqu'à 1 600 € et 3,25 % (2,37 % net) jusqu'à 15 000 €. Cependant, outre le plafonnement des sommes déposées, les livrets présentent un autre inconvénient : le calcul des intérêts se fait par quinzaine révolue (voir le n° 964 du Particulier, p. 25). Autrement dit, votre argent n'est productif que s'il est laissé sur le livret au moins 15 jours. Pour optimiser sa rémunération, vous devez donc éviter les allers et retours fréquents.

Banques mutualistes : la bonne piste des parts sociales.

Si vous détenez un compte dans une banque mutualiste (Crédit agricole, Crédit mutuel, Banque populaire, Caisses d'épargne), vous pouvez acquérir des titres ou des parts sociales de votre établissement. Ce type de placement, même s'il est plus particulièrement destiné aux clients qui souhaitent s'impliquer dans leur banque, est tout à fait intéressant. En effet, l'achat de parts ne comporte, même à court terme, ni frais de souscription ni droits de garde. Ensuite, leur rémunération, décidée par le conseil d'administration de la banque en fonction des résultats de l'exercice, est souvent attractive : 3,50 % brut sur les 12 derniers mois à la Caisse d'épargne IDF-Paris ou l'équivalent de 2,60 % l'an sur les 6 premiers mois de l'année au Crédit mutuel Nord-Europe, par exemple. Ces rémunérations sont soumises aux 11 % de prélèvements sociaux, mais elles bénéficient du régime fiscal privilégié des dividendes : abattement de 50 %, puis abattement forfaitaire de 1 220 € (pour une personne seule) suivi d'un crédit d'impôt de 115 € (voir le no 983 du Particulier, p. 22). Comme le volume des parts que l'on peut acquérir est limité (il est plafonné à 4 500 € au Crédit agricole de Franche-Comté, mais à 50 000 € au Crédit mutuel Nord-Europe, par exemple), l'impôt sur les dividendes sera nul, sauf si vous détenez, par ailleurs, un gros portefeuille d'actions. De plus, si ces titres ont le régime fiscal des actions, ils n'en ont pas la volatilité, puisque leur valeur est fixée une fois pour toutes. Enfin, la souscription de ces parts est relativement souple. Le plus souvent, en effet, il n'y a pas de durée minimale de détention et ces titres peuvent être revendus à tout moment, en quelques jours. Il faut toutefois donner un préavis de 3 mois au Crédit mutuel Nord-Europe pour vendre ses parts et, sauf conditions dérogatoires (décès, départ en retraite...), il faut attendre, à la Caisse d'épargne IDF-Paris, la date de clôture de l'exercice pour percevoir une rémunération.

Livrets des banques en ligne : des opportunités à saisir.

Pour trouver des rendements plus élevés, il faut surveiller les "promotions" offertes par les banques sur Internet et ne pas craindre de passer rapidement d'un établissement à un autre. Les Super livrets d'épargne proposés par ces établissements allient souplesse de fonctionnement, entière disponibilité des fonds et absence de frais, comme leurs homologues réglementés, ainsi qu'une rémunération record. Ces dernières semaines, par exemple, parmi les offres les plus intéressantes, on peut trouver celle de Cortal Consors : 6 % brut (4,38 % net) jusqu'au 31 décembre pour tout versement effectué (dans la limite de 15 000 €) sur son Livret € avant le 31 octobre. Autrement dit, pour 15 000 € placés pendant 2 mois, on peut engranger 109,50 € d'intérêts nets, au lieu de 56,25 € sur un Livret A. De même, ING Direct offre aux épargnants ouvrant un livret Épargne Orange jusqu'au 31 octobre un rendement de 7 % brut (5,11 % net), dans la limite d'un versement de 70 000 €. Bien entendu, comme pour tous les livrets, les intérêts sont calculés selon la méthode des quinzaines. Cependant, ces offres généreuses présentent trois limites. D'abord, elles ne sont valables que pendant quelques mois. Une fois la période de promotion passée, la rémunération chute brutalement : sur le livret Épargne Orange, elle retombera en novembre à 2,75 % brut (2,01 % net), et sur le Livret € à 2,60 % brut (1,90 % net). Ensuite, ces offres ne s'appliquent qu'à des montants limités. ING Direct réserve ainsi le bénéfice du taux de 7 % aux dépôts plafonnés à 70 000 €, alors que le livret Épargne Orange peut accueillir en temps normal jusqu'à 3 millions d'euros. Enfin, ces promotions sont réservées aux seuls nouveaux souscripteurs : si vous avez déjà un livret ouvert dans ce type d'établissement, vous ne pourrez pas bénéficier de ces conditions exceptionnelles. Autant de contraintes qui exigent des candidats épargnants une vigilance de tous les instants et, surtout, une très grande réactivité, sachant que les banques en ligne lancent en général deux offres par an.

Liquidités importantes : peu de solutions de court terme.

Toutes les solutions de placement précédentes ne concernent que des sommes limitées correspondant à des excédents de trésorerie courante. Mais il peut arriver que vous disposiez brusquement de sommes importantes, après la vente d'un bien immobilier, par exemple. Avant de leur trouver une affectation à long terme, vous avez besoin d'un support d'attente, souple et assurant tout de même une certaine rémunération. Dans ce rôle, les Sicav monétaires, autrefois refuge traditionnel pour ce type d'épargne, ne sont aujourd'hui plus du tout intéressantes : leur rendement, basé sur celui des taux courts dans la zone euro, n'a été que de 1,91 % brut pour 2004 d'après Europerformance. Et les 6 premiers mois de 2005 s'annoncent tout aussi décevants, avec 0,95 %. Une fois déduits les frais de souscription (de 0,20 % à 1 % du montant de la part) et les prélèvements sociaux, le gain final est dérisoire, y compris pour les Sicav dont le montant de la part de souscription est élevé (plus de 10 000 €). Même conclusion pour les comptes à terme, au vu des taux actuels (relevés en juillet dernier) : 1,85 % brut pour une durée de 6 mois et 1,90 % brut pour 12 mois à la Société générale, par exemple. Les Sicav dites de trésorerie dynamiques affichent de meilleures performances grâce à la présence d'obligations dans leurs actifs : 2,12 % l'an passé en moyenne pour les grands réseaux de distribution, selon Europerformance. Mais, là encore, le rendement réel peut être sérieusement minoré par des frais de souscription élevés (de 0,50 % à 3 %), surtout pour un investissement de quelques mois seulement. D'autre part, en cas de remontée des taux obligataires, il existe quelques risques de perte en capital, même sur une courte période.

Il ne reste donc que les livrets acceptant des dépôts importants. Celui de la Matmut est aujourd'hui le plus intéressant : 3,05 % brut (2,22 % net) jusqu'à 125 000 €. D'autres acceptent des montants plus élevés (jusqu'à 3 millions d'euros pour le livret Épargne Orange, et 5 millions pour celui de Robeco), mais au même rendement net que celui du Livret A. Ce qui permet tout de même de récolter 2 512 € net d'impôt en 3 mois avec un dépôt transitoire de 500 000 €

Roselyne Poznanski

Mots-clés :

BANQUE , BANQUE A DISTANCE , COMPTE BANCAIRE , EPARGNE , LIVRET D'EPARGNE , SERVICES BANCAIRES , SICAV




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