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Personnes âgées : les solutions pour rester chez soi

Personnes âgées : les solutions pour rester chez soi
Février 2003
Le Particulier n° 962, article complet.
Auteur : DE PERCIN (Laurence)

Pour pouvoir rester autonome et continuer à vivre dans son cadre de vie habituel, il est parfois nécessaire de réaménager son logement et de prévoir des aides à domicile. Des solutions qui sont, en grande partie, prises en charge.

Améliorer le confort et la sécurité de son logement pour garder son cadre de vie et ses repères

Lorsque les parents vieillissent et que leur autonomie commence à se restreindre, il faut envisager de prendre quelques précautions pour leur permettre de rester chez eux sans danger et mettre en place une organisation fiable pour faciliter leur vie quotidienne. En effet, les personnes qui prennent de l'âge souhaitent, en général, rester chez elles le plus longtemps possible. Elles ont leurs habitudes, parfois la compagnie d'un animal domestique, et peuvent garder le contact avec amis et voisins. D'ailleurs, le maintien de ce cadre familier permet souvent aux personnes âgées de vivre plus longtemps, dans de meilleures conditions physiques et surtout psychologiques. En revanche, le maintien à domicile est plus lourd à gérer pour la famille. Avant tout, il faut se poser la question de l'état de santé du ou des parents âgés pour savoir s'il est possible ou risqué pour eux de rester chez eux. Ensuite, il faut s'assurer que le logement reste adapté à leur degré d'autonomie. C'est souvent le cas, mais à condition de faire quelques travaux d'aménagement. Enfin, il convient de prévoir une aide à domicile plus ou moins importante pour toutes les tâches ménagères ainsi que pour les soins d'hygiène ou de santé. Tout ceci a un coût qu'il est nécessaire d'évaluer. En fonction des ressources de la personne, il faut donc se lancer ensuite dans le "maquis" des aides possibles.

L'indispensable aménagement du logement.

Mieux vaut ne pas attendre d'être très âgé et de moins en moins mobile pour aménager son logement. Objectif : améliorer le confort et la sécurité. On peut commencer par lister les installations, les endroits, voire les meubles qui peuvent provoquer un accident. Une table basse au milieu du salon, une plante verte ou le téléphone posés sur une tablette dans un passage, un tapis qui fait des plis ou un autre dans l'escalier, une descente de lit glissante... autant de risques de chute à éliminer. On peut ensuite apporter quelques modifications aux meubles : abaisser le niveau des placards muraux dans la cuisine ou, au contraire, rehausser le lit pour pouvoir se coucher et se lever plus facilement. Il y a évidemment les équipements à remplacer. Par exemple, supprimer la cuisinière à gaz ou les plaques électriques et installer une plaque à induction, pour éviter tout risque d'asphyxie ou de brûlure. Enfin, il faut parfois envisager des travaux plus importants, comme la transformation d'une salle de bains en salles d'eau (en remplaçant la baignoire par une douche spécialement aménagée, par exemple), la mise en place de plans inclinés s'il y a des marches, l'installation éventuelle d'un monte-escalier, le changement des systèmes de fermeture (portes et volets) pour améliorer l'isolation et faciliter leur maniement, etc.

Des aides pour financer les travaux.

Certains travaux indispensables au maintien chez elles des personnes âgées de plus de 60 ans peuvent être financés par l'allocation personnalisée d'autonomie, à condition d'y avoir droit (APA, voir notre Spécial Allocations, de mars 2002, p. 60). Pour les gros travaux (changement des fenêtres, des volets, des installations sanitaires, du mode de chauffage...), il est possible de bénéficier de primes à l'amélioration de l'habitat (PAH), attribuées par la Direction départementale de l'équipement (DDE) aux propriétaires occupant un logement à titre de résidence principale plus de 8 mois par an. Le logement doit être achevé depuis plus de 20 ans et ne pas avoir bénéficié d'aides au cours des 10 dernières années (ces conditions ne s'appliquent pas aux personnes handicapées). Ces primes sont plafonnées à un montant total de 2 135 € et soumises à conditions de ressources. Pour certains logements (situés en zones rurales éloignées ou en zones urbaines défavorisées), ces primes peuvent être majorées. Elles sont versées après l'achèvement des travaux sur justificatifs, mais il faut en faire la demande avant la réalisation et attendre l'accord de la DDE avant de les entreprendre. Cependant, en cas de ressources insuffisantes, on peut obtenir un acompte de 50 % de leur montant. Pour tout renseignement concernant ces aides et leurs conditions d'obtention, on pourra s'adresser à la DDE (coordonnées en préfecture), ou auprès d'une association départementale pour l'information sur le logement (Adil, voir p. 67). Si vous êtes locataire ou propriétaire occupant votre logement, l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat (Anah) peut aussi accorder une aide pour des travaux de modernisation, à condition que le logement soit votre résidence principale et qu'il soit achevé depuis plus de 15 ans. La subvention est calculée en pourcentage de la dépense subventionnable. Le taux représente en moyenne 20 % pour les propriétaires occupants (35 % si leurs ressources sont très faibles). Les taux de subventions et les plafonds de dépenses varient suivant les types d'interventions et des zones ou programmes déterminés dans chaque département. Là encore, on pourra se renseigner auprès des Adil. À noter : la Fédération nationale des Pact-Arim (des associations d'aide à la restauration immobilière) peut fournir à leurs adhérents des conseils techniques, une aide pour les formalités administratives à accomplir et une assistance pour les relations avec les entreprises (devis, suivi des travaux, relance, etc.). Enfin, toutes ces aides sont cumulables avec celles qui peuvent être accordées par les municipalités et les caisses de retraite (soit la caisse locale d'assurance vieillesse, soit la ou les caisses de retraite complémentaires dont vous relevez). Ces dernières versent des participations financières aux travaux pilotés par les Pact-Arim. Ces aides sont susceptibles de varier fortement d'une ville ou d'une caisse à l'autre. Il faut donc se renseigner auprès des organismes dont les numéros de téléphone figurent sur les relevés de pension.

