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Regrouper ses crédits en un seul peut s'avérer rentable

Regrouper ses crédits en un seul peut s'avérer rentable
Février 2004
Le Particulier n° 974, article complet.
Auteur : BERENGER (Delphine)

Emprunt automobile, crédit à la consommation, prêt personnel, les mensualités s'accumulent vite ! Pour réduire la note et améliorer la visibilité sur vos finances, vous pouvez consolider tous vos crédits en un seul, moins cher.

On peut alléger ses mensualités ou diminuer la durée de sa dette avec un nouvel emprunt

Sans être des forcenés de l'emprunt ou de la carte de crédit, nombre de particuliers ont divers prêts en cours. Ils résultent d'un achat précis ou sont non affectés, comme les prêts personnels des banques et des établissements de crédit, tels Cetelem ou Sofinco. Il peut aussi s'agir de prêts liés à l'usage de cartes de crédit, celles des banques ou établissements spécialisés, comme celles des grands magasins (voir le n° 960 du Particulier). L'optimisation de votre budget peut justifier une consolidation de prêts. L'opération consiste à solder ses prêts par anticipation à l'aide d'un nouvel emprunt. Ce qui offre l'avantage d'une part, de simplifier votre budget et d'en obtenir une meilleure visibilité puisque vous n'avez plus qu'un seul crédit. D'autre part, cela permet de diminuer vos charges, grâce à un taux d'intérêt plus faible. D'où une durée d'endettement abrégée ou des mensualités allégées. Vous pouvez aussi faire baisser celles-ci en remboursant le nouveau prêt sur une durée plus longue mais cela signifie aussi plus d'intérêts à payer, donc un coût global plus élevé.

Surtout pour des crédits chers et récents.

De façon générale, l'opération est d'autant plus intéressante que les taux des crédits à consolider sont élevés. Ce qui devrait être le cas si vous avez des crédits dits permanents ou renouvelables, qui sont parmi les plus chers, jusqu'à 20 % et plus. Pour les autres prêts, dont le montant, la durée et les mensualités sont fixes, vous y gagnerez surtout s'ils sont récents. Les crédits n'ayant plus que quelques mois à courir peuvent bien entendu être inclus dans une consolidation, mais ils ne la justifient pas à eux seuls : leurs mensualités sont composées surtout de capital et de peu d'intérêts, de sorte qu'une baisse du taux d'intérêt se fera très peu sentir. Par ailleurs, l'opération est plus avantageuse si le nouveau prêt représente une certaine somme, dans la mesure où le taux du prêt et les frais seront moins élevés : Sofinco, par exemple, prête 15 000 € à 5,9 %, mais pour 2 500 € seulement, le taux grimpe à 7,6 %. Déterminer le montant du prêt de substitution est simple : c'est le total des sommes restant dues sur vos crédits en cours, à l'exclusion de toute indemnité de remboursement anticipé, puisque la loi les interdit pour les prêts à la consommation (article L 311-32 du code de la consommation). Mais attention si vous devez réemprunter plus de 21 500 €, car la majorité des établissements que nous avons interrogés ne prête pas au-delà de ce montant pour consolider des crédits.

Quelle que soit la somme à emprunter, vos finances doivent être saines. Les emprunteurs dont l'endettement est hors de proportion avec les ressources ou le patrimoine et ceux qui ont des impayés de crédit non régularisés ou des dettes, sont presque toujours rejetés par les banques et établissements classiques. Seuls des spécialistes du regroupement de crédit les acceptent moyennant des conditions draconiennes. Par ailleurs, vu les limites de montant et de durée des prêts de consolidation, ils ne peuvent concerner des emprunts immobiliers, sauf s'ils ont été spécifiquement conçus à cette fin (voir ci-dessous). Cette démarche est par ailleurs distincte d'une renégociation de prêt immobilier destinée à profiter d'une baisse des taux (voir le no 963 du Particulier).

Où trouver un prêt de substitution ?