Le portage des repas à domicile.

Petit à petit, les tâches ménagères peuvent devenir de vrais problèmes au quotidien. Si la famille peut fournir une aide régulièrement (chaque semaine, par exemple) pour le ménage et les lessives, il peut être trop astreignant d'assurer les courses et la cuisine tous les jours. Pour cela, on peut faire appel à des services de portage de repas à domicile. Ils sont servis chauds ou froids, à charge pour les bénéficiaires de les réchauffer. Moyennant un prix modique, de 5 € à 8 € par repas, ces services de portage sont assurés par des associations locales ou des entreprises agréées, dont on pourra trouver les coordonnées au centre communal d'action sociale (CCAS), à la mairie dont dépend la personne âgée. Pour les personnes aux ressources modestes, l'aide sociale peut prendre en charge une partie de ces frais. Il convient aussi de se renseigner auprès des caisses de retraite qui disposent d'une large autonomie en matière d'action sociale.

De l'aide ménagère à l'auxiliaire de vie.

Si les proches ou la famille ne peuvent pas ou plus s'acquitter de ces tâches, il faut envisager de faire appel aux services réguliers d'une aide ménagère ou d'une auxiliaire de vie. La première peut faire les courses, le ménage, la cuisine, aider la personne âgée à manger, l'accompagner dans ses sorties (pour aller à la banque ou simplement se promener), etc. Son temps de présence est plutôt inférieur à 30 heures par semaine. La seconde, au temps de présence plus important (voire permanent, de jour comme de nuit), devra, en plus des tâches ménagères, l'aider à faire sa toilette, à s'habiller et, d'une manière générale, l'épauler dans sa vie quotidienne (pour des démarches administratives, par exemple). Quelle que soit sa dénomination, la qualité de cette aide est déterminante pour maintenir les personnes âgées à domicile dans de bonnes conditions. Le choix de la personne est donc très important... et très difficile. Il faut trouver quelqu'un en qui la personne âgée ait confiance et qui soit très régulier (tout changement ou tout remplacement, même temporaire, est très mal vécu). En outre, il est souhaitable que la personne en question soit assez souple et pas trop susceptible. Enfin, il est préférable qu'elle ait déjà un peu l'expérience des personnes âgées qui ont besoin d'être secondées, mais pas infantilisées. Bref, la perle rare

Pour la trouver, vous pouvez d'abord passer une petite annonce (gratuite) à la bourse d'emploi de l'Institut de l'emploi familial de la Fédération nationale des particuliers employeurs (Fepem, voir p. 67). Mais si vous ne souhaitez pas recruter et employer vous-même un salarié, vous pouvez utiliser les services d'une association agréée (agrément accordé chaque année par le préfet du département). Ces associations peuvent agir soit comme intermédiaires en se contentant de vous trouver une aide à domicile et en se chargeant des formalités administratives d'embauche (mais c'est vous l'employeur qui devrez la rémunérer chaque mois), soit comme prestataires en vous proposant une des aides à domicile qu'elles salarient et dont elles vous facturent les services. Vous obtiendrez la liste de ces associations agréées auprès du CCAS de votre mairie ou auprès des services sociaux de votre conseil général. Les caisses de retraite peuvent aussi proposer des aides. Enfin, si la demande d'aide à domicile intervient à la suite d'une hospitalisation, vous pouvez vous adresser à l'assistante sociale de l'hôpital qui dispose aussi de listes d'associations agréées.

Rémunérer un employé de maison.