Quelques banques et établissements proposent des prêts spécifiquement dédiés aux consolidations de crédit, parfois d'ailleurs limités (par exemple, Crédit Compact de la Société générale qui exclut les crédits renouvelables). Mais, généralement, tout prêt personnel non affecté peut faire l'affaire. En principe, on vous demandera à quoi vous servira cet argent, mais, si vous êtes solvable, le fait que vous le destiniez à consolider des prêts existants n'est pas pénalisant. Cependant, une banque généraliste ne prête qu'à ses propres clients, ou à quelqu'un qui accepte de devenir client, c'est-à-dire de domicilier ses revenus chez elle. Aussi, avant d'interroger votre banque sur un éventuel prêt de substitution, consultez aussi ses concurrents : l'un d'eux vous fera peut-être une proposition intéressante. Savoir qu'il est mis en concurrence devrait améliorer la bonne volonté de votre banquier, et vous aider à négocier le taux ainsi que les frais de dossier. Vos possibilités de négociation seront accrues si, depuis que vous avez contracté vos prêts, vos revenus ont augmenté, ou si vous avez fini de rembourser un prêt immobilier, par exemple. Mais à l'inverse, si vos ressources ont diminué ou si vos charges, tel votre loyer, se sont alourdies, cela sera apprécié négativement. N'hésitez pas à consulter les spécialistes du crédit, comme Sofinco ou Cetelem. Eux ne demandent aucune justification sur l'emploi des fonds, et leur proposition est souvent obtenue dans des délais très courts. Cependant, Cetelem plafonne la durée des prêts non affectés à 24 mois, ce qui limite les possibilités. Car il est difficile alors d'emprunter une grosse somme, à moins que votre budget ne vous permette des mensualités importantes. D'autres établissements se sont fait une spécialité du regroupement de crédit. Le Crédit municipal de Paris, par exemple, avec son prêt Reducto : à condition d'être salarié en contrat à durée indéterminée, il est possible d'emprunter jusqu'à 30 500 € et à partir de 7,1 %, hors frais et assurances (voir tableau p. 36). Abbey National (prêt Simply One) et GE Capital Bank (Evoluto) proposent des prêts aux taux très attractifs, à partir de 3 %. Mais il faut donner comme garantie une hypothèque sur votre logement ou un autre bien immobilier et avoir encore un emprunt immobilier en cours qui sera inclus dans la consolidation. Ces deux prêts sont donc inaccessibles si vous êtes locataire ou avez fini de payer votre logement. De plus, les frais sont beaucoup plus élevés : à ceux de l'hypothèque s'ajoutent les pénalités de remboursement anticipé du prêt immobilier.

Pour comparer les offres, tenez compte des frais.

Il ne faut pas vous arrêter au taux nominal annoncé par le prêteur, si vous voulez évaluer la proposition qui vous est faite. Prenez en compte les frais de dossier, également dits perceptions forfaitaires. Ils représentent souvent 1 % du montant du prêt, ce qui fait rapidement monter la note. Certains établissements, mais pas tous, les plafonnent, ce qui en réduit l'incidence sur des prêts d'une certaine importance : chez Sofinco, facturés 1 %, ils sont ainsi limités à 90 €, et à la Société générale (1 % également) à 120 €. Mais le Crédit municipal, où ils varient entre 1 % et 2 %, ne les plafonne pas... Le montant de ces frais pouvant influencer beaucoup les économies que vous allez réaliser, vous avez tout intérêt à les négocier au même titre que le taux. Aux frais de dossier s'ajoute un droit de timbre, plus modique (de 10 € à 15 €) mais non négociable, car il s'agit des timbres fiscaux obligatoirement apposés sur chaque page de la demande de prêt.

Un autre facteur renchérissant le prêt est l'assurance qui en garantit le remboursement en cas de décès ou de maladie ou encore d'invalidité grave de l'emprunteur. Le prêteur ne peut vous l'imposer formellement, mais il n'est pas non plus tenu de vous consentir le prêt si vous la refusez. À vous de juger si vous en avez réellement besoin et, si tel n'est pas le cas, de vous efforcer d'obtenir le prêt sans assurance, par exemple en faisant valoir que le patrimoine dont vous disposez constitue une garantie suffisante. Sachez également que les établissements spécialisés acceptent plus facilement de prêter sans assurance que les banques généralistes.

En pratique, les frais de dossier et les frais de timbre étant obligatoires, le prêteur doit les intégrer dans le taux effectif global (TEG) du prêt qu'il vous propose. Calculé selon une méthode réglementaire unique (article R 313-1 du code de la consommation), le TEG présente l'avantage de permettre la comparaison de prêts de durées et établissements différents. Le TEG doit d'ailleurs être indiqué dans toute publicité et dans l'offre préalable (article L 311-4 du même code, dont une nouvelle rédaction est entrée en vigueur le 2 février 2004, voir pp. 6-7). Malheureusement, la pertinence du TEG est limitée par le fait que, l'assurance n'étant jamais formellement obligatoire, même si elle est parfois imposée, le prêteur n'a pas à l'inclure dans le TEG. Il faut donc aussi comparer le montant, assurance comprise le cas échéant, des mensualités et du total à rembourser.

Sur quels critères décider si le prêt de substitution est rentable ?

Il vous faudra bien sûr déterminer si, compte tenu des conditions du prêt de consolidation que vous pouvez obtenir, l'opération vaut la peine d'être menée. Pour cela, plusieurs paramètres entrent en ligne de compte. Comparez d'abord les taux de vos emprunts actuels avec celui du prêt de substitution : si celui-ci est toujours inférieur, l'opération se justifie a priori. Veillez cependant à comparer des choses comparables, c'est-à-dire d'une part, le TEG du nouveau crédit, et d'autre part, le taux nominal des emprunts en cours. En effet, pour ces prêts, vous avez déjà payé les frais, et vous ne subissez donc plus que le taux nominal. Vous trouverez toutes ces informations sur vos contrats et échéanciers de prêt ou, pour les crédits permanents, dont le taux est variable, sur votre dernier relevé de compte (cette indication est désormais obligatoire, voir pp. 6-7).

Si le TEG du nouveau prêt est supérieur à celui de certains de vos emprunts en cours, la décision est moins évidente. En toute rigueur, il faudrait comparer ce TEG avec un taux unique équivalent à ceux de l'ensemble des prêts en cours, ce qui suppose une fois encore une calculatrice ou un logiciel ad hoc. À défaut, comparez la mensualité du nouveau crédit – qui dépendra aussi de la durée que vous choisirez – avec le total de celles des emprunts en cours. Toutefois, au fur et à mesure que ces derniers arriveront à leur terme, le montant total des mensualités diminuera, alors que la mensualité du prêt de substitution sera constante. C'est pourquoi vous avez également intérêt à évaluer les sommes totales restant à rembourser, pour les prêts en cours comme pour le nouvel emprunt (voir notre exemple p. 35). N'oubliez pas d'intégrer dans vos comparaisons les frais d'assurance éventuels ainsi que les frais de dossier de l'emprunt que vous allez contracter. Au final, si vous constatez que l'opération vous permettrait de diminuer le montant global des remboursements sans pour autant alourdir votre charge mensuelle actuelle, ou mieux, en la diminuant, elle mérite bien d'être engagée. Si la consolidation inclut un emprunt immobilier (prêts Simply One d'Abbey National ou Evoluto de GE Capital Bank), il faut, pour en évaluer la rentabilité, tenir compte des pénalités de remboursement anticipé de ce crédit : vous devez les inclure dans le montant du prêt de substitution, ce qui en augmentera les mensualités.

Évitez d'utiliser la carte de crédit associée au compte.

La dernière étape d'une opération de consolidation est de solder les crédits en cours. L'établissement qui a consenti le nouveau prêt s'en charge parfois, sinon c'est à vous de le faire. Attention, pour les crédits permanents, cette démarche n'est pas toujours aisée. Il est parfois difficile de savoir le montant exact de l'encours de crédit à solder ; depuis le 1er février, cette information est cependant devenue obligatoire sur tous vos relevés mensuels. De plus, solder l'encours reconstitue votre capacité d'emprunt, mais ne met pas fin au crédit. Si vous ne voulez plus l'utiliser, vous devez demander la clôture de votre compte, et, là encore, il vous faudra peut-être insister. En attendant que la clôture soit confirmée, évitez d'utiliser la carte de crédit qui est associée au compte, et, si vous faites des achats dans un magasin où vous pouvez bénéficier de ce crédit, précisez à chaque fois que vous payez comptant. Sinon, vous vous trouverez à nouveau débiteur et perdrez une partie du bénéfice attendu de votre opération de consolidation. Delphine Berenger


Mots-clés :

CREDIT , CREDIT A LA CONSOMMATION , PRET PERSONNEL , RENEGOCIATION DE PRET




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