En ce qui concerne leur rémunération, on se reportera à la convention collective des salariés du particulier employeur qui donne les niveaux de salaire minimal selon la qualification et l'ancienneté (voir p. 94), auxquels il faut ajouter les charges patronales. Si vous vous adressez à une association prestataire, il faudra compter entre 10 % et 20 % en plus pour les frais de gestion. Dans tous les cas, ces rémunérations, directes ou indirectes, donnent droit à la réduction d'impôt prévue pour l'emploi d'un salarié à domicile, dans la limite de 50 % des dépenses plafonnées à 10 000 € pour celles engagées en 2003 (contre 7 400 € en 2002). D'autre part, l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) a été conçue pour financer une partie de ces interventions à domicile. Si les personnes âgées connaissent un certain degré de dépendance, l'APA prend en charge ce type de dépenses (partiellement ou totalement selon les ressources). Cependant, il faut savoir que son montant est moindre (d'environ 10 %) si la personne bénéficiaire a recours à une association non agréée ou à une aide à domicile non qualifiée. Pour les personnes dont les ressources sont insuffisantes, les caisses de retraite ou les CCAS peuvent prendre en charge tout ou partie de ces frais. La Mairie de Paris, par exemple, finance 50 % du coût d'une aide à domicile. Certaines collectivités locales proposent aussi des gardes partagées entre plusieurs personnes âgées : la garde est répartie entre elles de jour comme de nuit, au gré des besoins : portage de médicaments, aide pour les repas ou le coucher, présence à certains moments de la journée... Le coût, divisé par le nombre de bénéficiaires, est ainsi plus faible. Enfin, si un contrat d'assurance dépendance a été souscrit, c'est le moment d'en demander le bénéfice (voir le n° 952 du Particulier, p. 59).

Soins médicaux : de l'infirmière à l'hospitalisation à domicile.

Les aides ménagères et les auxiliaires de vie ne sont pas habilitées à donner des soins médicaux ou paramédicaux. C'est pourquoi, dès que des petits problèmes de santé surgissent (foulure, coupures, brûlures...), il ne faut pas hésiter à faire appel à une infirmière diplômée pour faire un pansement, un bandage, etc. Son intervention est remboursée par la Sécurité sociale dès lors que ses visites sont ordonnées par le médecin traitant. Pour les personnes âgées restant à domicile, le médecin traitant joue un rôle majeur. "D'une part, les soins qu'il prodigue sont indispensables, explique le Dr Arnault, médecin dans la Sarthe, d'autre part, ses visites régulières rassurent le patient et son entourage : il peut à la fois donner l'alerte en cas d'urgence et permettre une convalescence à domicile, même longue." Au centre du réseau local d'aide sociale et médicale, c'est aussi lui qui peut donner les coordonnées d'une association locale d'aide aux personnes âgées à domicile, alerter une assistante sociale et surtout mettre en place, avec l'accord de la Sécurité sociale, un réseau de soins complémentaires : infirmière, kinésithérapeute, pédicure... "Beaucoup de soins passent d'abord par lui, conclut le Dr Arnault. Il faut donc bien le choisir : homme ou femme selon les préférences et les possibilités, mais surtout installé à proximité, pour qu'il puisse intervenir rapidement." Malgré tous les progrès réalisés dans la prise en charge des personnes âgées à domicile, il reste un moment critique : celui d'une éventuelle hospitalisation. Même si le séjour est bref, cela signifie pour elles de s'en remettre entièrement à des tiers, de ne plus décider de rien... C'est pourquoi des expériences sont menées, qui consistent à organiser les soins à domicile, soit pour éviter une hospitalisation inutile, soit pour permettre de rentrer plus vite chez soi après une intervention. C'est ce qu'on appelle l'hospitalisation à domicile (HAD), qui prévoit des équipes d'infirmières et d'aides-soignantes capables de prodiguer des soins à domicile 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, sous la responsabilité de médecins hospitaliers. C'est en Ile-de-France que l'HAD est la plus avancée. Certains groupes privés, comme Medidep, proposent aussi leurs services. "Notre filiale, Medidom, explique Lionel Chapon, secrétaire général de Medidep, est spécialisée dans la location et la vente de matériel médical pour le maintien à domicile (lits médicalisés, fauteuils roulants...) et dans les soins (portage de médicaments, soins médicaux et paramédicaux...). Nous avons déposé une vingtaine de demandes d'autorisation dans les régions Ile-de-France, Centre, Normandie et Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Mais elles ne sont accordées qu'au compte-gouttes par les agences régionales d'hospitalisation et la Sécurité sociale. Nous avons obtenu 30 places d'HAD dans les Yvelines." Le prix de journée d'HAD n'est pas plus élevé que celui de l'hôpital : la Sécurité sociale applique les mêmes forfaits et prend en charge les frais de la même manière. Pour tout renseignement à ce sujet, consultez votre médecin traitant. Laurence de Percin


Mots-clés :

DEPENDANCE , PERSONNE AGEE




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